La vaccination est l’une des interventions de santé publique les plus efficaces, offrant d’importants avantages sur les plans sanitaires et économiques en protégeant contre les maladies infectieuses. La vaccination des enfants contre des maladies infectieuses telles que la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC), la rougeole et l’hépatite B a considérablement réduit la morbidité et la mortalité dans le monde entier. Chez les seniors, qui sont plus vulnérables face à la grippe, les vaccins offrent une protection essentielle, réduisant le risque de formes graves, d’hospitalisations et de mortalité, et atténuant les pressions saisonnières sur les systèmes de santé. Toutefois, des taux élevés de couverture nationale peuvent ne pas suffire à enrayer la propagation de la maladie si les taux de vaccination sont contrastés d’une région à l’autre ou chez certains groupes de population. Par conséquent, l’action des pouvoirs publics visant à assurer l’accès aux vaccins et à susciter la confiance de la population, tous groupes confondus, dans la sécurité et l’efficacité des vaccins, est essentielle à la réussite des programmes de vaccination.
Le Graphique 6.1 montre la couverture vaccinale contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC), ainsi que la rougeole. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, 89 % des enfants en moyenne étaient vaccinés contre la rougeole (vaccin recommandé) en 2024. Les lacunes persistantes dans la couverture vaccinale contre la rougeole chez certains groupes de population, y compris dans les pays où la couverture est élevée au niveau national, sont à l’origine de poussées épidémiques : l’incidence de la rougeole a en effet atteint ses niveaux les plus élevés ces dernières décennies en Europe (UNICEF et OMS/Europe, 2025[1]), et a fortement augmenté en Amérique du Nord et du Sud (OMS, 2025[2]). Dans la plupart des pays de l’OCDE, l’importance des vaccins pour les enfants a diminué aux yeux de la population pendant la pandémie de COVID‑19.
En 2024, seuls six pays de l’OCDE ont atteint le niveau minimum d’immunisation contre la rougeole (deux doses) recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir 95 % de la population couverte. L’immunisation contre la rougeole, qui est souvent combinée à la vaccination contre la rubéole et/ou les oreillons, était particulièrement faible au Mexique (69 %), au Chili (73 %) et en Estonie (74 %). Par rapport aux niveaux prépandémiques de 2019, les taux de vaccination contre la rougeole ont diminué en moyenne de près de 2 points de pourcentage (p.p.) dans les pays de l’OCDE. Cette baisse était particulièrement marquée au Chili (‑18 p.p.), en Estonie et au Costa Rica (‑15 p.p.), ainsi qu’en Pologne, en Lituanie, aux Pays-Bas, au Canada et dans des pays partenaires/candidats à l’adhésion à l’OCDE comme l’Argentine et la Roumanie, avec des reculs de 8 p.p. ou plus.
Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, 93 % des enfants en moyenne étaient vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC, vaccin recommandé) en 2024. Toutefois, en 2024, plus d’un pays de l’OCDE sur cinq n’avait pas atteint le niveau minimum d’immunisation contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) recommandé par l’OMS (90 %), les taux étant particulièrement faibles au Mexique (78 %) et en Estonie (81 %). Plusieurs pays partenaires/candidats à l’adhésion à l’OCDE, parmi lesquels l’Afrique du Sud, l’Argentine, la Roumanie, le Pérou et l’Indonésie, affichaient également une couverture inférieure ou égale à 80 %. Les taux de vaccination des enfants contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) ont légèrement diminué en moyenne (de moins de 2 p.p.) entre 2019 et 2024 dans les pays de l’OCDE, même si l’Estonie et la Tchéquie, ainsi que des pays partenaires/candidats à l’adhésion à l’OCDE comme l’Afrique du Sud et l’Indonésie ont enregistré des baisses plus importantes (‑10 p.p. ou plus).
La grippe est une maladie infectieuse saisonnière courante, à l’origine de 3 à 5 millions de cas graves dans le monde chaque année, ainsi que d’un nombre de décès estimé à 650 000 (OMS, 2019[3]). La vaccination annuelle est recommandée pour les groupes à haut risque, notamment les adultes de 65 ans et plus. Le Graphique 6.2 montre que le taux d’immunisation contre la grippe visé par l’OMS, à savoir 75 %, a seulement été atteint en 2023 en Corée (85 %), au Mexique (83 %), ainsi qu’au Royaume‑Uni et au Danemark (78 %). La couverture était inférieure à 20 % en Pologne, en Türkiye, en République slovaque, en Lettonie, en Slovénie et en Hongrie, ainsi qu’en Bulgarie, pays candidat à l’adhésion à l’OCDE.
Les taux de vaccination antigrippale chez les personnes âgées de 65 ans et plus ont augmenté au fil du temps, passant de 46 % en moyenne dans les pays de l’OCDE en 2019 à 51 % en 2024. Cette progression tient à l’essor des campagnes de vaccination antigrippale ainsi qu’à une sensibilisation accrue. La couverture est néanmoins inférieure au pic de 55 % atteint en 2021 grâce à une sensibilisation accrue à la vaccination, mais aussi à la pratique de la co‑administration des vaccins contre le COVID‑19 et contre la grippe qui a simplifié et amélioré l’accès à la vaccination. Par rapport à 2019, les hausses ont dépassé 20 p.p. au Danemark et en Norvège. Toutefois, certains pays ont enregistré des baisses de plus de 5 p.p., notamment l’Irlande, Israël et la Hongrie, ainsi que la Croatie, pays candidat à l’adhésion à l’OCDE.