L’efficacité des soins prodigués aux personnes atteintes de maladies chroniques peut être renforcée grâce à une prise en charge clinique fondée sur des données, d’autant plus que ces patients ont des interactions fréquentes avec leurs prestataires de santé. Cependant, comme l’autogestion permanente fait partie du quotidien de la plupart de ces personnes, il est également essentiel de les aider à prendre en charge leur santé et leur bien-être, en leur donnant par exemple des conseils pour adopter un mode de vie plus sain et gérer efficacement leur traitement médicamenteux. La prise en charge intégrée des maladies chroniques dans le cadre des soins primaires contribue à prévenir les complications et les hospitalisations évitables.
Le diabète, qui est une maladie chronique courante, est une cause majeure de maladie cardiovasculaire, de cécité, d’insuffisance rénale et d’amputation d’un membre inférieur. Chez les personnes atteintes de diabète et d’hypertension, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine sont recommandés dans la plupart des directives nationales comme médicaments antihypertenseurs de première intention pour réduire la tension artérielle.
Le Graphique 6.12 montre en 2023 des pourcentages globalement uniformes de patients diabétiques sous antihypertenseurs recommandés, bien que l’Islande, les Pays-Bas et la Türkiye enregistrent un taux d’environ 80 %, ou inférieur. Le taux moyen de prescription d’antihypertenseurs a augmenté de 4 p.p. entre 2013 et 2023 dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, ce qui témoigne d’un plus grand respect des recommandations pour la pratique clinique, l’amélioration étant particulièrement notable en Finlande.
Vu que le risque d’amputation chez les patients diabétiques peut être réduit par une gestion efficace du diabète, le taux d’hospitalisation pour amputation d’un membre inférieur peut indiquer la qualité à long terme de la prise en charge du diabète. Si les recommandations pour la pratique clinique en matière de prescription sont très respectées dans les pays de l’OCDE, le Graphique 6.13 montre des écarts importants entre les pays pour ce qui est des taux d’amputation majeure et mineure des membres inférieurs chez les adultes diabétiques. L’Islande, le Portugal, l’Italie, la Corée et la Suède ont affiché des taux inférieurs à 12 pour 100 000 habitants, tandis que le Chili, la Tchéquie, la Slovénie et l’Allemagne ont enregistré des taux supérieurs à 40 pour 100 000. L’amputation mineure d’un membre inférieur peut être considérée comme un traitement visant à prévenir l’amputation majeure d’un membre inférieur ainsi que des complications graves dues à un diabète non contrôlé, mais le taux d’amputations mineures des membres inférieurs varie d’un pays à l’autre, ce qui semble indiquer des différences au niveau de la rapidité et de la qualité des interventions de soins primaires pour les cas de diabète à un stade précoce. Il convient toutefois de noter que les amputations mineures des membres inférieurs peuvent être pratiquées en ambulatoire dans des pays de l’OCDE ; il s’agit en Suède d’une pratique courante qui fait que le taux d’amputations mineures des membres inférieurs avec hospitalisation est relativement faible, de sorte qu’il faut interpréter avec prudence les variations de cet indicateur d’un pays à l’autre.
L’aide à l’autogestion, qui vise à doter les patients des connaissances et des compétences nécessaires pour gérer leurs pathologies, est plus efficace lorsque les patients prennent une part active aux décisions concernant leur prise en charge. Les résultats de l’enquête PaRIS de l’OCDE montrent qu’au niveau des soins primaires, les personnes sont plus confiantes dans leur capacité d’autogestion lorsque les médecins les associent à la prise de décision et les aident à jouer un rôle plus actif dans la prise en charge de leur état de santé (OCDE, 2025[1]). Le Graphique 6.14 montre qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE, si 70 % des personnes sans maladie chronique ont déclaré avoir confiance dans leur capacité d’autogestion, cette proportion n’est que de 59 % parmi les personnes atteintes de maladies chroniques. La confiance des personnes âgées de 45 ans et plus qui sont atteintes de maladies chroniques dans leur capacité d’autogestion variait d’un facteur de un à près de quatre dans les pays étudiés, allant de 92 % en France à moins de 40 % en Italie, en Islande et en Grèce.