L’estimation du soutien aux producteurs (ESP) a fortement baissé, de 23.7 % en 2000‑2002 à 6 % en 2023-2025, bien en dessous de la moyenne de l’OCDE. La forme dominante de ce soutien est le soutien des prix du marché (SPM), qui en 2023-2025 représentait quelque 80 % de l’ESP1. Le SPM provient principalement du système péruvien de fourchettes de prix qui est appliqué pour le riz, le maïs jaune, le sucre et le lait. Les 20 % restants de l’ESP sont composés de transferts budgétaires, principalement des paiements au titre de l’utilisation d’intrants (16 %, notamment pour les infrastructures d’irrigation sur les lieux d’exploitation) et accessoirement pour l’aide d’urgence (1 %) et les services environnementaux (1 %).
Dans la droite ligne de cette baisse, le coefficient nominal de protection (CNP) des producteurs a rétrogradé de 1.32 en 2000‑2002 (indiquant que les prix intérieurs dépassaient de 32 % en moyenne les prix mondiaux) à 1.05 en 2023‑2025, signe d’une moindre distorsion des prix et d’un rôle accru des signaux du marché. Les diminutions de l’ESP et du CNP reflètent la stratégie de libéralisation des échanges mise en œuvre au Pérou depuis les années 1990, notamment le démantèlement de la protection aux frontières et des contrôles des prix, ainsi que la signature de nombreux accords de libre-échange. Bien que le soutien total ait reculé, le SPM demeure la composante dominante de l’ESP.
Au Pérou, le soutien aux consommateurs se manifeste principalement sous la forme de programmes d’aide alimentaire ciblée comme Qali Warma, Cuna Más et Glass of Milk. Malgré ces programmes, l’estimation du soutien aux consommateurs (ESC) a été négative tout au long de la période examinée, ce qui veut dire que globalement, les politiques agricoles et alimentaires ont de fait taxé les consommateurs. L’estimation du soutien total (EST) a diminué, passant de 2.2 % du PIB en 2000-2002 à 1.1 % en 2023-2025, soit au-dessus de la moyenne de l’OCDE, et est restée relativement stable au cours des deux dernières décennies.