Tous les pays de l’OCDE voient dans les génériques et biosimilaires l’occasion de renforcer l’efficience des dépenses pharmaceutiques, mais beaucoup ne tirent pas pleinement parti des possibilités qu’ils offrent. En 2023, les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, au Royaume‑Uni, aux Pays-Bas, au Canada, en Nouvelle‑Zélande et en Lettonie. Entre 2013 et 2023, le volume de génériques a augmenté dans la plupart des pays, avec une croissance notable observée au Luxembourg, au Japon et en Grèce (Graphique 9.7). En valeur, les génériques représentaient en moyenne 25 % du marché des produits pharmaceutiques, mais plus de 50 % au Chili et au Royaume‑Uni (Graphique 9.8).
Les différences dans la structure des marchés (notamment le nombre de médicaments tombés dans le domaine public) et les pratiques de prescription expliquent certaines divergences entre pays, mais la consommation de génériques est aussi liée aux politiques en vigueur (OCDE, 2018[1] ; Socha-Dietrich, James et Couffinhal, 2017[2]). En Autriche, par exemple, les pharmaciens ne sont pas autorisés à remplacer un médicament par son générique, tandis qu’au Luxembourg, ce remplacement n’est permis que dans le cas de certains médicaments. Dans certains pays, comme l’Irlande, l’usage des génériques est peu répandu, mais princeps et génériques peuvent être affichés au même prix.
De nombreux pays ont adopté des incitations financières à l’intention des médecins, des pharmaciens et des patients pour stimuler le marché des génériques. Le Japon a par exemple établi une feuille de route pour développer le recours aux génériques en 2013. Depuis lors, le gouvernement relève régulièrement ses objectifs et met en œuvre diverses mesures, notamment des incitations en direction des hôpitaux et des pharmacies. En Suisse, les pharmaciens reçoivent une rémunération lorsqu’ils remplacent un médicament par son générique ; en France, les pharmacies perçoivent des primes si elles affichent un taux de substitution élevé. Dans de nombreux pays, les tiers payeurs remboursent un montant fixe pour un médicament donné, ce qui permet au patient de choisir entre le princeps et son générique, la différence éventuelle étant toutefois laissée à sa charge.
Les produits biologiques sont une classe de médicaments fabriqués ou obtenus à partir de systèmes vivants comme des microorganismes, ou des cellules végétales ou animales. Un grand nombre sont produits à l’aide de la technologie de l’ADN recombinant. Lorsque ces médicaments ne bénéficient plus d’une exclusivité commerciale, des « biosimilaires » (versions ultérieures de ceux-ci) peuvent être approuvés. L’entrée sur le marché de biosimilaires crée une concurrence tarifaire, et améliore ainsi l’accessibilité économique des produits et la maîtrise des coûts.
Entre 2013 et 2023, les biosimilaires ont régulièrement gagné des parts sur le marché accessible dans dix domaines thérapeutiques clés (voir l’encadré « Définition et comparabilité »). En 2013, ils ne représentaient que 1 % du volume du marché, mais en 2023, leur part était passée à 22 % dans 25 pays, une évolution qui met en évidence l’acceptation et l’intégration croissantes des biosimilaires au sein des systèmes de santé. En 2023, les biosimilaires représentaient plus d’un quart du marché accessible dans certains domaines thérapeutiques dans des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Suède, l’Autriche et le Portugal (Graphique 9.9).