L’efficacité des soins de santé primaires est la pierre angulaire d’un système de santé efficace, centré sur la personne et équitable. Le renforcement des soins primaires est considéré comme un moyen efficace d’améliorer la coordination des soins et les résultats sur le plan de la santé et de réduire les dépenses inutiles, en limitant les hospitalisations inutiles et les coûts associés dans les hôpitaux et les autres parties du système de santé. Cependant, dans de nombreux pays de l’OCDE, les possibilités du secteur des soins primaires ne sont pas encore pleinement exploitées.
En 2023, les soins de santé primaires représentaient 14 % des dépenses de santé totales en moyenne dans les pays de l’OCDE, allant de 10 % ou moins en Suisse, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en République slovaque à quelque 20 % en Lituanie, en Estonie et en Finlande (Graphique 7.16). Par rapport à il y a dix ans, cette part est restée pratiquement stable, ce qui montre que les dépenses consacrées aux soins de santé primaires ont augmenté au même rythme que les dépenses de santé globales. Cela suggère que les soins de santé primaires n’ont en général pas été la priorité des investissements ciblés dans le secteur de la santé.
Concernant leur composition, la moitié des dépenses de soins primaires dans les pays de l’OCDE concernent les services de soins ambulatoires généraux, un peu plus d’un tiers étant alloué aux soins dentaires. Les services de prévention et les visites à domicile de médecins généralistes et de personnel infirmier représentent une proportion plus faible des dépenses de soins primaires, même si les activités de prévention sont difficiles à distinguer des consultations ambulatoires générales. Les dépenses consacrées aux soins ambulatoires généraux assurés par les prestataires de soins ambulatoires étaient particulièrement élevées au Costa Rica, en Pologne et au Mexique, où elle atteignait 14 % du total des dépenses de santé. En Allemagne, en Autriche, au Canada, en France, au Luxembourg et en Suisse, les dépenses consacrées aux soins ambulatoires généraux étaient globalement beaucoup plus faibles, ne représentant pas plus de 4 % des dépenses de santé.
En Lituanie et en Estonie, les soins de santé primaires représentent une part importante des dépenses globales de santé, ce qui peut s’expliquer par les dépenses allouées aux soins dentaires. Dans les deux pays, les soins dentaires représentent 10 % environ du budget total de la santé, soit le double de la moyenne de l’OCDE. À titre de comparaison, les dépenses allouées aux soins dentaires ne représentent qu’environ 3 % des dépenses totales de santé au Costa Rica, au Mexique, aux Pays-Bas, en Pologne et au Royaume‑Uni.
Le total des dépenses consacrées à la prévention (c’est-à-dire les services de santé et les interventions de santé publique fournis par des prestataires de soins ambulatoires et d’autres structures) s’est maintenu à un niveau relativement stable de 3 % environ des dépenses de santé globales dans les pays de l’OCDE dans la décennie qui a précédé la pandémie, mais a considérablement augmenté lorsque celle‑ci a éclaté. En 2021, cette part avait grimpé pour s’établir à 6 % (Graphique 7.17). Cette augmentation a été particulièrement marquée au Danemark, au Royaume‑Uni, en Autriche et au Japon, où la part des dépenses de santé allouée aux soins préventifs a augmenté de 7 à 8 % par rapport à 2013, sous l’effet d’investissements considérables dans des mesures de santé publique visant à lutter contre la propagation de la pandémie de COVID‑19. Néanmoins, la croissance des dépenses enregistrée en 2021 était liée à des mesures d’urgence temporaires en rapport avec la gestion du COVID‑19 plutôt qu’à des investissements prévus à long terme dans la santé de la population. Avec le retrait progressif des mesures d’urgence de santé publique après la phase aiguë de la pandémie, la part des dépenses consacrées à la prévention a diminué pour revenir en 2023 à son niveau d’avant la pandémie, dans une fourchette comprise entre 6‑7 % des dépenses de santé totales au Canada et au Royaume‑Uni, et moins de 3 % en Pologne, en Belgique, en Islande, en France, en Suisse, au Portugal et au Japon. Le fait que la place accordée à la prévention et à la santé publique dans les budgets de santé généraux n’ait pas beaucoup évolué après la pandémie de COVID‑19 laisse penser que les systèmes de santé restent tout aussi vulnérables face à une crise sanitaire majeure. Par ailleurs, il montre que des dépenses supplémentaires en soins préventifs sont encore nécessaires pour renforcer la résilience des systèmes de santé des pays et améliorer leur réactivité face aux pandémies et à d’autres menaces en constante évolution (OCDE, 2023[1]).