Le vieillissement du personnel médical est une source de préoccupation croissante dans de nombreux pays de l’OCDE. En 2023, près d’un tiers (32 %) des médecins de pays de l’OCDE étaient âgés de plus de 55 ans, et cette proportion atteignait 40 % ou plus dans neuf pays (Graphique 8.6). C’est en Bulgarie, pays candidat à l’adhésion à l’OCDE, que l’inquiétude est la plus forte puisque plus de la moitié des médecins bulgares ont plus de 55 ans. Parmi les pays de l’OCDE, la Lettonie, l’Estonie, l’Italie et la Hongrie affichent la plus forte proportion de médecins de plus de 55 ans, à 44 % au moins. Néanmoins, la part de médecins âgés de plus de 55 ans s’est stabilisée ces dix dernières années dans plusieurs pays, grâce à l’arrivée de nombreux jeunes médecins qui a permis de compenser le départ progressif à la retraite des praticiens de la génération du baby-boom.
Les pays qui comptent une forte proportion de médecins de plus de 55 ans devront former suffisamment de nouveaux médecins pour remplacer les départs à la retraite prévus au cours des dix prochaines années, tout en prenant en parallèle des mesures incitatives à destination des médecins en exercice désireux et capables de continuer à travailler au-delà de l’âge normal de la retraite. Les dispositifs flexibles de transition vers la retraite peuvent être déterminants pour inciter les médecins expérimentés à continuer d’exercer plus longtemps. La décision de nombreux médecins de continuer à travailler au-delà de l’âge normal de la retraite a permis d’éviter une aggravation des pénuries dans de nombreux pays de l’OCDE ces dix dernières années, comme en témoigne la proportion croissante de médecins de plus de 65 ans dans divers pays, dont l’Italie, l’Allemagne, la France et la Belgique.
L’Italie se démarque particulièrement avec plus de 20 % de médecins âgés de 65 ans et plus en 2023, ce qui laisse présager une forte diminution des effectifs de médecins dans les années à venir. Pour atténuer les conséquences de cette vague attendue de départs à la retraite sur son système de santé, l’Italie a pris des mesures pour retenir plus longtemps les médecins âgés tout en augmentant la formation des nouveaux médecins ces dernières années. En 2024, une loi a été adoptée pour suspendre temporairement l’obligation faite aux médecins des établissements publics de prendre leur retraite à 70 ans, afin de leur permettre de rester en activité jusqu’à 72 ans. Par ailleurs, ceux qui ont pris leur retraite depuis septembre 2023 peuvent reprendre du service s’ils satisfont à ces critères.
La proportion de femmes médecins s’est accrue dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE ces dix dernières années. Pour la première fois, en 2023, plus de la moitié de l’ensemble des médecins étaient des femmes en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cette proportion s’inscrit dans une fourchette comprise entre plus de 70 % dans les pays baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie) et en Roumanie, pays candidat à l’adhésion, et 25 % environ au Japon et en Corée (Graphique 8.7). La proportion des femmes médecins a connu une hausse particulièrement rapide ces dix dernières années en Islande, en Norvège, aux Pays-Bas et en Belgique. Les femmes exercent souvent davantage en médecine générale et dans certaines spécialités comme la pédiatrie, et moins dans les spécialités chirurgicales. Elles travaillent en outre généralement moins d’heures que leurs confrères (10 % de moins en moyenne dans les pays de l’UE selon l’Enquête sur les forces de travail de l’UE), ce qui est souvent le signe d’une répartition inégale des responsabilités familiales (OCDE/European Commission, 2024[1]).
En 2023, les médecins généralistes (ou médecins de famille) représentaient un cinquième environ (21 %) de tous les médecins en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cette proportion était comprise entre plus d’un tiers au Canada, en Finlande et en Belgique et 6 % seulement en Grèce et en Corée (Graphique 8.8). La comparaison entre les effectifs de généralistes d’un pays à l’autre est toutefois difficile compte tenu des différents modes de catégorisation des médecins. Aux États-Unis et en Israël par exemple, les docteurs en médecine interne générale remplissent souvent des fonctions similaires à celles des médecins généralistes dans d’autres pays, et pourtant ils sont considérés comme des spécialistes.
Face aux craintes d’une pénurie de médecins généralistes, bon nombre de pays ont décidé d’augmenter le quota de places dans cette formation (voir l’indicateur « Médecins nouvellement diplômés »).