De nombreuses personnes bénéficiant de soins de longue durée souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible, et ces dernières années, la plupart des pays ont pris des mesures visant à tenir compte de cette préférence et à promouvoir les soins de proximité et à domicile. Toutefois, la situation personnelle peut justifier, à terme, un placement en établissement de soins de longue durée. Il importe donc que les pays conservent un niveau suffisant de capacités dans les établissements de soins de longue durée. Le nombre de lits dans les établissements de long séjour et dans les unités de soins de longue durée à l’hôpital donne une indication des ressources disponibles pour assurer une prise en charge de longue durée ailleurs qu’au domicile des patients.
En 2023 dans 34 pays de l’OCDE, on comptait en moyenne 41 lits de soins de longue durée pour 1 000 individus âgés de 65 ans et plus (Graphique 10.21). La grande majorité des lits (40 pour 1 000) se trouvait dans des établissements de long séjour, et l’hôpital ne comptait que 3 lits pour 1 000. Le pourcentage de lits de soins de longue durée situés à l’hôpital ne dépassait les 10 % de l’ensemble des lits de ce type que dans quatre pays de l’OCDE : la Grèce (68 %), la Corée (52 %), la Tchéquie (20 %) et Israël (16 %). Parmi les pays déclarant à la fois des lits de soins de longue durée à l’hôpital et en établissements de long séjour, les écarts de disponibilité étaient considérables : on observait plus d’un facteur 7 entre les niveaux les plus élevés et les plus faibles. Le Luxembourg, le pays disposant du plus grand nombre de lits, déclarait près de 79 lits pour 1 000 personnes de 65 ans et plus, contre moins de 3 lits pour 1 000 en Grèce.
Entre 2013 et 2023, les pays de l’OCDE ont en moyenne réduit le nombre de lits de soins de longue durée dans les établissements de 5 lits pour 1 000 individus de 65 ans et plus. Dans certains cas, le nombre de lits pour 1 000 personnes âgées de 65 ans et plus peut avoir baissé alors que le nombre absolu de lits a augmenté, le vieillissement de la population et du nombre de personnes âgées ayant progressé plus rapidement que le nombre de lits disponibles. Toutefois, l’évolution du nombre de lits dans les établissements varie fortement selon les pays de l’OCDE. Au cours de ces dix années, neuf pays ont réduit le nombre de lits de soins de longue durée d’environ 10 lits ou plus. À l’inverse, entre 2013 et 2023, le nombre de lits de soins de longue durée a augmenté de plus de 2.5 pour 1 000 personnes âgées de 65 ans et plus en Italie et au Japon. Ces évolutions significatives sont dues à des choix stratégiques opérés durant cette période. Aux Pays-Bas, la baisse est due aux réformes majeures des soins de longue durée mises en œuvre en 2015, qui visaient à désinstitutionnaliser la prise en charge (Llena-Nozal, Araki et Killmeier, 2025[1]). Bien que le nombre de lits en soins de longue durée dans les pays candidats à l’adhésion et les pays partenaires soit inférieur à la moyenne de l’OCDE, ces pays ont enregistré les plus fortes augmentations entre 2013 et 2023, notamment l’Argentine et la Croatie, avec respectivement 17 et 12 lits supplémentaires pour 1 000 personnes âgées de 65 ans et plus.
Dans 21 pays de l’OCDE, environ deux tiers des lits en soins de longue durée appartenaient à des établissements privés en 2023 (Graphique 10.22). La part des lits de soins de longue durée détenus par le secteur privé dépassait 90 % du nombre total de lits de soins de longue durée dans neuf pays, les Pays-Bas et la Nouvelle‑Zélande ne comptant que des lits appartenant au privé. À l’inverse, les lits de soins de longue durée appartenaient majoritairement à des établissements publics en Norvège (92 %) et en Lettonie (92 %). Les variations entre pays en matière de propriété des lits en soins de longue durée peuvent être imputées à de nombreux facteurs institutionnels, notamment aux politiques et réglementations publiques. Les pays où les systèmes de santé et d’aide sociale sont centralisés (par exemple, la Norvège et la Lettonie) sont davantage susceptibles de préserver la prestation publique de soins de longue durée que les pays où les systèmes sont davantage axés sur le marché, qui externalisent la prestation de soins de longue durée à des entités privées tout en conservant un contrôle réglementaire, comme c’est le cas aux Pays-Bas.
Il est donc essentiel, pour des soins de qualité, d’élaborer et de mettre en œuvre des modèles de soins qui respectent les souhaits des résidents, et favorisent leur dignité et leur autonomie. Cela implique que le personnel de ces établissements soit correctement formé, et que les établissements disposent des moyens nécessaires pour prodiguer des soins de grande qualité, enrayer le fort taux de rotation et faciliter le recrutement et la fidélisation de travailleurs de grande qualité (voir la section « Travailleurs du secteur des soins de longue durée »).