En 2023, le cancer était la deuxième cause de décès dans les pays de l’OCDE (21 % de tous les décès), après les maladies du système circulatoire. Dans dix de ces pays, cependant, dont l’Espagne et le Japon, les tumeurs (principalement cancéreuses) sont devenues la première cause de décès (voir la section « Principales causes de mortalité »). Les principales causes de mortalité liée au cancer sont les cancers du poumon (20 %), du côlon-rectum (11 %), du pancréas (8 %), du sein (7 %) et de la prostate (6 %). Ces cinq cancers représentent plus de 50 % de tous les décès par cancer dans les pays de l’OCDE. En moyenne, les taux de mortalité par cancer standardisés par âge ont diminué au fil du temps dans les pays de l’OCDE, passant de 204 décès pour 100 000 habitants en 2019 à 191 décès pour 100 000 habitants en 2023.
Le cancer du poumon est la principale cause de mortalité par cancer chez les hommes comme chez les femmes ; il compte pour 22 % des décès par cancer chez les hommes et 17 % chez les femmes (Graphique 3.8). Le tabagisme représente le principal facteur de risque du cancer du poumon. Le cancer colorectal est aussi une cause majeure de décès chez les hommes comme chez les femmes, représentant 11 % des décès liés au cancer dans les deux cas. Les vastes programmes de dépistage du cancer colorectal dans la population adulte, c’est-à-dire à partir d’environ 50 ans, se sont traduits en un premier temps par une augmentation des nouveaux cas, suivie par une diminution de l’incidence de ce cancer chez les adultes d’un âge avancé. Ces dernières années, cependant, de nombreux pays de l’OCDE ont observé une incidence croissante du cancer colorectal chez les patients plus jeunes. Outre l’âge et les facteurs génétiques, un régime alimentaire riche en matières grasses et pauvre en fibres, le manque d’activité physique, l’obésité, le tabagisme et la consommation d’alcool sont autant de facteurs qui accentuent les risques de cancer colorectal.
Le cancer du sein est la deuxième cause de mortalité par cancer chez les femmes (15 % des décès). Bien qu’il soit le premier cancer incident chez les femmes (28 %), son taux de mortalité a diminué ou s’est stabilisé – ce qui est révélateur de diagnostics et de traitements plus précoces – et se traduit par des taux de survie plus élevés (voir la section « Dépistage du cancer » au chapitre 6). Le cancer de la prostate est la troisième cause de mortalité par cancer chez les hommes ; il est à l’origine de 10 % des décès liés à un cancer et de 22 % de l’incidence du cancer chez les hommes (Graphique 3.8).
Le taux d’incidence du cancer en général s’établissait à 291 décès pour 100 000 habitants en moyenne dans les pays de l’OCDE en 2022 ; il était plus élevé pour les hommes que pour les femmes dans la plupart de ces pays. Les taux d’incidence varient de moins de 200 décès pour 100 000 habitants (Chili, Colombie, Costa Rica et Mexique, mais aussi Inde, Indonésie, Pérou et Thaïlande, pays candidats à l’adhésion/partenaires) à plus de 350 décès pour 100 000 habitants (Australie, Danemark, États‑Unis, Norvège et Nouvelle‑Zélande) (Graphique 3.9). Un faible taux d’incidence peut s’expliquer par un registre limité, un manque d’accès aux programmes de dépistage, des structures de population plus jeunes et des différences d’exposition aux facteurs de risque.
Le taux moyen de mortalité par cancer en 2023 dans les pays de l’OCDE, à savoir 191 décès pour 100 000 habitants, était invariablement plus élevé pour les hommes que pour les femmes (Graphique 3.10). Les taux de mortalité étaient les plus élevés en Hongrie, en Lettonie, en République slovaque et en Slovénie (230 ou plus pour 100 000 habitants) et les plus bas au Costa Rica, au Mexique et en Türkiye (moins de 150 pour 100 000 habitants). Une plus forte prévalence des facteurs de risque chez les hommes, en particulier le tabagisme et la consommation d’alcool, explique en grande partie ces différences d’incidence du cancer entre les hommes et les femmes. D’autre part, les interventions visant à réduire les inégalités socioéconomiques dans les chiffres de mortalité par cancer devraient être axées sur les personnes ayant un faible niveau d’instruction, car les chiffres indiquent des taux de mortalité par cancer plus élevés pour ce groupe de population dans la majorité des pays de l’OCDE. Les différences de qualité des traitements, d’accès aux thérapies innovantes, et d’équité de participation aux programmes de dépistage contribuent elles aussi de manière significative aux différences de taux de survie des personnes atteintes de cancer entre les pays.
Des diagnostics et des traitements plus précoces augmentent nettement les taux de survie au cancer. C’est en partie pour cette raison que l’Australie, la Belgique et la Norvège, par exemple, affichent des taux de mortalité inférieurs à la moyenne alors qu’elles enregistrent des taux d’incidence relativement élevés. La Norvège affiche un taux élevé (environ 70 %) de participation aux programmes de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, mais aussi un nombre de professionnels de santé par cas de cancer plus important que dans la plupart des pays de l’OCDE (OCDE/Commission européenne, 2025[1]).