Les pouvoirs publics sont de plus en plus nombreux à revoir leur mode de gestion du tourisme et à adopter des approches plus stratégiques visant à concilier les retombées économiques, sociales et environnementales du tourisme tout en renforçant la compétitivité et la résilience. Cette évolution s’accompagne d’une transformation des modalités de gouvernance, d’un meilleur recours aux données et aux outils numériques, ainsi que d’une coordination plus étroite entre les domaines de l’action publique et les différents niveaux d’administration. Ce chapitre examine l’évolution des priorités d’action, des réformes et de la gouvernance en matière de tourisme à partir d‘une enquête menée auprès des pays de l’OCDE et de pays partenaires, et met en relief des exemples de pratiques nationales.
Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2026 (version abrégée)
Chapitre 2. Gouvernance, priorités et politiques du tourisme
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Le tourisme demeure un moteur essentiel de la croissance économique ; son rôle est déterminant en ce sens qu’il stimule l’activité économique, crée des emplois, favorise le développement régional et contribue à faire vivre les populations locales. La progression continue de la demande touristique accentue les pressions sur les populations et l’environnement, rendant d’autant plus nécessaire l’élaboration de politiques du tourisme plus stratégiques. Les pays délaissent progressivement les approches axées sur la croissance au profit d’une gestion du tourisme visant à générer une prospérité économique durable et résiliente à long terme. Cette évolution traduit une prise de conscience croissante du fait que les modèles traditionnels ont produit des résultats inégaux.
La notion de réussite dans le domaine du tourisme est aujourd’hui redéfinie, les impacts sociaux et environnementaux, la préparation aux crises et la capacité d’adaptation occupant désormais une place plus importante. De nombreux pays revoient leurs stratégies nationales en matière de tourisme afin d’y intégrer ces priorités, alors même que les performances divergent selon les destinations et que les pressions liées à une croissance rapide ou non planifiée réapparaissent dans un contexte d’incertitude géopolitique et économique accrue.
La gouvernance évolue également. Les cadres nationaux restent stables, tandis que les acteurs locaux et régionaux jouent un rôle croissant dans la gestion des destinations, ce qui met en évidence la nécessité d’une coordination verticale étroite et d’une mobilisation des populations locales. Ces évolutions s’appuient sur des données et des outils numériques de meilleure qualité. De plus en plus d’éléments montrent que les pays investissent dans des données plus fines et plus intégrées, et qu’ils explorent davantage l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour étayer la prise de décision fondée sur des données probantes. Toutefois, les niveaux d’adoption demeurent inégaux et nombre d’initiatives en sont encore à un stade précoce.
Ce chapitre examine l’évolution des politiques et des priorités en matière de tourisme, à l’heure où les pouvoirs publics cherchent à répondre aux défis auxquels le secteur est confronté de longue date, tout en renforçant sa capacité à faire face à l’incertitude et en créant les conditions pour un tourisme plus compétitif, durable et résilient.
Renforcer la gouvernance pour améliorer la gestion du tourisme
Copier le lien de Renforcer la gouvernance pour améliorer la gestion du tourismeLe secteur du tourisme connaît une transformation profonde et se redresse avec vigueur après une succession de crises, notamment sanitaires et géopolitiques, et de catastrophes naturelles. Il doit également composer avec l’évolution des priorités de l’action publique, à mesure que les pays s’éloignent des stratégies de relance et des objectifs de croissance fondés sur les volumes pour privilégier des modèles de tourisme plus réactifs, numériques et équilibrés, qui bénéficient aux populations locales et protègent l’environnement tout en contribuant à la croissance économique globale. Dans ce contexte, les stratégies visent de plus en plus à intégrer la politique du tourisme aux plans plus larges de développement économique, local et régional ainsi qu’aux priorités d’action publique correspondantes.
Repenser la gouvernance du tourisme s’avère de plus en plus nécessaire à mesure que le processus d’élaboration des politiques devient plus complexe, plus interconnecté et plus dynamique. L’accélération du rythme auquel ces changements interviennent exige des modèles de gouvernance plus agiles, mieux intégrés et davantage capables de relever des défis transversaux. L’action au niveau des destinations est particulièrement importante pour susciter une dynamique de changement, étayée par une vision nationale globale tenant compte des besoins et des priorités à l’échelon local et reposant sur une vaste participation des parties prenantes. Pour concrétiser ces ambitions, des structures de gestion et des modèles de gouvernance mieux coordonnés et plus souples sont nécessaires, ainsi que des capacités institutionnelles adéquates à tous les niveaux d’administration pour planifier et mettre en œuvre des politiques du tourisme et une gestion des destinations qui soient efficaces, mais aussi pour suivre leur évolution.
Concevoir des stratégies adaptées à l’évolution des priorités et optimiser la valeur du tourisme
Les stratégies dans le domaine du tourisme évoluent pour tenir compte de la transformation des dynamiques du secteur et des perceptions locales. Elles mettent davantage l’accent sur la préservation de sa valeur économique, tout en cherchant à mieux prendre en compte ses effets sur l’environnement et les populations locales, notamment grâce à une répartition plus équilibrée de l’activité touristique entre les régions et les saisons. Cette évolution est observée dans différents pays de l’OCDE, où de nombreuses stratégies nationales en matière de tourisme ont récemment été mises à jour, sont en cours d’élaboration ou font actuellement l’objet d’une révision, notamment en Allemagne, en Autriche, au Chili, en Espagne, en France, au Japon, en Pologne, au Portugal et au Royaume-Uni.
Lancée en 2025, la stratégie espagnole pour le tourisme à l’horizon 2030 redéfinit la notion de réussite dans le domaine du tourisme autour d’un modèle qui bénéficie aussi bien aux résidents qu’aux travailleurs et aux visiteurs, préserve l’identité, garantit le bien-être et promeut la durabilité. Elle repose sur deux principes fondamentaux : placer les personnes au cœur de l’activité touristique et reconnaître l’interdépendance des dimensions économique, sociale et environnementale de la durabilité. Dans la même logique, la stratégie portugaise pour le tourisme à l’horizon 2035 visera à concilier croissance du tourisme, cohésion territoriale, bien-être des populations locales et responsabilité environnementale, tout en promouvant un modèle de gouvernance et de création de valeur plus agile et plus innovant, capable de contribuer à la régénération des territoires.
Le Plan fondamental de promotion du tourisme national du Japon, lancé plus tôt cette année, s’articule autour de trois axes principaux : concilier le tourisme récepteur avec les besoins des populations locales, promouvoir le tourisme interne et le tourisme émetteur, et développer des destinations touristiques ainsi qu’un secteur du tourisme résilients. Il définit des orientations clés pour développer un tourisme durable, accroître les dépenses des consommateurs, promouvoir le tourisme dans les régions, renforcer les réseaux de transport et l’aménagement urbain grâce au tourisme, et tirer parti des nouvelles technologies.
À l’échelle européenne, la première Stratégie de l’Union européenne pour un tourisme durable, qui sera lancée en 2026, a pour objectif de promouvoir un modèle de tourisme compétitif et durable, centré sur les populations locales. Cette stratégie réorientera l’approche en la matière, en passant d’une logique de volume à une logique de valeur. Elle donnera la priorité à l’accompagnement des destinations touristiques afin de mieux répartir les flux, au soutien des petites et moyennes entreprises (PME) du secteur, au développement des compétences, ainsi qu’à la production de données et d’indicateurs de meilleure qualité pour éclairer l’action publique.
Les stratégies nationales en matière de tourisme restent les cadres de référence du secteur, mais les pays les complètent de plus en plus par des déclinaisons stratégiques et des plans d’action afin de mieux cibler les résultats de l’action publique et d’associer davantage les parties prenantes. Les plans d’action en plusieurs phases, en particulier, permettent de décliner les grandes priorités d’action publique en mesures plus pratiques, ciblées et opérationnelles, souvent calibrées en fonction des autorités concernées. L’élaboration de ces plans passe généralement par des processus participatifs et de larges consultations visant à prendre en compte les besoins des différentes parties prenantes. Ces processus peuvent allonger les délais d’élaboration mais ils tendent à favoriser une coopération public-privé plus étroite et à déboucher sur une mise en œuvre plus cohérente et mieux coordonnée. Parallèlement, des déclinaisons stratégiques dédiées dans des domaines tels que l’adaptation, la transformation numérique et l’accessibilité contribuent elles aussi à une mise en œuvre plus ciblée de l’action publique, en particulier lorsqu’une coordination entre plusieurs niveaux d’administration, organismes publics et acteurs du secteur privé est nécessaire (Encadré 2.1).
Encadré 2.1. Donner une impulsion à l’action dans le domaine du tourisme grâce à des stratégies ciblées et à des plans d’action
Copier le lien de Encadré 2.1. Donner une impulsion à l’action dans le domaine du tourisme grâce à des stratégies ciblées et à des plans d’actionAutriche : La stratégie nationale du tourisme, baptisée « Vision T », définit les orientations de la politique du tourisme jusqu’en 2035 et s’articule autour de cinq grands domaines : robustesse économique et résilience, marché du travail et main-d’œuvre qualifiée, innovation et transformation numérique, ressources et responsabilité, ainsi que valeur ajoutée et participation. Elle est complétée par des plans d’action qui définissent des mesures et des interventions concrètes.
Chili : La Stratégie nationale pour le tourisme durable à l’horizon 2035 est complétée par plusieurs stratégies ciblées, notamment le Plan de gestion des risques de catastrophes pour le sous-secteur du tourisme, par le Plan d’adaptation au changement climatique pour le secteur du tourisme au Chili, ainsi que par des programmes de soutien au tourisme social.
Estonie : Les Perspectives à long terme du tourisme estonien 2025-2035 s’appuient sur le Plan d’action pour un tourisme durable, destiné à accompagner la transition vers un modèle de tourisme durable. Elles visent à garantir la durabilité environnementale, sociale et économique du tourisme à long terme, en mettant en œuvre des recommandations de politique générale ciblées au moyen d’interventions coordonnées par le ministère des Affaires économiques et des Communications et Visite Estonia.
Hongrie : La Stratégie nationale du tourisme à l’horizon 2030 est complétée par la Stratégie de développement du tourisme actif à l’horizon 2030, qui vise à accroître le taux et la fréquence de participation de la population hongroise aux activités de tourisme actif et de loisirs. Elle établit un cadre pour coordonner un large éventail d’initiatives des pouvoirs publics nationaux et locaux et mobiliser les investissements privés, afin de favoriser le développement du tourisme actif et d’encourager, en Hongrie, une culture plus attentive à la santé et à l’environnement.
Indonésie : Le Plan stratégique national du tourisme 2025-2029 s’appuie sur la Feuille de route de décarbonation du secteur du tourisme, qui accompagne la transition vers un secteur du tourisme à faible intensité de carbone et résilient face au changement climatique, ainsi que sur le Cadre du tourisme 5.0, qui promeut le recours aux technologies numériques, à l’analytique des données et à l’IA afin d’enrichir l’expérience des visiteurs tout au long de leur parcours.
Irlande : La déclaration de politique nationale du tourisme, intitulée « Une nouvelle ère pour le tourisme irlandais », s’appuie sur plusieurs stratégies, notamment celle relative aux évènements d’affaires à l’horizon 2030, qui vise à faire de l’Irlande une destination mondiale de premier plan pour les réunions, les voyages de récompense et les conférences. Cette stratégie s’attache en priorité à attirer des évènements d’affaires à forte valeur ajoutée, à favoriser un développement durable, à créer des perspectives de carrière à long terme et à promouvoir le tourisme régional.
Portugal : La Stratégie pour le tourisme à l’horizon 2035 sera complétée par le Programme climatique pour le tourisme 2025-2030, conçu comme un plan d’action axé sur la décarbonation et le renforcement de la résilience du secteur.
Suisse : La Stratégie touristique de la Confédération s’appuie sur la Stratégie d’adaptation aux changements climatiques du Conseil fédéral, laquelle vise à préparer le pays aux effets du changement climatique en réduisant les risques et en renforçant la résilience de la société, de l’économie et de l’environnement.
Thaïlande : Le troisième Plan national de développement du tourisme 2023-2027 est complété par le Schéma directeur du tourisme établi au titre de la Stratégie nationale sur 20 ans, qui vise à faire du secteur du tourisme un outil stratégique de réduction des inégalités dans la société thaïlandaise. Il privilégie un tourisme à forte valeur ajoutée, tout en intégrant d’autres secteurs de services à fort potentiel afin d’éviter une dépendance excessive à une seule composante du tourisme.
Coordonner l’action à tous les niveaux pour concevoir et mettre en œuvre les politiques du tourisme
La coordination horizontale entre les différents domaines d’action publique demeure importante pour le développement du tourisme, compte tenu des fortes interdépendances de ce secteur avec des domaines tels que les transports, le logement, les marchés du travail, la gestion de l’environnement, la transformation numérique et le développement régional. Par exemple, l’une des priorités stratégiques de la Stratégie fédérale pour la croissance du tourisme au Canada consiste à améliorer la coordination afin de promouvoir une approche du tourisme mobilisant l’ensemble des administrations. Un Conseil ministériel pour le tourisme associe les ministres dont les portefeuilles et les services recouvrent des leviers essentiels de politique publique et de programmation ayant une incidence sur le tourisme, notamment l’emploi et les compétences, les transports, les services frontaliers et le logement.
La mise en œuvre efficace d’une politique du tourisme implique également la contribution et la participation d’un ensemble plus large de parties prenantes, y compris le secteur privé. De nombreux pays continuent de mettre au point des mécanismes et des approches efficaces pour que le secteur privé soit représenté de manière active et systématique dans les instances gouvernementales et pour veiller à ce qu’il soit mobilisé et joue son rôle dans la mise en œuvre des mesures et des plans visant à réaliser une vision commune du tourisme. Néanmoins, compte tenu de la nature fragmentée du secteur, cela peut s’avérer difficile. Les associations professionnelles du secteur du tourisme peuvent permettre au secteur privé de mutualiser ses ressources pour répondre à certains problèmes grâce aux initiatives portées par la profession, ainsi que de mieux faire entendre auprès des autorités nationales du tourisme les préoccupations ou difficultés communes (OCDE, 2024[1]).
