Outre la part de la population ayant droit aux services de santé de base, l’étendue de la couverture de santé est définie par l’éventail des services compris dans l’ensemble de prestations défini par le régime public et par la proportion des coûts pris en charge. Les différences entre les pays quant à l’étendue de la couverture peuvent tenir à l’inclusion ou à l’exclusion de biens et de services spécifiques dans l’ensemble des prestations définies par les pouvoirs publics ; à des modalités de partage des coûts différentes ; ou bien au fait que certains services ne sont couverts que pour des groupes de population spécifiques dans un pays.
En moyenne dans les pays de l’OCDE, les trois quarts environ de l’ensemble des coûts de santé étaient pris en charge par les régimes d’assurance maladie publics ou obligatoires en 2023 (voir la section « Dépenses de santé par dispositif de financement » au chapitre 7), mais la protection financière n’est pas uniforme pour tous les types de biens et services de santé. Dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, les soins hospitaliers bénéficiaient d’une couverture plus complète que tout autre type de soin : 89 % des coûts étaient pris en charge par les régimes d’assurance publics ou obligatoires en 2023 (Graphique 5.7). Dans de nombreux pays, les patients ont accès aux soins hospitaliers aigus gratuitement ou en contrepartie d’une participation financière modique ; de ce fait, les taux de couverture avoisinaient les 100 % en Suède, en Norvège, en Islande et en Estonie, de même qu’en Roumanie, pays candidat à l’adhésion. En Grèce et en Corée, la prise en charge financière du coût des soins hospitaliers par des fonds publics ne représentait que les deux tiers environ des coûts totaux.
Près de quatre dollars sur cinq (78 %) dépensés au titre des soins ambulatoires dans les pays de l’OCDE l’ont été par les régimes d’assurance maladie publics ou obligatoires. La prise en charge de ces soins était inférieure à 60 % en Lettonie, en Israël, au Portugal, en Italie et en Corée. En Lettonie et au Portugal, de plus en plus de patients cherchent auprès de prestataires privés des substituts au système public, et l’on a vu ainsi progresser très nettement l’assurance santé duplicative entre 2013 et 2023 pour couvrir ce genre de dépenses (voir la section « Population bénéficiant d’une couverture de santé »). À l’inverse, les régimes d’assurance maladie publics et obligatoires couvrent plus de 90 % des dépenses en Tchéquie, en République slovaque, en Suède, en Allemagne, au Danemark et au Royaume‑Uni. Dans certains de ces pays, les soins ambulatoires, qu’ils soient primaires ou spécialisés, sont généralement dispensés sans facturation sur place, mais les usagers doivent parfois s’acquitter d’une participation financière pour certains services ou bien s’ils consultent des prestataires privés non conventionnés. En Tchéquie, par exemple, pratiquement tous les services de santé sont fournis gratuitement, à l’exception des soins ambulatoires pour lesquels une participation financière modique est demandée.
Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la couverture des soins dentaires par le régime public est nettement plus restreinte du fait d’un éventail de services limité (souvent réservés aux enfants) et d’un niveau élevé de participation financière des patients. En moyenne, moins d’un tiers des frais dentaires est pris en charge par les régimes publics ou par l’assurance maladie obligatoire (Graphique 5.7). Les services mal pris en charge par les régimes publics sont des cibles de prédilection pour les acteurs financiers ou étrangers au domaine de la santé. C’est le cas notamment des soins dentaires depuis quelques années. En Espagne, par exemple, le pourcentage de cabinets gérés par des organisations de services dentaires (qui gèrent l’aspect commercial de l’activité) a doublé entre 2015 et 2018 (Suzuki et al., 2025[1]).
La prise en charge des produits pharmaceutiques est aussi généralement moins complète que celle des soins hospitaliers et ambulatoires. Les pays où la prise en charge financière est la plus généreuse sont la France (83 %), l’Allemagne (82 %), et l’Irlande (79 %). En revanche, cette part est inférieure à deux‑cinquièmes au Canada, en Pologne et au Chili. Au Canada, plus d’un tiers des dépenses pharmaceutiques était financé par les régimes facultatifs d’assurance maladie en 2023, tandis qu’au Chili et en Pologne le reste à charge a représenté au moins 65 % de ces mêmes dépenses (voir la section « Dépenses pharmaceutiques » au chapitre 9).