Les personnes ou groupes de population bénéficient de soins de santé grâce à une série d’accords financiers. Les régimes de financement publics – sur une base nationale ou infranationale ou pour des groupes de population spécifiques – donnent droit aux soins de santé sur la base de la résidence et constituent le principal mécanisme de prise en charge des coûts des soins de santé dans près de la moitié des pays de l’OCDE. L’autre grand mode de financement repose sur des régimes d’assurance maladie obligatoire (gérée par des entités publiques ou privées). Les dépenses directes des ménages (dépenses à la charge des patients) peuvent représenter une part significative des dépenses globales de santé. Enfin, l’assurance maladie facultative, sous ses diverses formes, peut également jouer un rôle important en matière de financement dans certains pays.
Dans les pays de l’OCDE, la majeure partie du financement des soins de santé repose sur une couverture obligatoire ou automatique, assurée par les régimes publics ou les systèmes d’assurance maladie. Les trois quarts des dépenses de santé de 2023 ont été financés par cette forme de dispositifs obligatoires (Graphique 7.9). Les régimes publics centraux, régionaux ou locaux au Danemark, en Islande, en Norvège, au Royaume‑Uni et en Suède représentaient 80 % ou plus des dépenses nationales de santé. En Allemagne, en France, au Japon et au Luxembourg, plus des trois quarts des dépenses étaient pris en charge par une forme d’assurance maladie obligatoire. Aux États-Unis, les régimes fédéraux et régionaux couvraient environ 28 % du total des dépenses de santé en 2023, tandis que 55 % relevaient de régimes considérés comme obligatoires, associant dispositifs publics et assurances privées rendues obligatoires en vertu de la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act, ACA) .
En 2023, les dépenses directes des ménages (ou reste à charge)ont financé un peu moins d’un cinquième des dépenses de santé dans les pays de l’OCDE, cette part augmentant sensiblement à mesure que le PIB diminue. Dans certains pays, les ménages supportent directement plus d’un tiers de l’ensemble des coûts de santé au Mexique, au Chili, en Lettonie et en Grèce. En Inde, pays partenaire, près de la moitié de toutes les dépenses de santé sont à la charge des patients. En revanche, en France et au Luxembourg, les dépenses directes (ou reste à charge) représentaient moins de 10 % des dépenses totales de santé. L’assurance maladie facultative ne couvrait que 5 % de l’ensemble du total des dépenses de santé dans l’ensemble des pays de l’OCDE, mais permettait de financer plus de 10 % du budget total consacré à la santé en Slovénie, au Canada, en Irlande et en Israël, bien que la Slovénie ait supprimé l’assurance maladie complémentaire facultative en 2024 (OCDE/Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé, à paraître[1]). Dans les pays candidats à l’adhésion/partenaires que sont le Brésil (27 %) et l’Afrique du Sud (45 %), l’assurance maladie facultative représentait une proportion beaucoup plus importante du total des dépenses de santé.
La trajectoire des dépenses des divers dispositifs de financement a connu des inflexions marquées par la survenue de la pandémie de COVID‑19 et les crises énergétique et du coût de la vie (Graphique 7.10). Au cours des années qui ont précédé la pandémie de COVID‑19, les dépenses par habitant au titre des régimes publics et de l’assurance maladie obligatoire augmentaient de 3 % à 4 % par an. Cette croissance a été moins rapide que celle des dépenses d’assurance maladie facultative (5.6 % par an), mais nettement supérieure à celle du reste à charge (1.3 %).
La pandémie a conduit à une accélération substantielle des dépenses des régimes publics. En 2019‑2021, les dépenses publiques ont augmenté de 26 % par an en moyenne dans les pays de l’OCDE, car des ressources importantes ont été mobilisées pour la surveillance épidémiologique, renforcer les capacités des systèmes de santé, subventionner les prestataires de soins de santé et, finalement, lancer des campagnes de vaccination. En revanche, la croissance des dépenses des régimes d’assurance maladie obligatoire est restée quasiment inchangée par rapport à la période d’avant la pandémie, tandis que les dépenses des régimes d’assurance maladie facultative ont stagné. Dans de nombreux pays, les interventions chirurgicales non urgentes ou de confort ainsi que les soins dentaires (deux domaines populaires en matière d’assurance facultative) ont été reportés pendant les périodes les plus intenses de circulation du virus COVID‑19.
Au cours de la période la plus récente (2021‑2023), l’abandon progressif des dépenses supplémentaires liées au COVID‑19 dans les pays de l’OCDE a entraîné une baisse substantielle des financements publics (‑11 % par an). En outre, la guerre en Ukraine, la crise énergétique et le contexte de forte inflation ont conduit les gouvernements à revoir les priorités postpandémie. Par contraste, les dépenses des régimes d’assurance maladie facultative ont rebondi, augmentant de plus de 5 % par an grâce à la reprise de la demande de services facultatifs et financés à titre privé. D’un autre côté, les dépenses à la charge des patients ont stagné.