Les chirurgies de remplacement de la hanche et du genou comptent parmi les interventions les plus couramment réalisées et les plus efficaces dans le monde. L’indication la plus fréquente de remplacement de la hanche et du genou (chirurgie de remplacement de l’articulation) est l’arthrose, qui diminue les capacités fonctionnelles et la qualité de vie. L’arthrose est une forme d’arthrite dégénérative caractérisée par l’usure du cartilage qui amortit et fluidifie le mouvement des articulations – le plus souvent du genou et de la hanche. Elle se traduit par des douleurs, des gonflements et une raideur qui entraînent une perte de mobilité et de capacité fonctionnelle. Elle est l’une des dix maladies les plus invalidantes dans les pays développés. À l’échelle mondiale, l’OMS estime que quelque 528 millions de personnes souffrent d’arthrose symptomatique – ce qui représente une progression de 113 % par rapport à 1990 .
L’âge est le principal déterminant de l’apparition et de l’évolution de l’arthrose. Cette pathologie est plus répandue chez les femmes, et progresse au-delà de 50 ans, affectant notamment la main et le genou. Les autres facteurs de risque sont l’obésité, le manque d’activité physique, le tabac, la consommation excessive d’alcool et les blessures. L’arthroplastie se pratique essentiellement sur les personnes de 60 ans et plus, mais elle peut également s’effectuer sur des personnes plus jeunes.
En 2023, l’Allemagne, la Suisse, l’Australie,la Finlande et le Danemark étaient, parmi les pays pour lesquels on dispose de données, ceux qui présentaient les taux les plus élevés d’arthroplastie de la hanche et du genou (Graphique 5.25). Les moyennes de l’OCDE sont de 198 pour 100 000 habitants en ce qui concerne les arthroplasties de la hanche, et de 156 pour 100 000 habitants en ce qui concerne les arthroplasties du genou. La Colombie et le Costa Rica ont de faibles taux d’arthroplastie de la hanche et du genou. Des différences dans la structure de la population peuvent partiellement expliquer ces variations entre pays, et une normalisation par l’âge les réduit dans une certaine mesure. Néanmoins, des écarts prononcés subsistent, et des recherches ont montré que le classement des pays n’est pas bouleversé une fois effectuée la normalisation par l’âge (McPherson, Gon et Scott, 2013[1]).
Les moyennes nationales peuvent masquer d’importantes variations des taux de remplacement de la hanche et du genou à l’intérieur d’un pays. En Allemagne, en Australie, au Canada, en France et en Italie, l’analyse de données d’il y a une dizaine d’années révèle que le taux d’arthroplastie du genou variait au bas mot du simple au double dans certaines régions, même après normalisation par l’âge (OCDE, 2014[2]). Outre le nombre d’interventions, la qualité de la chirurgie (voir sections « Sécurité des soins aigus – complications chirurgicales et gestion des erreurs » et « Résultats déclarés par les patients en matière de soins intensifs » au chapitre 6) et les délais d’attente revêtent une importance cruciale pour les patients.
Le nombre d’arthroplasties de la hanche et du genou pour 100 000 habitants a augmenté dans tous les pays de l’OCDE, à l’exception de la Nouvelle‑Zélande et du Mexique, au cours de la dernière décennie (Graphique 5.25). Cette hausse correspond à l’incidence et à la prévalence croissantes de l’arthrose, en raison du vieillissement démographique et de l’augmentation des taux d’obésité dans les pays de l’OCDE. Elle a été particulièrement nette en Lituanie, en Slovénie et en Pologne pour ce qui est de l’arthroplastie de la hanche (avec au moins 90 interventions supplémentaires pour 100 000 habitants), ainsi qu’en Suisse, en Pologne, en Allemagne et en Australie pour ce qui est de l’arthroplastie du genou (avec au moins 70 interventions supplémentaires pour 100 000 habitants). Si le nombre d’arthroplasties a nettement diminué durant la pandémie (qui a entraîné un allongement des délais d’attente), les dernières données disponibles révèlent qu’il est revenu à son niveau antérieur dans la plupart des pays. En Nouvelle‑Zélande, au Luxembourg et en Pologne, cependant, il était encore inférieur, en 2023, à ce qu’il était en 2019, tant pour les opérations de la hanche que pour celles du genou.