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Les mesures de politique commerciale destinées à renforcer la durabilité de l’agriculture et les clauses environnementales incorporées dans les accords commerciaux se multiplient, ce qui témoigne des efforts menés par les gouvernements pour renforcer la résilience à long terme du secteur. Dans un nouveau rapport, l’OCDE prévient toutefois que, pour réduire l’empreinte environnementale de l’agriculture tout en améliorant la sécurité alimentaire, il faudra réformer le soutien et réorienter les dépenses publiques vers la recherche, l’innovation et l’agriculture durable.
Dans l’édition 2025 de son rapport Politiques agricoles : suivi et évaluation, qui est la référence mondiale concernant les politiques publiques de soutien agricole appliquées dans 54 pays à l’origine de 75 % de la valeur ajoutée de l’agriculture mondiale, l’OCDE montre que le soutien total à l’agriculture s’est élevé en moyenne à 842 milliards USD par an de 2022 à 2024, ce qui est supérieur de 20 % au niveau d’avant la pandémie (2015-19).
Les subventions les plus susceptibles d’entraîner des distorsions sur les marchés, comme le soutien des prix, les paiements au titre de la production et les subventions aux intrants tels que les engrais ou les produits énergétiques fossiles, ont baissé en termes relatifs, passant de 15 % de la valeur de la production du secteur en moyenne lors de la période 2000-02 à 9 % durant la période 2022-24. Néanmoins, elles représentent toujours la moitié environ du soutien total.
Les pouvoirs publics ont de plus en plus recours aux accords commerciaux pour promouvoir une agriculture durable. Entre 1997 et 2024, les membres de l’OCDE ont appliqué ou approuvé 130 mesures en ce sens, le plus souvent dans le cadre d’accords commerciaux régionaux, dont 60 % ont été adoptées ces sept dernières années. Le rapport recommande d’harmoniser davantage les clauses de durabilité incorporées dans les accords commerciaux pour faciliter leur mise en œuvre et leur suivi, réduire les coûts de mise en conformité supportés par les entreprises et contribuer à garantir des règles du jeu équitables pour les pratiques durables.
« Pour compléter les accords commerciaux qui encouragent une agriculture durable, les gouvernements peuvent remplacer les subventions génératrices de distorsions sur le marché par un soutien mieux ciblé à la recherche, à l’innovation et aux pratiques agricoles durables », a déclaré Mathias Cormann, Secrétaire général de l’OCDE. « Ils pourraient ainsi tout à la fois stimuler la productivité, contribuer à sécuriser l’approvisionnement en produits alimentaires et rendre ces produits plus abordables, renforcer la durabilité environnementale et la résilience de l’agriculture, et préserver les moyens de subsistance des millions de personnes qui dépendent du secteur agricole dans le monde. »
En trois décennies, la valeur des exportations agroalimentaires a quasiment quintuplé pour atteindre 1 400 milliards USD, progressant plus rapidement que la production. Toutefois, les produits agricoles restent soumis à des droits de douane et des restrictions quantitatives plus élevés que ceux d’autres secteurs, ainsi qu’à un plus grand nombre de mesures non tarifaires susceptibles de restreindre les échanges. Au cours de la période 2021-23, les Amériques ont exporté 40 % de la valeur agroalimentaire mondiale, tandis que l’Asie en a importé 47 % sous l’effet de la croissance démographique, de la hausse des revenus et de la consommation et de l’urbanisation croissante.
Les investissements publics dans l’innovation agricole et d’autres services, essentiels à la réalisation des objectifs de productivité et de durabilité du secteur, restent faibles. Ceux consacrés aux systèmes de connaissances et d’innovation agricoles, en particulier, sont tombés à 0.54 % de la valeur de la production du secteur en 2022-24, contre 0.92 % en 2000-02, alors même qu’ils contribuent à renforcer la résilience des chaînes de valeur agroalimentaires.
Dans son rapport, l’OCDE recommande un programme d’action pour nourrir une population mondiale croissante de manière efficiente, résiliente et durable sur le plan environnemental. Ses préconisations sont notamment les suivantes :
- Réformer, réorienter et supprimer progressivement lorsque c’est possible les formes de soutien qui causent le plus de distorsions.
- Réduire les mesures de soutien du revenu peu efficientes au regard des transferts et leur préférer des mécanismes ciblés et adaptés qui profitent directement aux exploitants.
- Investir davantage dans l’innovation ciblée et la croissance durable de la productivité.
- Promouvoir des approches globales de la résilience qui favorisent la préparation et des systèmes de gestion des risques conformes aux cadres de l’OCDE.
- Promouvoir la protection de l’environnement et l’atténuation des incidences négatives sur l’environnement, d’une manière compatible avec l’ouverture et la transparence des échanges et avec les efforts visant à relever le triple défi auquel est confrontée l’agriculture.
Le rapport contient des analyses détaillées pour une sélection de pays et pour l’UE, et il passe en revue les principales évolutions de l’action publique en 2024 et au début de 2025 à partir des données les plus récentes sur le soutien à l’agriculture, y compris sur sa composition et sa variation dans le temps.
Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations peuvent contacter Yumiko Sugaya, à l’Unité des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.