Tous les pays de l’OCDE ont enregistré une progression considérable de l’espérance de vie à 65 ans au cours des dernières décennies. En moyenne dans l’OCDE, les personnes âgées de 65 ans en 2023 pouvaient espérer vivre 20 années supplémentaires (Graphique 10.2). L’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 6 ans entre 1970 et 2023, et de 2.8 ans entre 2000 et 2023, une croissance positive observée dans tous les pays. Six pays (Corée, Irlande, Estonie, Slovénie, Portugal et Israël) ont enregistré une augmentation d’au moins 3.5 ans entre 2000 et 2023 ; cinq pays (États-Unis, Allemagne, Costa Rica, Hongrie et Mexique) ont connu une augmentation de moins de 2 ans sur la période.
L’espérance de vie à 65 ans a continué d’augmenter ces dix dernières années, mais le rythme auquel elle s’accroît a ralenti. La plupart des pays ont enregistré des gains inférieurs à un an entre 2013 et 2023. Ce ralentissement global s’explique en partie par les effets persistants de la pandémie de COVID‑19, qui a temporairement perturbé les tendances à la hausse dans de nombreux pays, mais aussi par le fléchissement des progrès réalisés dans la lutte contre les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (voir la section « Espérance de vie à la naissance » au chapitre 3). La Grèce, la Hongrie, l’Allemagne, l’Autriche et la Finlande ont enregistré une croissance inférieure à 0.3 an, tandis que la Türkiye a affiché une croissance négative. À l’inverse, 11 pays dont la Corée, le Chili, Israël, l’Irlande et la Lituanie ont enregistré des gains supérieurs à un an entre 2013 et 2023. Le Japon, l’Espagne, la France et la Suisse continuent de figurer parmi les pays les mieux classés, avec une espérance de vie à 65 ans proche de 22 ans, voire supérieure, en 2023.
Les femmes ont une espérance de vie à 65 ans supérieure d’environ 3.4 ans. Cette différence n’a pas sensiblement évolué depuis 2000 (l’espérance de vie à 65 ans était alors supérieure de 3.5 années pour les femmes). Dans la zone OCDE, l’espérance de vie à l’âge de 65 ans en 2023 était la plus élevée au Japon pour les femmes (28.9 ans) et en Israël pour les hommes (25.5 ans). Elle était la plus basse au Mexique pour les femmes (20.2 ans), et en Lettonie pour les hommes (15.7 ans).
Entre 2013 et 2023, la plupart des pays de l’OCDE ont connu une amélioration de l’espérance de vie à 65 ans, mais toutes ces années supplémentaires ne sont pas vécues en bonne santé. Le nombre d’années de vie en bonne santé à 60 ans varie fortement d’un pays de l’OCDE à l’autre (Graphique 10.3). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’espérance de vie corrigée en fonction de la santé comme le nombre moyen d’années qu’une personne peut compter vivre en pleine santé, en tenant compte des années vécues en moins bonne santé en raison d’une maladie et/ou d’un traumatisme (OMS, 2023[1]). En moyenne dans les pays de l’OCDE, le nombre d’années de vie en bonne santé à 60 ans était de 18.3 ans pour les femmes et de 16.2 ans pour les hommes en 2021, une différence bien moins importante que celle observée pour l’espérance de vie à 65 ans en général. Le Japon, la Corée et l’Espagne indiquent plus de 20 ans de vie en bonne santé pour les femmes, tandis qu’Israël, l’Islande et le Japon indiquent plus de 18.7 ans pour les hommes. En revanche, l’espérance de vie en bonne santé est inférieure à 15.6 ans pour les femmes au Mexique, en Hongrie, en République slovaque et en Türkiye, et inférieure à 12.5 ans pour les hommes en Lettonie, en Hongrie, en Lituanie et en République slovaque, ce qui signifie moins d’années en bonne santé. Les pays candidats à l’adhésion et les pays partenaires rapportent les niveaux les plus faibles. En Afrique du Sud, en Inde et en Indonésie, les femmes vivent moins de 13 années en bonne santé, tandis que les hommes vivent moins de 12 années en bonne santé en Afrique du Sud, en Bulgarie, en Indonésie, en Inde et en Roumanie.
Garantir que les gains d’espérance de vie se traduisent par des années de vie en meilleure santé nécessite une action politique. De récents travaux de l’OCDE montrent qu’investir dans la prévention, l’adaptation des systèmes de santé, les soins à domicile et les soins communautaires peut améliorer la santé et la longévité tout en contribuant à la maîtrise des dépenses et à la croissance économique (OCDE, 2025[2]).