Le Canada applique une approche différenciée en matière de soutien : il recourt au soutien des prix du marché (SPM) pour les produits « sous la gestion de l’offre » (produits laitiers, volaille et œufs), et au soutien budgétaire axé sur la gestion des risques de l’entreprise pour les autres produits. Le soutien est resté stable ces dix dernières années et s’est établi en moyenne à 8.2 % des recettes agricoles brutes en 2022-24, ce qui est moins de la moitié du niveau observé en 2000-02 et inférieur à la moyenne de l’OCDE (13.2 %).
Le système de gestion de l’offre est constitué de contrôles à l’importation (notamment des contingents tarifaires), de quotas de production et de mécanismes de tarification, qui ont généralement pour effet de porter les prix intérieurs au-dessus des cours internationaux. Dans le cas du lait, les transferts au titre d’un seul produit ont atteint, avec 28 % des recettes agricoles brutes par produit, un niveau particulièrement élevé en 2022-24. Le SPM moyen a été plus faible qu’auparavant, ces trois dernières années, car les prix de référence à la frontière, en ce qui concerne les œufs et la viande de volaille, ont augmenté par rapport aux prix intérieurs à la sortie de l’exploitation sous l’effet de la pandémie de grippe aviaire aux États‑Unis.
Les outils de gestion des risques constituent le principal élément du soutien budgétaire aux producteurs. Ils comprennent des programmes de stabilisation du revenu, d’épargne subventionnée et d’assurance récolte. Cette dernière catégorie cible surtout les céréales, bien qu’elle concerne aussi d’autres produits, comme les fruits et légumes, et même, depuis peu, la production bovine. Dans l’ensemble, les politiques de gestion des risques ont joué un rôle important ces dernières années en raison des conditions météorologiques défavorables.
Le Canada recourt également aux paiements fondés sur l’utilisation sans contraintes d’intrants variables, notamment les produits énergétiques. Avec le soutien des prix du marché, ces paiements, qui constituent les mesures de soutien susceptibles de créer le plus de distorsions, représentaient 42 % des transferts bruts aux producteurs en 2022-24, soit 3.5 % des recettes agricoles brutes.
L’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) équivalait à 3 % de la valeur de la production agricole en 2022-24, ce qui est en deçà de la moyenne de l’OCDE (3.5 %) et en baisse par rapport aux 6.1 % enregistrés au cours de la période 2000-02. Les dépenses consacrées aux systèmes d’inspection et de contrôle et celles destinées aux connaissances et à l’innovation agricoles ont représenté respectivement 44 % et 35 % environ de l’ESSG ces dernières années. L’estimation du soutien total (EST) était équivalente à 0.4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2022-24.