La mortalité imputable à une cardiopathie coronarienne a considérablement diminué ces dernières décennies (voir la section « Mortalité due aux maladies circulatoires » au chapitre 3). La réduction du tabagisme (voir la section « Tabagisme et vapotage » au chapitre 4) et l’amélioration du traitement des maladies cardiaques y ont contribué. Malgré ces progrès, l’IAM (ou crise cardiaque) reste l’une des principales causes de décès et la principale cause de décès d’origine cardiovasculaire dans de nombreux pays de l’OCDE, ce qui souligne la nécessité de réduire davantage les facteurs de risque et d’améliorer la qualité des soins (OCDE/ The King's Fund, 2020[1] ; OCDE, 2025[2]).
Les indicateurs de la mortalité à 30 jours après une hospitalisation pour un IAM rendent compte des processus de soins, tels que le transport des patients en temps voulu et les interventions médicales efficaces et à temps. À ce titre, l’indicateur est influencé non seulement par la qualité des soins aigus dispensés à l’hôpital, comme l’intervention coronarienne percutanée (ICP) et le pontage coronarien, mais aussi par la qualité et la rapidité du diagnostic et du traitement préhospitaliers, notamment l’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) et l’administration de médicaments, l’envoi coordonné d’une ambulance et le transport efficace du patient vers l’hôpital, ainsi que la pose du bon diagnostic et la mise en place du traitement qui convient. Les taux de mortalité à 30 jours dépendent également de différences en termes d’organisation des transferts à l’hôpital, de durée du séjour et de gravité de l’IAM.
Le Graphique 6.24 illustre les taux de mortalité à 30 jours suivant une hospitalisation pour un IAM, calculés sur la base de données non couplées, c’est-à-dire en comptabilisant uniquement les décès survenus dans l’hôpital où le patient a été admis initialement, chez les patients âgés de 45 ans et plus. En 2023, les taux les plus bas ont été enregistrés par l’Islande, la Norvège, les Pays-Bas, l’Australie et la Suède (moins de 4 %) et les plus élevés par le Mexique (23 %) et la Lettonie (14 %).
Le Graphique 6.25. montre les mêmes taux de mortalité à 30 jours, mais calculés sur la base de données couplées, c’est-à-dire en comptabilisant les décès quel que soit l’endroit où ils sont survenus après l’hospitalisation (dans l’hôpital où le patient a été admis initialement, après son transfert dans un autre hôpital ou après sa sortie). Sur la base de ces données couplées, les taux de mortalité par IAM en 2023 allaient de 5 % en Islande et aux Pays-Bas à 15 % en Lettonie.
Les taux de létalité par IAM ont sensiblement diminué avant la pandémie, entre 2013 et 2019, mais ils ne se sont guère améliorés depuis 2019. Dans les pays de l’OCDE, entre 2013 et 2019, le taux moyen est passé de 8.2 % à 6.7 % pour les décès survenus dans le même hôpital que celui où les patients ont été admis, et de 10.7 % à 8.9 % pour les décès survenus à l’hôpital ou en dehors, mais en 2023 le taux moyen était de 6.5 % pour les décès survenus dans le même hôpital (Graphique 6.24) et de 8.6 % pour les décès survenus à l’hôpital ou en dehors (Graphique 6.25.). Il existe toutefois quelques exceptions : le taux de mortalité à 30 jours pour un IAM a sensiblement diminué au Japon et une hausse significative a été observée en Türkiye et en Pologne depuis 2019. Au Japon, une société professionnelle responsable de la certification des professionnels et des prestataires dans le cadre des interventions cardiovasculaires a mis en place en 2018 un mécanisme d’évaluation comparative de la qualité des ICP, et les résultats de cette évaluation comparative, qui couvrent 90 % des ICP réalisées dans le pays, sont communiqués au niveau des prestataires afin de faciliter l’amélioration de la qualité (Saito et al., 2024[3]).
Le taux de mortalité dans les 24 heures qui suivent une hospitalisation, lequel exclut généralement les décès dans l’ambulance ou aux urgences hospitalières, était inférieur à 1.5 pour 100 patients en Islande, au Canada et en Australie, mais supérieur à 3.5 pour 100 patients en Lituanie et en Lettonie en 2023 (graphique 6.26). L’accès préhospitalier à des soins efficaces est crucial pour les résultats à court terme des patients victimes d’un IAM. Pour assurer une prise en charge rapide, les pays autorisent de plus en plus la population à utiliser un DAE sans formation préalable. Plusieurs pays de l’OCDE ont aussi surmonté des obstacles sur le plan de la réglementation pour autoriser le personnel préhospitalier non médical à effectuer certains actes médicaux, tels que le diagnostic, la prescription et l’administration de médicaments. En Australie, les ambulanciers peuvent administrer des médicaments conformément aux protocoles ; leur rôle a été progressivement étoffé et leur formation est devenue plus technique (OCDE, 2025[2] ; Putland, Morgan et Fujisawa, à paraître[4]).