Regards sur l’éducation fournit des données comparables à l’échelle internationale sur les systèmes d’éducation du monde entier, couvrant les niveaux de formation, les taux de scolarisation, le financement et l’organisation de ces systèmes. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la pénurie d’enseignants en examinant son impact dans les différents pays et la manière dont les systèmes d’éducation peuvent y remédier.
Résumé
Copier le lien de RésuméLa pénurie d’enseignants est une préoccupation généralisée
Copier le lien de La pénurie d’enseignants est une préoccupation généraliséeLa pénurie de main-d’œuvre dans les professions hautement qualifiées est courante dans les pays de l’OCDE, et la profession enseignante ne fait pas exception. Dans certains pays, la pénurie se traduit par un grand nombre de postes non pourvus : en Lettonie et au Luxembourg, environ 4 % de l’ensemble des postes d’enseignant dans l’enseignement secondaire n’étaient pas pourvus à la rentrée 2024/2025. Cependant, dans la plupart des autres pays pour lesquels des données sont disponibles, la part des postes vacants non pourvus est inférieure à 3 % et souvent inférieure à 1 %. Le plus souvent, la pénurie d’enseignants se traduit par une proportion croissante d’enseignants qui ne sont pas pleinement qualifiés, car les systèmes d’éducation recrutent des enseignants ne disposant pas les qualifications d’enseignement requises pour pourvoir les postes vacants. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 9 % de l’ensemble des enseignants du primaire et du secondaire n’étaient pas pleinement qualifiés en 2024/2025. Dans certains systèmes, les difficultés de recrutement sont aggravées par un taux élevé d’absences temporaires parmi les enseignants. Par exemple, la proportion d’enseignants absents pendant plus de deux mois au cours de l’année scolaire 2024/2025 a atteint 11 % en Autriche et 9 % en Corée.
Bien que la plupart des systèmes d’éducation de l’OCDE soient confrontés à une pénurie d’enseignants, celle-ci n’est pas répartie de manière homogène. Dans certains pays, comme la Norvège, cette pénurie est particulièrement aiguë dans les régions rurales isolées, tandis que dans d’autres, elle touche principalement certains établissements, souvent situés dans des zones défavorisées. Presque partout, la pénurie est plus prononcée dans certaines matières que dans d’autres, les mathématiques et les sciences naturelles étant particulièrement touchées. En revanche, la pénurie d’enseignants est moins répandue dans les matières telles que les arts, les sciences sociales et l’éducation physique.
Les systèmes d’éducation disposent d’outils permettant d’accroître l’offre d’enseignants
Copier le lien de Les systèmes d’éducation disposent d’outils permettant d’accroître l’offre d’enseignantsLes systèmes d’éducation peuvent attirer des candidats hautement qualifiés vers la profession enseignante de multiples façons. Les conditions de travail, notamment la rémunération et le temps de travail, jouent un rôle important, mais l’attractivité de la profession dépend d’un éventail de facteurs bien plus large. Les relations avec les élèves, les parents et les chefs d’établissement ; le climat scolaire ; l’autonomie professionnelle ; et la valorisation de leur métier par la société sont autant de facteurs qui influencent la satisfaction professionnelle des enseignants.
En moyenne, dans les pays Membres de l’OCDE, 85 % des enseignants se déclarent satisfaits de leur métier, un pourcentage similaire à celui observé dans d’autres professions. Il existe toutefois des différences significatives d’un pays à l’autre. Au Japon, l’un des pays où le nombre de postes vacants non pourvus est le plus faible, les enseignants du primaire, du secondaire et de la formation professionnel sont 20 points de pourcentage plus susceptibles d’être satisfaits de leur travail que les travailleurs d’autres professions, tandis qu’au Chili, le pays où la proportion de postes vacants est la plus élevée, ils sont 21 points de pourcentage moins susceptibles que les autres travailleurs d’être satisfaits de leur emploi.
Un autre moyen pour remédier à ces pénuries consiste à proposer aux professionnels en milieu de carrière issus d’autres secteurs des passerelles bien conçues vers l’enseignement, ce qui peut également contribuer à diversifier la profession enseignante. Des pays comme l’Australie et les Pays-Bas, où plus de 15 % des enseignants du premier cycle du secondaire sont issus d’une reconversion professionnelle, offrent des parcours d’accès flexibles qui combinent formation en milieu professionnel et la validation de l’expérience antérieure. En revanche, d’autres pays ne disposent pas de tels parcours structurés et, dans bon nombre entre eux, la proportion d’enseignants issus d’une reconversion professionnelle se situe à un faible pourcentage à un chiffre.
La pénurie d’enseignants reflète les tensions plus générales qui pèsent sur le marché du travail
Copier le lien de La pénurie d’enseignants reflète les tensions plus générales qui pèsent sur le marché du travailMême s’ils mobilisent tous les leviers disponibles pour accroître l’offre d’enseignants, il est peu probable que les systèmes d’éducation parviennent à éliminer complètement les pénuries. La pénurie d’enseignants s’explique en partie par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée à l’échelle de l’économie, qui résulte d’une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels tels que le vieillissement de la population et les conséquences de la pandémie de COVID-19. Le recrutement d’enseignants devient plus difficile lorsque le nombre de personnes entrant sur le marché du travail diminue et que les opportunités d’emploi en dehors du secteur d’éducation sont nombreuses.
