Les maladies chroniques telles que le cancer, les affections cardiovasculaires, les problèmes respiratoires chroniques et le diabète, principales causes de décès dans les pays de l’OCDE, représentent aussi une charge de morbidité majeure. Bon nombre d’entre elles sont évitables moyennant la modification de facteurs de risques majeurs, comme le tabagisme, la consommation nocive d’alcool, l’obésité et l’inactivité physique (voir au chapitre 4 « Déterminants non médicaux et facteurs de risque »). Les maladies chroniques liées à des facteurs de risque (diabète de type 2, insuffisance cardiaque et maladie rénale chronique) se développent de la même façon et surviennent souvent simultanément, causant une multimorbidité.
En 2021, plus d’un tiers des personnes âgées de 16 ans et plus déclaraient un problème de santé ou une maladie de longue durée, en moyenne dans 29 pays de l’OCDE (Graphique 3.16). Ce chiffre varie de plus d’un adulte sur deux en Finlande à un peu moins d’un sur cinq en Italie. Avec le vieillissement de la population, la prévalence des maladies chroniques, y compris de la multimorbidité, augmente. Les systèmes de santé doivent être de plus en plus préparés à gérer efficacement les soins de longue durée pour répondre aux besoins des populations vieillissantes.
Les disparités socioéconomiques sont également prononcées : en moyenne, dans les pays de l’OCDE, les personnes appartenant au quintile de revenu le plus faible risquent 15 fois plus de faire état d’une maladie chronique de longue durée (44 %) que les personnes appartenant au quintile de revenu le plus élevé (28 %). Cette disparité est observée dans tous les pays de l’OCDE, mais l’écart de revenus est le plus prononcé en Belgique, en Irlande, en Lettonie, en Lituanie et en Tchéquie, où les revenus les plus modestes risquent plus de deux fois plus de souffrir d’au moins une maladie ou un problème de santé de longue durée que les plus hauts revenus. L’écart de revenu est le plus faible en Espagne et en République slovaque, où les personnes appartenant au quintile de revenu le plus bas ne sont que 5 points de pourcentage (p.p) plus susceptibles de faire état d’un problème de santé ou d’un handicap de longue durée que les personnes appartenant au quintile de revenu le plus élevé.
Le diabète est l’une des maladies chroniques les plus importantes. Il est particulièrement lourd de conséquences en termes d’incapacité, car il peut entraîner des maladies cardiovasculaires, la cécité, une insuffisance rénale et l’amputation d’un membre inférieur (OCDE, 2025[1]). Les conséquences économiques du diabète sont importantes : on estime à 670 milliards USD le montant consacré à son traitement et à la prévention de ses complications dans les pays de l’OCDE en 2021 (FID, 2025[2]). En 2022, selon les estimations, 8.6 % de la population adulte étaient diabétiques en moyenne dans la zone OCDE (données standardisées par âge). Parmi les pays de l’OCDE, les taux de prévalence du diabète les plus élevés étaient observés au Chili, au Costa Rica et au Mexique, où 14.0 % ou plus des adultes étaient concernés (données standardisées par âge). S’agissant des pays partenaires, la prévalence du diabète est également relativement forte en Inde et au Pérou (Graphique 3.17).
Les taux de prévalence du diabète standardisés par âge ont augmenté dans la plupart des pays membres de l’OCDE au cours des dix dernières années. Les exceptions sont l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne, la France, Israël et le Mexique. La plus forte hausse est observée au Costa Rica (6.7 p.p.). D’importantes augmentations sont également constatées en Indonésie et au Pérou, deux pays candidats à l’adhésion à l’OCDE. Cette évolution à la hausse tient en partie à l’augmentation des taux d’obésité, à une mauvaise alimentation et à l’inactivité physique, mais aussi à l’interaction de ces facteurs avec le vieillissement démographique.
Les maladies chroniques multiples alourdissent la charge supportée par les patients et les systèmes de santé. Les données de l’Enquête PaRIS de l’OCDE indiquent que 82 % des usagers des services de soins primaires âgés de 45 ans et plus ont déclaré être atteints d’au moins une maladie chronique, et 52 % de deux maladies chroniques ou plus (Graphique 3.18). Parmi les pays qui participent à l’enquête PaRIS, la Slovénie et la Grèce enregistrent la plus faible proportion d’usagers des services de soins primaires atteints de deux maladies chroniques ou plus ; les plus fortes proportions sont observées en Australie et aux États-Unis. Les maladies chroniques multiples deviennent plus prévalentes avec l’âge, d’où la nécessité d’une prise en charge plus coordonnée des personnes atteintes de pathologies multiples et d’une meilleure collaboration entre les patients et les professionnels de santé, c’est-à-dire les médecins de famille, les pharmaciens, le personnel infirmier et les autres spécialistes (OCDE, 2025[3]).