En 2023, l’espérance de vie à la naissance s’établissait à 81.1 ans en moyenne dans la zone OCDE (Graphique 3.1). L’Espagne, le Japon et la Suisse se classaient en tête d’un large groupe de 27 pays où l’espérance de vie à la naissance dépassait 80 ans. Un deuxième groupe, constitué des États-Unis et du reste des pays Membres de l’Organisation, affichait une espérance de vie comprise entre 75 et 80 ans. Dans l’ensemble des pays candidats à l’adhésion/partenaires, l’espérance de vie demeurait inférieure à la moyenne de l’OCDE en 2023 (moins de 75 ans en Afrique du Sud, en Indonésie et en Inde), même si elle s’en rapproche rapidement depuis quelques dizaines d’années dans la plupart d’entre eux. Les données provisoires de 2024 dont on dispose pour certains pays font apparaître une légère progression en glissement annuel de l’espérance de vie à la naissance.
Dans tous les pays candidats à l’adhésion/partenaires de l’OCDE, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Cet écart était en moyenne de 5.2 ans dans les pays de l’OCDE en 2023, avec une espérance de vie à la naissance de 83.7 ans pour les femmes et de 78.5 ans pour les hommes (Graphique 3.1). Cette différence tient en partie au fait que les hommes sont plus exposés à des facteurs de risque comportementaux, notamment un tabagisme élevé, une consommation excessive d’alcool et une alimentation moins saine (voir les chapitres 2 et 4). Les hommes sont également plus susceptibles de connaître une mort violente, par suicide ou par accident, principales causes de mortalité prématurée masculine (voir le chapitre 2).
La différence d’espérance de vie entre les femmes et les hommes est particulièrement prononcée en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, où elle peut atteindre, voire dépasser, 8 années. Elle est relativement faible en Norvège et aux Pays‑Bas, où elle se situe aux alentours de 3 années. Avec le temps, cette différence d’espérance de vie s’est légèrement atténuée dans le temps dans l’ensemble des pays de l’OCDE, en raison principalement du recul de la mortalité cardiovasculaire chez les hommes (OCDE/ The King's Fund, 2020[1]) et de l’évolution des profils de risques comportementaux.
Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais elles ne vivent pas pour autant plus longtemps en bonne santé, surtout à un âge avancé. À 60 ans, les femmes peuvent compter vivre 3.4 années de plus que les hommes, mais elles peuvent également compter vivre un plus grand nombre d’années avec des limitations d’activité (6.3 années contre 5.0 années), en moyenne dans les pays de l’OCDE. Par conséquent, une moindre proportion du reste de la vie des femmes est vécue en bonne santé ; 26 % de leur vie après 60 ans sont vécus en mauvaise santé, à comparer à 24 % dans le cas des hommes (voir au chapitre 10 « Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé à un âge avancé »).
Avant la pandémie de COVID‑19, entre 2010 et 2019, l’espérance de vie avait augmenté en moyenne de 1.7 année dans tous les pays candidats à l’adhésion/partenaires de l’OCDE (Graphique 3.1). Ces gains ont été réduits à néant pendant la pandémie dans un grand nombre de pays (perte moyenne de 0.7 année dans l’ensemble des pays de l’OCDE entre 2019 et 2021), mais les données les plus récentes font apparaître des signes de rétablissement. L’espérance de vie a augmenté dans 23 pays de l’OCDE entre 2019 et 2023, d’une année ou plus en Lituanie et au Chili, mais aussi en Inde, pays partenaire. En 2023 cependant, l’espérance de vie était encore inférieure à son niveau d’avant la pandémie dans 13 pays Membres ainsi qu’en Thaïlande, pays candidat à l’adhésion.
D’autre part, les gains enregistrés entre 2010 et 2019 traduisent en réalité un ralentissement de l’espérance de vie dans de nombreux pays par comparaison avec les tendances historiques. Les causes en sont nombreuses. Dans certains pays, notamment les États-Unis et le Canada, une augmentation des décès d’adultes d’âge actif par suite d’une intoxication accidentelle associée aux opioïdes a été observée. De manière plus générale, le ralentissement de l’amélioration des taux de cardiopathies et d’AVC a modéré les gains d’espérance de vie. En cause : la hausse des taux d’obésité et de diabète et le vieillissement démographique (Raleigh, 2019[2]; OCDE, 2025[3]). Ces deux facteurs ont empêché les pays de maintenir les progrès déjà accomplis en matière de réduction du nombre de décès dus aux maladies cardiovasculaires, principales causes de mortalité dans l’ensemble de l’OCDE (voir la section « Mortalité due aux maladies du système circulatoire ».