L’AVC est l’une des premières causes de décès, représentant 6 % des décès dans l’ensemble des pays de l’OCDE en 2023 (voir les sections « Principales causes de mortalité » et « Mortalité due aux maladies circulatoires » au chapitre 3). Il survient lorsque l’irrigation sanguine d’une partie du cerveau est interrompue, ce qui entraîne une nécrose (mort cellulaire) de la partie atteinte. Parmi les deux types d’AVC, environ 85 % sont ischémiques (causés par l’obstruction d’un vaisseau sanguin) et 15 % sont hémorragiques (causés par la rupture d’un vaisseau sanguin). Un diagnostic rapide est essentiel pour une prise en charge urgente, par exemple la thrombolyse intraveineuse pour dissoudre ou disperser le caillot de sang et la thrombectomie pour retirer le caillot de sang de l’artère obstruée.
Le Graphique 6.27 illustre les taux de létalité dans les 30 jours suivant une hospitalisation pour un AVC ischémique en cas de décès survenu dans l’hôpital où le patient a été admis initialement (données non couplées). Le Graphique 6.28 illustre les taux de létalité lorsque les décès sont enregistrés indépendamment du lieu où ils sont survenus, y compris dans un autre hôpital que celui où l’AVC a été enregistré initialement ou en dehors de l’hôpital (données couplées). L’indicateur basé sur des données couplées est plus approfondi et plus comparable, mais il exige un identifiant unique pour chaque patient et des moyens pour coupler les données, ce dont tous les pays ne disposent pas. Les résultats de cet indicateur sont plus élevés que pour l’indicateur relatif aux décès qui se produisent dans le même hôpital où le patient a été initialement admis, car les décès sont enregistrés quel que soit le lieu où ils se sont produits après l’hospitalisation.
Dans les pays de l’OCDE, 7.7 % des patients sont décédés dans les 30 jours qui ont suivi leur hospitalisation pour un AVC ischémique en 2023, selon des données non couplées (Graphique 6.27). La Lettonie, le Mexique, la Slovénie et la Lituanie affichaient les taux de létalité les plus élevés (taux de mortalité supérieurs à 11 %). Ces taux étaient inférieurs à 4 % au Japon, en Corée et en Norvège. Les faibles taux observés au Japon s’expliquent en partie par les efforts déployés pour améliorer la prise en charge des patients victimes d’un AVC, grâce à une surveillance systématique de la tension artérielle, à d’importants investissements dans le matériel des hôpitaux et à la mise en place d’unités spécialisées dans les AVC, de sorte que la quasi-totalité de la population peut rejoindre une structure de soins primaires dédiée aux AVC dans un délai de 60 minutes à bord d’un véhicule d’urgence (OCDE, 2015[1]). En Norvège, un service mobile d’ambulances dédiées à la prise en charge des AVC grâce à des tomodensitomètres embarqués permet de diagnostiquer et de traiter les cas d’AVC ischémiques ; en 2023, 95 % des patients victimes d’un AVC ont été pris en charge dans des unités spécialisées (OCDE, 2025[2]). En revanche, en Lettonie, où le taux de létalité est relativement élevé, seule la moitié environ des patients victimes d’un AVC ont été pris en charge dans des unités spécialisées en 2023.
Dans les 24 pays de l’OCDE qui ont communiqué des données couplées, en moyenne 12.1 % des patients sont décédés dans les 30 jours suivant leur hospitalisation pour un AVC ischémique en 2023 (Graphique 6.28). Le taux de mortalité était le plus élevé (plus de 15 %) en Lettonie, en Türkiye, en Lituanie, au Chili et en Estonie, et le plus faible (moins de 8 %) en Corée, en Israël et en Norvège. La Corée a atteint un faible taux de mortalité en améliorant la prise en charge des AVC ischémiques aigus, notamment grâce à un nombre accru de centres intégrés dédiés aux AVC prodiguant des soins de qualité et réalisant des thrombectomies, et en élargissant la couverture de l’assurance maladie pour ce qui concerne la thrombectomie mécanique (Park et al., 2022[3]).
Le traitement des AVC ischémiques a progressé de manière spectaculaire ces dernières décennies, de nombreux pays de l’OCDE disposant désormais de systèmes et procédures permettant, d’une part, de recenser les patients à risque et, d’autre part, de traiter à la phase aiguë par une reperfusion coronaire précoce. Une amélioration notable a été observée avant la pandémie : en effet, entre 2013 et 2019, les taux de létalité par AVC ischémique ont diminué dans les pays de l’OCDE, passant de 9.3 % à 7.9 % en moyenne en ce qui concerne les taux basés sur des données non couplées et de 13.4 % à 12.1 % en ce qui concerne les taux basés sur des données couplées (Graphique 6.27 et Graphique 6.28). Cependant, de la même façon que pour l’IAM (voir la section « Mortalité après un infarctus aigu du myocarde (IAM) »), la situation a peu progressé ces dernières années, les taux de mortalité étant restés stables entre 2019 et 2023.
Les pays peuvent encore améliorer la qualité de la prise en charge des AVC en veillant à ce que les patients soient transportés rapidement, à ce qu’un diagnostic soit posé à bref délai, à ce que les interventions médicales soient fondées sur des données probantes et à ce que les patients aient accès à des structures spécialisées de qualité telles que des unités dédiées à la prise en charge des AVC. Les progrès technologiques donnent lieu à de nouveaux modèles de prise en charge permettant de traiter par reperfusion encore plus rapidement et efficacement, que ce soit par un triage préhospitalier par téléphone ou par l’administration du traitement dans l’ambulance (OCDE, 2025[2]).