Le tourisme a fait preuve d’une résilience remarquable ces dernières années, confirmant son rôle de vecteur essentiel de croissance économique même dans un environnement de plus en plus incertain. Une incertitude économique et géopolitique accrue, notamment sous l’effet du conflit en cours au Moyen-Orient, conjuguée à de puissantes évolutions technologiques et structurelles influent sur le développement et la gestion du tourisme, mais aussi sur la manière dont il est vécu. Ce chapitre dresse un bilan global du tourisme sur les dernières années et livre une analyse des principales tendances, difficultés et possibilités qui dessinent les perspectives du secteur, posant ainsi le cadre de l’analyse des politiques publiques qui fait l’objet des chapitres suivants.
Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2026 (version abrégée)
Chapitre 1. Tendances, bilan et perspectives du tourisme
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La résilience du tourisme à l’épreuve de l’incertitude
Copier le lien de La résilience du tourisme à l’épreuve de l’incertitudeLe tourisme a fait face et su résister à plusieurs chocs et pressions ces dernières années, confirmant son rôle de vecteur de développement et de croissance économique. Par son impact transversal étendu, le secteur occupe une place centrale dans les programmes d’action nationaux et infranationaux, dans les domaines des transports, des échanges et de l’investissement, de l’entrepreneuriat ou encore du développement régional. Parallèlement, l’incertitude accrue sur les plans économique, géopolitique et environnemental conjuguée à des mutations numériques, démographiques et sociales rapides met au jour des fragilités structurelles et modifie les modes de développement et de gestion du tourisme, mais aussi la manière dont il est vécu. Ces dynamiques soulignent la nécessité d’adopter des approches souples, coordonnées, définies à l’échelle de l’ensemble de l’administration, qui tiennent compte du caractère stratégique et transversal du tourisme, afin de bâtir une économie touristique durable, résiliente et compétitive.
Le conflit en cours au Moyen-Orient a désorganisé les flux touristiques mondiaux et mis la résilience du secteur à rude épreuve. Les liaisons aériennes transitant par les hubs stratégiques de la région du Golfe ont été fortement restreintes, et les vols commerciaux ont été nettement moins nombreux qu’avant le conflit. Les prix de l’énergie ont flambé, exerçant une pression sur les tarifs aériens et les coûts de transport, tandis que le rétrécissement du marché du kérosène et l’allongement des trajectoires de vol ont entraîné des annulations de vols (OCDE, 2026[1]). Plus largement, les entreprises du secteur du tourisme doivent faire face à une hausse de leurs coûts d’exploitation liée au renchérissement de l’énergie, ainsi qu’à un alourdissement de leur charge administrative compte tenu de la nécessité de gérer les ajustements opérationnels et d’adapter en permanence les itinéraires. Sous l’effet de ces dynamiques, les flux de visiteurs se redéploient, au profit de certaines destinations et au détriment d’autres.
La signature du protocole d’accord d’Islamabad devrait permettre de restaurer la confiance, mais la situation reste fragile ; les interrogations autour de la sécurité, des perturbations potentielles et de l’accessibilité financière, pourraient continuer, au moins temporairement, de peser sur les habitudes de voyages et tout regain d’instabilité pourrait avoir des répercussions vastes et durables. Ces dynamiques, qui sont autant de défis actuels pour les entreprises et les destinations, pourraient aussi, dans certains cas, offrir de nouvelles opportunités à mesure que la demande se réorganise.
Les bons résultats du tourisme confirment son poids économique
Depuis quelques années, le tourisme affiche de solides résultats qui confirment l’importance et la valeur économiques du secteur. De fait, dans les pays de l’OCDE, le tourisme contribue directement en moyenne à hauteur de 4 % au PIB (Graphique 1.1), de 6.3 % à l’emploi (Graphique 1.2) et de 19.3 % aux exportations de services (Graphique 1.3). Ces chiffres témoignent de la solide reprise et des bonnes performances enregistrées ces dernières années qui consolident le rôle du secteur dans l’économie. Même si ces chiffres restent légèrement inférieurs aux niveaux pré-pandémiques (4.4 % du PIB, 6.6 % des emplois et 22.0 % des exportations de services), ils donnent à voir un secteur certes vulnérable aux perturbations, mais qui démontre une capacité remarquable à rebondir après les chocs et à produire des gains économiques y compris en période de forte incertitude. Ils mettent également en évidence le poids relatif du tourisme dans les économies de l’OCDE par rapport à des secteurs comme l’exploitation minière (1.5 % du PIB), l’agriculture1 (1.6 %), la construction (5.1 %) et l’information et communication (6.1 %) (OCDE, 2026[2]).
