Le rapport OCDE Politiques agricoles : suivi et évaluation est la publication de référence, à l’échelle mondiale, sur les aides publiques à l’agriculture dans 54 pays. À l’occasion du 30e anniversaire de l’Accord de l’OMC sur l’agriculture, l’édition de cette année est consacrée aux interactions entre les échanges, l’agriculture et l’environnement.
Politiques agricoles : Suivi et évaluation 2025 (version abrégée)
Introduction
Chiffres clés
842 Md USD
c’est le montant du soutien qui a été transféré chaque année au secteur agricole de 2022 à 2024
5 %
du soutien aux producteurs encourage une action environnementale volontaire au-delà du seul respect de la réglementation
0.54 %
de la valeur de production agricole est investi dans les systèmes de connaissances et d’innovation agricoles
Le soutien à l’agriculture demeure élevé, mais il a diminué par rapport à la taille du secteur
Le soutien total au secteur agricole dans les 54 pays couverts par le rapport s’élève à 842 milliards USD par an en moyenne sur la période 2022-2024. Ce montant est supérieur de près de 20 % à la moyenne relevée entre 2015 et 2019, juste avant la pandémie de COVID-19.
La croissance rapide du secteur fait diminuer le soutien en proportion de la valeur de la production. Cependant, si les formes de soutien susceptibles de créer le plus de distorsions ont elles aussi reculé en termes relatifs, elles n’en continuent pas moins à compter pour la moitié du soutien total.
Les investissements publics dans les systèmes de connaissances et d’innovation agricoles ont diminué en proportion de la valeur de la production du secteur
Entre 2022 et 2024, ce sont en moyenne 112 milliards USD qui ont été consacrés chaque année aux services d’intérêt général afin d’améliorer les performances globales du secteur, ce qui représente 2.4 % de la valeur de la production agricole (contre 4.7 % en 2000-2002).
Le financement des systèmes de connaissances et d’innovation agricoles, avec 22 % du total, est le deuxième poste de dépenses par ordre d’importance, après l’infrastructure, au titre des services d’intérêt général. Cependant, réduit pratiquement de moitié par rapport à 2000-2002 pour atteindre 0.5 % environ de la valeur de la production du secteur en 2022-2024, le niveau estimé des dépenses consacrées à ces systèmes est insuffisant pour enrayer le ralentissement de la croissance de la productivité agricole.
Les pouvoirs publics, de plus en plus souvent, mettent les politiques commerciales et accords commerciaux au service d’objectifs environnementaux
La croissance des échanges a été supérieure à celle de la production, et l’agriculture est de plus en plus intégrée aux chaînes de valeur mondiales : de nombreux produits traversent aujourd’hui plusieurs frontières avant de parvenir au consommateur.
Les pouvoirs publics agissent pour s'assurer que les échanges commerciaux ne se fassent pas au détriment de l’eau, de l’air, des forêts et de la biodiversité. Les mesures commerciales en faveur de la durabilité de l’agriculture et des systèmes alimentaires sont en vogue : 60 % de celles recensées dans le rapport ont été introduites après 2018. Les accords commerciaux évoluent également : les dispositions relatives à l’environnement sont de plus en plus courantes dans ces accords, et l’on commence même à en voir qui traitent spécifiquement de la durabilité des systèmes alimentaires.
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
Les formes de soutien à l’agriculture les plus susceptibles de provoquer des distorsions sont : le soutien des prix du marché, les paiements au titre de la production et les paiements fondés sur l’utilisation d’intrants variables, comme les engrais et les carburants, lorsque cette utilisation n’est pas assortie de contraintes. Les agriculteurs – à commencer par ceux qui ont de petites exploitations et de faibles revenus – pourraient trouver avantage à une réforme, car ce soutien bénéficie principalement aux gros producteurs et ne contribue que de façon marginale à accroître les revenus agricoles.
Il faut que les dépenses publiques en faveur de l’innovation agricole soient à la fois plus importantes et mieux ciblées pour inverser l’érosion de la croissance de la productivité et aider les exploitants à imaginer des méthodes de production plus durables sur le plan environnemental. En outre, les pouvoirs publics devraient s’attacher à mieux appréhender les conséquences environnementales des pratiques agricoles et des mesures de soutien afin de pouvoir donner un cap aux réformes et investissements futurs.
Le cadre défini par l’OCDE en matière de gestion des risques peut contribuer à orienter les réformes des systèmes nationaux de gestion des risques. Il s’agit de rendre les producteurs aptes et disposés à couvrir les risques ordinaires liés à leur activité, de favoriser le recours à des solutions de marché en ce qui concerne les risques assurables et de prendre le relais pour les risques catastrophiques auxquels les agriculteurs et les institutions privées n’ont pas les moyens de faire face.
Les systèmes alimentaires doivent relever un triple défi consistant à garantir la sécurité alimentaire et couvrir les besoins nutritionnels d’une population croissante, à fournir des moyens de subsistance aux agriculteurs et aux autres acteurs de la chaîne alimentaire, ainsi qu’à améliorer la durabilité environnementale du secteur. Les pouvoirs publics doivent mettre en place les incitations qu’il faut pour que les exploitants réduisent l’empreinte environnementale de leur activité, et ces incitations doivent être conjuguées à des échanges agroalimentaires ouverts et transparents, de nature à renforcer les capacités du système commercial international.
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