Au cours des dernières décennies, le nombre d’interventions chirurgicales pratiquées en ambulatoire a nettement augmenté dans les pays de l’OCDE. Les progrès des technologies médicales – notamment la diffusion de procédés chirurgicaux moins invasifs – et l’amélioration de l’anesthésie ont rendu cette évolution possible. Ces innovations ont amélioré la sécurité des patients et les résultats de santé. De plus, en raccourcissant la durée d’hospitalisation, la chirurgie ambulatoire permet d’économiser d’importantes ressources sans que la qualité des soins s’en ressente. Elle libère aussi des moyens, ce qui permet aux hôpitaux de se concentrer sur les cas plus complexes ou de diminuer les listes d’attente. Les répercussions de l’essor de la chirurgie ambulatoire sur les dépenses totales de santé ne sont cependant pas toujours évidentes, car la réduction des coûts unitaires (par rapport à la chirurgie avec hospitalisation) est parfois neutralisée par la hausse globale du volume des interventions. Il convient en outre de prendre en compte les coûts supplémentaires associés aux soins de suite et de réadaptation et aux services de soins à domicile après une intervention.
L’opération de la cataracte et l’amygdalectomie sont de bons exemples d’actes chirurgicaux effectués en grand nombre et qui se pratiquent désormais essentiellement en hôpital de jour dans de nombreux pays de l’OCDE.
Plus de 90 % des opérations de la cataracte sont ainsi réalisées en ambulatoire dans la plupart des pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, à l’exception du Mexique, de la Hongrie, de la Grèce et de l’Allemagne. Dans plusieurs pays, la quasi-totalité de ces opérations de la cataracte est réalisée en hôpital de jour ; en revanche, le taux est relativement faible au Mexique et en Hongrie, avec moins de 75 % d’interventions en ambulatoire. La chirurgie ambulatoire est également peu répandue en Bulgarie et en Roumanie, pays candidats à l’adhésion, où elle représente moins de 50 % des interventions chirurgicales. Il est possible que ce faible taux tienne en partie à la couverture limitée des données sur les activités externes en milieu hospitalier et hors milieu hospitalier, mais il peut aussi s’expliquer par un meilleur remboursement des hospitalisations ou par des difficultés pesant sur l’expansion de la chirurgie ambulatoire.
L’amygdalectomie est l’un des actes chirurgicaux les plus fréquemment pratiqués chez les enfants, habituellement chez ceux qui souffrent d’infections répétées ou chroniques des amygdales, ou de difficultés respiratoires ou d’apnée obstructive du sommeil dues à la grosseur de ces glandes. Bien que cette opération s’effectue sous anesthésie générale, elle se pratique aujourd’hui essentiellement en ambulatoire dans 14 des 33 pays de l’OCDE présentant des données comparables, les enfants retournant chez eux le jour même. La proportion d’opérations effectuées en ambulatoire n’est cependant pas aussi élevée que dans le cas de l’opération de la cataracte, avec 43 % d’amygdalectomies contre 95 % d’opérations de la cataracte en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Le pourcentage d’amygdalectomies pratiquées en ambulatoire est relativement élevé en Finlande, aux Pays-Bas et au Costa Rica (plus de 85 % des cas), mais reste inférieur à 5 % dans cinq pays de l’OCDE, ainsi qu’en Bulgarie et en Roumanie, pays candidats à l’adhésion. En Slovénie, en Hongrie, en Tchéquie et en Autriche, ce taux est pour ainsi dire nul. Ces écarts marqués peuvent s’expliquer par une perception différente des risques de complications postopératoires, ou simplement par une tradition clinique consistant à garder les enfants au moins une nuit à l’hôpital après l’opération.
Le nombre d’opérations de la cataracte et d’amygdalectomies réalisées en ambulatoire a considérablement augmenté au fil du temps dans de nombreux pays, dont l’Autriche, la Lituanie, le Luxembourg, la France et la Pologne. En Pologne, la part des opérations de la cataracte pratiquées en ambulatoire est passée de 27 % seulement en 2013 à 49 % en 2018, avant de bondir à 94 % en 2023 ; en Lituanie, elle est passée de 35 % à 96 %. La part des amygdalectomies réalisées en ambulatoire a doublé entre 2013 et 2023 au Royaume‑Uni (passant de 47 % à 77 %), tandis qu’elle est passée de 22 % à 53 % en France. Le pourcentage d’interventions en ambulatoire ne s’est guère ressenti de la pandémie en ce qui concerne tant les opérations de la cataracte que les amygdalectomies.