Le nombre et la composition des personnels travaillant dans les hôpitaux des pays de l’OCDE dépendent des rôles et fonctions que jouent les hôpitaux dans les systèmes de santé, ainsi que de la manière dont sont fournis et comptabilisés les différents types de services de soutien dans les hôpitaux. Les rôles et fonctions des hôpitaux diffèrent sensiblement selon que les services spécialisés ambulatoires sont fournis dans les hôpitaux ou en dehors. Dans la plupart des pays dotés d’une couverture santé universelle financée par l’impôt (systèmes de type service national de santé), les services spécialisés ambulatoires sont généralement dispensés dans les hôpitaux publics. C’est le cas par exemple au Portugal, en Espagne, au Royaume‑Uni et dans les pays nordiques. Dans d’autres pays, comme l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, les États-Unis, la France et la Suisse, la plupart des services ambulatoires sont dispensés en dehors du secteur hospitalier. Dans certains pays d’Europe centrale et orientale (Estonie et Slovénie par exemple), la plupart des services spécialisés ambulatoires sont assurés dans des hôpitaux publics, alors que dans d’autres pays, ils sont fournis dans des polycliniques publiques (par exemple en Pologne) ou dans des cabinets privés (Tchéquie).
En 2023, le nombre de personnes travaillant dans les hôpitaux rapporté à la population totale était au moins deux fois plus important en Suisse, au Royaume‑Uni, en Norvège, au Danemark, aux États-Unis, en Islande et en France qu’au Mexique, au Chili, en Hongrie et en Corée (Graphique 8.17).
Dans tous les pays, le personnel infirmier constitue la principale catégorie de soignants à l’hôpital. Les infirmiers et les sages-femmes représentent plus d’un tiers (36 %) de l’ensemble des emplois hospitaliers en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les médecins représentent un travailleur hospitalier sur sept (14 %) en moyenne dans les pays de l’OCDE, même si dans plusieurs pays, ce chiffre sous-estime le nombre de médecins qui travaillent au moins à temps partiel à l’hôpital, car les médecins libéraux qui exercent à la fois à l’hôpital et en dehors ne sont pas comptabilisés.
Les auxiliaires de soins (ou aides-soignants) représentent 10 % environ du personnel hospitalier en moyenne dans les pays de l’OCDE, mais cette proportion varie fortement d’un pays à l’autre. Ils représentent ainsi plus de 20 % du personnel hospitalier au Portugal et en Espagne, et près de 20 % en France, alors que cette catégorie de travailleurs n’existe pas (ou presque) dans plusieurs autres pays.
Les autres personnels non soignants représentent un quart environ du personnel hospitalier en moyenne dans les pays de l’OCDE qui sont en mesure de communiquer ces données. Cette proportion est particulièrement élevée dans certains pays. Aux États-Unis, 46 % des personnes travaillant à l’hôpital appartiennent aux personnels non soignants, et cette proportion s’élève à 30 % ou plus en Suisse, en Islande, en France et en Türkiye. La forte proportion de personnel non soignant a conduit à proposer en France de limiter cette proportion à 25 % du personnel hospitalier total. La collecte de données de l’OCDE ne permet pas d’obtenir plus de détails sur les différentes catégories de personnel non soignant, mais elles peuvent se diviser au minimum en trois : personnel administratif, personnel logistique (nettoyage et restauration par exemple), et personnel informatique et de soutien technique. Il convient de garder à l’esprit que les variations entre les pays dans le nombre et la part du personnel non soignant peuvent s’expliquer en partie par le degré d’externalisation de ces services. Par ailleurs, la distinction entre le personnel soignant et non soignant n’est pas toujours évidente pour certaines catégories de travailleurs (personnel médico‑administratif par exemple), ce qui limite la comparabilité des données entre les pays.
Si l’on examine l’évolution dans le temps pour le personnel infirmier (catégorie la plus nombreuse de personnel clinique dans les établissements hospitaliers), on constate que dans plusieurs pays dont le Canada, les États-Unis, le Mexique, l’Allemagne et l’Espagne, le nombre d’infirmiers travaillant dans les hôpitaux a régulièrement augmenté entre 2013 et 2023, avant et après la pandémie. En Italie et au Royaume‑Uni, le nombre d’infirmiers exerçant à l’hôpital n’a pas augmenté entre 2013 et 2017, mais il a commencé à croître régulièrement à partir de 2017. À titre de comparaison, la croissance a été beaucoup plus modeste en France aussi bien avant qu’après la pandémie (Graphique 8.18).