De nombreux pays mobilisent activement les mécanismes de coordination existants afin d’associer les administrations publiques et le secteur privé au suivi des effets du conflit au Moyen-Orient sur le tourisme et à la réponse qui doit y être apportée. Ils s’appuient pour cela sur les enseignements tirés de la gestion de la pandémie de COVID-19 et d’autres chocs, qui ont montré à quel point il était important de coordonner la communication, d’évaluer les risques et de partager les données. Par exemple, la Grèce et la Türkiye travaillent en étroite collaboration avec les compagnies aériennes et les tour-opérateurs afin de suivre l’évolution de la demande, d’adapter leurs stratégies de diversification des marchés et de fournir aux voyageurs des informations en temps réel ou quasi réel.
Dans le même temps, les pays renforcent leurs démarches de consultation en vue d’orienter l’action publique à plus long terme, en recourant à divers mécanismes pour associer le secteur privé et d’autres parties prenantes à la conception et à la mise en œuvre des stratégies nationales du tourisme. Aux États-Unis, le secteur privé participe étroitement à l’élaboration de la nouvelle stratégie nationale du tourisme. De manière plus générale, les conseils du tourisme, groupes de travail et organes similaires sont mobilisés pour maintenir un dialogue structuré et coordonner l’action des parties prenantes. Ainsi, en Lituanie, le Conseil du tourisme, qui réunit des ministères ayant un lien avec le tourisme et des associations professionnelles, conseille le ministère de l’Économie, tandis qu’au Chili, le Sous-secrétariat au tourisme réunit un éventail d’acteurs publics et privés, notamment des municipalités, des associations professionnelles, ainsi que des représentants du monde universitaire, des populations locales et de la société civile, afin d’élaborer et de mettre en œuvre des plans et des programmes pour le tourisme. Ces approches contribuent à faire en sorte que les réponses des pouvoirs publics soient apportées en temps utile, fondées sur des données probantes et ancrées dans les réalités du secteur.
Les administrations nationales mettent davantage l’accent sur le renforcement de la gestion des destinations aux niveaux local et régional, ce qui exige une gouvernance pluri-niveaux plus efficace et une meilleure articulation entre les autorités chargées du tourisme. L’élaboration et la coordination de l’action publique restent souvent centralisées, mais les activités touristiques étant par nature ancrées dans les territoires et réparties entre différentes destinations, des stratégies adaptées aux caractéristiques propres et aux priorités de développement de chacune d’elles sont nécessaires. La planification des destinations a dépassé l’approche traditionnelle centrée sur la promotion pour accorder une place plus large au développement et à la gestion, lesquels sont souvent intégrés dans des stratégies plus globales de développement économique régional. La mise en place de mécanismes formels pour articuler les actions menées à l’échelle nationale et infranationale, tels que des cadres communs, des lignes directrices et des plateformes de coordination, peut contribuer à assurer la cohérence et à renforcer l’efficacité globale des efforts déployés. Ainsi, une étude de l’OCDE sur la gouvernance du tourisme en Italie a mis en évidence la nécessité de lignes directrices nationales plus claires pour soutenir les régions et les organismes de gestion des destinations (OGD), ce qui favoriserait une plus grande cohérence entre les destinations, l’application de normes de qualité et une harmonisation stratégique (OCDE, 2025[2]).
La création de forums permanents ou l’organisation de réunions de coordination régulières entre les autorités nationales et régionales peuvent également faciliter l’élaboration et la mise en œuvre de telles orientations. En Hongrie, des travaux sont en cours pour mettre en place un nouveau réseau de services de gestion des destinations afin d’améliorer la communication entre les niveaux local et central ainsi qu’au sein de chaque destination, et de favoriser une approche du développement de produits et de l’accès aux marchés davantage axée sur les destinations. De la même manière, la Bulgarie renforce la coordination avec les administrations régionales afin d’améliorer la mise en œuvre des stratégies régionales de développement du tourisme.
Certains pays adoptent une approche plus décentralisée de la gouvernance du tourisme. Alors que les administrations nationales définissent les objectifs stratégiques à long terme du secteur, les destinations jouent un rôle plus important dans leur réalisation. Au Chili, la décentralisation est une priorité de la Stratégie nationale pour un tourisme durable à l’horizon 2035. Des travaux sont en cours pour procéder à la décentralisation du Service national du tourisme, avec le transfert de certaines compétences pertinentes à l’échelle territoriale. L’objectif est d’améliorer l’exercice de ces compétences en en confiant la mise en œuvre aux administrations régionales concernées.
Même en l’absence de stratégies formelles de décentralisation, de nombreux pays cherchent à coordonner le développement et la gestion du tourisme local dans l’ensemble des destinations, afin d’assurer la cohérence et d’articuler les actions menées à l’échelle nationale et infranationale. Dans certains pays, cette démarche a conduit à des systèmes d’OGD plus formalisés, dotés de périmètres géographiques, de rôles et de responsabilités définis. Par exemple, la Grèce encourage le recours à un cadre de gouvernance existant pour les organismes de gestion et de commercialisation des destinations, avec l’appui du ministère du Tourisme, pour permettre une gestion optimale des destinations. Au Royaume-Uni, des partenariats économiques locaux pour les visiteurs (Local Visitor Economy Partnerships, LVEP), soutenus à l’échelle nationale, ont été créés en 2022 afin de transformer la gestion des destinations, d’attirer des investissements et de soutenir le développement des économies touristiques locales. Fin 2025, 37 LVEP étaient accrédités en Angleterre, couvrant un large éventail de destinations urbaines, rurales et côtières, tandis que d’autres étaient en préparation. Leur performance est suivie au niveau local au moyen de plans de mise en œuvre et au niveau national dans le cadre des évaluations réalisées par Visite gland.
Certaines administrations nationales travaillent avec les destinations à la mise en œuvre, à l’échelle du pays, de plans adaptés à chacune d’elles. En Irlande, les Plans de développement de l’expérience des destinations sont élaborés en collaboration avec les parties prenantes, dont les autorités locales. Ces stratégies quinquennales visent à développer le tourisme dans un territoire donné en améliorant les expériences proposées aux visiteurs et en exploitant pleinement le potentiel des projets de développement touristique. En Croatie, la loi sur le tourisme, entrée en vigueur en 2024, impose l’élaboration, aux niveaux local et régional, de Plans de gestion des destinations quadriennaux conformes aux priorités nationales. Elle prévoit également la mise en place d’indicateurs de durabilité normalisés couvrant les effets économiques, environnementaux et sociaux. La loi permet aux autorités locales de définir l’identité de leur destination et de gérer la croissance du tourisme en fonction des capacités d’accueil locales. La Croatie fournit également des lignes directrices détaillées, des modèles et des services d’assistance afin d’assurer une mise en œuvre cohérente.
La Tchéquie a révisé son système de gouvernance du tourisme dans le cadre du Plan d’action 2024-2025, notamment en revoyant et en actualisant la catégorisation nationale des OGD, en développant le recours à des sources de financement multiples, en prévoyant un appui méthodologique à la gestion des destinations et en améliorant la coordination horizontale et verticale. Les systèmes de gestion du tourisme aux niveaux local et régional ainsi que les infrastructures touristiques bénéficient de subventions cofinancées par les administrations régionales. La Tchéquie élabore pour ses 14 régions des stratégies de développement du tourisme cohérentes avec les objectifs nationaux, tout en tenant compte des spécificités régionales. Les efforts de catégorisation et de certification des OGD devraient se poursuivre dans le cadre du Plan d’action actuel (2026-2027).
Développer les capacités et mobiliser les ressources nécessaires à une gouvernance solide du tourisme
Les rôles et responsabilités liés à la gestion du tourisme continuent d’évoluer et de gagner en ampleur, faisant apparaître un besoin croissant de compétences renforcées, de capacités institutionnelles accrues et de ressources financières plus importantes à tous les niveaux de gouvernance. Toutefois, le manque de moyens humains et financiers demeure un obstacle, tant au sein des administrations nationales chargées du tourisme qu’à l’échelle des destinations. Dans ce contexte, les pouvoirs publics nationaux ont un rôle important à jouer pour renforcer les capacités de l’ensemble du système, aider les destinations à développer ces nouvelles compétences et veiller à ce que les ressources et l’expertise nécessaires soient disponibles afin de mettre en œuvre des politiques du tourisme de plus en plus complexes (OCDE, 2025[3]).
Des programmes ciblés de formation et de renforcement des capacités peuvent donner davantage de moyens d’action aux parties prenantes à tous les niveaux, en dotant les autorités locales et les OGD des connaissances et de l’expertise nécessaires pour répondre à l’évolution des tendances dans le secteur et assurer une gestion plus efficace du tourisme. Les domaines prioritaires comprennent la planification stratégique des destinations, le développement équilibré du tourisme, les capacités numériques et la préparation aux crises. Dans le même temps, les investissements dans les outils d’analyse et les systèmes de données peuvent venir renforcer ces démarches. Par exemple, la plateforme colombienne sur le niveau de développement du tourisme à l’échelle territoriale est un outil méthodologique qui détermine le niveau actuel de développement du tourisme sur une destination et recense les lacunes, les progrès accomplis, les capacités institutionnelles, les conditions territoriales et les facteurs critiques ayant une incidence sur la performance. Cet outil permet de réaliser des analyses comparatives entre communes, de suivre les progrès réalisés en matière de tourisme et de hiérarchiser les actions stratégiques, améliorant ainsi la planification, la coordination entre les institutions et la prise de décision fondée sur des données probantes. Le déploiement à plus grande échelle de telles approches peut aider les pouvoirs publics à bâtir des systèmes de tourisme plus résilients, plus réactifs et davantage fondés sur les données.
Les pays renforcent également la planification stratégique et les mécanismes de coordination au niveau national afin que les ressources disponibles soient mises au service de priorités communes. Les stratégies et la coordination à l’échelle de l’ensemble de l’administration contribuent à améliorer la cohérence, à éviter les chevauchements et à accroître l’impact de ressources limitées. Enfin, le financement et l’investissement au niveau national demeurent importants pour doter la gouvernance et la gestion du tourisme des ressources nécessaires. Cette question est examinée plus en détail à la fin du chapitre.
Exploiter les données pour éclairer la prise de décision dans le domaine du tourisme
Copier le lien de Exploiter les données pour éclairer la prise de décision dans le domaine du tourismeLes administrations publiques, à tous les niveaux, doivent pouvoir s’appuyer sur des données fiables, pertinentes et à jour pour mieux appréhender les répercussions du tourisme sur les économies, les destinations et la vie locale, élaborer en conséquence des mesures concrètes et ciblées, et gérer les arbitrages nécessaires à l’obtention de meilleurs résultats (OCDE, 2024[1]). Les lacunes des données existantes sur le tourisme sont bien documentées : degré de détail insuffisant, délai de production trop long, manque de comparabilité et disponibilité limitée. Les pays prennent des mesures pour faire des progrès dans ces différents domaines.
Les chocs récents, notamment la pandémie de COVID-19 et, plus récemment, le conflit au Moyen-Orient, ont mis en évidence la nécessité de disposer de données actualisées et détaillées pour étayer solidement l’élaboration de l’action publique. Cette évolution a contribué à faire progresser les travaux sur les données relatives au tourisme et à leur donner une nouvelle impulsion. Les cadres qui articulent, au niveau national, les stratégies relatives aux données sur le tourisme et l’élaboration de l’action publique témoignent de l’importance accrue accordée à la prise de décision fondée sur les données. Par exemple, la France élabore une feuille de route sur les données du tourisme qui favorisera, dans les prochaines années, la diffusion et la valorisation des données du tourisme, à la fois pour servir de base à l’élaboration des politiques publiques et pour aider les acteurs du secteur à imaginer de nouvelles utilisations.
Les pays poursuivent leurs efforts pour mettre en œuvre le Compte satellite du tourisme (CST) afin de mesurer avec précision la contribution directe du tourisme à l’économie. À titre d’exemple, les travaux menés récemment par l’OCDE ont appuyé la mise en œuvre du CST en Grèce (OCDE, 2025[4]) et à Malte (OCDE, 2025[5]). Les efforts portent également sur l’amélioration des systèmes de données sous-jacents, grâce à des méthodes de collecte plus solides et à des données plus rapidement disponibles, plus détaillées et plus exactes en recourant notamment à des sources alternatives, tout en améliorant la communication des résultats du CST. À l’échelle européenne, Eurostat collecte et diffuse désormais régulièrement les données du CST (Commission européenne, 2026[6]). L’intérêt pour la mesure des retombées économiques indirectes du tourisme tout au long de la chaîne d’approvisionnement progresse, l’activité touristique faisant appel à des biens et services provenant de nombreux autres secteurs. Les pays s’emploient également à mieux articuler la mesure économique et la mesure environnementale en intégrant le CST au Système de comptabilité économique et environnementale. À cet égard, le recours à des modèles entrées-sorties est nécessaire pour évaluer les impacts économiques et environnementaux plus larges du tourisme.
La décentralisation croissante de la prise de décision a également rendu d’autant plus nécessaire la disponibilité de données régionales et locales fiables concernant le tourisme. Cette évolution a relancé les efforts visant à développer des CST régionaux dans certains pays. Par exemple, la Suède a adopté une méthodologie fondée sur les données massives pour mesurer l’impact économique du tourisme aux niveaux régional et municipal. Dans le cadre de sa loi sur le tourisme, la Croatie a imposé la collecte de données au niveau des destinations aux fins de l’élaboration du CST. Pour la première fois depuis 1997, les États-Unis ont publié un rapport mesurant, dans l’ensemble de leurs États et territoires, l’impact économique des visiteurs étrangers, notamment leurs dépenses et leur contribution à l’emploi (U.S. Department of Commerce, 2026[7]).
La transformation numérique ouvre de nouvelles perspectives mais soulève aussi de nouveaux défis pour la mesure du tourisme. Elle offre notamment la possibilité d’innover, de collecter et de communiquer des données plus actuelles et plus détaillées afin d’éclairer les décisions fondées sur des données probantes, mais des difficultés subsistent en matière de compétences, de coûts, de qualité des données et de confidentialité. Les solutions fondées sur des données alternatives fournies en temps réel, telles que les outils de suivi des hébergements ou les données sur les réservations via des plateformes numériques, peuvent fournir des éclairages utiles à l’action publique sans alourdir les obligations déclaratives des entreprises touristiques. L’utilisation de données alternatives pour renforcer et compléter les statistiques officielles du tourisme et améliorer la communication des données au service de la prise de décision constitue un domaine de travail permanent, comme le souligne l’Étude de l’OCDE sur le tourisme consacrée à l’utilisation de sources de données et d’outils différents pour mesurer et suivre le tourisme (OCDE, 2025[8]).
