Dans l’Union européenne (UE)1, le soutien aux producteurs tel que mesuré par l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) est resté stable depuis 2010 après avoir diminué dans les années 1990 et au début des années 2000. Il a représenté 16.4 % des recettes agricoles brutes en 2022-24, ce qui reste supérieur à la moyenne de l’OCDE.
Des mesures de protection commerciale restent en vigueur dans plusieurs secteurs – dont des licences d’importation et d’exportation, des contingents tarifaires et des clauses de sauvegarde spéciale –, mais leur poids a nettement diminué au cours des vingt dernières années. En 2022-24, le soutien des prix du marché (SPM) représentait 22.8 % du soutien aux producteurs, loin des 46.5 % de 2000-02. Les producteurs de viande de volaille et de viande bovine en étaient les principaux bénéficiaires, suivis des producteurs de riz. Les prix perçus par les agriculteurs étaient supérieurs aux cours mondiaux de 5 % en moyenne en 2022-24, contre 22 % en 2000-02.
En 2022-24, en moyenne, 41 % du soutien budgétaire accordé aux producteurs de manière individuelle l’était au titre de la superficie ou du nombre d’animaux non courant (production facultative), environ 34.7 %, au titre du niveau effectif des superficies cultivées ou du nombre effectif d’animaux en élevage (production requise), et 21.6 %, au titre de l’utilisation d’intrants. Près de la moitié des paiements aux producteurs étaient soumis à des contraintes environnementales obligatoires, et 17 % ont été versés au titre du respect de contraintes volontaires, c’est-à-dire de la participation volontaire à des dispositifs agro-environnementaux ou éco-régimes facultatifs.
En 2022-24, les dépenses consacrées aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) dans le secteur agricole représentaient en moyenne 12.7 % du soutien total, mais seulement 2.7 % de la valeur de la production agricole. Elles ont donc baissé par rapport à 2000-02 et sont inférieures à la moyenne de l’OCDE (3.5 %). Bien que les dépenses consacrées aux systèmes de connaissances et d’innovation agricoles aient plus que doublé, en termes absolus, ces deux dernières décennies, leur valeur exprimée en proportion de celle de la production s’est maintenue aux alentours de 1.5 %. À l’inverse, si les dépenses d’infrastructure ont diminué de plus de moitié par rapport la valeur de la production, les dépenses de commercialisation et de promotion, de même que les dépenses d’inspection et de contrôle, ont quant à elles sensiblement augmenté.
Le soutien total au secteur a diminué en pourcentage durant les deux dernières décennies. En 2022-24, il était estimé à 0.61 % du produit intérieur brut (PIB), contre 1 % en 2000-02.