Sous l’effet du vieillissement démographique, de la hausse des revenus et d’attentes de plus en plus grandes, le secteur médico-social emploie aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant dans la plupart des pays de l’OCDE. En 2023, le secteur médico-social représentait un emploi sur neuf (10.9 %), contre un sur dix (10.1 %) en 2013 (Graphique 8.1). Dans les pays nordiques et aux Pays-Bas, il représente plus de 16 % des emplois. Entre 2013 et 2023, la part du personnel médico-social a augmenté particulièrement rapidement en Türkiye, au Chili et en Corée, même si celle‑ci reste inférieure à la moyenne OCDE dans ces trois pays.
Le nombre d’emplois dans le secteur médico-social a augmenté beaucoup plus rapidement que dans les autres secteurs au cours des dernières décennies. Entre 2013 et 2023, il a augmenté de 30 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, soit deux fois plus que l’emploi total (Graphique 8.2).
Dans la plupart des pays de l’OCDE, les femmes représentent plus de 75 % du personnel médico-social (Graphique 8.3). Même si elles exercent souvent majoritairement des professions moins qualifiées et moins rémunérées, elles représentaient en moyenne un peu plus de la moitié des médecins dans les pays de l’OCDE en 2023 (voir l’indicateur « Répartition des médecins par âge, genre et catégorie ».).
Dans la plupart des pays, les établissements hospitaliers constituent les principaux employeurs du secteur médico‑social, puisqu’ils emploient un quart environ de tous les professionnels du secteur (voir l’indicateur « Personnel hospitalier »). Le personnel infirmier représente la catégorie la plus importante de professionnels du secteur médico-social (20‑25 % environ) dans la majorité des pays de l’OCDE. Les auxiliaires de soins et les aides-soignants dans les établissements hospitaliers et les établissements d’accueil médicalisés constituent aussi une proportion relativement importante des personnels du secteur.
Dans les années à venir, le vieillissement démographique, les progrès technologiques et l’augmentation des revenus devraient continuer de stimuler la demande de personnel médico-social. Les projections nationales le confirment, et prévoient une forte croissance de l’emploi dans le secteur de la santé dans les prochaines années. Par exemple, aux États-Unis, le Bureau of Labor Statistics estime que l’emploi dans le secteur médico-social progressera plus rapidement que dans tout autre secteur d’activité entre 2023 et 2033, avec un taux de croissance supérieur à 10 % attendu ces dix prochaines années, soit plus du double du taux de croissance de l’emploi à l’échelle de l’ensemble de l’économie. Au Canada, le secteur de la santé devrait également enregistrer les plus fortes hausses d’emploi ces dix prochaines années. La demande de travailleurs dans les soins de longue durée devrait également augmenter fortement, principalement du fait du vieillissement démographique (OCDE, 2023[1]).
Alors que la part des personnes âgées continue d’augmenter et que la population d’âge actif diminue dans la plupart des pays de l’OCDE, il va être de plus en plus difficile de continuer d’accroître les effectifs de personnes d’âge actif occupant un emploi dans le secteur de la santé et des soins de longue durée sans empiéter sur l’emploi dans d’autres secteurs de l’économie et peser ainsi sur la croissance économique globale. En Norvège par exemple où plus d’une personne sur cinq occupe déjà un emploi dans le secteur médico-social, un rapport récent a conclu que le secteur de la santé avait peu de marge de manœuvre pour accroître ses effectifs sans ponctionner la main-d’œuvre d’autres secteurs prioritaires de l’économie (Healthcare Personnel Commission, 2023[2]). Ce rapport mettait également en garde contre les recrutements massifs de professionnels de santé étrangers, en soulignant que la dépendance à l’égard de la main-d’œuvre étrangère fragiliserait le système de santé et serait irresponsable dans une perspective mondiale. Pour répondre à la demande croissante induite par le vieillissement démographique, la Commission chargée des personnels de santé a recommandé une stratégie à plusieurs volets axée sur l’augmentation de la productivité des ressources humaines existantes au moyen d’un transfert de tâches accru, de la technologie et d’une intégration renforcée des soins.