L’enfance et l’adolescence sont des périodes déterminantes pour le développement d’habitudes saines et pérennes. Les taux d’enfants et d’adolescents souffrant de problèmes de santé multiples peuvent donner une indication générale de l’état de santé et du bien-être. Une bonne santé mentale est également bénéfique sur les plans sociaux et économiques, dans la mesure où elle retentit sur les résultats scolaires et professionnels (OCDE, 2025[1]).
Selon les plus récentes données de l’enquête HBSC recueillies en 2021/22, période pendant laquelle la plupart des pays traversaient encore la pandémie de COVID‑19, plus de 50 % des adolescents de 15 ans souffraient de problèmes de santé multiples : déprime, irritabilité, maux de tête, d’estomac ou de dos (Graphique 3.13). Le taux d’adolescents de 15 ans faisant état d’au moins deux problèmes de santé plus d’une fois par semaine est passé de 37 % en 2014 à 52 % en 2022. En 2022, les plus hauts taux d’adolescents de 15 ans faisant état de problèmes de santé multiples s’établissaient à 66 % en Italie et en Grèce. En 2014, ils étaient de 53 % en Italie et de 48 % en Bulgarie, suivis par 47 % en France.
Dans tous les pays, ces taux étaient plus élevés chez les filles que chez les garçons (Graphique 3.14). En 2022, 68 % des filles de 15 ans faisaient état de problèmes de santé multiples dans les pays de l’OCDE, contre 36 % seulement des garçons. Les problèmes de santé les plus répandus, pour les filles comme pour les garçons, sont ceux souvent liés à la détresse psychologique (nervosité, irritabilité, difficultés à s’endormir ou déprime). La pression scolaire et les difficultés relationnelles intrafamiliales, ou entre pairs, pourraient faire partie des raisons qui contribuent à la hausse des problèmes de santé et de la détresse psychologique, en particulier chez les filles (Badura et al., 2024[2]).
En 2022, les adolescents de 15 ans dans les pays de l’OCDE déclaraient un score moyen de bien-être de 54, sachant qu’un score de plus de 60 signifie que la personne est satisfaite de son degré de bien-être plus de la moitié du temps (Graphique 3.15). Ce score était de 47 pour les filles et de 61 pour les garçons. Les plus faibles niveaux de bien-être étaient enregistrés en Pologne et en Slovénie. Dans ces deux pays, le score de bien-être moyen était de 40 pour les filles et 54 pour les garçons. Cependant, même dans le pays le plus performant, à savoir le Danemark, le score moyen de bien-être des filles de 15 ans était de 57 seulement en 2022. Les troubles de la santé mentale chez les jeunes ont augmenté pendant la pandémie de COVID‑19 ; les taux de décès par suicide diminuent plus lentement chez les jeunes que chez les adultes, et certaines données nationales indiquent une hausse des troubles anxieux et dépressifs ces dernières années (OCDE, 2025[1]; Badura et al., 2024[2]). Cette évolution potentiellement préoccupante doit être suivie de près.
Des relations familiales stables et des environnements sociaux favorables contribuent à une bonne santé mentale, à un plus grand sentiment de sécurité et une meilleure estime de soi chez les jeunes (OCDE, 2025[1]). Pour favoriser une bonne santé physique et mentale des adolescents, bon nombre de pays ont mis en œuvre des interventions en milieu scolaire axées sur l’apprentissage socio-émotionnel. En Finlande, le programme Icehearts cherche à améliorer le comportement prosocial par la pratique de sports d’équipe et par un accompagnement à long terme des enfants et des adolescents socialement vulnérables (OCDE, 2025[1]). Le programme Zippy’s Friends, en place dans 30 pays à l’échelle mondiale, s’adresse aux jeunes enfants (5 à 7 ans) et vise à améliorer les compétences émotionnelles, la résilience et les capacités d’adaptation pour aider les jeunes à faire face aux défis qui se présentent à eux à l’adolescence et à l’âge adulte (OCDE, 2025[3]). Améliorer l’accès à des services de santé mentale fondés sur les données d’observation est un autre moyen de favoriser la santé mentale des jeunes. En Belgique, par exemple, l’accès rapide et gratuit aux psychologues est garanti pour les jeunes jusqu’à 24 ans, à raison de 8 consultations par an pour le premier niveau de soutien et de 20 consultations pour les traitements spécialisés (OCDE, 2025[1]).