Pour une grande partie de la population, les contacts avec les services de santé revêtent le plus souvent la forme de consultations chez le médecin généraliste, qui sont souvent le point de départ d’un traitement médical. Les consultations peuvent avoir lieu au cabinet, dans des maisons de santé de proximité, dans les services de consultation externe des hôpitaux ou, dans certains cas, au domicile des patients. De plus en plus, ces derniers ont aussi la possibilité de consulter à distance, souvent en ligne dans le cadre d’un appel vidéo.
En 2023, le nombre moyen de consultations médicales en présence par habitant dans les pays de l’OCDE allait de moins de 3 au Mexique, au Costa Rica, en Suède et en Grèce à 18 en Corée (Graphique 5.16). La moyenne à l’échelle de l’OCDE était de 6.5 consultations par personne et par an. Au Canada, aux États-Unis, en Finlande, au Royaume‑Uni et en Suède, le nombre relativement faible de consultations peut s’expliquer en partie par le rôle accru des infirmiers et autres professionnels de santé en matière de soins primaires – notamment en ce qui concerne la gestion des patients atteints de maladies chroniques et le traitement des patients ayant des problèmes de santé mineurs. Cela réduit la nécessité de consulter un médecin (Brownwood et Lafortune, 2024[1]).
Le nombre de consultations en présence a diminué dans 21 pays de l’OCDE sur 31 depuis 2019. Un recul qui tient sans doute en partie à la progression des téléconsultations ces dernières années. Ainsi, en 2023, 13 % des consultations médicales étaient des téléconsultations, en moyenne dans les 22 pays de l’OCDE disposant de données comparables (Graphique 5.17). Les téléconsultations représentaient plus de 25 % de l’ensemble des consultations médicales au Danemark, en Estonie, en Israël, au Portugal et en Suède, alors qu’elles restaient encore rares en Allemagne, au Chili, en Corée et en Grèce (voir la section « Données et numérique » au chapitre 9 pour les tendances des téléconsultations).
Les modes de paiement des prestataires et le montant du ticket modérateur ont également une incidence sur le nombre de consultations médicales. Dans certains pays, les médecins sont payés essentiellement en honoraires pour service (p. ex., en Allemagne, en Corée, au Japon et en République slovaque). Les taux de consultation y sont généralement plus élevés que dans les pays où les médecins sont le plus souvent salariés ou rémunérés à la capitation (p. ex., le Danemark, la Finlande, le Mexique et la Suède). Pour autant, aux États-Unis, où les médecins sont principalement rémunérés à l’acte, les taux de consultation sont relativement faibles. Cela tient probablement en partie au montant élevé du ticket modérateur pour une grande part de la population, qui peut amener les patients à ne pas consulter de médecin en raison du coût des soins.
Le nombre et le type de consultations peuvent varier selon le groupe socioéconomique. Les personnes les plus aisées consulteront plus facilement un médecin que les personnes du quintile de revenu inférieur, pour un niveau de besoin comparable. Ces inégalités d’accès selon le niveau de revenu sont beaucoup plus marquées pour les consultations de spécialistes que pour les consultations de généralistes (OCDE, 2019[2]).
Les informations relatives au nombre de consultations de médecins par personne peuvent servir à estimer le nombre annuel de consultations (en présence) par médecin. Cet indicateur ne doit pas être considéré comme une mesure de la productivité des médecins, d’une part parce que la durée et l’efficacité des consultations varient, d’autre part parce qu’il ne prend en compte ni les services que les médecins fournissent aux patients hospitalisés ni le temps consacré aux tâches administratives et aux travaux de recherche. Si l’on garde à l’esprit ces problèmes de comparabilité, c’est en Corée que le nombre estimé de consultations par médecin est le plus élevé ; le Japon et la Türkiye venant ensuite avec plus de 4 500 consultations en 2023 (Graphique 5.18). En Corée, cela peut s’expliquer par la faible durée des consultations, qui permet aux médecins de recevoir davantage de patients par unité de temps ; les autorités y voient également le moyen de conserver des temps d’attentes minimes : en effet, la plupart des patients peut ainsi recevoir des soins primaires le jour même, même sans rendez-vous. Les chiffres les plus bas ont été enregistrés en Grèce et en Suède. En Suède, les consultations médicales, aussi bien dans le cadre de soins primaires qu’à l’hôpital, sont généralement limitées aux patients dont le cas est relativement grave ou complexe.