En effet, les pénuries de main-d’œuvre dans d’autres secteurs sont souvent plus marquées que celle dans l’enseignement. Bien qu’il soit difficile de comparer les taux d’emplois vacants d’un secteur à l’autre, les données suggèrent qu’ils sont plus élevés dans l’ensemble de l’économie que dans la profession enseignante dans plus de la moitié des pays pour lesquels des données sont disponibles. Tant que les pénuries de compétences perdureront à l’échelle de l’économie, les systèmes d’éducation risquent de rencontrer des difficultés pour recruter du personnel, car ils sont en concurrence avec d’autres secteurs pour attirer un nombre limité de travailleurs. À l’instar d’autres secteurs, l’éducation sera donc elle aussi soumise à une pression croissante pour améliorer sa productivité et optimiser l’utilisation de ses effectifs. La technologie, le recours accru à du personnel de soutien spécialisé et de nouvelles méthodes d’organisation de l’enseignement pourraient aider les enseignants à consacrer une plus grande part de leur temps aux tâches pour lesquelles leur expertise apporte la plus grande valeur ajoutée.
La baisse des inscriptions ne permettra pas automatiquement de pallier la pénurie
Copier le lien de La baisse des inscriptions ne permettra pas automatiquement de pallier la pénurieLes systèmes d’éducation doivent également relever les défis liés aux effectifs en faisant preuve de plus de souplesse dans la répartition des enseignants. Cela deviendra d’autant plus important que les tendances démographiques remodèlent à la fois la demande et l’offre d’enseignants. Dans les pays Membres de l’OCDE, le nombre d’enfants âgés de 5 à 14 ans devrait diminuer de 9 % entre 2024 et 2033. Cette baisse d’effectifs d’élèves pourrait atténuer la pénurie d’enseignants et offrir aux systèmes d’éducation l’occasion de réévaluer le déploiement du personnel enseignant. Cependant, les tendances observées au cours de la dernière décennie ont montré que la baisse des effectifs d’élèves ne réduit pas toujours la demande d’enseignants, car de nombreux pays ont maintenu, voire augmenté, le nombre d’enseignants et de classes alors que le nombre d’élèves diminuait.
Il sera également important d’adapter le nombre d’enseignants à l’évolution des effectifs d’élèves afin d’éviter que la pénurie d’enseignants ne s’aggrave face au vieillissement du corps enseignant, étant donné que 25 % des enseignants du secondaire dans les pays de l’OCDE ont 55 ans ou plus et sont donc proches de l’âge de la retraite. Si ce n’est pas géré efficacement, la baisse des effectifs d’élèves et les départs à la retraite des enseignants pourraient aggraver la pénurie dans certaines régions ou certains établissements, tout en entraînant, dans d’autres, des effectifs par classe financièrement insoutenables.
L’évolution des marchés du travail engendre des défis qui vont au-delà de la pénurie d’enseignants
Copier le lien de L’évolution des marchés du travail engendre des défis qui vont au-delà de la pénurie d’enseignantsLes marchés du travail façonnent les systèmes d’éducation non seulement par leur capacité à recruter des enseignants, mais aussi par la valeur qu’ils accordent aux qualifications. Les systèmes d’éducation doivent veiller à ce que les qualifications qu’ils délivrent restent pertinentes à mesure que la demande de compétences évolue en fonction des changements technologiques. Dans ce contexte, l’évolution récente du taux de chômage en fonction du niveau de formation mérite qu’on s’y intéresse.
Entre 2023 et 2025, le taux de chômage des jeunes adultes diplômés de l’enseignement tertiaire (25‑34 ans) a augmenté en moyenne de 0.4 point de pourcentage dans les pays de l’OCDE. Au cours de la même période, le taux de chômage moyen chez les jeunes adultes diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire a diminué de 0.2 point de pourcentage, réduisant ainsi l’écart entre les deux groupes de 2.4 à 1.8 point de pourcentage. Ce constat est remarquable car il s’agit de la première période depuis le début de la série de données en 2000 au cours de laquelle le taux de chômage moyen a augmenté chez les jeunes diplômés de l’enseignement tertiaire mais a diminué chez les diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire.
Ces tendances sont parfois attribuées à l’intelligence artificielle, qui réduirait la demande sur le marché de travail pour les jeunes diplômés de l’enseignement tertiaire. Cependant, les diplômes de l’enseignement tertiaire continuent d’apporter des avantages considérables sur le marché du travail, et les éléments probants d’une évolution durable de la demande de compétences induite par l’intelligence artificielle restent limités. Compte tenu des répercussions potentiellement considérables d’une telle évolution, les systèmes d’éducation doivent suivre de près les indicateurs du marché du travail et se tenir prêts à réagir si des signes indiquent que l’avantage que confèrent les diplômes de l’enseignement tertiaire sur le marché du travail s’affaiblit.