Donner la parole aux patients est une composante essentielle des efforts déployés à l’échelle nationale et internationale pour améliorer la qualité des soins (OCDE, 2021[1]). Au cours de la dernière décennie, les pays de l’OCDE ont eu beaucoup plus recours à des indicateurs fondés sur les déclarations des patients pour éclairer l’élaboration des politiques de santé. Plusieurs pays ont recueilli et évalué des mesures de l’expérience déclarée par les patients (PREM) et des mesures des résultats déclarés par les patients (PROM) et ont créé des canaux afin que les contributions des patients permettent d’améliorer les performances des systèmes de santé et de centrer les soins sur la personne. Une initiative majeure est l’Enquête PaRIS de l’OCDE, qui est la plus grande enquête internationale menée auprès de personnes atteintes de maladies chroniques. Elle met en évidence les différences entre les pays en termes de vécu des patients, en mettant en lumière la qualité variable des soins primaires et en guidant les efforts visant à améliorer l’offre de soins primaires (OCDE, 2025[2]).
Les résultats de l’enquête PaRIS montrent que les personnes atteintes de maladies chroniques ont généralement fait état d’un niveau élevé de qualité perçue dans le cadre des soins primaires. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 87 % des patients atteints de maladies chroniques avaient une perception positive des soins qu’ils avaient reçus (les jugeant bons, très bons ou excellents), dans une fourchette comprise entre 97 % en Suisse et 69 % au Portugal (Graphique 6.15). Les résultats étaient similaires chez les personnes sans maladie chronique. L’analyse des données de l’enquête PaRIS montre que la qualité perçue est largement associée aux dépenses nationales de santé par habitant et que plus de 10 % des écarts peuvent être attribués à des différences au niveau des pays, comme les politiques nationales de santé ainsi que l’offre, l’accessibilité et la qualité des services de santé, mais aussi à d’autres facteurs qui dépassent le système de santé.
La confiance dans les professionnels de santé est une composante fondamentale des soins centrés sur la personne, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques qui doivent interagir en permanence avec le système de santé. Dans les pays de l’OCDE, 78 % des patients atteints de maladies chroniques ont déclaré faire confiance au dernier professionnel de santé qu’ils ont consulté, ce taux allant de 88 % en Suisse à 57 % en Grèce (Graphique 6.16). Dans les pays de l’OCDE, le taux moyen était supérieur à la confiance moyenne dans le système de santé dans son ensemble (62 %) (OCDE, 2025[2]). Le sentiment qu’ont les patients de bénéficier de soins de qualité, d’avoir une personne de référence à contacter, d’entretenir des relations de longue date avec leurs prestataires de soins au fil du temps et d’avoir des consultations plus longues avec ces derniers a été reconnu comme ayant une influence positive sur la confiance.
Lorsque les soins de santé sont « centrés sur la personne », ils sont adaptés aux besoins, aux préférences et aux valeurs de chaque patient. Le Graphique 6.17 (partie gauche) montre la proportion de patients qui ont fait état d’une expérience positive des soins centrés sur la personne, avec des scores supérieurs à 12 sur l’échelle dédiée du questionnaire P3CEQ (0‑24). En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 87 % des personnes interrogées ont fait état d’une expérience positive, cette proportion allant de 97 % en Suisse à 66 % au Pays de Galles (Royaume‑Uni). Améliorer la continuité de l’information, éviter aux patients de devoir expliquer leur situation à plusieurs reprises et associer plus étroitement les patients à la prise de décisions sont des étapes essentielles pour centrer davantage les soins sur la personne.
Les soins primaires jouent un rôle crucial dans la gestion de la prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques, ce qui en fait un cadre naturel pour mettre en œuvre des stratégies et des interventions visant à améliorer la coordination des soins, comme les bilans de médication et l’aide à l’autogestion. Le Graphique 6.17 (partie droite) montre la proportion de patients qui ont fait état d’une expérience positive de la coordination des soins, sur la base d’un score supérieur à 7.5 sur l’échelle dédiée du questionnaire P3CEQ (0‑15). La moyenne dans les pays de l’OCDE s’établissait à 59 %, allant de 81 % en Suisse à 22 % au Pays de Galles (Royaume‑Uni). Consolider la planification des soins, favoriser les bilans de médication et renforcer le partage d’informations en continu sont des stratégies essentielles pour améliorer la coordination et mieux accompagner les personnes atteintes de maladies chroniques.