En Argentine, le soutien global au secteur agricole est négatif depuis le début des années 2000, en raison de taxes à l’exportation qui font baisser les prix intérieurs perçus par les producteurs. Ces derniers bénéficient néanmoins de paiements budgétaires en fonction de leur consommation d’intrants, principalement sous forme de crédits à taux préférentiels. Des paiements directs sont versés occasionnellement, sous forme d’aide d’urgence en cas d’événement météorologique extrême, principalement de sécheresse.
L’estimation du soutien aux producteurs (ESP) s’élevait en moyenne à –11.9 % des recettes agricoles brutes en 2022-24, contre –8.6 % une vingtaine d’années auparavant (2000-02). Le niveau du soutien fluctue en fonction du soutien des prix du marché en raison de la variation du niveau des taxes à l’exportation et de la conjoncture macroéconomique, marquée par la dépréciation du peso argentin depuis 2018 et diverses poussées inflationnistes. Le ratio moyen des prix de référence à la production aux prix de référence à la frontière (coefficient nominal de protection, CNP) a atteint 0.9 en 2022-24, ce qui signifie que les prix à la production ont été inférieurs de 10 %, en moyenne, aux niveaux de référence basés sur les prix du marché mondial.
Entre 2022 et 2024, les transferts au titre d’un seul produit (TSP) les plus négatifs étaient ceux concernant le soja, le maïs, le blé et le tournesol. Le soutien des prix et les TSP n’étaient positifs que dans le cas de la viande porcine et des œufs. Compte tenu de l’ESP négative, les consommateurs ont profité d’une estimation du soutien aux consommateurs (ESC) positive, s’élevant à 5.3 % des dépenses par rapport aux prix au départ de l’exploitation en 2022-24.
L’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) a diminué en proportion de la valeur de la production agricole, passant de 0.6 % en 2000-02 à 0.5 % en 2022-24, soit bien en deçà du niveau constaté dans la plupart des économies émergentes couvertes par le présent rapport. Les dépenses consacrées au système d’innovation agricole et aux services de vulgarisation forment la principale composante de l’ESSG, même si leur valeur relative diminue, notamment par rapport à la taille du secteur.
Le soutien budgétaire total aux agriculteurs et au secteur a représenté dans son ensemble 0.1 % du produit intérieur brut (PIB), en 2022-24, bien en deçà de la valeur absolue du soutien négatif des prix du marché, ce qui rend l’estimation du soutien total à l’agriculture (EST) négative elle aussi pour la totalité de la période considérée : ‑0.7 % du PIB en 2000‑02 et ‑1.3 % en 2022‑24.