Les soins primaires sont souvent le premier point de contact des personnes avec les systèmes de santé. Un accès insuffisant à des soins primaires de qualité pour des pathologies telles que l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’insuffisance cardiaque congestive (ICC) et le diabète peut conduire à des hospitalisations qui auraient pu être évitées. Pour ces quatre pathologies, les données factuelles établissent clairement que les traitements sont efficaces et qu’ils peuvent être en grande partie administrés dans le cadre des soins primaires. Un système de soins primaires très performant, où les patients ont accès à des services de haute qualité, permet d’atténuer la dégradation aiguë de l’état de santé des personnes atteintes d’asthme, de BPCO, d’ICC et de diabète. Par exemple, pour le diabète, le contrôle efficace de la glycémie dans le cadre d’un suivi systématique, d’une modification du régime alimentaire et d’une activité physique régulière, et l’utilisation appropriée de produits pharmaceutiques, permet de réduire la survenue de complications graves et les hospitalisations. La gestion de grands facteurs de risque, comme le tabagisme, la tension artérielle et les taux de lipides, joue également un rôle majeur dans la lutte contre les complications. Les hospitalisations pour ces pathologies peuvent être utilisées comme marqueur de la qualité des soins primaires et de l’accès à ces soins, sachant qu’un taux d’hospitalisation très faible peut aussi en partie refléter un accès limité aux soins aigus.
Le Graphique 6.9 montre que les taux combinés d’hospitalisation pour asthme et BPCO ont chuté de 35 % entre 2013 et 2023, s’établissant désormais à 155 hospitalisations pour 100 000 habitants en moyenne dans les pays de l’OCDE. En ce qui concerne les taux d’hospitalisations en 2023, les écarts étaient considérables, puisque l’on comptait moins de 20 hospitalisations pour 100 000 habitants au Costa Rica et plus de 250 pour 100 000 habitants en Irlande, en Australie, au Danemark, au Royaume‑Uni et en Allemagne. Comme indiqué plus haut, l’un des facteurs expliquant le très faible nombre d’hospitalisations est l’accès aux soins, le Costa Rica affichant le plus faible nombre de lits d’hôpital par habitant parmi les pays de l’OCDE (voir la section « Lits d’hôpital » au chapitre 5).
Les progrès réalisés dans la gestion et la prise en charge des maladies cardiovasculaires (MCV), ainsi que dans la réduction de la mortalité par MCV, ont entraîné une augmentation du nombre de personnes vivant avec des maladies cardiovasculaires chroniques, notamment une ICC. Les taux d’hospitalisation pour ICC varient d’un facteur de 1 à 12 selon les pays de l’OCDE (Graphique 6.10). Comme pour l’asthme et la BPCO, le Costa Rica a enregistré le taux le plus bas, tandis que la Pologne et la Lituanie ont déclaré un taux plus de deux fois supérieur à la moyenne de l’OCDE. Le taux moyen d’hospitalisation dans les pays de l’OCDE a diminué de 16 % entre 2013 et 2023, et il a baissé de plus de 30 % en Autriche, en Belgique, en Estonie, en Italie et au Portugal. Les hospitalisations pour ICC ont augmenté dans plusieurs pays au cours de cette période, notamment en Islande, en Norvège, en République slovaque, en Suisse et aux États-Unis. Les patients peuvent bénéficier d’une aide à l’autogestion afin de maîtriser les facteurs de risque cliniques et comportementaux et de gérer leur maladie (voir la section « Efficacité de la prise en charge des maladies chroniques ») (OCDE, 2025[1]).
Le Graphique 6.11 montre qu’en 2023, les hospitalisations pour cause de diabète variaient d’un facteur de 1 à plus de 7 selon les pays de l’OCDE. L’Italie, l’Islande et les Pays-Bas ont déclaré les taux d’hospitalisation les plus faibles, tandis que les États-Unis ont fait état de taux plus de deux fois supérieurs à la moyenne de l’OCDE, de même que la Roumanie, pays candidat à l’adhésion à l’OCDE. Bien que le nombre d’hospitalisations pour diabète ait diminué en moyenne entre 2013 et 2023 (passant de 151 à 111 pour 100 000 habitants), un certain nombre de pays ont connu des augmentations. Les hospitalisations pour diabète ont augmenté de plus de 10 % au cours de cette période en Israël, en Lettonie, en Espagne, en Suisse, au Royaume‑Uni et aux États-Unis. La prévalence du diabète et l’accès général aux soins hospitaliers peuvent expliquer en partie ces variations. Comme pour l’insuffisance cardiaque, le contrôle continu du diabète implique généralement une part considérable d’autogestion ; par conséquent, la formation et l’éducation aux soins centrés sur le patient sont au cœur des soins primaires dispensés aux personnes diabétiques (OCDE, 2020[2]).