L’Inde présente l’ESP le plus négatif de tous les pays couverts par le présent rapport, avec une moyenne de ‑14.5 % des recettes agricoles brutes en 2022-24. Le soutien net aux producteurs en Inde est resté négatif au cours des deux dernières décennies, mais son niveau fluctue d’une année à l’autre. Les chiffres négatifs du soutien aux producteurs laissent penser qu’en moyenne, les producteurs nationaux ont été implicitement taxés, car les paiements budgétaires dont ils bénéficiaient ne compensaient pas l’abaissement des prix lié à l’ensemble complexe de règles de commercialisation et de mesures commerciales nationales. Presque tous les transferts bruts aux producteurs (qu’ils soient positifs ou négatifs) sont mis en œuvre sous les formes susceptibles de générer le plus de distorsions de la production et des échanges.
En 2022-24, le soutien aux producteurs se composait de dépenses budgétaires équivalant à 11 % des recettes agricoles brutes, d’un soutien des prix du marché (SPM) positif de +2.7 % des recettes agricoles brutes sur les produits de base bénéficiant d’un soutien, et d’un SPM négatif de -28.2 % des recettes agricoles brutes sur les produits taxés. Des restrictions à l’exportation ont été appliquées en 2022‑24 à diverses variétés de riz, de blé, de sucre, d’oignons et de produits dérivés (par exemple, la farine de blé). Les produits présentant une part des transferts au titre d’un seul produit positive, qui peut aller de 3.9 % à 24 % des recettes par produit en 2022-24, sont notamment le sucre, les pois chiches, d’autres légumes secs et la viande de volaille.
Les subventions à l’utilisation d’intrants variables, en particulier les engrais, l’électricité et l’eau d’irrigation, occupent une place prédominante dans les transferts budgétaires aux producteurs. Toutefois, les dotations budgétaires au programme de transferts directs de revenu, PM-KISAN, augmentent depuis la mise en œuvre de celui-ci en 2018 et représentaient 10.6 % des dépenses budgétaires en 2022-24.
Les dépenses publiques destinées à financer des services d’intérêt général pour le secteur (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG), principalement en lien avec des investissements dans l’irrigation en dehors des exploitations, représentaient la moitié environ du montant des subventions au titre de l’utilisation d’intrants variables. L’ESSG a augmenté pour s’établir à 4.1 % de la valeur de la production agricole en 2022-24, contre 3.2 % en 2000-02.
Certaines mesures ont une incidence sur les prix agricoles et apportent un soutien implicite aux consommateurs. Les subventions alimentaires découlant du système de distribution publique ciblée, qui ont connu une hausse considérable pendant la pandémie de COVID-19, ont également réduit le coût des produits pour les consommateurs. Au cours de la période 2022-24, l’estimation du soutien aux consommateurs représentait 31.8 % des dépenses moyennes pour l’ensemble des produits.
L’estimation du soutien total au secteur était d’environ -0.9 % du PIB en 2022-24, contre +1 % en 2000‑02. Néanmoins, les soutiens positifs ont représenté jusqu’à 3 % du PIB au cours des dernières années, témoignant des coûts significatifs des politiques agricoles pour l’économie indienne.