Pour la quatrième année consécutive, le secteur agricole ukrainien a été fortement affecté par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les réponses des pouvoirs publics restant axées sur les défis liés au contexte de guerre. Au cours des trois dernières décennies, le soutien aux producteurs en Ukraine, mesuré par l’estimation du soutien aux producteurs (ESP), a été volatil en grande partie à cause des variations du soutien des prix du marché (SPM). Ces dernières années, cependant, les variations de l’ESP se sont resserrées autour de valeurs faiblement positives, représentant en moyenne 0.1 % des recettes agricoles brutes au cours de la période 2023-2025, ce qui est nettement inférieur à la moyenne OCDE.
Au cours de la dernière décennie, les prix intérieurs de l’avoine, du seigle, du tournesol et du lait ont été inférieurs aux prix de référence mondiaux, principalement en raison des restrictions à l’exportation frappant les trois premiers de ces produits et de facteurs liés au marché, plutôt qu’en raison d’une intervention des pouvoirs publics, s’agissant du quatrième. Il s’ensuit des transferts aux consommateurs à la charge des agriculteurs (SPM négatif). En revanche, le sucre et la viande porcine ont bénéficié d’une protection douanière, d’où des prix intérieurs supérieurs aux prix mondiaux et des transferts des consommateurs aux agriculteurs (SPM). En 2023-2025, les mesures les plus susceptibles de créer des distorsions de la production et des échanges en Ukraine, à savoir le SPM et le soutien au titre de l’utilisation sans contraintes d’intrants variables, y compris la bonification de prêts, ont représenté 40 % des transferts aux agriculteurs. Les autres formes de soutien budgétaire consistent principalement en avantages fiscaux agricoles, complétés par des subventions d’investissement et des paiements ciblés aux petits agriculteurs, ainsi que par un soutien supplémentaire accordé aux agriculteurs dont l’exploitation se trouve dans les zones touchées par la guerre.
Le niveau de soutien aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) se situe historiquement en dessous de la moyenne des pays couverts dans le présent rapport et s’est établi à 0.8 % de la valeur de la production agricole en 2023-2025. La majeure partie de ce soutien est allouée à l’inspection et au contrôle, qui ont augmenté par rapport à la valeur de la production au cours des dernières années. Pourtant, les dépenses publiques consacrées au système de connaissances et d’innovation agricoles ont diminué de plus de moitié par rapport à la taille du secteur et sont parmi les plus faibles de tous les pays couverts par ce rapport. Les dépenses d’infrastructure sont relativement stables en valeur absolue, sachant que leur part est tombée à près de zéro au cours des dernières années. Dans l’ensemble, le soutien total au secteur en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) a baissé pour atteindre 0.2 % en 2023-2025, contre 0.4 % vingt ans auparavant.