De nombreux pays prennent également des mesures pour intégrer des objectifs environnementaux et sociaux dans leurs stratégies nationales du tourisme, notamment l’acceptation du tourisme par les populations locales (par exemple en Autriche, au Danemark, en Espagne et en Estonie) et l’empreinte carbone du tourisme (par exemple au Canada, au Chili, en Croatie, en Irlande et en Norvège), tout en s’appuyant sur de nouvelles initiatives en matière de données pour suivre les progrès accomplis. Des travaux supplémentaires sont toutefois nécessaires pour harmoniser ces mesures, afin d’améliorer la cohérence et la comparabilité à l’intérieur des pays mais également d’un pays à l’autre.
À l’échelle internationale, le Cadre statistique de mesure de la durabilité du tourisme fournit une base commune pour les définitions et la structuration des données (ONU Tourisme, 2024[9]). Sur cette base, le Comité du tourisme de l’OCDE a élaboré une série de 12 indicateurs et de 23 critères clés destinés à étayer la mesure de la durabilité dans les principaux domaines d’action. Ces travaux s’appuient sur des travaux menés dans certains pays, à savoir l’Espagne, la Grèce, Malte, le Portugal et la Slovénie, ainsi que sur des cadres et initiatives internationaux en matière de mesure. Les efforts portent désormais sur la mise en application de ces indicateurs et sur l’identification d’un ensemble harmonisé d’indicateurs clés comparables à l’échelle internationale, en collaboration avec la Commission européenne et ONU Tourisme. Le tableau de bord du tourisme de l’UE continue également d’assurer le suivi de la transition dans le secteur du tourisme (Commission européenne, 2025[10]).
L’utilisation des données et des statistiques sur le tourisme pour éclairer la prise de décision reste un défi important. À titre d’exemple, le CST fournit certes une mesure solide de la contribution directe du tourisme à l’économie, mais sa portée reste limitée lorsque les résultats ne sont pas clairement communiqués aux responsables publics et aux parties prenantes. Le renforcement des mécanismes de communication des données peut contribuer à rapprocher producteurs et utilisateurs de données, et ainsi favoriser des décisions étayées tant au niveau national qu’infranational.
L’amélioration de l’intégration et de l’utilisation des données sur le tourisme s’impose de plus en plus comme une priorité à tous les niveaux d’administration. Les plateformes de données sur le tourisme et les systèmes d’information peuvent contribuer à combler les lacunes en matière d’information et à rapprocher producteurs et utilisateurs de données (OCDE/Union européenne, 2025[11]), tout en fournissant une base stable pour le recours à l’IA. À titre d’exemple, le portail polonais Tourism+ intègre des données issues d’enquêtes, de statistiques officielles et de plateformes de réservation. Reliée au système national des registres publics sur le tourisme, la plateforme dispose d’algorithmes intégrés permettant de prévoir l’évolution de la fréquentation des établissements d’hébergement, de suivre les tendances et de contribuer à une planification efficace de la politique du tourisme aux différents niveaux administratifs. La Suède a lancé un projet national de collaboration visant à mettre en place une interface de programmation d’applications (API) harmonisée pour le secteur du tourisme. Cette initiative permet de collecter, structurer et diffuser les données sur le tourisme de manière uniforme, afin que les entreprises, les régions et les plateformes internationales puissent accéder à moindre coût à des informations fiables et de meilleure qualité, favorisant ainsi l’innovation, des services plus intelligents et un rayonnement international renforcé. Le Chili a harmonisé et intégré des sources de données officielles afin de créer MapaTurismo, un système d’information sur le tourisme en accès libre couvrant plusieurs échelons géographiques et s’adressant aux autorités locales comme au grand public (Encadré 2.2).
Encadré 2.2. L’exploitation des données officielles grâce à des systèmes d’information sur le tourisme au Chili
Copier le lien de Encadré 2.2. L’exploitation des données officielles grâce à des systèmes d’information sur le tourisme au ChiliDans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques du tourisme après la crise du COVID-19, il est apparu clairement que les données officielles sur le tourisme au Chili étaient fragmentées, fortement agrégées et produites dans des délais trop longs. Il était donc difficile d’élaborer pour le secteur des politiques fondées sur des données probantes. Pour répondre à ces difficultés, le Chili a intégré des ensembles de données officiels dans une plateforme accessible aux autorités locales comme au grand public. Des travaux ont été menés pour harmoniser les découpages géographiques et les hiérarchies territoriales (pays, région, commune), automatiser les contrôles qualité, respecter la réglementation en matière de protection des données et, dans le même temps, garantir un dispositif léger et efficient en termes de coûts.
MapaTurismo a été lancé officiellement en mars 2026 et offre une plateforme d’information pluri-niveaux sur le tourisme qui vient renforcer les sources officielles et permet de visualiser, de consulter et de produire des rapports sur les principaux indicateurs du tourisme, notamment les flux de visiteurs, l’offre touristique, les retombées économiques et les statistiques à l’échelle territoriale. La plateforme relie des données officielles dispersées provenant de sources multiples au moyen de standards ouverts, en s’appuyant sur des services cloud légers et en accordant une attention particulière à la facilité d’utilisation. Ce système repose sur une collecte automatisée, y compris par extraction de données à partir de pages web lorsque des API ne sont pas disponibles, et intègre des contrôles de validation des données permettant de détecter les incohérences et les anomalies avant la publication. La protection des données est assurée en ne publiant que des résultats agrégés et anonymisés.
La plateforme propose plusieurs modes d’utilisation – graphique, lecture et chronologie – et génère des rapports téléchargeables permettant d’appuyer la planification, la gestion et le suivi aux différents niveaux d’administration. Elle demeure relativement peu coûteuse, car il s’agit d’une solution développée en interne et reposant sur une architecture légère.
Le Pôle numérique du tourisme de l’Italie est conçu pour faire le lien entre les touristes et les opérateurs. Il a été développé dans le but de remédier aux faiblesses structurelles existantes et de mettre en place un écosystème numérique national unique et officiel pour le tourisme. L’objectif est de fournir un outil institutionnel capable d’interagir avec l’ensemble des parties prenantes et d’offrir une source d’information fiable pour harmoniser les données, centraliser l’information et renforcer la compétitivité. Actuellement en cours de développement, la plateforme maltaise d’IA pour le tourisme utilisera l’IA pour analyser diverses données liées au tourisme afin de mieux comprendre le comportement des touristes et d’améliorer la prise de décision. L’outil proposera des recommandations en temps réel aux touristes, permettra d’orienter les politiques publiques et comprendra une plateforme de données ouverte destinée à renforcer la transparence. Le nouveau système d’information touristique du Monténégro prévoit la mise à disposition d’une plateforme qui permettra d’assurer un suivi automatique, d’améliorer les registres et la transparence des données, d’automatiser et d’accélérer les processus, de réduire la charge administrative et de mieux identifier les activités touristiques informelles. Le Monténégro a prévu des dotations budgétaires pour le développement, les essais, la mise en œuvre, le suivi, l’évaluation et la maintenance de ce système d’information touristique.
Bien structurés et bien gérés, les espaces de données peuvent constituer des outils efficaces de partage de l’information. La Commission européenne développe l’espace commun des données sur le tourisme afin d’aider le secteur à échanger des données et à améliorer la prise de décision, les opérations et l’expérience des visiteurs, grâce à des services touristiques plus personnalisés et plus efficaces. Les initiatives en cours accompagnent l’évolution permanente de cet espace de données, en permettant un partage des données en temps réel qui bénéficie aussi bien aux PME qu’aux grands opérateurs touristiques. Des réseaux de collaboration spécifiques ont été mis en place afin de garantir des échanges de données harmonisés et sécurisés entre les secteurs, tandis que les données relatives aux transports et à la mobilité ont été intégrées pour créer un écosystème unifié de données sur le tourisme.
Déployer les nouvelles technologies pour stimuler l’innovation dans le domaine du tourisme
Copier le lien de Déployer les nouvelles technologies pour stimuler l’innovation dans le domaine du tourismeL’évolution rapide des technologies et l’adoption du numérique transforment en profondeur le secteur du tourisme. Les travaux du Comité du tourisme de l’OCDE pour le G7 et l’APEC mettent en évidence le rôle transformateur de l’IA, notamment comme moteur essentiel d’innovation, d’efficacité opérationnelle et de personnalisation des services. Ils soulignent également que l’IA peut contribuer de manière significative à répondre aux défis pressants auxquels le secteur est confronté (OCDE, 2024[12] ; OCDE, 2026, à paraître[13]). Les applications de l’IA se développent et un nombre croissant de destinations et d’entreprises cherchent à utiliser ces technologies pour améliorer l’expérience des visiteurs grâce à des prestations plus interactives et personnalisées, des processus de voyage simplifiés, une meilleure connaissance des marchés et une prise de décision fondée sur les données.
Le document d’orientation G7/OCDE sur l’intelligence artificielle et le tourisme a constitué la première contribution sectorielle aux débats mondiaux sur les politiques en matière d’IA et a mis en évidence les opportunités ainsi que les défis pour les parties prenantes dans le domaine du tourisme (OCDE, 2024[12]). Depuis l’approbation du document d’orientation par les ministres du Tourisme des pays du G7 en novembre 2024, le débat mondial se porte désormais moins sur le potentiel de l’IA que sur les défis pratiques et les risques liés à sa mise en œuvre, notamment les questions relatives au déploiement et à la fiabilité des contenus générés par l’IA. Cette évolution se retrouve également dans les programmes d’action en faveur du tourisme de l’APEC et du G20 en 2025, année au cours de laquelle la Corée a accueilli l’APEC et l’Afrique du Sud a assuré la présidence du G20 (OCDE, 2026, à paraître[13]).
L’IA a des incidences sur la promotion et le développement des produits dans le secteur du tourisme, dans la mesure où elle ouvre de nouvelles possibilités pour susciter l’intérêt du public et répondre plus finement aux attentes des visiteurs, notamment grâce à des analyses fondées sur l’IA. L’intégration de l’IA dans l’écosystème promotionnel offre des possibilités pour moderniser la communication et rendre les interactions avec les voyageurs plus personnalisées, plus efficaces et plus attrayantes. Elle représente toutefois un enjeu de plus en plus important pour les destinations et les entreprises touristiques, qui doivent veiller à ce que leurs informations soient correctement reprises, visibles et mises en avant dans les applications et plateformes fondées sur l’IA auxquelles les voyageurs ont désormais largement recours pour planifier leurs voyages.
La Lituanie a lancé, sur le site Lithuania Travel, un assistant de voyage reposant sur l’IA. Cet outil accompagne les visiteurs au moyen de recommandations personnalisées, portant aussi bien sur les attractions incontournables et les lieux méconnus que sur les usages culturels, les temps forts saisonniers et les expériences locales. Dans la même logique, l’Indonésie intègre l’IA à sa plateforme indonesia.travel dans le cadre de la stratégie Tourisme 5.0, afin de générer des recommandations personnalisées de plans de voyage, de donner rapidement accès à l’information et d’offrir une expérience utilisateur plus riche, plus réactive et centrée sur l’humain, tout en appuyant une prise de décision fondée sur les données pour optimiser les destinations touristiques et l’expérience des visiteurs. En Corée, la plateforme nationale d’information touristique Korea Guseok Guseok (« Chaque recoin de la Corée ») utilise l’IA pour innover à chaque étape du processus de voyage, depuis l’exploration des possibilités de séjour jusqu’à la diffusion de l’information (Encadré 2.3).
Les technologies émergentes contribuent également à renforcer l’interaction des touristes avec les destinations et les sites liés au patrimoine culturel, en créant des expériences immersives qui préservent l’authenticité tout en rendant les traditions accessibles et porteuses de sens pour les voyageurs ayant grandi à l’ère du numérique (Forum économique mondial, 2025[14]). En Suisse, le programme « AI Local Guides » (Guides locaux utilisant l’IA) a proposé des guides numériques interactifs fonctionnant à l’aide de l’IA pour des destinations de premier plan comme Bâle, les Grisons, Lucerne et Zurich. Ces guides fondés sur l’IA proposent des expériences personnalisées en temps réel en utilisant des connaissances locales, des anecdotes historiques et des données actualisées. Ils peuvent être mis à disposition des destinations à l’aide de l’application mobile Joaia, mais peuvent aussi être intégrés à leurs propres applications via une API ou se présenter sous forme de module d’extension ajouté aux sites web. Cette flexibilité permet aux destinations de toutes tailles de créer et de proposer des compagnons de voyage numériques au moindre coût.
Encadré 2.3. Le recours à l’IA pour innover dans le processus de tourisme interne en Corée
Copier le lien de Encadré 2.3. Le recours à l’IA pour innover dans le processus de tourisme interne en CoréeL’essor de l’IA générative a rendu nécessaire la poursuite de la transformation numérique, afin de suivre le rythme des exigences des touristes en la matière et de veiller à ce que les entreprises du secteur ne soient pas laissées pour compte. La plateforme d’information sur le tourisme interne Korea Guseok Guseok utilise l’IA pour innover à chaque étape du processus de voyage. Les éléments suivants sont notamment concernés :
Exploration des possibilités de séjour : fournir un résumé, généré par IA, des articles et commentaires de voyage afin de présenter les informations essentielles d’un seul coup d’œil.
Recommandations et planification : proposer des services de recommandation de destinations et d’itinéraires de voyages adaptés aux besoins et aux préférences de l’utilisateur.
Ajustement : améliorer la précision des recommandations grâce à une gestion avancée des données issues des activités des utilisateurs.
Diffusion : produire des contenus de voyage fiables et à jour à partir de données massives issues des systèmes de navigation, des réseaux sociaux et du secteur du voyage.
Le service de recommandation de voyage intitulé IA Kokkok et fourni par l’Organisation coréenne du tourisme intègre plusieurs garanties de transparence et d’équité algorithmiques, ce qui permet de réduire au minimum les biais de recherche et de sélection dans son processus de recommandation. Pour éliminer les biais de recherche, les contenus que les utilisateurs ont récemment consultés ou recherchés sont exclus de l’ensemble de données utilisé pour les recommandations. En outre, le système utilise pour chaque catégorie des modèles de recommandation et des ensembles de données croisés, au moyen de tests A/B et du suivi des taux de consommation et d’engagement, et ajuste l’exposition des contenus en fonction du lieu en se basant sur ces indicateurs. Il recourt également à des calculs matriciels fondés sur des regroupements afin de fournir des recommandations spécifiquement adaptées à chaque segment d’utilisateurs.
