Le soutien accordé aux exploitants agricoles en Islande est le deuxième en importance parmi tous les pays couverts par ce rapport. En 2023‑2025, l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) représentait 52 % des recettes agricoles brutes, un chiffre trois fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE. Les mesures de soutien des prix du marché contribuent à hauteur de 53 % au soutien aux producteurs. Elles reposent principalement sur les droits de douane, qui maintiennent les prix intérieurs à un niveau élevé par rapport aux cours mondiaux et se traduisent par un transfert des consommateurs aux agriculteurs. Les paiements couplés aux facteurs de production complètent le soutien des prix du marché. Les paiements au titre de la production de lait et les paiements, en grande partie découplés, aux producteurs de viande ovine constituent l’essentiel des autres formes de soutien aux producteurs. Environ 75 % du soutien à l’agriculture est susceptible de causer les plus fortes distorsions de la production et des échanges.
Les prix moyens perçus par les agriculteurs ont baissé au fil du temps, au fur et à mesure de la diminution du coefficient nominal de protection (CNP) des producteurs, mais ils sont restés très élevés en 2023‑2025, dépassant de quelque 59 % ceux des marchés mondiaux. Le soutien des prix du marché est particulièrement élevé dans les cas de la volaille et des œufs, pour lesquels il représente respectivement 66 % et 61 % des recettes agricoles brutes par produit. Dans le cas de la laine, les paiements liés à la production représentent 79 % des transferts au titre d’un seul produit (TSP). Dans l’ensemble, les TSP comptent pour 96 % de l’ESP totale.
Les dépenses consacrées aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) s’élèvent à 3 % du soutien total à l’agriculture (estimation du soutien total, EST), un chiffre bien inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE (15 %). L’ESSG est passée de 7 % de la valeur de la production agricole en 2000-2002 à 2 % en 2023‑2025. Les dépenses d’inspection et de contrôle représentent 78 % de l’ESSG, le reste étant réparti entre le système de connaissances et d’innovation agricoles et le stockage public.
L’EST en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) a baissé entre 2000‑2002 et 2023‑2025, passant de 1.7 % à 0.8 %. Cette évolution traduit en grande partie la diminution du poids de l’agriculture dans l’économie du pays.