Compte tenu de l’ampleur de l’impact indirect du tourisme dans divers secteurs, il est possible d’en faire un usage stratégique au service de la croissance économique et du développement. Le tourisme génère d’importantes retombées sur tout un éventail de secteurs, dont les transports, le commerce et l’agriculture, qui viennent s’ajouter à sa contribution directe. La demande touristique stimule les chaînes d’approvisionnement locales et soutient l’emploi dans les zones urbaines comme dans les zones rurales, notamment dans les petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, l’investissement dans le tourisme peut stimuler le développement des infrastructures et améliorer des services publics utiles aux habitants comme aux visiteurs. Lorsqu’il est intégré efficacement dans des cadres d’action plus larges, le tourisme peut servir de levier de diversification, de développement régional et de croissance économique.
Graphique 1.1. Contribution du tourisme au PIB dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.1. Contribution du tourisme au PIB dans les pays de l’OCDEEn %, dans certains pays de l’OCDE, dernière année disponible, 2023 ou 2024
Note : Le PIB direct du tourisme est l’indicateur privilégié. Les données relatives au PIB correspondent à la VAB pour l’Allemagne, le Canada, la Colombie, les États-Unis, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, Israël, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suisse et la Türkiye.
Sont présentés sur ce graphique uniquement les pays pour lesquels on dispose de données au titre de 2023 ou de 2024.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données), profils-pays
Graphique 1.2. Contribution du tourisme à l’emploi dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.2. Contribution du tourisme à l’emploi dans les pays de l’OCDEEn %, dans certains pays de l’OCDE, dernière année disponible, 2023 ou 2024
Note : Sont présentés sur ce graphique uniquement les pays pour lesquels on dispose de données au titre de 2023 ou de 2024.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données), profils-pays
Graphique 1.3. Contribution du tourisme aux exportations de services dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.3. Contribution du tourisme aux exportations de services dans les pays de l’OCDERecettes du tourisme en pourcentage des exportations totales de services, 2024
Note : Les données relatives à l’Allemagne, la Belgique, les États-Unis, la Lituanie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et la Türkiye n’incluent pas le transport de voyageurs.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
Le tourisme contribue de manière notable à une croissance tirée par les exportations, les dépenses des visiteurs internationaux représentant une source importante d’exportation de services pour bon nombre d’économies. Les exportations du tourisme international ont atteint 1 100 milliards USD dans les pays de l’OCDE en 2024, hors transport de voyageurs (Tableau 1.1) ce qui correspond à une hausse de 8.4 % par rapport à 2023 à prix constants, les pays de l’OCDE représentant 63.14 % des recettes (exportations) et 53.0 % des dépenses (importations) du tourisme international (contre 59.0 % et 49.6 % en 2019). D’après les premières estimations d’ONU Tourisme, les recettes du tourisme international dans le monde se sont élevées à 1 900 milliards USD en 2025, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2024 (ONU Tourisme, 2026[3]).
Près des deux tiers des pays de l’OCDE présentent une balance des voyages internationaux positive en 2024, aux premiers rangs desquels l’Espagne (73.8 milliards USD), la Türkiye (48.9 milliards USD) et le Japon (40.4 milliards USD). C’est au Japon que la croissance des exportations du tourisme international a été la plus élevée entre 2023 et 2024 (en hausse de 37.6 % à prix constants) en raison de la forte augmentation du nombre d’arrivées au titre du tourisme récepteur (47.1 %) portée par la dépréciation du yen et un rebond du marché chinois qui marquait le pas ces derniers temps. D’autres pays affichent de bons résultats ; c’est le cas du Chili (en hausse de 29.6 % à prix constants), de la Norvège (22.4 %) et de la Nouvelle-Zélande (17.2 %). Les performances sont en recul en Israël qui a perdu 58.0 % et en Pologne (9.0 %). Le Tableau 1.1 présente la ventilation des recettes (exportations) et des dépenses (importations) liées aux voyages internationaux ainsi que la balance des voyages internationaux pour les pays Membres de l’OCDE et quelques pays partenaires.
