Le financement de la R-D (recherche‑développement) pharmaceutique est le fruit d’une combinaison de sources publiques et privées. Les pouvoirs publics financent généralement la recherche fondamentale et les travaux de recherche préliminaires par l’intermédiaire de dotations budgétaires, de subventions de recherche et par le financement d’établissements de recherche et d’établissements d’enseignement supérieur. L’industrie pharmaceutique finance toutes les phases de R-D et la plupart des essais cliniques préalables à l’enregistrement, mais c’est avant tout elle qui exploite et applique le savoir acquis pour développer des produits, ce pour quoi elle reçoit une aide sous forme de subventions à la R-D ou de crédits d’impôt.
En 2022, les gouvernements de 35 pays de l’OCDE pour lesquels il existe des données ont alloué ensemble environ 73 milliards USD à la R-D dans le domaine de la santé. Ce montant ne concerne pas uniquement les produits pharmaceutiques, et reste une sous-estimation du soutien total des pouvoirs publics, car il exclut la plupart des incitations fiscales et des fonds alloués à l’enseignement supérieur et aux entreprises publiques. Les États-Unis ont représenté environ les deux tiers du total (49.5 milliards USD) et ont consacré la plus grande part par rapport au PIB (Graphique 9.16), suivis par le Royaume‑Uni (3.7 milliards USD) et le Japon (3.3 milliards USD).
Au cours de la période 2010‑2023, les budgets publics de R-D dans le domaine de la santé dans les pays de l’OCDE ont augmenté d’environ 13 % (en termes réels), en baisse par rapport au pic atteint en 2020 pendant la pandémie de COVID‑19 (+24 % depuis 2010). Plus précisément, en termes réels, les pays de l’OCDE ont alloué collectivement 60 milliards USD en moyenne au cours de la période 2010‑2019, atteignant un pic de 80 milliards USD en 2020, avant de revenir à 72 milliards USD en moyenne sur la période 2021‑2023.
L’industrie pharmaceutique a dépensé 129 milliards USD pour la R-D en 2022, aux États-Unis pour la majeure partie (103.9 milliards USD). Les dépenses intérieures de R-D des entreprises (DIRDE) dans le secteur pharmaceutique ont augmenté de près de 76 % en termes réels depuis 2010. Cette croissance est portée principalement par les pays de l’OCDE (+60 % depuis 2010), et en particulier par les États-Unis (69 % du total de l’OCDE). Néanmoins, la part des pays hors de l’OCDE augmente. En particulier, les DIRDE en Chine sont passées de 5.0 milliards USD en 2010 (à prix constant de 2015 à PPA) à 23.4 milliards (+365 %) – ce qui représente un taux de croissance supérieur à celui de n’importe quel pays de l’OCDE.
En moyenne dans les pays de l’OCDE, le secteur pharmaceutique représente environ 8 % de ces dépenses, même si ce pourcentage varie considérablement d’un pays à l’autre (Graphique 9.17). Dans la moitié des pays de l’OCDE, l’investissement des entreprises dans la R-D pharmaceutique représente moins de 5 %, alors qu’en Suisse, en Slovénie, au Danemark et en Belgique, il dépasse 20 %, à l’image du rôle important que joue l’industrie pharmaceutique dans leur économie.
L’activité effective de R-D peut s’observer à travers le nombre de produits ou de médicaments en phase de développement pour chaque classe et indication thérapeutiques. Entre 2013 et 2023, le nombre total de couples produit/indication thérapeutique en phase de développement actif à l’échelle mondiale a plus que doublé, pour atteindre 41 370 (Graphique 9.18), quoique cette augmentation soit due en partie au développement de produits ayant plusieurs indications. En ce qui concerne les maladies visées, les priorités n’ont guère évolué depuis 2013. Ainsi, le cancer représente chaque année le plus grand nombre de couples produit/indication en phase de développement et sa part dans le total suit une progression soutenue qui l’a fait passer de 27 %, en 2013, à 43 %, en 2023.