Le taux de sortie d’hôpital – soit le nombre de patients qui quittent l’hôpital après y être restés au moins une nuit – est l’un des principaux indicateurs de l’activité hospitalière. L’optimisation des sorties permet de fluidifier le flux de patients et donc de libérer des lits hospitaliers et de faire gagner du temps au personnel soignant. Les sorties prématurées et retardées aggravent l’état des patients et augmentent les coûts : les premières peuvent donner lieu à des réhospitalisations coûteuses ; les secondes consomment des ressources limitées.
En 2023, le taux de sortie après un séjour en soins aigus s’élevait en moyenne à 128 pour 1 000 habitants dans les pays de l’OCDE (Graphique 5.22). Les taux les plus élevés ont été enregistrés en Allemagne et en Autriche (plus de 200 pour 1 000 habitants) et les plus faibles au Mexique, au Costa Rica, au Canada, aux Pays-Bas, au Chili et en Italie (moins de 100 pour 1 000 habitants). Parmi les pays candidats à l’adhésion et les pays partenaires, les sorties d’hôpital étaient nombreuses en Bulgarie et en Chine, mais relativement rares en Argentine et au Brésil. Dans la plupart des pays de l’OCDE, le nombre de sorties a diminué entre 2019 et 2023.
La durée moyenne de séjour hospitalier est un indicateur d’efficience de la prestation des services de santé. Toutes choses égales par ailleurs, une hospitalisation de courte durée diminuera le coût par sortie et transfèrera la prise en charge des patients à des structures moins onéreuses. Les séjours de longue durée peuvent être le signe d’une mauvaise coordination des soins, ce qui a pour effet de laisser certains patients attendre inutilement à l’hôpital qu’une rééducation ou des soins de longue durée s’organisent. Dans le même temps, il arrive que certains patients sortent trop tôt, alors qu’un séjour plus long aurait peut-être pu améliorer leur état de santé ou réduire le risque de réhospitalisation.
En 2023, la durée moyenne de séjour hospitalier en soins intensifs était de 6.5 jours dans 36 pays de l’OCDE ayant des données comparables (Graphique 5.23). La Türkiye et le Mexique affichent les séjours hospitaliers les plus courts (4.7 jours) et le Japon les plus longs (15.7 jours). Depuis 2019, la durée moyenne de séjour a diminué dans la plupart des pays, les baisses les plus importantes étant observées au Danemark et en Belgique. En revanche, elle a augmenté de plus d’une demi-journée aux États-Unis et au Royaume‑Uni.
Outre ces deux indicateurs fondamentaux de l’activité hospitalière globale, le recours aux services de soins d’urgence est une mesure importante des services hospitaliers de première ligne. Dans les 26 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, on a dénombré en moyenne 31 consultations aux urgences pour 100 habitants en 2023 (Graphique 5.24). Le recours aux services d’urgence est particulièrement fréquent en Espagne et au Portugal, avec plus de 65 consultations pour 100 habitants. Si les services d’urgence constituent un service essentiel, une fréquentation élevée peut être le signe que les soins sont inadaptés et inefficaces – notamment si de nombreux patients se rendent aux urgences pour des problèmes non urgents qui pourraient être mieux pris en charge dans le cadre des services de soins primaires et de proximité. Les Pays‑Bas sont un exemple de pays où les médecins généralistes (dans le cadre d’un système de coopératives) prodiguent des soins aigus en dehors de leurs heures de consultation. Le nombre de consultations aux urgences est relativement stable depuis 2019, même s’il a diminué dans 10 pays sur 26 disposant de données, à commencer par l’Italie et le Chili, tandis qu’il a nettement augmenté en Islande et en Slovénie.
Une ventilation plus fine des données (non présentée) apporte des renseignements complémentaires. En moyenne, dans 16 pays de l’OCDE, 64 % des consultations aux urgences ont été suivies d’un retour du patient à son domicile, 20 % par une hospitalisation et 16 % ont eu une autre issue, y compris fatale. La plupart des patients sont arrivés aux urgences par leurs propres moyens, avec ou sans recommandation d’un professionnel de santé, et 14 % y ont été amenés en transport d’urgence (en ambulance, par ex.).