Les mesures des résultats déclarés par les patients (PROM) sont devenues des outils essentiels pour étayer l’amélioration de la qualité des soins de santé et offrir des soins centrés sur la personne (voir la section « Soins primaires centrés sur la personne »). Les mesures PROM sont souvent utilisées comme des indicateurs de la qualité des soins, y compris les soins aigus, tels que l’arthroplastie du genou et de la hanche. Elles servent à surveiller et promouvoir la prestation de soins centrés sur le patient, car elles renseignent sur les résultats du point de vue du patient, notamment, par exemple, si les soins qui lui ont été prodigués correspondaient à ses objectifs et besoins individuels. Compte tenu du recours croissant aux mesures PROM pour évaluer la qualité des soins ces dernières années, le nombre de personnes répondant aux requêtes en lien avec les arthroplasties du genou et de la hanche a augmenté dans l’ensemble des pays (Kendir et al., 2022[1]).
Le graphique 6.32 illustre les écarts entre le score préopératoire et le score postopératoire sur l’échelle du questionnaire Oxford Hip Score (OHS) qui ont été déclarés par les patients après une arthroplastie élective de la hanche pour ostéoarthrite et qui sont disponibles dans les registres d’arthroplastie des différents pays de l’OCDE. Le graphique 6.33 illustre les écarts entre le score préopératoire et le score postopératoire qui ont été déclarés par les patients ayant répondu au questionnaire Oxford Knee Score (OKS) après une arthroplastie élective du genou pour ostéoarthrite. Le graphique 6.34 illustre la qualité de vie des patients mesurée par le questionnaire EuroQol 5‑Dimensional (EQ‑5D), lequel porte sur la mobilité, l’autonomie, les activités courantes, la douleur/la gêne et l’anxiété/la dépression avant et après une arthroplastie de la hanche ou du genou.
L’écart entre le score préopératoire et le score postopératoire montre qu’en moyenne, les patients ont fait état d’une amélioration perçue de leur état de santé et de leur qualité de vie après l’opération. Pour une opération de la hanche, le score postopératoire sur l’échelle du questionnaire OHS a sensiblement augmenté dans tous les pays. La Finlande a enregistré le meilleur score postopératoire, passant de 23 à 45, tandis que l’Allemagne est le seul pays qui est resté sous la barre des 40, avec un score postopératoire de 37 (graphique 6.32). En ce qui concerne l’arthroplastie du genou, tous les pays ont aussi fait état de gains postopératoires, les scores préopératoires allant de 19 à 25 et les scores postopératoires de 36 à 41 sur l’échelle du questionnaire OKS (graphique 6.33). La Finlande a de nouveau affiché le score postopératoire le plus élevé, soit 41. En ce qui concerne la qualité de vie, pour les arthroplasties de la hanche, les scores au questionnaire EQ‑5D sont passés d’une fourchette de 0.26 à 0.59 avant l’opération à une fourchette de 0.77 à 0.90 après l’opération ; pour les arthroplasties du genou, les scores se sont améliorés, passant d’une fourchette de 0.49 à 0.66 avant l’opération à une fourchette de 0.68 à 0.88 après l’opération (graphique 6.34).
L’ampleur des améliorations (c’est-à-dire l’écart moyen entre les scores préopératoires et postopératoires) était similaire chez les hommes et les femmes pour les pathologies données et en termes de qualité de vie pour les deux types d’opérations. Toutefois, les femmes affichaient des scores préopératoires et postopératoires inférieurs pour les pathologies liées à l’opération et en termes de qualité de vie globale dans tous les pays pour les deux types d’opérations. Ce constat souligne la nécessité pour les systèmes de santé de prendre en compte la manière dont les maladies se manifestent et évoluent différemment chez les hommes et chez les femmes, et de veiller à ce que les soins répondent de manière appropriée à ces différences (voir le chapitre 2).
Il convient de noter que les variations des scores postopératoires reflètent non seulement les différences entre les pays en ce qui concerne la qualité des arthroplasties de la hanche et du genou, mais aussi d’autres facteurs au-delà des soins reçus, notamment les différences quant aux caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patients déclarant des mesures PROM. Une certaine prudence s’impose donc au moment d’interpréter les écarts entre les pays. Si la comparabilité internationale des données reste limitée pour quelques pays, d’autres pays s’efforcent de mesurer la qualité des soins prodigués aux personnes qui subissent une arthroplastie de la hanche ou du genou du point de vue des patients. On peut citer à titre d’exemple les récentes collectes nationales de données PROM en lien avec les opérations de la hanche et du genou en Norvège et en Slovénie.