Les exportations du tourisme international créent de la valeur ajoutée par des voies directes et indirectes, bien au-delà des dépenses immédiates des visiteurs internationaux. Selon des estimations réalisées avant la pandémie, il apparaît que, dans les pays de l’OCDDE, chaque dollar de valeur ajoutée directe créée par le tourisme génère en moyenne 0.61 USD de valeur ajoutée indirecte dans des secteurs en amont (OCDE, 2019[4]) (à partir des chiffres de la base de données de l’OCDE sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA) et en utilisant les dépenses des non-résidents comme indicateur supplétif des dépenses du tourisme), ce qui témoigne de l’ampleur des liens entre le tourisme et d’autres secteurs, dont l’agriculture, la construction ou encore le transport. Les exportations du tourisme facilitent également l’accès aux marchés pour les produits et services locaux, ce qui joue en faveur de la diversification des exportations et d’une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur mondiales. L’ensemble de ces retombées démontrent la contribution diversifiée du tourisme à la valeur ajoutée et son rôle de moteur de l’activité dans l’ensemble de l’économie.
Tableau 1.1. Recettes et dépenses liées aux voyages internationaux dans les pays Membres et des pays partenaires de l’OCDE, 2019, 2023 et 2024
Copier le lien de Tableau 1.1. Recettes et dépenses liées aux voyages internationaux dans les pays Membres et des pays partenaires de l’OCDE, 2019, 2023 et 2024en millions USD
|
Recettes liées aux voyages internationaux |
Dépenses liées aux voyages internationaux |
Balance des voyages internationaux |
|||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
2019 |
2023 |
2024 |
2019 |
2023 |
2024 |
2019 |
2023 |
2024 |
|
|
Allemagne |
41 806 |
37 837 |
40 108 |
93 243 |
115 444 |
116 778 |
- 51 438 |
- 77 607 |
- 76 670 |
|
Australie |
45 522 |
46 126 |
51 807 |
35 299 |
42 371 |
45 593 |
10 223 |
3 755 |
6 214 |
|
Autriche |
22 941 |
24 655 |
26 304 |
11 602 |
15 216 |
16 704 |
11 339 |
9 440 |
9 600 |
|
Belgique |
9 941 |
9 603 |
9 407 |
20 338 |
23 337 |
26 847 |
- 10 397 |
- 13 734 |
- 17 440 |
|
Canada |
29 807 |
44 752 |
51 379 |
35 349 |
39 266 |
43 385 |
- 5 543 |
5 486 |
7 994 |
|
Chili |
2 303 |
2 422 |
3 231 |
2 459 |
3 086 |
3 345 |
- 157 |
- 664 |
- 114 |
|
Colombie |
5 682 |
7 557 |
8 699 |
4 935 |
4 950 |
6 051 |
747 |
2 607 |
2 648 |
|
Corée |
20 867 |
15 294 |
16 717 |
32 739 |
27 634 |
29 219 |
- 11 872 |
- 12 339 |
- 12 502 |
|
Costa Rica |
3 988 |
4 768 |
5 453 |
1 036 |
1 676 |
1 900 |
2 953 |
3 092 |
3 553 |
|
Danemark |
8 520 |
10 450 |
11 263 |
10 341 |
11 444 |
12 257 |
- 1 821 |
- 994 |
- 994 |
|
Espagne |
79 670 |
