Les comparaisons internationales des dépenses de santé mettent en évidence les différences tenant compte à la fois du prix des biens et services de santé et de la quantité (« volume ») de soins que les individus utilisent. Répartir les dépenses de santé en ces deux composantes aide les responsables de l’action publique à mieux comprendre les facteurs à l’origine des variations des dépenses.
Pour ce faire, il faut que les données concernant les dépenses soient exprimées dans une devise commune, et le choix de la méthode de conversion des devises peut avoir une grande influence sur les résultats et leur interprétation. Une possibilité consiste à convertir les devises locales en utilisant les taux de change du marché, mais ceux-ci sont souvent volatils. De plus, les taux de change ne sont pas nécessairement adaptés aux secteurs principalement non exportateurs comme la santé, car ils ne reflètent pas le pouvoir d’achat réel des devises sur le marché intérieur. Il est plus approprié d’utiliser les parités de pouvoir d’achat (PPA), qui tiennent compte des différences de niveau des prix à l’échelle de l’ensemble de l’économie, pour les secteurs et pour des agrégats de dépenses précis (OCDE/Eurostat, 2007[1]). En raison de leur grande disponibilité, les PPA de la CIE, qui englobent tous les biens et services consommés par les ménages, sont communément utilisées comme taux de conversion pour les dépenses de santé (voir l’indicateur « Dépenses de santé par habitant »). Cependant, le recours aux PPA de la CIE signifie que les niveaux de prix obtenus reflètent non seulement les différences en volume et en prix des services de santé, mais également les écarts de prix relatifs entre les biens et services de santé et les autres biens et services de consommation d’un pays à l’autre.
Le Graphique 7.6 illustre les niveaux de prix propres à la santé sur la base d’un panier standardisé de biens et services de santé dans les pays de l’OCDE. Un même ensemble de produits de santé coûte 55 % de plus que la moyenne de l’OCDE en Islande, et 52 % de plus en Suisse et aux États-Unis, les pays où les prix sont les plus élevés. L’Australie et Israël se caractérisent également par des prix relativement élevés en matière de soins de santé. À l’inverse, des pays comme la France, la Slovénie et l’Espagne affichent des niveaux de prix plus bas, le même panier de soins de santé coûtant environ deux tiers de la moyenne de l’OCDE. La Türkiye affiche les prix des soins de santé les plus bas parmi les pays de l’OCDE, à savoir 18 % seulement de la moyenne.
Si l’on retire la composante prix des dépenses de santé, il est possible d’estimer la quantité de biens et de services de santé (« le volume de soins de santé ») consommés par la population. Ces volumes varient moins d’un pays à l’autre que les dépenses de santé globales (Graphique 7.6). Les États-Unis continuent d’afficher la consommation de soins de santé par habitant la plus élevée, avec des volumes supérieurs d’environ 50 % à la moyenne de l’OCDE. En revanche, le Mexique et le Costa Rica enregistrent les volumes les plus faibles, représentant environ un cinquième de la moyenne. Les différences en matière de volume de soins de santé par habitant résultent de facteurs comme la structure démographique et le profil pathologique d’une population, la manière dont sont organisés les modes de délivrance des services, le niveau de consommation de médicaments prescrits et des problèmes d’accès à l’origine d’un moindre recours aux soins.
Les prix dans le secteur de la santé sont étroitement liés aux niveaux globaux des prix dans l’économie. Cependant, contrairement aux biens faisant l’objet d’échanges internationaux, dont les prix ont tendance à converger d’un pays à l’autre, des services comme les soins de santé sont principalement produits localement. Dans les pays riches, les salaires plus élevés entraînent souvent une augmentation des coûts des services, y compris des soins de santé. Lorsque l’on compare les niveaux de prix spécifiques à la santé et à l’ensemble de l’économie à la moyenne de l’OCDE, les variations des prix des soins de santé sont souvent plus importantes. En règle générale, dans les pays où les prix sont globalement bas, les prix des soins de santé sont encore plus bas, et inversement. Néanmoins, cette relation n’est pas systématique. Au Danemark, par exemple, les niveaux globaux des prix sont relativement élevés, mais les prix des soins de santé restent inférieurs à la moyenne de l’OCDE. Cette situation peut s’expliquer par des décisions des pouvoirs publics visant à réglementer les prix de la santé.