En matière d’analyse de données massives, l’Organisation coréenne du tourisme a renforcé les lignes directrices relatives à la production de données, notamment de données issues des points d’intérêt et des appareils connectés à internet, afin d’éviter les biais potentiels liés à l’âge ou au genre. Pour les sources de données telles que les médias d’information, les portails en ligne, Instagram et X (anciennement Twitter), l’analyse porte sur des indicateurs indirects de tendance, tels que la fréquence des mentions et l’analyse des opinions, plutôt que sur la mise en avant de destinations particulières.
Avec l’émergence de ces modèles, la demande risque d’être orientée par les plateformes et l’IA, ces technologies pouvant déterminer, dans les faits, quels sites ou quelles destinations seront les « gagnants ». Un exercice de prospective stratégique a montré que, dans tous les scénarios, les plateformes numériques, les algorithmes de recherche et les images virales influencent fortement la demande, renforçant souvent des pratiques de voyage où les volumes, les prix et la recherche de la facilité sont déterminants. Les produits alternatifs ou axés sur la valeur peuvent avoir du mal à être visibles en ligne, ce qui contribue à enfermer les habitudes de consommation dans des schémas existants alors même que la demande des voyageurs évolue (European Travel Commission, 2025[15]).
Pour que l’adoption de l’IA produise de véritables effets, elle ne saurait se limiter au déploiement d’outils. Une cohérence stratégique, une préparation organisationnelle, ainsi qu’une infrastructure de données solide et des mesures robustes de protection des consommateurs sont nécessaires. Les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle essentiel pour lever les obstacles systémiques, faciliter la collaboration et veiller à ce que l’IA serve des objectifs de politique publique tels que le développement équilibré du tourisme, la préservation de l’environnement et le soutien aux PME ainsi qu’aux destinations moins courues. L’IA produit déjà des bénéfices tangibles dans un large éventail de services touristiques, qu’il s’agisse d’enrichir les expériences proposées aux visiteurs, de renforcer l’accessibilité et l’interaction avec les publics, d’améliorer la connaissance des marchés et l’exploitation des données, d’optimiser les opérations touristiques et l’utilisation des ressources, ou encore d’appuyer une gestion stratégique plus efficace (OCDE, 2026, à paraître[13]). Toutefois, l’écart continue de se creuser, en particulier pour les PME, en raison de capacités techniques et d’infrastructures limitées, ainsi que d’écosystèmes de données fragmentés. Le réduire sera essentiel pour que les bénéfices de l’IA profitent à l’ensemble du secteur du tourisme (OCDE, 2025[16]).
La persistance d’écarts en matière de capacités numériques met en évidence le rôle que les pouvoirs publics doivent continuer de jouer pour accompagner la transition numérique du secteur du tourisme. De plus en plus souvent, des initiatives sont mises en œuvre pour favoriser l’adoption des outils numériques et de l’IA par les entreprises touristiques et les destinations. En Colombie, la stratégie « Turismo 4.0 pour tous » vise par exemple à accélérer la transformation numérique et à favoriser l’innovation dans l’ensemble du secteur grâce au renforcement des capacités, à des solutions technologiques et au développement de nouveaux modèles économiques. Cette stratégie combine des projets, des partenariats et des outils numériques afin d’améliorer la traçabilité, l’interopérabilité et l’analyse des données, tout en encourageant les démarches participatives et d’élaboration conjointe associant les populations, les autorités locales, les prestataires de tourisme, les entrepreneurs et les partenaires stratégiques. À ce jour, 630 participants ont été formés aux compétences numériques.
Aux Pays-Bas, le programme intitulé « Offensive numérique pour le tourisme » vise à renforcer le socle numérique du secteur, à accroître sa résilience et à permettre aux entreprises de répondre plus efficacement aux nouvelles évolutions numériques. Destiné aux petits entrepreneurs du tourisme, ce programme associe technologies d’IA intelligentes et accompagnement personnalisé. Les entrepreneurs se voient proposer gratuitement un diagnostic rapide qui leur donne un aperçu de leur « maturité numérique » et sur la base duquel ils peuvent choisir de bénéficier d’un accompagnement personnalisé ou d’accéder à un environnement pédagogique en ligne. Les principaux domaines couverts comprennent la visibilité en ligne, les systèmes de réservation, les données clients, la sécurité numérique et le marketing. En Estonie, l’initiative de soutien à l’intégration et à la connectivité des logiciels touristiques favorise la transformation numérique et l’automatisation des flux de travail des prestataires de services touristiques. Grâce à ce mécanisme de financement, les entreprises peuvent adopter de nouveaux logiciels de gestion des ressources et les intégrer à des systèmes tels que les outils de point de vente et de comptabilité, améliorant ainsi l’efficacité opérationnelle et la qualité des données. Visit Estonia et les OGD régionaux proposent aux acteurs du secteur des formations, des services de conseil et d’autres prestations pour accompagner leur transformation numérique.
Les start-ups jouent un rôle de plus en plus important en tant que moteurs de l’innovation et catalyseur de la transformation numérique dans le secteur du tourisme. Ce rôle est particulièrement important compte tenu de la composition du secteur, constitué principalement de PME souvent familiales, de très petite taille et dont l’activité est saisonnière. Dans ce contexte, le développement de nouveaux modèles économiques suppose que les start-ups aient accès à des outils numériques, à des données sectorielles spécifiques et à des plateformes ouvertes afin de favoriser l’innovation et le déploiement à plus grande échelle. C’est pourquoi de nombreux programmes d’incubation et d’accélération dans le secteur du tourisme accordent une place importante à la transformation numérique, en mettant l’accent sur la « tourisme tech », l’innovation fondée sur les données et les solutions intelligentes destinées à moderniser les processus opérationnels (OCDE, 2026, à paraître[17]).
L’initiative française Tourisme Tech illustre cette tendance : elle accompagne les start-ups de la « tourisme tech » dans le cadre d’un programme d’un an associant innovation ouverte, mentorat et promotion, et facilite leur mise en relation avec des partenaires majeurs issus du monde de l’entreprise et de l’investissement afin d’accélérer la transformation numérique du secteur. Parallèlement, le renforcement de la coopération entre le secteur du tourisme et d’autres secteurs, en particulier celui des technologies, revêt une importance croissante. L’intégration de solutions avancées telles que l’IA, la chaîne de blocs et les outils fondés sur les données suppose de rapprocher les développeurs de technologies et les PME traditionnelles du secteur, dont la capacité à absorber ces innovations est souvent limitée. L’initiative du Costa Rica intitulée Connect Tourism favorise ainsi, au moyen d’une plateforme dédiée, la mise en relation entre entreprises touristiques et fournisseurs de solutions technologiques.
Améliorer les conditions propices au développement des entreprises du tourisme
Copier le lien de Améliorer les conditions propices au développement des entreprises du tourismeLes PME occupent une place prépondérante dans le secteur du tourisme et contribuent de manière significative à la création d’emplois ainsi qu’à la croissance économique (OCDE, 2025[18]). Toutefois, le caractère complexe et fragmenté du secteur peut rendre difficile la mise en place de conditions propices au développement des entreprises touristiques, en particulier des PME. Pour améliorer la productivité et la compétitivité tout en progressant vers les objectifs à long terme énoncés dans de nombreuses stratégies en matière de tourisme, il est essentiel de permettre aux jeunes entreprises comme aux entreprises existantes d’accéder facilement au secteur, d’y exercer leur activité et de se développer dans de bonnes conditions.
Réduire la charge administrative et réglementaire peut contribuer à favoriser la viabilité des entreprises touristiques. Aujourd’hui, les pays réexaminent activement leurs cadres réglementaires afin d’alléger les obligations déclaratives. La Suisse va mettre en place via EasyGov un système d’enregistrement numérique des visiteurs pour la filière des hébergements, ce qui permettra de moderniser le processus d’enregistrement, de mettre fin aux formulaires papier et de réduire la charge de travail administratif des entreprises. L’Estonie réduit l’intervention de l’État auprès des prestataires d’hébergement, des entreprises de voyage et des centres d’information touristique estoniens. Ainsi, les entreprises ne seront plus tenues de déclarer à l’Inspection du travail le nom du spécialiste désigné en matière d’environnement de travail et les micro-entreprises seront dispensées de déposer leur évaluation des risques professionnels dans la base de données de l’Inspection du travail.
L’Allemagne étudie différentes possibilités pour réduire les obligations imposées aux entreprises du secteur en termes de documentation et privilégier à la place une approche fondée sur les risques, assortie de sanctions renforcées en cas d’infraction. L’outil dit de « vérification sur le terrain » sera ainsi élargi et utilisé dans différents domaines au sein du secteur. La démarche consiste à examiner concrètement, avec les entrepreneurs et les autorités de contrôle compétentes, les processus de bout en bout, afin d’analyser les obstacles administratifs et d’élaborer des solutions concrètes. La Lettonie a simplifié ses exigences afin de réduire à la fois le volume et la fréquence des déclarations. Ces actions en cours visent à mettre en place un cadre réglementaire plus efficient qui permette aux entreprises touristiques de se concentrer sur la qualité des services, l’innovation et la croissance à long terme. La Suède a récemment remplacé l’obligation d’obtenir une autorisation lors de la création ou de la reprise d’une activité hôtelière par une procédure de demande simplifiée. Le pays étudie également les possibilités de réduire la charge réglementaire et les coûts qui en découlent pour les entreprises afin de stimuler la croissance du tourisme, de soutenir l’emploi et d’accroître les recettes fiscales.
Les PME font face à des conditions de financement restrictives, y compris dans le secteur du tourisme. L’incertitude économique et des coûts d’emprunt encore relativement élevés continuent d’alimenter l’atonie de la croissance des prêts aux PME, ce qui pèse sur leur trésorerie et leurs investissements et, partant, sur leur compétitivité (OCDE, 2026[19]). Les PME et les entrepreneurs du secteur du tourisme sont confrontés à des difficultés particulières. Les conditions de crédit qui leur sont appliquées sont plus strictes que celles appliquées en moyenne aux PME, lesquelles bénéficient déjà de conditions moins favorables que les grandes entreprises. Cette situation tient au fait que les acteurs du marché considèrent que les entreprises touristiques présentent un risque plus important que les autres entreprises, ainsi qu’à l’insuffisance des garanties qu’elles sont en mesure d’apporter au regard de celles exigées pour obtenir un financement (OCDE, 2017[20]). Le soutien aux entrepreneurs et aux PME peut ouvrir de nouvelles perspectives au secteur du tourisme, à l’heure où celui-ci s’adapte à de nouvelles priorités de l’action publique et à l’évolution des technologies.
Un rapport récent de l’OCDE consacré à l’examen des conditions d’activité des MPME en Grèce a montré que l’accès aux financements était l’une des six dimensions clés susceptibles de jouer un rôle de moteur (ou au contraire de frein) dans la création, le maintien ou le développement des activités des entreprises (OCDE, 2025[21]). Parmi les exemples de soutien public figure le Fonds renouvelable pour les entreprises, destiné à soutenir le tourisme en Italie et dans le cadre duquel des subventions non remboursables ainsi que des prêts bonifiés sont accordés afin d’améliorer les services et les installations touristiques et de favoriser la modernisation, la transformation numérique et la résilience de projets dont la valeur est comprise entre 500 000 EUR et 10 millions EUR. Au Canada, le Programme pour la croissance du tourisme finance des projets qui apportent une valeur ajoutée aux activités existantes du secteur touristique et contribuent à exploiter les possibilités offertes par le tourisme dans les territoires, y compris dans les zones rurales et reculées, en mettant l’accent sur la croissance des entreprises et de l’économie. En Hongrie, la Banque du tourisme a été créée en 2025 afin de proposer aux entreprises du tourisme des dispositifs de prêt à des conditions favorables, lesquels leur permettent de se développer, de se moderniser et d’améliorer la qualité de leurs services.
Ces dernières années, les incubateurs et accélérateurs d’entreprises se sont imposés comme des instruments de plus en plus reconnus pour renforcer l’efficacité du soutien à l’entrepreneuriat, en élargir l’accès et stimuler l’innovation. Le Recueil international des politiques en faveur de l’entrepreneuriat de l’OCDE identifie l’incubation et l’accélération d’entreprises comme l’un des trois principaux types d’intervention publique visant à encourager l’entrepreneuriat (OCDE, 2020[22]). Les dispositifs d’incubation et d’accélération d’entreprises spécialisés dans le domaine du tourisme sont particulièrement pertinents compte tenu des chaînes de valeur fragmentées du secteur, de sa forte dimension saisonnière, de son ancrage local et de sa dépendance à des conditions réglementaires et de marché dépassant le seul champ du tourisme. Les incubateurs spécialisés dans le tourisme se développent, mais leur présence reste limitée et ils sont souvent fortement axés sur la transformation numérique (Encadré 2.4). Bien que l’écosystème de l’innovation dans le secteur du tourisme ait considérablement gagné en maturité ces dernières années, il est nécessaire de disposer de dispositifs d’incubation et d’accélération d’entreprises plus cohérents, inscrits dans la durée et centrés sur les problèmes à résoudre, afin de mieux relier les programmes entre eux, de combler les angles morts thématiques et de renforcer la capacité du secteur à accompagner des transformations plus profondes (OCDE, 2026, à paraître[17]).
Encadré 2.4. Un paysage d’accompagnement en rapide évolution pour les incubateurs et accélérateurs d’entreprises dans le secteur du tourisme
Copier le lien de Encadré 2.4. Un paysage d’accompagnement en rapide évolution pour les incubateurs et accélérateurs d’entreprises dans le secteur du tourismeLa cartographie de près de 70 incubateurs et accélérateurs d’entreprises dans le secteur du tourisme dans les pays de l’OCDE et les États membres de l’UE met en évidence la diversification ainsi que l’évolution rapide du paysage du soutien aux entreprises. Voici les principaux constats qui en ressortent :
Le soutien aux start-ups couvre des dispositifs mis en place à l’échelle européenne, des initiatives nationales qui traduisent les stratégies du tourisme en actions concrètes, ainsi que des programmes locaux qui répondent à des enjeux territorialisés et donnent accès à des services essentiels pour les entreprises.
