Depuis les années 1980, la Suisse mène des réformes progressives pour ouvrir son marché agricole, ce qui a conduit à une baisse modérée du soutien à l’agriculture. Le soutien aux producteurs, exprimé en pourcentage des recettes agricoles brutes, s’est stabilisé au début des années 2010 et s’élevait encore, en moyenne, à 49 % en 2022-24, soit plus de trois fois la moyenne de l’OCDE, ce qui représente le niveau le plus élevé mesuré sur cette période dans les pays couverts par le présent rapport. La structure de ce soutien a cependant changé, les paiements directs ayant remplacé une part importante du soutien des prix de marché (SPM).
Le SPM reste néanmoins la principale composante du soutien, découlant essentiellement de contingents tarifaires assortis de droits de douane élevés lorsque ceux-ci sont dépassés. Le SPM a ainsi représenté 44 % du soutien total aux producteurs au cours de la période 2022-24, contre 62 % en 2000‑02. En 2022‑24, les prix intérieurs ont été supérieurs aux prix de référence à la frontière de 47 % en moyenne. Étant donné les forts écarts de prix, les transferts au titre d’un seul produit (TSP) représentent une part importante des recettes agricoles brutes dans le cas de nombreux produits, en particulier la volaille, les œufs et la viande porcine, tandis que le sucre bénéficie d’un soutien budgétaire direct.
La Suisse verse à ses agriculteurs d’importants paiements directs, presque tous soumis à des critères d’écoconditionnalité. La part de ces paiements dans le soutien total aux producteurs est passée de 38 % en 2000-02 à environ 56 % ces dernières années, à la suite de la réduction progressive du SPM. Depuis qu’il a été réformé en 2014, le soutien direct prend essentiellement la forme de paiements découplés – des paiements à la surface sans lien avec des produits spécifiques, des paiements visant à maintenir l’agriculture dans les régions défavorisées et des paiements aux agriculteurs qui mettent volontairement en œuvre des mesures supplémentaires en matière de protection de l’environnement ou de bien-être animal.
Les dépenses que la Suisse consacre aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) sont passées de moins de 6 % de la valeur de la production du secteur en 2000‑02 à près de 9 % en 2022-24, ce qui est l’un des taux les plus élevés des pays étudiés dans le présent rapport. Près de la moitié de l’ESSG est destinée au système de connaissances et d’innovation agricoles.
L’estimation du soutien total (EST) à l’agriculture est passée de 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2000‑02 à moins de 1 % en 2022-24.