Les longs délais d’attente avant de recevoir différents types de soins sont un problème déjà ancien dans un certain nombre de pays de l’OCDE. Les bienfaits escomptés du traitement étant retardés, les patients continuent d’endurer douleur et handicap plus longtemps qu’ils ne devraient, ce qui risque de nuire à leur convalescence.
Le Graphique 5.11 et le Graphique 5.12 sont consacrés plus particulièrement à deux interventions chirurgicales électives (non urgentes) : l’opération de la cataracte et l’arthroplastie de la hanche. En ce qui concerne l’opération de la cataracte, en 2024, la part des patients attendant plus de trois mois (Graphique 5.11, partie gauche) était comprise entre moins de 20 % en Pologne et en Hongrie, et plus de 70 % en Finlande et en Norvège (bien que dans ce dernier pays les temps d’attente avant ce type d’intervention et d’autres également soient surévalués par rapport aux autres pays – voir l’encadré « Définition et comparabilité »). Si l’on considère maintenant le nombre médian de jours d’attente (Graphique 5.11, partie droite), celui-ci va de 50 jours ou moins, en Espagne, en Pologne, en Hongrie et en Suède, à 280 jours en Slovénie.
Avant la pandémie, les délais d’attente tendaient à raccourcir dans la plupart des pays. Ils se sont considérablement allongés en raison de la crise sanitaire, puis ont retrouvé, ou commencé à retrouver, leur niveau antérieur dans la majorité des cas. Toutefois, en Nouvelle‑Zélande et en Slovénie, les délais d’attente ont continué de s’allonger selon les deux types de mesures. Depuis quelques années, ils ont en revanche considérablement diminué en Pologne. Ces améliorations sont le résultat d’un effort financier consenti depuis 2019, par l’intermédiaire du Fonds national pour la santé, en faveur du traitement de la cataracte et de l’arthroplastie de la hanche et du genou.
En ce qui concerne l’arthroplastie de la hanche, le pourcentage de patients devant attendre plus de trois mois est globalement identique à celui relevé pour l’opération de la cataracte, mais le temps d’attente médian est généralement bien plus important (Graphique 5.12). En 2024, celui-ci allait de 67 jours en Suède et en Espagne à plus de six mois en Hongrie (209 jours), au Chili (313 jours), en Pologne (343 jours) voire à près de deux ans en Slovénie (667 jours). À cela s’ajoute que le temps d’attente est encore supérieur à son niveau d’avant la pandémie dans un plus grand nombre de pays, et s’est même considérablement allongé en Slovénie. La Pologne fait là encore figure d’exception, puisque les délais d’attente se sont nettement réduits par rapport à 2019. L’arthroplastie du genou (non représentée) suit une tendance analogue à celle de l’arthroplastie de la hanche, même si les délais d’attente sont généralement plus élevés pour les deux types de mesures.
Quel que soit le type d’intervention élective, la recherche montre que le nombre de patients opérés devra souvent excéder sensiblement celui des dernières années pour que l’on retrouve les niveaux constatés avant la pandémie, eu égard notamment à la demande croissante résultant du vieillissement de la population (Siciliani et Lafortune, à paraître[1]).
Une enquête menée par le Fonds du Commonwealth fournit des éléments complémentaires au sujet des délais d’attente pour consulter un prestataire de soins primaires (médecin généraliste ou infirmier) ou un spécialiste. Certains pays de l’OCDE ont fixé des temps d’attente maximum pour les soins primaires – généralement compris entre 24 heures et 7 jours – et donnent en parallèle la priorité aux patients atteints de pathologies graves (OCDE, 2020[2]). Dans les dix pays étudiés, cependant, près d’une personne sur cinq (18 %) indique devoir attendre plus d’une semaine pour consulter un généraliste ou un infirmier, et plus d’une sur deux (57 %) au moins deux jours. Les temps d’attente les plus importants sont relevés au Canada, en Nouvelle‑Zélande et en France (Graphique 5.13, partie gauche). En ce qui concerne les spécialistes, un peu plus de la moitié des patients, en moyenne (52 %), a dû attendre un mois, sinon davantage, avant d’être reçu en rendez-vous. Au Canada et au Royaume‑Uni, ils sont plus de 10 % à déclarer avoir attendu plus d’un an (Graphique 5.13, partie droite).