Les différents modèles de programmes présentent une cohérence claire avec les priorités de l’action publique, notamment la transformation numérique et la durabilité, comme en témoignent souvent les orientations thématiques, les partenariats et les types de services proposés.
Dans le tourisme, la plupart des initiatives privilégient des interventions courtes en phase initiale (par exemple sous forme de défis, de concours et de programmes intensifs), tandis que des programmes plus longs et moins nombreux permettent d’accompagner le développement dans la durée et l’accès au marché.
La coopération public-privé constitue un élément récurrent, notamment sous la forme de dispositifs structurés de mise en relation avec des entreprises déjà bien implantées dans le secteur du tourisme et dans d’autres secteurs, en particulier celui des technologies.
Source : (OCDE, 2026, à paraître[17])
Le Portugal s’emploie activement à renforcer l’écosystème de soutien aux PME du secteur du tourisme, en combinant initiatives publiques et privées. Les programmes de renforcement des capacités des entreprises et d’incubation proposent des formations techniques, du mentorat et l’accès à des outils stratégiques afin d’aider les petites entreprises à se professionnaliser et à développer leurs activités. Des initiatives sont également lancées pour encourager le regroupement de micro-entreprises au sein de réseaux collaboratifs et de pôles, en particulier dans les territoires où la fragmentation a freiné la croissance et la diversification. Le Danemark prévoit de poursuivre le développement du Hub for Innovation in Tourism (pôle pour l’innovation dans le tourisme), une initiative nationale ayant pour objectif de consolider le secteur du tourisme et d’accroître sa compétitivité en mettant en relation des start-ups avec des opérateurs touristiques déjà bien implantés. Lancé en 2021, il aide les entrepreneurs à tester, développer et commercialiser leurs solutions dans un environnement sectoriel en pleine évolution.
Au Pérou, un laboratoire public d’innovation, le MINCETUR Lab, a conçu et mis en œuvre une nouvelle modalité du programme national Turismo Emprende ciblant, dans le cycle de la création d’entreprise, la phase de génération d’idées et de conception du modèle économique. Cette nouvelle approche prévoit une formation intensive, une validation à un stade précoce et l’utilisation des technologies émergentes dans le cadre de la création d’entreprises touristiques. Elle vise à renforcer les compétences des entrepreneurs dès les premières étapes, afin que les projets soient d’emblée plus robustes, mieux adaptés au marché et ancrés dans une logique de durabilité et d’innovation. France Tourisme Tech aide chaque année une dizaine de start-ups à développer des solutions reposant sur des technologies innovantes qui s’appliquent au secteur du tourisme (par exemple l’IA, les données massives, l’infonuagique, l’internet des objets, la réalité immersive, la chaîne de blocs et la cryptographie, la cybersécurité et les nouvelles mobilités). Ces start-ups bénéficient, aux premiers stades de leur développement, du soutien d’une soixantaine de partenaires publics et privés, parmi lesquels des grands groupes, des fonds d’investissement et des acteurs institutionnels.
Le tourisme peut offrir des perspectives aux populations des zones rurales et reculées, à condition qu’il existe des infrastructures et des services adaptés pour attirer et accueillir les touristes. Il peut ainsi contribuer à répondre à certains des défis structurels auxquels ces populations sont confrontées, notamment des débouchés économiques plus limités et un accès aux services de base plus restreint que dans les zones urbaines. L’Autriche accorde des financements pour aider les PME à élaborer des plans d’activité analysant les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liées à une transmission récente ou imminente d’une entreprise. L’objectif est d’éviter la fermeture de petits hôtels, restaurants et autres entreprises touristiques implantés en zone rurale, souvent à caractère familial, au moment du départ à la retraite de leur propriétaire ou exploitant actuel. Cette subvention vise à rendre la reprise de l’activité plus attractive pour les successeurs potentiels, qui sont souvent les enfants des propriétaires actuels.
Une économie du tourisme dynamique doit pouvoir s’appuyer sur les compétences et la main-d’œuvre nécessaires pour proposer une offre touristique de qualité et compétitive. L’IA et l’accélération de la transformation numérique font évoluer la nature du travail et les compétences requises dans le domaine du tourisme. Le secteur privé a un rôle moteur à jouer pour relever ces défis, en mettant en œuvre des mesures visant à changer les paramètres de son ressort tout en coopérant étroitement avec les pouvoirs publics, lesquels sont chargés de créer les conditions-cadres appropriées (OCDE, 2024[1]). Les politiques actuellement déployées pour répondre aux enjeux liés à la main-d’œuvre dans le tourisme s’articulent autour de trois grands axes :
promouvoir le secteur du tourisme en tant qu’employeur : mieux faire connaître le secteur comme voie professionnelle auprès des jeunes, que ce soit dans les établissements scolaires ou au moyen de campagnes de promotion ;
améliorer les compétences des travailleurs du tourisme : amélioration des compétences et reconversion de la main-d’œuvre du secteur au moyen de formation gratuites ou subventionnées, notamment grâce à de nouveaux portails de formation, ainsi qu’à la modernisation de l’enseignement du tourisme, afin de mieux répondre aux besoins des entreprises ;
faciliter l’accès aux travailleurs internationaux : adapter les politiques d’immigration afin de relever, lorsque cela est jugé approprié, les plafonds d’admission applicables aux travailleurs du tourisme, ou d’intégrer les métiers du tourisme dans les politiques relatives à la main-d’œuvre qualifiée.
Pour remédier aux pénuries continues de compétences, le Royaume-Uni a instauré le Hospitality Skills Passport, un passeport numérique qui peut être ajouté aux CV afin d’indiquer aux employeurs que les demandeurs d’emploi possèdent les compétences requises pour des postes donnés. Malte met en place un système national de certification, le Skills Pass, qui vise à garantir que les travailleurs des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme disposent des compétences, des connaissances et du savoir-être nécessaires pour offrir un service de qualité. Ce dispositif établit un niveau de compétences clairement défini que les candidats doivent atteindre pour pouvoir avancer dans le processus de recrutement ou de demande de permis de travail. Malte met également en place un programme de formation destiné aux salariés déjà en poste dans le secteur du tourisme et promeut auprès des étudiants les possibilités de carrière dans ce secteur. L’Allemagne cherche à remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans le secteur au moyen d’une législation plus moderne sur le temps de travail, afin d’assouplir l’organisation des horaires. La nouvelle loi établira une durée maximale de travail hebdomadaire et non plus quotidienne, ce qui rendra possibles différents modèles d’aménagement du temps de travail, notamment dans le secteur du tourisme.
Diversifier l’économie du tourisme au service d’un développement équilibré
Copier le lien de Diversifier l’économie du tourisme au service d’un développement équilibréLorsqu’il est bien géré, le tourisme peut être un puissant catalyseur de développement collectif qui renforce la résilience et la capacité d’action des populations locales tout en préservant les ressources naturelles et culturelles. Toutefois, les modèles existants de développement du tourisme produisent souvent des effets répartis de manière inégale (OCDE, 2024[23]). Ces déséquilibres peuvent avoir de lourdes conséquences environnementales, économiques et sociales pour les populations locales. Dans certaines destinations, la surfréquentation exerce des pressions visibles et structurelles sur les infrastructures et la qualité de vie. Bien que ces difficultés soient régulièrement présentées comme la conséquence du tourisme, elles trouvent souvent leur origine dans des facteurs systémiques plus profonds, notamment un sous-investissement dans les infrastructures, une planification inadéquate et une gouvernance fragmentée. Ces questions sont également examinées plus en détail au chapitre 3.
Réorienter la demande en dehors des pôles touristiques existants et des périodes de haute saison peut servir un double objectif : remédier à la surfréquentation des destinations et des sites populaires tout en stimulant les économies régionales (OCDE, 2021[24]). Pour réduire les disparités régionales, la République slovaque soutient le développement du tourisme dans les zones rurales et peu fréquentées au moyen de dispositifs de subventions ciblés et d’investissements dans les infrastructures. Les financements sont axés sur le développement de produits de tourisme culturel, de nature et de bien-être, afin d’attirer les visiteurs au-delà des destinations traditionnelles et des périodes de haute saison.
Les infrastructures jouent un rôle central dans la compétitivité et le développement équilibré des destinations, les infrastructures de transport et numériques revêtant une importance particulière dans les zones rurales. En Nouvelle-Zélande, le réseau de pistes cyclables Great Rides, qui oriente les visiteurs vers des territoires plus reculés, accueille plus de deux millions d’usagers par an et génère plus de 1.28 milliard NZD de retombées pour les économies régionales. De même, le système national d’intelligence pour le tourisme de la Slovénie utilise des données en temps réel pour suivre les flux et réorienter les touristes vers des destinations moins fréquentées. En Israël, un programme d’incitations ciblé permet d’accorder des subventions en capital pouvant atteindre 20 % des coûts de construction pour les projets de construction ou d’extension d’hôtels situés en dehors des destinations déjà populaires de Tel-Aviv et de Herzliya. Doté d’un budget d’environ 200 millions ILS, ce dispositif vise à soutenir l’augmentation de la capacité d’hébergement tout en favorisant la diversification régionale.
Cibler certains marchés ou segments peut également jouer un rôle important dans la gestion du tourisme. En Europe, des travaux de recherche montrent que les voyageurs européens plus âgés stimulent la demande pour différentes formes de voyage, notamment le bien-être, les séjours hors saison, les escapades rurales et les offres axées sur l’accessibilité. Ces tendances peuvent créer des possibilités pour des régions encore peu exploitées, en leur permettant d’attirer des visiteurs en quête d’expériences plus lentes, hors saison et moins formatées (European Travel Commission, 2025[15]).
Les grands évènements sont de plus en plus utilisés pour mettre en valeur des destinations émergentes et répartir plus largement les fruits du tourisme. Ils s’accompagnent souvent d’investissements importants dans les infrastructures qui, s’ils sont efficacement planifiés et gérés, peuvent contribuer au développement des destinations. La Coupe du Monde de la FIFA 2026, co-organisée par le Canada, les États-Unis, et le Mexique se déroulera dans plusieurs villes de ces trois pays, l’un des principaux objectifs étant de profiter de la demande internationale suscitée par l’évènement pour dynamiser le tourisme dans toutes les régions hôtes (Encadré 2.5). La Lettonie considère également les grands évènements comme un catalyseur pour attirer de nouveaux visiteurs et mettre en valeur le pays en tant que destination active tout au long de l’année. Ces évènements sont vus comme une occasion de favoriser les synergies entre régions et entre secteurs, d’accroître la visibilité du pays et de générer des retombées économiques plus larges. Pour soutenir cette approche, la Lettonie a approuvé en 2025 une initiative visant à co-financer, sur le budget de l’État, de grands évènements et des productions cinématographiques internationales afin de stimuler le tourisme et de maximiser les retombées économiques associées.
Encadré 2.5. La Coupe du Monde de la FIFA 2026 utilisée pour mettre en valeur des destinations touristiques aux États-Unis
Copier le lien de Encadré 2.5. La Coupe du Monde de la FIFA 2026 utilisée pour mettre en valeur des destinations touristiques aux États-UnisÀ l’occasion de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 co-organisée par le Canada, le Mexique et les États-Unis, 78 matches se dérouleront dans 11 villes américaines. L’évènement devrait fortement stimuler les entreprises locales, le développement des infrastructures et la création d’emplois, la FIFA estimant qu’il pourrait générer jusqu’à 6.4 milliards USD de dépenses touristiques dans l’ensemble du pays. L’administration américaine, en coordination avec Brand USA, entend tirer parti de l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA pour positionner le pays comme la première destination mondiale pour les grands évènements sportifs et, grâce à des propositions d’itinéraires, stimuler la fréquentation non seulement dans les villes hôtes mais également dans d’autres destinations. Les visiteurs devraient assister à des matches, se rendre sur les lieux où se trouvent les camps de base des équipes et participer à des évènements pour les supporters dans tout le pays, ce qui devrait accroître les retombées économiques totales. Les données existantes sur la compétitivité du pays en matière de voyages peuvent être utilisées pour recommander aux villes hôtes et aux organismes de gestion des destinations des stratégies de promotion ciblées, dans le but d’accroître la fréquentation moyenne et les recettes touristiques pendant l’évènement. Les États-Unis entendent mesurer l’impact des visiteurs internationaux qui assisteront aux 78 matches organisés sur le territoire national en exploitant des sources de données existantes, telles que l’enquête auprès des voyageurs aériens internationaux, afin de mesurer la fréquentation internationale, l’impact économique et les caractéristiques des voyageurs. Ces informations aideront les destinations à quantifier le rapport coûts-avantages lié à l’accueil de la Coupe du Monde de la FIFA et d’autres grands évènements sportifs, et les aideront dans la planification de futurs évènements internationaux.
À l’échelle des destinations, un soutien national ciblé est nécessaire pour mieux gérer les flux de visiteurs et remédier aux déséquilibres en matière de tourisme. En Islande, la gestion de la répartition déséquilibrée du tourisme et des pressions qui en résultent demeure une priorité essentielle. Des dispositions sont en cours d’élaboration afin de mieux gérer l’accès, la sécurité et les conditions propres à chaque site dans les destinations touristiques, notamment les aspects liés à la planification et à la gestion des risques. L’Autriche a créé un guide intitulé « Trouver le juste équilibre » afin d’aider les décideurs régionaux à remédier aux déséquilibres dans le tourisme. Ce guide s’accompagne d’un appui à la conception de solutions sur mesure dans dix-sept régions pilotes. Ces projets ont été sélectionnés dans le cadre d’un appel à financements axé sur la correction des déséquilibres en matière de tourisme au moyen de données de téléphonie mobile, de données météorologiques et de l’IA, afin d’améliorer la gestion des flux de visiteurs tout en promouvant des modes de transport durables et en développant des outils qui permettent de mesurer le développement durable des destinations touristiques. Dans le prolongement de sa Stratégie nationale pour gérer les flux touristiques, la France a également lancé une étude sur la mesure des flux de touristes internationaux et créé une communauté de pratique dédiée à la gestion intelligente des flux touristiques (Encadré 2.6).