91 988 |
106 501 |
27 778 |
28 410 |
32 693 |
51 892 |
63 578 |
73 808 |
|
Estonie |
1 738 |
1 447 |
1 632 |
1 546 |
1 347 |
1 501 |
192 |
100 |
132 |
|
États-Unis |
198 982 |
189 891 |
213 779 |
131 990 |
157 580 |
178 914 |
66 992 |
32 311 |
34 865 |
|
Finlande |
5 094 |
4 065 |
4 159 |
5 680 |
5 795 |
6 172 |
- 587 |
- 1 730 |
- 2 013 |
|
France |
63 508 |
71 210 |
76 965 |
50 542 |
55 975 |
59 773 |
12 966 |
15 235 |
17 192 |
|
Grèce |
20 351 |
22 267 |
23 371 |
3 072 |
2 629 |
3 036 |
17 279 |
19 638 |
20 335 |
|
Hongrie |
7 298 |
7 878 |
8 054 |
2 749 |
3 771 |
4 319 |
4 548 |
4 107 |
3 736 |
|
Irlande |
6 478 |
7 549 |
7 854 |
8 256 |
13 212 |
14 155 |
- 1 778 |
- 5 663 |
- 6 302 |
|
Islande |
2 695 |
3 120 |
3 246 |
1 510 |
1 632 |
1 796 |
1 185 |
1 489 |
1 451 |
|
Israël |
6 737 |
5 220 |
2 256 |
8 153 |
10 202 |
8 670 |
- 1 416 |
- 4 982 |
- 6 414 |
|
Italie |
49 595 |
55 888 |
58 680 |
30 338 |
34 152 |
35 725 |
19 257 |
21 736 |
22 955 |
|
Japon |
46 054 |
38 587 |
54 673 |
21 265 |
12 740 |
14 260 |
24 790 |
25 847 |
40 413 |
|
Lettonie |
1 015 |
1 276 |
1 373 |
749 |
1 293 |
1 341 |
267 |
- 17 |
31 |
|
Lituanie |
1 493 |
1 700 |
1 961 |
1 389 |
1 662 |
2 057 |
104 |
39 |
- 96 |
|
Luxembourg |
5 333 |
6 840 |
7 489 |
3 608 |
5 080 |
5 555 |
1 725 |
1 760 |
1 934 |
|
Mexique |
24 573 |
30 694 |
32 956 |
9 881 |
9 254 |
11 325 |
14 692 |
21 441 |
21 632 |
|
Norvège |
5 855 |
6 196 |
7 810 |
16 513 |
18 114 |
18 230 |
- 10 658 |
- 11 918 |
- 10 420 |
|
Nouvelle-Zélande |
10 533 |
7 930 |
9 565 |
4 300 |
4 047 |
4 468 |
6 233 |
3 884 |
5 097 |
|
Pays‑Bas |
19 729 |
21 645 |
23 698 |
23 124 |
22 415 |
24 949 |
- 3 394 |
- 770 |
- 1 251 |
|
Pologne |
14 029 |
15 019 |
14 071 |
9 400 |
10 310 |
11 679 |
4 629 |
4 709 |
2 391 |
|
Portugal |
20 522 |
27 540 |
30 006 |
5 736 |
6 901 |
7 410 |
14 786 |
20 639 |
22 596 |
|
République slovaque |
3 203 |
1 600 |
1 698 |
2 589 |
2 322 |
2 593 |
614 |
- 722 |
- 895 |
|
Royaume‑Uni |
60 637 |
73 369 |
84 463 |
86 605 |
99 904 |
119 196 |
- 25 967 |
- 26 536 |
- 34 734 |
|
Slovénie |
3 183 |
3 572 |
3 614 |
1 679 |
2 633 |
2 753 |
1 504 |
939 |
861 |
|
Suède |
9 196 |
9 920 |
10 709 |
14 358 |
13 746 |
13 993 |
- 5 162 |
- 3 826 |
- 3 284 |
|
Suisse |
17 173 |
21 427 |
22 320 |
17 941 |
19 555 |
21 493 |
- 767 |
1 872 |
827 |
|
Tchéquie |
7 643 |
7 778 |
9 126 |
5 889 |
7 469 |
8 804 |
1 755 |
309 |
322 |
|
Türkiye |
|
49 456 |
56 278 |
|
7 901 |
7 372 |
41 555 |
48 906 |
|
|
Afrique du Sud |
8 390 |
5 681 |
6 373 |
3 141 |
2 432 |
2 544 |
5 249 |
3 249 |
3 830 |
|
Arabie saoudite |
16 431 |
35 989 |
40 963 |
15 140 |
23 677 |
27 562 |
1 292 |
12 312 |
13 401 |
|
Argentine |
5 241 |
5 486 |
4 960 |
