Dans 31 pays de l’OCDE, en 2023, 12 % en moyenne des personnes âgées de 65 ans et plus ont reçu des soins de longue durée, à domicile ou en établissement (Graphique 10.12). Dans quatre pays de l’OCDE (Lituanie, Israël, Suisse et Allemagne) plus d’une personne âgée de 65 ans et plus sur cinq bénéficiait de soins de longue durée. Les normes culturelles qui définissent dans quelle mesure les familles s’occupent des personnes âgées peuvent également influer sur l’utilisation des services formels (voir la section « Aidants informels »). En moyenne, la part des bénéficiaires de soins de longue durée âgés de 65 ans et plus a légèrement crû de 1 p.p. par rapport à 2013, où elle s’élevait à 11 %. Elle a augmenté de plus de 8 p.p. en Lituanie, en Allemagne, en Israël et en Espagne, et baissé de 2 % ou plus aux Pays-Bas, en Nouvelle‑Zélande, au Danemark et en Hongrie.
De nombreuses personnes ayant besoin de soins de longue durée souhaitent rester à leur domicile aussi longtemps que possible. Compte tenu de ces préférences, de nombreux pays de l’OCDE ont mis en place des services à destination des personnes âgées afin de faciliter leur prise en charge à domicile. Entre 2013 et 2023, la proportion de personnes qui bénéficiaient de soins de longue durée à domicile a légèrement augmenté, passant de 66 % à 70 % (Graphique 10.13). Les augmentations ont été particulièrement fortes en Allemagne, en Corée, en Espagne et en Suisse.
Les changements intervenus en matière d’évaluation des besoins et de critères d’éligibilité contribuent à certaines des évolutions observées dans la répartition des bénéficiaires de soins de longue durée depuis les années 2010 (Llena-Nozal, Araki et Killmeier, 2025[1]). En 2017, l’Allemagne a élargi la définition des soins de longue durée afin d’étendre la prise en charge aux personnes souffrant de troubles cognitifs, ce qui a amélioré l’accessibilité aux prestations d’assurance‑maladie. L’Espagne a ajouté un niveau de soins supplémentaire depuis 2015, ce qui permet aux personnes présentant une dépendance modérée d’avoir accès aux prestations publiques. En revanche, une réforme intervenue en 2015 aux Pays-Bas a transféré certaines responsabilités en matière de prestation de soins de longue durée aux autorités locales, ce qui a contribué à une baisse substantielle du nombre de bénéficiaires de soins à domicile. En Nouvelle‑Zélande, la prestation de soins à domicile a été de fait rationnée, les prestataires de soins à domicile ayant limité l’offre de services afin de maîtriser leurs coûts opérationnels et d’absorber les augmentations salariales prévues par l’accord sur l’équité salariale (Pay Equity Settlement), qui imposait que des augmentations salariales légales soient accordées aux travailleurs sociaux afin de remédier aux disparités salariales entre les sexes existant de longue date.
Même lorsqu’elles sont limitées dans leurs activités de la vie quotidienne (AVQ) et dans leurs activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ), certaines personnes ne bénéficient pas toujours d’une prise en charge formelle suffisante. Parmi les personnes de 65 ans et plus dans 22 européens, 47 % des personnes vivant à domicile avec au moins une limitation des AVQ ou AIVQ – et deux sur cinq (38 %) avec trois limitations ou plus – déclaraient ne pas recevoir suffisamment d’aide informelle pour leurs soins de longue durée, ou ne pas bénéficier de prise en charge formelle (Graphique 10.14).