L’attention accrue accordée à l’équilibrage des flux touristiques a relancé les discussions autour de la notion de capacité d’accueil et de la manière dont celle-ci peut guider la gestion des destinations. Bien qu’il n’existe pas d’approche ou de méthodologie universellement admise pour déterminer la capacité d’accueil des destinations touristiques, les efforts déployés dans ce domaine peuvent aider à définir des seuils critiques et à orienter les arbitrages nécessaires pour parvenir à des résultats plus équilibrés. Afin de renforcer son approche de la gestion du tourisme et des flux de visiteurs, le Costa Rica élabore une méthodologie destinée à évaluer la « capacité maximale acceptable de touristes » à l’échelle nationale et dans ses 33 centres de développement du tourisme.
Les outils numériques, ainsi que les données riches qu’ils génèrent, ouvrent des perspectives intéressantes pour mieux comprendre et gérer les déplacements des personnes. Dans différentes régions du Japon, des initiatives sont déployées afin de promouvoir un tourisme durable, notamment par l’analyse et la visualisation des phénomènes de congestion au moyen des technologies numériques.
Encadré 2.6. Gestion des flux touristiques en France
Copier le lien de Encadré 2.6. Gestion des flux touristiques en FranceEn France, 80 % de l’activité touristique se concentre sur 20 % du territoire. Dans certains territoires, les pics de fréquentation sont rapidement atteints pendant la haute saison touristique. Ces pics menacent la préservation de l’environnement, la qualité de vie des résidents et l’expérience des touristes, faisant de la mesure des flux touristiques une priorité. Voici quelques-unes des principales initiatives de mesure et de gestion des flux touristiques :
Une stratégie nationale de gestion des flux touristiques a été adoptée par la France en 2023, en complément de la stratégie nationale du tourisme. Elle a pour ambition de concilier le développement de l’activité économique locale avec la soutenabilité et la préservation des sites touristiques.
Vingt-cinq sites pilotes ont été sélectionnés dans le cadre de cette stratégie, afin d’améliorer l’observation des flux dans chaque territoire et d’aider à définir des stratégies de gestion adaptées aux spécificités locales, notamment au moyen d’outils de mesure et d’une enquête destinée à mesurer l’acceptation des flux touristiques par les résidents. Un guide pratique compilant des enseignements clés et des études de cas concrètes a été conçu pour aider à la gestion des flux. Une phase d’évaluation de la stratégie a été lancée à la fin de 2025.
Une étude a été lancée afin de mieux comprendre les difficultés liées à la mesure des flux touristiques internationaux, en comparant les systèmes d’observation de la France, du Royaume-Uni et de l’Espagne. Dans un second temps, cette étude permettra de formuler des recommandations pour optimiser les recettes que la France peut tirer du tourisme international.
Une communauté d’intérêts dédiée à la gestion intelligente des flux touristiques a été lancée en juillet 2025. Elle a pour objet de favoriser les innovations de rupture dans le secteur du tourisme grâce à des travaux collaboratifs associant des acteurs universitaires, de grands groupes et des professionnels du tourisme. Elle vise à identifier les technologies émergentes capables de répondre à des besoins et des usages précis, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux modèles.
L’élaboration d’actions concrètes pour encourager les acteurs publics et privés à mettre à disposition leurs données sur les flux touristiques.
Promouvoir des transports fluides et résilients pour le tourisme
Copier le lien de Promouvoir des transports fluides et résilients pour le tourismeLes transports font partie intégrante de l’expérience touristique et représentent une part importante de l’empreinte environnementale du secteur (Forum international des transports, 2024[25]). À cet égard, les perturbations récentes du transport aérien mondial liées au conflit au Moyen-Orient rappellent l’importance de systèmes de transport résilients et bien coordonnés. Dans un secteur par définition tributaire du déplacement physique des personnes, une coordination efficace entre la planification des transports et celle du tourisme est essentielle. Une approche intégrée peut contribuer à assurer des correspondances fluides entre les différents modes de transport, au bénéfice des visiteurs comme des résidents, tout en améliorant la desserte et l’accessibilité des destinations. Alors qu’environ 75 % des émissions du secteur sont imputables aux transports, dont 40 % au seul transport aérien (Forum international des transports, 2024[25]), les approches intégrées peuvent également encourager une transition vers des modes de transport à moindre impact et plus économes en énergie (OCDE, 2021[26]).
Pour les pays qui souhaitent offrir une mobilité fluide, multimodale et économe en énergie, investir dans l’innovation technologique et les infrastructures constitue une priorité essentielle étroitement liée à la gestion et à la desserte des destinations. En Suède, le Plan national pour les infrastructures de transport 2026–2037 donne la priorité aux investissements dans le réseau routier, notamment au développement des infrastructures de recharge afin de soutenir un tourisme plus durable dans les zones urbaines comme dans les territoires reculés. L’administration suédoise des transports élabore également une stratégie visant à mettre le système ferroviaire national en conformité avec le système européen de gestion du trafic ferroviaire d’ici à 2042. L’initiative Rail Baltica, qui concerne l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, vise à intégrer l’infrastructure ferroviaire régionale au reste du réseau ferroviaire européen. En 2025, le projet est entré dans une phase de travaux de grande ampleur, avec la signature d’un important contrat de conception pour la liaison Pologne-Kaunas, marquant une étape majeure de l’intégration transfrontalière. Le Chili investit pour sa part dans l’amélioration de son réseau routier national afin de combler des lacunes majeures qui entravent actuellement l’accès à des zones à fort potentiel touristique, de favoriser la déconcentration géographique des flux touristiques et de permettre le développement de destinations sur l’ensemble de son territoire.
Les investissements de grande ampleur dans les infrastructures peuvent sensiblement renforcer le système de transport au service du tourisme, tandis que des systèmes de billetterie intégrée peuvent en faciliter l’utilisation en simplifiant la réservation de trajets multimodaux et transfrontaliers. L’initiative de la Commission européenne relative aux services numériques de mobilité multimodale vise à faire progresser le développement de services de billetterie de bout en bout pour les trajets combinant différents modes de transport de voyageurs, afin d’améliorer la multimodalité, l’accessibilité et la durabilité à l’intérieur des États membres de l’UE comme entre ceux-ci. Une proposition complémentaire est en cours d’élaboration afin de réduire la fragmentation des marchés et de garantir l’accès à une gamme complète d’offres de transport dans toute l’Union européenne. Cette initiative s’articulera étroitement avec le règlement relatif à un système unique de réservation et de billetterie numériques, qui vise à élargir l’accès aux billets de train sur les plateformes numériques et à permettre aux voyageurs de réserver, en une seule transaction, des trajets ferroviaires assurés par plusieurs opérateurs tout en préservant l’intégralité de leurs droits sur l’ensemble du voyage. Au niveau infranational, la billetterie intégrée et multimodale peut également simplifier l’accès aux transports publics et rendre cette option plus attractive.
La mobilité au sein des destinations reste elle aussi une dimension essentielle de l’expérience touristique. La transition vers des modes de transport électriques et d’autres solutions économes en énergie dépend de la disponibilité des infrastructures nécessaires, notamment de systèmes de transport public accessibles, de l’optimisation des itinéraires et de la promotion de modes de mobilité active et à faible impact (« mobilité douce »). Le Danemark s’emploie à réduire les émissions de carbone liées au tourisme en développant les infrastructures pour les véhicules électriques, en promouvant le vélo et en soutenant l’électrification des bus et des bateaux-bus à Copenhague. Parallèlement, les touristes sont encouragés à choisir des modes de transport plus respectueux de l’environnement pendant leur séjour au Danemark. La République slovaque investit elle aussi dans des solutions de transport à faibles émissions, telles que les infrastructures cyclables et l’amélioration des liaisons de transport public vers les sites touristiques. En Slovénie, une proposition de politique relative à l’accessibilité et à la mobilité durable vise à réduire sensiblement les émissions liées au tourisme en privilégiant des mesures telles que la réduction de la dépendance à l’égard des véhicules individuels utilisant des énergies fossiles, l’amélioration des transports publics intégrés de voyageurs afin de mieux répondre aux besoins du tourisme, et la redéfinition des priorités en matière d’accessibilité en fonction de l’intensité des émissions de carbone par passager et de la valeur ajoutée des différents marchés. Cette politique souligne également la nécessité de mieux tirer parti du passage des touristes en transit et met en avant l’importance d’une gestion efficace de la mobilité.
En Europe, le Partenariat sur la mobilité touristique durable, piloté par l’Autriche dans le cadre du Programme paneuropéen sur les transports, la santé et l’environnement, a permis d’élaborer des orientations destinées à mettre à disposition des autorités nationales compétentes des approches respectueuses du climat en matière de transport et de tourisme. Ce cadre présente des actions et recommandations claires pour améliorer la mobilité dans le domaine du tourisme, ainsi que des études de cas concrètes et des approches innovantes afin d’aider les administrations nationales à intégrer des solutions de mobilité efficaces et à faibles émissions dans leurs politiques et leurs activités.
Dans le tourisme, transport est souvent synonyme d’aviation, un secteur qui contribue beaucoup et de plus en plus aux émissions mondiales. Les innovations technologiques, dont le développement et la production de carburants d’aviation durables (CAD), représentent l’un des leviers de réduction des émissions imputables au secteur des transports. Toutefois, la production de CAD se heurte à de fortes contraintes qui limitent la capacité à atteindre les volumes nécessaires (Becken, Mackey et Lee, 2023[27] ; Forum international des transports, 2024[25]). Les pays peuvent donc aussi envisager d’autres options de transport, telles que la grande vitesse ferroviaire, les avions électriques et les technologies fondées sur l’hydrogène. Selon les projections du Forum international des transports, la réduction des émissions de l’aviation entraînera une hausse des prix des billets, potentiellement de 25 à 30 % en moyenne d’ici à 2060 (Forum international des transports, 2024[25]).
À la suite des crises récentes, le rétablissement et le développement des réseaux aériens afin d’accroître la connectivité demeurent une priorité pour de nombreux pays. Face aux perturbations récentes du transport aérien au Moyen-Orient, la réduction de la dépendance excessive à l’égard des compagnies opérant à partir de hubs régionaux apparaît aussi comme une priorité émergente dans certains pays, qui cherchent à diversifier les possibilités de desserte et à renforcer des corridors aériens alternatifs. La Lituanie cherche à améliorer sa connectivité tout au long de l’année, en particulier ses liaisons aériennes avec les grands hubs européens, en s’appuyant sur la forte croissance récente du nombre de passagers ainsi que sur le développement des réseaux de lignes et des fréquences, tout en tenant compte des risques opérationnels émergents susceptibles d’affecter les capacités et la demande à l’avenir. Cette orientation s’inscrit dans le prolongement des améliorations apportées aux infrastructures ces dernières années, notamment l’augmentation de la capacité de l’aéroport de Vilnius, parallèlement à la poursuite du développement du réseau et aux efforts visant à mieux répartir les flux du tourisme sur l’ensemble du territoire.
Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que le développement de la connectivité aérienne s’accompagne de mesures permettant d’en équilibrer et d’en compenser les effets, afin de réduire l’impact global du tourisme sur l’environnement. Le Plan d’action pour l’aviation de la Nouvelle-Zélande, publié en 2025, définit une ambition commune aux pouvoirs publics et aux acteurs du secteur : développer une filière aérienne capable de répondre aux défis de demain. À cette fin, une première série de 25 mesures est prévue. Le plan comprend également des actions visant à instaurer un cadre réglementaire favorable, à développer une main-d’œuvre qualifiée, à promouvoir l’innovation et à faire en sorte que les infrastructures permettent des déplacements de personnes et de marchandises efficaces et durables. Il inclut en outre plusieurs mesures qui s’inscrivent dans l’ambition d’encourager le recours à une énergie économe en ressources, afin de permettre à la Nouvelle-Zélande de parvenir à la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Le transport lié au tourisme suppose également une offre de mobilité sûre et fluide, propre à renforcer la compétitivité des destinations et à améliorer l’expérience des voyageurs. Cet objectif peut être atteint au moyen de mesures telles que la simplification des exigences et des procédures de demande de visas, l’introduction de systèmes d’identité numérique des voyageurs et de la biométrie, le renforcement du transport multimodal et de la connectivité, ainsi que l’amélioration de l’information et de l’assistance mises à la disposition des visiteurs (OCDE, 2021[26]). Les États-Unis s’appuient sur des technologies avancées et des applications mobiles pour transformer les contrôles dans les aéroports en un processus fluide et sans contact permettant d’identifier plus rapidement les risques et de fluidifier le passage des visiteurs en règle. De son côté, l’Égypte relance son système de visas afin d’y inclure tous les types de visas touristiques et de faciliter l’entrée des voyageurs internationaux.
Répondre aux pressions environnementales qui transforment le tourisme
Copier le lien de Répondre aux pressions environnementales qui transforment le tourismeLe tourisme a une incidence sur la qualité de l’environnement, dont il dépend par ailleurs très fortement. L’évolution des saisons, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’élévation du niveau de la mer redéfinissent de plus en plus les pratiques de voyage, avec des conséquences potentiellement structurelles pour certaines destinations et, plus largement, pour les flux de voyageurs à l’échelle mondiale. Le secteur est fortement exposé à des effets multiples, souvent cumulatifs, comme en témoignent ces dernières années les températures extrêmes, les vagues de chaleur, les incendies incontrôlés, les inondations et d’autres épisodes violents liés aux conditions météorologiques, qui ont touché les visiteurs, les entreprises et les populations locales partout dans le monde. Les conséquences de ces évènements vont au-delà des dommages immédiats causés aux infrastructures et aux actifs naturels : elles affectent également le fonctionnement, la résilience et le relèvement des destinations, tout en augmentant les coûts et les risques opérationnels pour les entreprises du tourisme. Elles peuvent aussi avoir une forte incidence sur la santé et le confort des touristes et des travailleurs, modifier la géographie et la saisonnalité de la demande touristique, et rendre nécessaire une planification plus volontariste de l’adaptation et de la résilience à l’échelle des destinations (OCDE, 2024[23] ; European Travel Commission, 2025[15]). Ces questions sont examinées plus en détail au chapitre 4.
