La pandémie de COVID‑19 a mis en évidence la nécessité de disposer d’un nombre suffisant de lits d’hôpital et de faire preuve d’une capacité d’adaptation s’agissant de leur utilisation afin de faire face à la hausse inattendue de la demande de soins intensifs. Pour autant, le manque de personnel constituait un problème plus grave que le nombre de lits (OCDE, 2023[1]). En outre, un excédent de lits hospitaliers peut entraîner une surutilisation et donc des coûts, alors que de nombreux patients peuvent être soignés efficacement en ambulatoire dans les hôpitaux ou dans les établissements de soins primaires. Il convient donc de trouver un équilibre entre une capacité d’accueil suffisante et des impératifs d’optimisation des ressources.
En 2023, on recensait en moyenne 4.2 lits d’hôpital pour 1 000 habitants dans les pays de l’OCDE (Graphique 5.19). Au Japon et en Corée, ce chiffre était nettement supérieur (12.5 et 12.6 pour 1 000 habitants respectivement). Plus des deux tiers des pays de l’OCDE déclaraient entre trois et huit lits pour 1 000 habitants, les densités les plus faibles étant observées au Mexique, au Costa Rica et en Suède.
Depuis 2013, le nombre de lits par habitant a diminué dans pratiquement tous les pays de l’OCDE, ce qui s’explique en partie par un recours accru aux soins ambulatoires et par un raccourcissement de la durée moyenne des hospitalisations. La diminution la plus importante a été observée en Finlande, avec une chute de plus de 50 % touchant essentiellement les lits de soins de longue durée et les lits de soins psychiatriques. Une baisse de la capacité d’accueil équivalent à un lit au moins pour 1 000 habitants a été observée en Autriche, en Lituanie, au Luxembourg et aux Pays‑Bas, en raison là aussi en partie de fermetures de lits de soins de longue durée et de soins psychiatriques. En revanche, le nombre de lits a fortement augmenté en Corée, où ils sont pour une part substantielle affectés aux soins de longue durée.
Les taux d’occupation des lits d’hôpital constituent des informations complémentaires permettant d’évaluer la capacité des hôpitaux. Un taux d’occupation élevé des lits de soins curatifs (aigus) peut être symptomatique d’un système de santé sous pression. Une certaine capacité de lits excédentaire est nécessaire pour absorber les hausses inattendues du nombre de patients ayant besoin d’une hospitalisation. Bien qu’il n’existe pas de consensus sur le niveau d’occupation « optimal », un taux de 85 % environ est souvent considéré comme un maximum pour réduire le risque de pénurie de lits (NICE, 2018[2]). En 2023, le taux moyen d’occupation des lits était de 72 %, mais dépassait les 85 % dans deux pays de l’OCDE sur 29 disposant de données comparables, à savoir l’Irlande et le Canada (Graphique 5.20). Les taux d’occupation étaient comparativement faibles en Türkiye, en Hongrie et dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale. Par rapport à 2013, les taux d’occupation ont baissé dans presque tous les pays de l’OCDE en 2023.
Si la capacité d’accueil des hôpitaux généraux est importante, celle des unités de soins intensifs (USI) est essentielle, en période d’urgence sanitaire ou face à d’autres crises majeures, pour assurer la prise en charge de patients gravement malades, comme on l’a vu durant la pandémie de COVID‑19. En dépit des différences de définition, on comptait en moyenne dans 31 pays de l’OCDE 17 lits de soins intensifs pour 100 000 habitants en 2023 (Graphique 5.21). Les moyennes nationales varient considérablement, d’une quarantaine de lits, voire davantage, pour 100 000 habitants en Estonie et en Tchéquie à moins de 5 en Nouvelle‑Zélande et en Suède. Par rapport à la situation qui prévalait avant la pandémie, tous les pays ont augmenté leur capacité d’accueil en soins intensifs.