Le changement climatique est l’un des plus grands défis auxquels sont confrontées les générations actuelles et futures. Il est lié à de nombreux problèmes environnementaux, dont la pollution atmosphérique, la hausse des températures et les phénomènes météorologiques extrêmes. Dans les pays de l’OCDE, les effets du changement climatique se font déjà ressentir sur la santé et le bien-être des populations ; ils pèseront de plus en plus lourd sur les systèmes de santé dans les années à venir. La pollution atmosphérique est une cause majeure de décès et d’invalidité. Selon les projections, la pollution de l’air extérieur pourrait provoquer de 6 à 9 millions de décès prématurés par an, dans le monde, à l’horizon 2060. Par ailleurs, les arrêts-maladie, les dépenses de santé et la baisse de la production agricole qu’elle entraîne pourraient se traduire par une perte de PIB mondial de 1 % (OCDE, 2016[1]).
En moyenne dans les pays de l’OCDE, les populations étaient exposées à 11.2 microgrammes de particules fines (PM2.5) par mètre cube en 2020 (Graphique 4.25). Seul un pays, la Finlande, atteignait des niveaux moyens de pollution par les PM2.5 inférieurs à l’objectif des recommandations de l’OMS relatives à la qualité de l’air, soit 5 microgrammes par mètre cube en 2020. L’exposition à la pollution par les particules en suspension dans l’air extérieur a diminué entre 2010 et 2020 dans la plupart de pays de l’ODCDE, de 24 % en moyenne ; elle a toutefois augmenté dans trois pays sur cette période (Australie, Chili, Japon). Si les politiques de réduction de la pollution ont entraîné quelques baisses importantes du nombre de décès dus à la pollution atmosphérique dans de nombreux pays de l’OCDE, l’exposition aux particules en suspension dans l’air demeure un sujet de préoccupation majeure pour l’environnement et la santé publique : selon les estimations, elle est la cause de 4.1 millions de décès prématurés dans le monde en 2019 (GBD, 2019[2]).
Vient s’ajouter aux conséquences du changement climatique sur les résultats de santé, la forte contribution des systèmes de santé eux-mêmes aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon de nouvelles études de l’OCDE, en 2018, les émissions liées aux soins de santé dans les pays de l’OCDE représentaient 4.4 % du total des émissions de GES sur l’ensemble de l’économie en moyenne, soit plus de 960 millions de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (CO2‑e) (Graphique 4.26). En moyenne dans les pays de l’OCDE et par habitant, 523 kilogrammes d’émissions de CO2‑e étaient liés aux soins de santé en 2018. Cette moyenne masque une variation d’un facteur de 15 entre les pays, de 1 430 kilogrammes d’émissions de CO2‑e aux États-Unis à 95 kilogrammes en Colombie.
Dans la zone OCDE et au-delà, les pays reconnaissent de plus en plus la contribution que peut apporter le secteur de la santé à la réduction de son empreinte écologique, y compris de ses émissions de GES (OCDE, 2025[3]). La transformation des modes de prestation des services de santé pour réduire les émissions de GES, par exemple par le biais de politiques qui réduisent les soins de faible valeur, pourrait réaliser cet objectif tout en contribuant à limiter le gaspillage dans le système. Des initiatives nationales et internationales visant à décarboner les chaînes d’approvisionnement et à instaurer des normes d’achats publics verts pour les produits et services de santé font leur apparition.