De nombreux pays mettent en œuvre des initiatives pour se préparer aux effets de l’évolution des saisons et des épisodes violents liés aux conditions météorologiques. Ces efforts vont de projets ciblés et d’interventions locales à des plans d’adaptation complets consacrés au tourisme, lesquels s’inscrivent dans le cadre plus général de plans nationaux d’adaptation. Le Chili, par exemple, a élaboré et approuvé en 2024 un Plan d’adaptation au changement climatique pour le secteur du tourisme qui vise à renforcer la capacité du secteur à faire face au changement climatique grâce à une coordination intersectorielle renforcée et à une gestion proactive des risques. L’Irlande a elle aussi élaboré un Plan d’adaptation du secteur du tourisme destiné à aider les populations locales, les écosystèmes et les entreprises à s’adapter à des risques croissants et à renforcer leur résilience à long terme (Encadré 2.7).
Le Portugal prépare un Programme climatique pour le tourisme 2025-2030. Celui-ci est conçu comme un plan d’action axé sur la décarbonation et le renforcement de la résilience du secteur. Le programme vise à faire avancer la transition vers un tourisme à faibles émissions, résilient et régénérateur, qui crée de la valeur économique, sociale et environnementale, tout en renforçant la compétitivité de la destination Portugal. La République slovaque fait elle aussi progresser l’action climatique dans le domaine du tourisme au moyen de financements ciblés, d’actions de sensibilisation et d’outils de planification, avec des initiatives destinées à ancrer des pratiques plus économes en ressources dans les activités quotidiennes et à accompagner la transition vers une économie bas carbone. Les Pays-Bas s’emploient à bâtir un secteur de l’hôtellerie résilient face au climat en cartographiant les risques et en traduisant ces enseignements en recommandations ciblées et en plans d’action destinés aux entreprises et aux pouvoirs publics. En Suisse, le projet « Boussole neige » aide les destinations hivernales à élaborer des stratégies d’adaptation à partir de données scientifiques et d’un outil numérique, tandis que le programme de financement Adapt+, mis en place en 2025, soutient spécifiquement l’adaptation au changement climatique dans le secteur du tourisme, en mettant l’accent sur la diversification des offres et le renforcement de la résilience des destinations tout au long de l’année.
Encadré 2.7. La mise en œuvre en Irlande d’un plan d’adaptation du tourisme au changement climatique
Copier le lien de Encadré 2.7. La mise en œuvre en Irlande d’un plan d’adaptation du tourisme au changement climatiqueL’Irlande a récemment connu plusieurs phénomènes météorologiques extrêmes très marquants qui ont souligné la nécessité de mesures d’adaptation efficaces pour renforcer la résilience face aux effets du changement climatique. Dans ce contexte, le pays a élaboré son premier plan sectoriel d’adaptation consacré au secteur du tourisme.
Ce plan cherche à identifier à la fois les défis et les opportunités liés au changement climatique, avec pour objectif de préserver l’attrait de l’Irlande auprès des touristes et de favoriser la résilience de la population locale grâce à l’emploi et à la croissance économique. La mise en œuvre du Plan d’adaptation du secteur du tourisme donne la priorité à la réduction des conséquences, pour le secteur, des aléas climatiques recensés dans l’Évaluation nationale des risques liés au changement climatique. Le plan définit trois objectifs pour les cinq prochaines années :
améliorer la compréhension, par le secteur du tourisme, des liens entre les variables climatiques et l’activité touristique, afin de renforcer sa capacité à faire face aux effets du changement climatique ;
développer une prise de conscience commune du changement climatique, de ses effets et des mesures nécessaires pour renforcer la résilience dans le secteur du tourisme irlandais, en particulier au sein des populations locales qui en dépendent ;
renforcer la résilience afin de réduire les conséquences des principaux risques climatiques auxquels le secteur du tourisme est confronté.
La mise en œuvre du plan sera pilotée par le ministère des Entreprises, du Tourisme et de l’Emploi, ainsi que par ses organismes compétents en matière de tourisme. Le plan prévoit plusieurs mesures à prendre pour atteindre les objectifs, notamment la réalisation de travaux de recherche visant à définir des valeurs de référence et des objectifs de résilience au climat pour le secteur, l’analyse des déficits de compétences liées à l’adaptation dans l’ensemble du secteur et l’élaboration d’un plan de formation adapté, la mise à jour des enquêtes sur le tourisme lorsque cela est nécessaire, la sensibilisation aux effets du changement climatique, en particulier dans les destinations et auprès des entreprises, ainsi que l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les stratégies de tourisme.
Pour obtenir des réductions significatives de l’impact environnemental du tourisme, les entreprises de toutes tailles dans l’ensemble de l’écosystème touristique doivent opérer des changements importants. Cela implique de passer de modèles linéaires traditionnels à des approches plus économes en ressources, qui réduisent au minimum les déchets, diminuent la consommation d’énergie et de ressources, soutiennent la régénération des actifs naturels et privilégient des modes de transport plus efficaces et à moindre impact. Pour favoriser cette évolution, les entreprises du tourisme ont besoin d’orientations claires et d’un accompagnement pratique concernant les mesures qu’elles peuvent prendre. En Australie, la boîte à outils pour un tourisme durable destinée aux entreprises propose des orientations pratiques et faciles à comprendre structurées autour de quatre piliers, dont l’un est consacré à la « mise en œuvre de mesures environnementales et de lutte contre le changement climatique ». Au titre de ce pilier, la boîte à outils propose aux entreprises des actions concrètes pour mesurer leurs émissions directes et indirectes, réduire leur consommation d’énergie et d’eau, améliorer la gestion des déchets, examiner les options de transport, s’adapter au changement climatique, soutenir la biodiversité et la régénération, améliorer la qualité de l’air et interagir de manière responsable avec la faune et la flore sauvages.
La Grèce promeut un modèle d’économie circulaire dans les entreprises de tourisme à travers la formation sectorielle et des initiatives axées sur le zéro déchet, le recours à des sources d’énergie alternatives, la réduction et le recyclage des déchets, ainsi que la promotion des produits locaux. Le programme Sustainable Travel Finland vise à sensibiliser les opérateurs touristiques aux enjeux liés à la biodiversité, notamment aux effets que leurs propres activités peuvent avoir. En 2024, une boîte à outils a été élaborée afin d’aider les entreprises du tourisme à mieux intégrer les questions de biodiversité dans leurs activités. La Finlande adopte également une approche « bénéfique à la nature » visant à réduire au minimum les atteintes à l’environnement et à investir activement dans la restauration de la nature dans les destinations touristiques. Au niveau européen, le projet Cross-Re-Tour accompagne les PME en leur donnant accès à des connaissances et à des outils liés à la transition écologique, à la transformation numérique et aux pratiques d’économie circulaire afin d’améliorer leur performance opérationnelle. Ces solutions, souvent utilisées dans d’autres secteurs ou par de grands acteurs du tourisme, sont testées, mises en œuvre et déployées à plus grande échelle dans le cadre du programme d’innovation ouverte du projet.
Au niveau international, l’Initiative mondiale sur les plastiques dans le tourisme fournit un cadre destiné à accompagner les acteurs du tourisme dans leur transition vers des modes d’utilisation des plastiques plus circulaires. Pilotée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et ONU Tourisme, cette initiative impose à ses signataires de s’engager à éliminer les emballages plastiques inutiles, à remplacer les plastiques essentiels par des solutions réutilisables, recyclables ou compostables, et à collaborer et investir en vue d’accroître les taux de recyclage et de compostage des plastiques. Dans le cadre de cette initiative, un volet pilote vise à recenser et promouvoir des solutions réutilisables en remplacement des articles en plastique problématiques dans les activités touristiques, au moyen de sessions de formation technique proposant des solutions pratiques, des études de faisabilité et des stratégies pour mobiliser le personnel et les clients (ONU Tourisme, 2025[28]). Dans le même esprit, le réseau One Planet a lancé son initiative Recipe of Change à l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet 2026, afin de fournir aux acteurs du tourisme un cadre pratique leur permettant de traduire les ambitions mondiales en matière de réduction du gaspillage alimentaire en actions mesurables, et de contribuer ainsi à l’effort mondial visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire à l’horizon 2030.
Les politiques du tourisme visant à réduire les répercussions sur l’environnement doivent s’appuyer sur un socle d’éléments probants plus solides, plus récents et plus fins. Les indicateurs officiels existants sur le tourisme sont souvent très agrégés et publiés avec des décalages importants, ce qui limite leur utilité pour suivre la performance environnementale, en particulier à l’échelle des entreprises touristiques ou des destinations. Face à ce constat, les pays élaborent des outils et des méthodologies adaptés, notamment des calculatrices environnementales, afin de combler ces lacunes. Dans le cadre du Programme turc de durabilité environnementale et culturelle, un calculateur permettant d’auto-évaluer l’empreinte carbone a été mis au point afin d’aider les établissements d’hébergement à se conformer aux critères de durabilité environnementale du programme. Mis gratuitement à la disposition des utilisateurs autorisés, cet outil permet aux entreprises de mesurer et d’analyser leurs émissions selon une méthodologie standardisée. Les données ainsi obtenues aident à repérer les possibilités d’améliorer l’efficacité d’utilisation des ressources, d’optimiser les activités, de réduire les impacts environnementaux et de renforcer la gestion de la durabilité.
Ouvrir le tourisme à un public plus large et exploiter le potentiel du tourisme accessible
Copier le lien de Ouvrir le tourisme à un public plus large et exploiter le potentiel du tourisme accessibleOuvrir le tourisme à un public plus large et rendre les expériences touristiques plus accessibles peut produire des bénéfices de grande ampleur pour les économies régionales ainsi que pour la qualité de vie des visiteurs et des résidents. L’amélioration de l’accessibilité offre une possibilité double : répartir la manne touristique et tirer parti d’un marché en expansion au potentiel considérable, notamment auprès des populations vieillissantes, tout en s’adaptant aux évolutions démographiques et à la transformation des besoins en matière d’accessibilité. Au niveau national, le secteur du tourisme peut créer des débouchés économiques pour des personnes de tous âges et de tous horizons, dans les territoires urbains comme ruraux. À l’heure où la valeur que peut représenter le tourisme accessible est davantage reconnue, les pouvoirs publics mettent en place des politiques ciblées afin de lever les principaux obstacles à son développement et de tirer parti des possibilités qu’il offre. Le document d’orientation G7/OCDE sur le rôle du tourisme au service de la prospérité économique, approuvé par les ministres du Tourisme du G7 en 2024 sous la présidence italienne, souligne l’importance de soutenir des approches qui intègrent l’accessibilité dans la conception et le développement des produits et services touristiques, afin de tirer parti des retombées sociales et économiques positives du tourisme accessible (OCDE, 2024[23]).
Les personnes ayant besoin d’une assistance à la mobilité représentent un public au potentiel important pour le secteur du tourisme, mais nécessitent souvent des infrastructures spécifiques, des services adaptés et des aménagements ciblés de la part des destinations et des entreprises. Des approches innovantes dans la conception et la fourniture des produits, services et infrastructures touristiques peuvent rendre le tourisme plus accessible à tous. En Corée, l’accessibilité est renforcée par des améliorations de l’environnement physique, parallèlement à des efforts visant à favoriser une plus grande sensibilisation et une maturité culturelle accrue, notamment à travers le développement de destinations touristiques accessibles à tous afin de lever les obstacles rencontrés par les visiteurs. Ces destinations mettront l’accent sur l’amélioration des connexions physiques et de l’accès aux composantes essentielles du système touristique dans les régions, telles que les transports, l’hôtellerie, l’hébergement et les services d’information, tout en répondant à des besoins d’accessibilité spécifiques et en constante évolution. En Israël, des subventions dédiées visent à améliorer l’accessibilité des sites touristiques majeurs pour les personnes handicapées ainsi qu’à développer les infrastructures dans les zones périphériques, dans le cadre des Procédures budgétaires pour l’accessibilité des sites touristiques 2024-2025 et de la Procédure de développement des infrastructures publiques de tourisme 2025.
L’Allemagne entend proposer un « tourisme socialement responsable, qui ouvre le voyage à tous » et a mis en place, pour les services accessibles, un système national de labellisation intitulé « Tourisme pour tous ». Ce dispositif repose sur des critères exhaustifs destinés à garantir des normes de qualité élevées dans l’ensemble des secteurs liés au tourisme, et a été élaboré en coopération avec des personnes directement concernées par les problématiques d’accessibilité ainsi qu’avec les associations touristiques compétentes. Le Pérou a élaboré des « Lignes directrices pour le développement du tourisme social au Pérou », qui définissent sept axes stratégiques d’action : recherche et planification, conception et développement de produits accessibles, sensibilisation et communication, renforcement des capacités, accompagnement de la demande, institutionnalisation et suivi, et évaluation. Le Pérou a également publié un document technique intitulé « Guide d’accessibilité : le tourisme pour tous », qui fournit aux prestataires de services touristiques et aux gestionnaires de sites des recommandations pratiques pour concevoir et adapter des expériences touristiques ouvertes à un plus large public, tout en soutenant le droit aux loisirs, au repos et à une meilleure qualité de vie.
Outre le développement d’infrastructures et de produits touristiques accessibles, il est tout aussi important que les informations pertinentes soient disponibles facilement et communiquées efficacement aux voyageurs ayant des besoins particuliers en matière d’accessibilité. À cette fin, la Grèce met en place de nouveaux labels de qualité destinés à identifier les destinations et les entreprises touristiques accessibles. En France, un hackathon intitulé « Rendre le tourisme accessible aux personnes en situation de handicap » a été organisé dans le cadre de travaux plus vastes sur une feuille de route des données sur le tourisme, avec l’objectif d’améliorer la disponibilité et l’utilité des informations destinées aux visiteurs à partir de données publiques existantes sur le tourisme. L’évènement a réuni une soixantaine de participants pendant deux jours et a débouché sur trois projets lauréats qui ont proposé des façons innovantes d’utiliser les ensembles de données existants pour mieux accompagner les personnes en situation de handicap. Ces projets ont ensuite été présentés à un public plus large comprenant notamment des acteurs clés des écosystèmes du tourisme et des données, lors d’un évènement organisé en 2025.
