En 2023, les produits pharmaceutiques au détail – définis comme ceux utilisés en dehors de l’hôpital ou autres structures de soin – représentaient environ un sixième des dépenses de santé dans les pays de l’OCDE, autrement dit le troisième poste des dépenses de santé après les soins hospitaliers et ambulatoires. Toutefois, la croissance des dépenses en produits pharmaceutiques au détail au cours des dix dernières années est généralement restée inférieure à celle des dépenses consacrées aux autres services de santé, grâce aux efforts continus déployés pour gérer les coûts, en particulier au moyen de politiques de tarification et de l’utilisation accrue des génériques (voir « Dépenses de santé par type de service » au chapitre 7).
En 2023, les dépenses par habitant consacrées aux produits pharmaceutiques au détail s’élevaient en moyenne à 766 USD (à PPA) dans les pays de l’OCDE (Graphique 9.1). Ce sont aux États-Unis que les dépenses par habitant sont les plus élevées, 1 713 USD, soit plus du double de la moyenne, suivis de l’Allemagne (1 158 USD) et de la Suisse (1 061 USD). À l’autre extrémité, les dépenses du Danemark (404 USD), du Chili (455 USD) et de l’Estonie (458 USD) représentent moins de 60 % de la moyenne de l’OCDE. Ces écarts peuvent être dus à des différences dans les habitudes de prescription, la consommation de génériques et les cadres réglementaires en place. Le niveau relativement faible des dépenses au Danemark s’explique par le fait que les médicaments sont généralement dispensés dans le cadre des structures hospitalières ou ambulatoires plutôt que dans les points de vente au détail. Les médicaments délivrés sur ordonnance représentent plus de 75 % du total des dépenses dans la plupart des pays, le reste correspondant aux produits en vente libre. La Pologne est le seul pays de l’OCDE où les dépenses en vente libre dépassent celles consacrées aux médicaments délivrés sur ordonnance.
En termes de financement, les pouvoirs publics et les régimes d’assurance obligatoires sont la principale source de financement des produits pharmaceutiques au détail, puisqu’ils représentaient près de 60 % des dépenses en moyenne dans les pays de l’OCDE en 2023 (Graphique 9.2). Ce pourcentage dépasse 80 % en France et en Allemagne, où les régimes publics ou légaux assurent une large couverture des médicaments destinés aux traitements en ambulatoire. Les dépenses restant à la charge des ménages, y compris les paiements et achats directs, représentent une large part du coût restant, environ 38 %, mais elles financent environ deux tiers des dépenses au Chili et en Pologne. Les régimes d’assurance‑maladie facultative ne jouent un rôle dans les dépenses pharmaceutiques que dans un petit nombre de pays. Le Canada fait figure d’exception, avec un tiers des dépenses couvertes par l’assurance privée. L’assurance‑maladie complémentaire représente également près d’un quart des dépenses en produits pharmaceutiques au détail en Slovénie, même si depuis 2024, ce n’est plus une option facultative pour les produits pharmaceutiques ou la couverture médicale de base.
Les dépenses en produits pharmaceutiques au détail ne donnent qu’une vision partielle des dépenses pharmaceutiques totales. Les médicaments dispensés en milieu hospitalier et dans d’autres établissements hors vente au détail représentent une part croissante des coûts pharmaceutiques globaux, en partie en raison de l’apparition de thérapies onéreuses dans des domaines tels que l’oncologie, l’immunologie et les maladies rares. Dans 15 pays de l’OCDE, les produits pharmaceutiques hors vente au détail représentaient 25 % des dépenses pharmaceutiques totales en 2023, contre 21 % en 2013 (Graphique 9.3). Les plus fortes hausses sont enregistrées au Portugal, en Espagne et en Tchéquie, où l’utilisation de produits pharmaceutiques en milieu hospitalier a fortement augmenté. Le Danemark continue d’afficher la part la plus élevée (49 %) des dépenses hors vente au détail, car les médicaments y sont généralement délivrés en milieu hospitalier. En revanche, la Suisse et la Lituanie enregistrent les pourcentages les plus faibles, à seulement 6 % environ des dépenses pharmaceutiques totales en 2023. Des données probantes de plus en plus nombreuses, y compris des analyses récentes de l’OCDE (Morgan et Xiang, 2022[1]), soulignent la nécessité de prendre en compte les dépenses pharmaceutiques au détail et hospitalières lors de la planification des budgets et de l’évaluation de la viabilité financière à long terme.