Le nombre de nouveaux diplômés en soins infirmiers est un indicateur clé permettant d’évaluer le nombre potentiel de nouveaux entrants dans le métier qui pourront remplacer les infirmiers partant à la retraite et combler toute pénurie actuelle ou future. Le nombre de diplômés en soins infirmiers pour une année donnée est le résultat de décisions prises quelques années plus tôt (environ trois ans) concernant l’admission des étudiants, même si le taux de diplômés dépend également du taux d’abandon des études.
Le nombre d’infirmiers nouvellement diplômés augmente dans la plupart des pays de l’OCDE depuis dix ans. Il a progressé en moyenne dans ces pays de 1.7 % par an environ, passant de 544 000 diplômés en soins infirmiers en 2013 à 644 000 en 2023. À titre de comparaison, le nombre de médecins nouvellement diplômés dans les pays de l’OCDE a augmenté presque deux fois plus vite sur la même période, à un taux annuel moyen de 3.2 %.
En 2023, le nombre d’infirmiers nouvellement diplômés était compris entre pas plus de 10 pour 100 000 habitants en Colombie et au Luxembourg, ainsi qu’en Bulgarie, pays candidat à l’adhésion, et plus de 100 pour 100 000 habitants en Australie et en Suisse (Graphique 8.21). Au Luxembourg, le faible nombre d’infirmiers nouvellement diplômés est compensé par le nombre élevé d’étudiants qui obtiennent leur diplôme d’infirmier dans un pays voisin, ainsi que par la capacité du pays à attirer des infirmiers étrangers grâce à de meilleures conditions de rémunération et de travail (voir l’indicateur « Rémunération du personnel infirmier »).
Dans les pays où les différentes catégories de personnel infirmier correspondent à des niveaux de qualification différents, la progression du taux de diplômés varie entre les programmes plus courts (généralement dans les filières professionnelles) et les programmes plus longs (souvent dispensés à l’université) qui permettent d’accéder à des postes plus qualifiés. En Suisse, la hausse de 45 % du nombre d’infirmiers nouvellement diplômés entre 2013 et 2023 s’explique principalement par une progression de 50 % du nombre de personnel infirmier de niveau intermédiaire nouvellement diplômé, qui est supérieure à l’augmentation de 40 % de diplômés des études d’infirmiers de niveau supérieur. À titre de comparaison, aux États-Unis, la progression de 20 % des effectifs d’infirmiers nouvellement diplômés entre 2013 et 2023 est entièrement due à une augmentation du nombre de diplômés de programmes de niveau licence, tandis que le nombre de diplômés des programmes d’enseignement pratique/professionnel plus courts a diminué.
Alors que dans la plupart des pays, le nombre d’infirmiers nouvellement diplômés a augmenté au fil du temps, il a nettement diminué en République slovaque, sous l’effet d’importantes contractions enregistrées entre 2013 et 2020, qui ont toutefois été suivies d’un rebond qui se poursuit. En Italie également, le nombre d’infirmiers nouvellement diplômés a fortement diminué entre 2013 et 2023 (de plus de 20 % en valeur absolue), principalement en raison de la hausse des taux d’abandon des étudiants.
S’il est essentiel d’augmenter le nombre d’étudiants admis dans les programmes de formation en soins infirmiers et diplômés de ces derniers pour remédier aux pénuries actuelles et futures de personnel infirmier, la réussite de cette stratégie dépend de l’intérêt des jeunes pour cette profession. Selon les dernières enquêtes PISA de l’OCDE, la proportion de jeunes de 15 ans qui envisagent de devenir infirmiers a diminué dans la moitié des pays de l’OCDE, et la moyenne à l’échelle de la zone OCDE a légèrement baissé, passant de 2.3 % en 2018 à 2.1 % en 2022 (OCDE, 2024[1]). C’est aux États-Unis, au Canada, en Irlande, en Norvège et au Danemark que cette tendance à la baisse est la plus marquée. En revanche, le Japon a enregistré une forte hausse et comptait la plus forte proportion d’élèves de 15 ans envisageant de devenir infirmiers. Dans plusieurs pays, dont la Pologne, les pays baltes, la Hongrie, l’Italie et la Grèce, moins de 1 % des jeunes de 15 ans aspirent à devenir infirmiers (Graphique 8.22). L’une des principales raisons de ce manque d’intérêt tient au fait que la profession d’infirmier est très sexospécifique : dans la plupart des pays de l’OCDE, plus de 90 % des jeunes de 15 ans qui aspirent à exercer cette profession sont des filles (OCDE, 2025[2]).