Les effets positifs que l’accès au tourisme peut avoir sur la qualité de vie des personnes sont de plus en plus reconnus. C’est pourquoi de nombreux pays accordent une aide financière afin de permettre aux résidents de prendre part à des activités touristiques qui, sans cette aide, leur seraient inaccessibles. Au Costa Rica, l’adoption de la loi sur le tourisme pour tous reconnaît le tourisme comme relevant du droit au repos, aux loisirs et aux activités récréatives. Le programme « Tourisme pour tous » qui lui est associé vise à permettre à un plus grand nombre de personnes disposant de moyens financiers limités ou en situation de handicap d’accéder au tourisme. Mis en œuvre depuis 2024, ce programme a bénéficié à plus de 1 000 touristes, en coopération avec les acteurs du secteur.
En tant que grand pourvoyeur d’emplois pour l’ensemble des groupes de population, le secteur du tourisme contribue au capital social et produit des retombées économiques et collectives plus larges, y compris dans les zones rurales et reculées. En Belgique, la Région wallonne a lancé un programme de formation de la main-d’œuvre afin d’encourager le recrutement des jeunes, des femmes et d’autres groupes cibles. En Australie, le programme Choose Tourism a été conçu pour attirer des travailleurs dans le secteur sur la période 2022-2024, au moyen notamment d’une campagne de communication visant à encourager les employeurs à envisager le recrutement de jeunes et de personnes plus âgées, de membres des Premières nations australiennes et de personnes en situation de handicap. Le projet pilote Tourism Local Navigator, mené en 2023-2024, a aidé les entreprises du tourisme à employer des personnes en situation de handicap, mobilisant environ 1 600 entreprises et débouchant sur plus de 160 recrutements.
Mobiliser des financements et des investissements au service du développement du tourisme
Copier le lien de Mobiliser des financements et des investissements au service du développement du tourismeLes financements et les investissements sont indispensables pour bâtir un secteur du tourisme compétitif et résilient, capable d’accompagner la transformation numérique, de réduire les pressions environnementales et de maximiser les bénéfices pour les populations locales tout en soutenant la croissance économique à long terme. La progression continue de la demande touristique nécessitera des investissements durables dans les infrastructures et les services afin de mieux gérer l’augmentation des volumes de visiteurs, d’offrir des expériences fluides et de répondre à l’évolution des préférences des consommateurs, tout en limitant les pressions sur les destinations d’accueil. Une approche coordonnée, mobilisant des investissements du secteur privé et soutenue par des politiques publiques et des mécanismes de financement favorables, peut contribuer à renforcer la résilience et la compétitivité des destinations tout en générant des retombées économiques plus larges.
De nouvelles sources de financement, y compris des sources alternatives aux budgets publics traditionnels, sont de plus en plus nécessaires pour financer les infrastructures et les services requis pour absorber la hausse de la demande touristique et réduire les pressions exercées sur les populations locales ainsi que sur l’environnement naturel. En 2025, la Norvège a adopté une loi sur les droits de visite, qui permet aux communes soumises à une forte pression touristique de percevoir des droits auprès des visiteurs pour contribuer au financement des biens publics liés au tourisme. Les recettes ainsi générées sont réservées à un usage local, les communes étant tenues d’établir et de soumettre à l’approbation du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Pêche des plans précisant l’affectation des fonds. L’Islande prévoit d’instaurer une redevance liée aux ressources et aux infrastructures sur les sites naturels appartenant à l’État. Cette redevance est destinée à soutenir l’aménagement, l’entretien et la préservation des destinations, tout en contribuant également, pour partie, à la recherche et à la promotion des destinations à l’échelle nationale. De même, afin de contribuer à la préservation de l’environnement et au développement des infrastructures touristiques, la Nouvelle-Zélande impose à la plupart des visiteurs internationaux une redevance touristique internationale (International Visitor Levy). Le Chili a instauré une taxe de 1.25 % sur l’hébergement applicable aux touristes internationaux. Cette taxe permettra de financer le nouveau Fonds de promotion du tourisme international prévu par le projet de loi sur la relance du tourisme et la promotion de l’industrie audiovisuelle. La Colombie et le Japon collectent une taxe sur les passagers internationaux qui sert à financer des programmes liés au tourisme. Au Japon, il est prévu de porter la taxe de départ applicable à l’ensemble des voyageurs quittant le pays de 1 000 JPY à 3 000 JPY, c’est-à-dire de la tripler, dans le cadre des efforts visant à instaurer un modèle de tourisme plus équilibré.
Il est essentiel d’attirer les investissements privés pour développer une offre touristique de qualité et compétitive. Les incitations fiscales, les réglementations favorables à l’aménagement et la promotion de possibilités d’investissement ciblées comptent parmi les stratégies mises en œuvre par les pays pour attirer des investissements à forte valeur ajoutée de la part d’entreprises privées. Stimuler l’investissement privé en vue de mobiliser des ressources au service du développement du tourisme et de favoriser une utilisation efficiente des ressources constitue une priorité majeure pour de nombreuses stratégies nationales en matière de tourisme, notamment pour les stratégies danoise (« Voies vers une croissance durable du tourisme »), hongroise (« Stratégie nationale active pour le tourisme ») et slovène (« Stratégie du tourisme slovène 2022-2028 »).
Le Monténégro a engagé une série de réformes budgétaires, fiscales et réglementaires destinées à simplifier les procédures préalables à l’investissement qui sont nécessaires pour obtenir des permis, facilitant ainsi le développement des projets. Pour encourager les investissements dans des hébergements de qualité, les investisseurs sont exonérés de la TVA à l’importation sur les biens et les services utilisés pour la construction d’hôtels cinq étoiles, tandis que la taxe foncière est réduite de 30 % pour les hôtels quatre étoiles et de 70 % pour les hôtels cinq étoiles ouverts toute l’année. L’Égypte met en œuvre, elle aussi, une stratégie d’investissement ambitieuse visant à accroître sa capacité touristique, avec l’objectif de porter le nombre de chambres d’hôtel d’environ 228 000 en 2024 à près de 500 000 à l’horizon 2030. Dans ce cadre, le pays lance également une initiative phare, la carte des investissements touristiques, conçue comme une plateforme dynamique destinée à mettre en avant les possibilités d’investissement dans l’ensemble du secteur et à fournir aux investisseurs des informations régulièrement mises à jour.
L’Argentine a travaillé avec ONU Tourisme et la Société andine de développement à l’élaboration d’un guide destiné à présenter le potentiel du pays en matière d’investissement. Ce guide met en avant les principaux atouts régionaux, les avantages concurrentiels, les incitations fiscales disponibles aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau des provinces, ainsi que les réformes réglementaires récentes destinées à favoriser l’ouverture économique et la participation du secteur privé. Il recense également 25 possibilités d’investissement concrètes. En complément, le Programme de promotion de l’investissement privé dans le tourisme met à disposition une plateforme numérique dédiée qui centralise les informations sur les incitations spécifiques au secteur, les possibilités d’investissement et les instruments de financement disponibles pour les projets touristiques.
Les subventions et les aides publiques constituent un autre outil permettant de stimuler les investissements ciblés dans le domaine du tourisme, en particulier pour la modernisation des infrastructures, l’adoption de nouvelles technologies et le développement des compétences. La République slovaque a créé le Fonds de soutien au tourisme dans le but de développer et de moderniser les infrastructures touristiques. En 2025, un appel à financements doté d’une enveloppe totale de 19 millions EUR, avec des aides pouvant atteindre 500 000 EUR par projet touristique, a été lancé afin de renforcer la compétitivité du tourisme dans les régions. Le programme soutient les initiatives qui contribuent aux performances économiques, environnementales et sociales du tourisme, ainsi qu’à la construction, à la modernisation et à la reconstruction d’infrastructures touristiques résilientes. Les activités admissibles comprenaient notamment le développement d’infrastructures culturelles, de loisirs, naturelles et sportives, l’amélioration des équipements locaux destinés aux visiteurs, la création d’itinéraires touristiques, le soutien au tourisme de santé et l’investissement dans des infrastructures de loisirs liées à l’eau.
Le programme marocain Go Siyaha ambitionne de soutenir plus de 1 700 projets à l’horizon 2026, dans le but de renforcer l’offre de loisirs et d’animation, de diversifier l’expérience touristique et d’accroître la compétitivité du secteur. Ayant déjà à son actif plus d’un millier de projets en cours de réalisation, le programme a été mis à jour en juillet 2025 afin d’accompagner encore plus de projets touristiques à fort impact. Parmi les principales améliorations apportées figurent la suppression du seuil d’investissement minimum, qui permet désormais aux projets de moins de 1 million MAD de bénéficier d’un soutien, l’extension de l’accompagnement aux entreprises existantes souhaitant développer de nouvelles offres, ainsi que la fourniture d’une assistance technique dès la phase de démarrage afin d’aider à structurer les projets et de faciliter l’accès aux financements.
Comme indiqué précédemment dans ce chapitre, les petites entreprises, et les PME en particulier, continuent de se heurter à des difficultés d’accès aux financements nécessaires pour accompagner leur transition vers des activités plus économes en ressources et intégrant davantage les outils numériques (OCDE, 2026[19]). Malgré l’existence d’une palette plus large d’instruments privés et publics de financement, l’accès aux financements reste une difficulté persistante dans ce secteur. Il est possible d’encourager un recours accru aux instruments de financement accessibles aux entreprises de tous les secteurs de l’économie, tout en concevant des instruments ciblés qui répondent aux besoins propres au tourisme, sans faire double emploi avec les dispositifs plus généraux de soutien aux PME. Parallèlement, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la culture financière, les capacités et le degré de préparation des PME et des entrepreneurs du secteur du tourisme afin qu’ils puissent accéder aux instruments de financement disponibles et les utiliser efficacement.
Aujourd’hui, des mesures sont prises pour intégrer les considérations environnementales et sociales dans les cadres de décision relatifs aux investissements touristiques et dans les mécanismes d’information financière. En Autriche, de nouvelles lignes directrices relatives au financement des PME du tourisme, lancées en 2023, prévoient une prime de durabilité de 3.5 % (en juillet 2025) sous la forme d’un financement complémentaire pouvant atteindre 175 000 EUR pour les investissements qui contribuent à des objectifs écologiques, sociaux et économiques. Le dispositif de financement est administré par la Banque autrichienne de développement du tourisme, qui accorde également aux PME du secteur une bonification d’intérêt de 3 % pour les projets répondant à des exigences écologiques spécifiques, par exemple la rénovation thermique, le remplacement des systèmes de chauffage par des solutions fondées sur les énergies renouvelables, l’installation de nouveaux équipements économes en énergie ou la mise en œuvre de mesures de désimperméabilisation des sols. Parallèlement, l’Autriche a élaboré un ensemble d’indicateurs clés de performance adaptés au secteur du tourisme afin de faciliter la mesure des critères ESG face à la demande croissante des établissements financiers, qui attendent des entreprises des informations fiables sur leur durabilité pour éclairer les décisions d’investissement et de financement.
Le Danemark a instauré de nouvelles obligations d’information sur la durabilité pour les entreprises touristiques certifiées, avec un accompagnement dédié aux PME et aux entrepreneurs afin de les aider à satisfaire aux nouvelles exigences. L’objectif est que 70 % de l’ensemble des établissements d’hébergement et des parcs d’attractions obtiennent une certification de base d’ici à 2030. En Irlande, dans le cadre du Plan d’adaptation du secteur du tourisme, tous les futurs dispositifs de Fáilte Ireland prévoyant une aide financière intégreront, à partir de 2027, des conditions et des mesures spécifiques liées à l’adaptation au changement climatique. En Belgique, la Région wallonne abandonne également les subventions générales au profit de mécanismes de financement plus structurés qui privilégient les projets contribuant à des objectifs environnementaux et sociaux, parallèlement au développement d’une plateforme destinée à coordonner les initiatives et à faciliter l’échange de bonnes pratiques.
L’Espagne a investi plus de 3.4 milliards EUR dans le cadre du Plan de modernisation et de compétitivité du secteur du tourisme, lequel a été financé au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience, instrument phare de NextGenerationEU. Les actions menées visaient à faire évoluer le modèle de tourisme vers davantage de durabilité, à promouvoir la transformation numérique et l’intelligence au service des destinations et du secteur du tourisme, et à renforcer la compétitivité globale des destinations.
À mesure que ces exigences déclaratives prennent de l’importance, les PME auront besoin de cadres plus clairs et d’outils pratiques pour surmonter les difficultés liées à la collecte des données et à la communication des informations (OCDE, 2025[29]). Des orientations accessibles et des solutions numériques faciles à utiliser peuvent aider les petites entreprises à recueillir les informations utiles et à se conformer aux nouvelles exigences, tout en évitant de leur imposer des contraintes administratives disproportionnées.
Références
[27] Becken, S., B. Mackey et D. Lee (2023), « Implications of preferential access to land and clean energy for Sustainable Aviation Fuels », Science of The Total Environment, vol. 886, p. 163883, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2023.163883.
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[4] OCDE (2025), Measuring the economic impact of tourism in Greece: Guidance and action plan, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/52f3c5e9-en.
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[23] OCDE (2024), Creating economic prosperity through inclusive and sustainable tourism: G7/OECD policy priorities paper, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f0a49ca9-en.
[1] OCDE (2024), Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5efe3a55-fr.
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[22] OCDE (2020), International Compendium of Entrepreneurship Policies, https://www.oecd.org/en/publications/international-compendium-of-entrepreneurship-policies_338f1873-en.html.
[20] OCDE (2017), « Stratégies de financement des PME et des entrepreneurs du tourisme », Études de l’OCDE sur le tourisme, n° 2017/3, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3a2b6a6f-fr.
[13] OCDE (2026, à paraître), Artificial Intelligence and Tourism: boosting innovation, enhancing sustainability in APEC economies.
[17] OCDE (2026, à paraître), Using Incubators and accelerators to support travel and tourism start-ups.
[11] OCDE/Union européenne (2025), « Workshop on tourism data sharing, governance and integration », Études de l’OCDE sur le tourisme, n° 2025/16, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4a80e5f2-en.
[28] ONU Tourisme (2025), Global Tourism Plastics Initiative: Annual progress report 2024, ONU Tourisme, https://www.e-unwto.org/doi/10.18111/9789284426782.
[9] ONU Tourisme (2024), Statistical Framework for Mesuring the Sustainability of Tourism, https://www.untourism.int/tourism-statistics/statistical-framework-for-measuring-the-sustainability-of-tourism.
[7] U.S. Department of Commerce (2026), Overseas Visitor Impact on State Economies | 2024, https://www.trade.gov/sites/default/files/2026-04/2024-Visitors-by-State_Final.pdf?v=1777478263525.