En Argentine, le soutien au secteur agricole est négatif, dans l’ensemble, depuis le début des années 2000, en grande partie en raison de taxes à l’exportation qui font baisser les prix intérieurs perçus par les producteurs, ce qui se traduit par un soutien des prix du marché (SPM) négatif. En 2023‑2025, l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) a représenté en moyenne -8.6 milliards USD (-13.5 % des recettes agricoles brutes), ce qui indique que les agriculteurs supportent le coût des transferts vers l’État (recettes des taxes à l’exportation) et vers les consommateurs (via des prix plus bas). Ce chiffre témoigne d’une détérioration de la situation par rapport à 2000‑2002 (-8.6 %). Les valeurs annuelles ont toutefois été marquées par une volatilité considérable ces dernières années, avec des niveaux particulièrement négatifs en 2024 et 2025 (environ ‑15.1 %). Le SPM affecte une large part de la production, puisqu’il couvrait environ 89 % de son total en 2025, ce qui indique des distorsions de prix généralisées. En conséquence, les prix intérieurs demeurent en dessous des niveaux internationaux, avec un coefficient nominal de protection (CNP) se situant autour de 0.92‑0.95 ces dernières années.
Un soutien budgétaire est accordé aux agriculteurs sous forme de paiements au titre de la production, pour les producteurs de tabac, et de soutien pour l’utilisation d’intrants (principalement via des crédits à taux préférentiels), ainsi que des paiements ponctuels en cas de catastrophes (principalement en cas de sécheresse).
Les dépenses consacrées aux services d’intérêt général (mesurées par l’estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) ont atteint 316 milliards USD en 2025, une augmentation considérable par rapport aux niveaux de 2000‑2002. Toutefois, par rapport à la taille du secteur, l’‘ESSG reste modeste et ne compense pas les transferts fortement négatifs vers les producteurs.
Les consommateurs bénéficient de prix intérieurs plus bas, comme l’atteste une estimation du soutien aux consommateurs (ESC) positive de 2.4 milliards USD en 2025. Celle-ci correspond aux transferts implicites des producteurs vers les consommateurs à travers des prix alimentaires plus faibles, bien que cet avantage fluctue en fonction de la conjoncture macroéconomique.
Dans l’ensemble, l’estimation du soutien total (EST) reste négative, à hauteur de ‑9.2 milliards USD en 2025 (-1.36 % du PIB), ce qui indique que le secteur de l’agriculture est un contributeur net à l’économie. Bien que le soutien budgétaire (ESBT) ait augmenté au fil du temps, atteignant 536 millions USD en 2025, il reste modeste et insuffisant pour contrebalancer l’importante taxation implicite découlant des politiques de prix.