7 850 |
7 306 |
7 805 |
- 2 610 |
- 1 820 |
- 2 845 |
|
Brésil |
5 995 |
6 907 |
7 341 |
17 593 |
17 948 |
19 671 |
- 11 599 |
- 11 040 |
- 12 330 |
|
Bulgarie |
4 276 |
4 130 |
4 312 |
1 732 |
1 768 |
2 012 |
2 544 |
2 362 |
2 300 |
|
Croatie |
11 990 |
15 784 |
16 241 |
1 792 |
1 943 |
2 610 |
10 198 |
13 841 |
13 631 |
|
Égypte |
13 030 |
14 077 |
15 336 |
3 518 |
5 195 |
4 064 |
9 512 |
8 882 |
11 272 |
|
Indonésie |
16 911 |
14 001 |
16 703 |
11 308 |
11 683 |
13 459 |
5 603 |
2 318 |
3 245 |
|
Malte |
1 883 |
2 148 |
2 672 |
530 |
598 |
675 |
1 354 |
1 549 |
1 997 |
|
Maroc |
8 187 |
10 631 |
11 537 |
2 176 |
2 654 |
2 955 |
6 010 |
7 977 |
8 581 |
|
Monténégro |
1 225 |
1 637 |
1 592 |
58 |
76 |
93 |
1 167 |
1 561 |
1 499 |
|
Pérou |
3 738 |
2 765 |
3 676 |
2 765 |
3 304 |
3 512 |
973 |
- 539 |
164 |
|
Roumanie |
3 578 |
5 379 |
5 711 |
6 001 |
9 375 |
9 657 |
- 2 424 |
- 3 996 |
- 3 946 |
|
Serbie |
1 604 |
2 751 |
3 054 |
1 806 |
3 320 |
4 099 |
- 201 |
- 569 |
- 1 045 |
|
Thaïlande |
59 810 |
30 650 |
42 276 |
12 355 |
12 200 |
15 923 |
47 455 |
18 450 |
26 353 |
|
UE27 |
427 102 |
472 814 |
510 996 |
345 746 |
400 156 |
428 187 |
|||
|
OCDE |
883 695 |
988 537 |
1 102 672 |
743 980 |
844 475 |
926 312 |
|||
|
Monde1 |
1 499 000 |
1 546 000 |
1 748 000 |
1 499 000 |
1 546 000 |
1 748 000 |
|||
Note : Pour en savoir plus, veuillez vous reporter aux profils-pays.
1. Données ONU Tourisme (Baromètre du tourisme mondial, annexe statistique, mai 2026).
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données), (FMI, 2026)
Ces résultats économiques solides résultent en grande partie d’un rebond de la demande du tourisme international dont l’intensité et l’ampleur varie toutefois selon les pays. Au total, dans les pays de l’OCDE, les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 8.1 % en 2024 pour atteindre 819.5 millions (Tableau 1.2), soit davantage qu’avant la pandémie. Cela représente 56.1 % des arrivées internationales dans le monde (contre 55.0 % avant la pandémie) – des résultats conformes aux projections antérieures de l’OCDE (OCDE, 2024[5]). Cette dynamique positive s’est poursuivie pendant toute l’année 2025 (Graphique 1.4), puisque l’OCDE estime que les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 3.4 % dans les pays de l’OCDE, soit un peu moins qu’au niveau mondial (5 %) (ONU Tourisme, 2026[3]).
Le secteur a poursuivi sa croissance au premier trimestre 2026 avant d’être freiné dans son élan par le conflit en cours au Moyen-Orient. Dans l’Union européenne, le nombre de nuitées dans les établissements d’hébergement touristiques a augmenté de 3.4 % par rapport à 2025 au premier trimestre (de janvier à mars) (Eurostat, 2026[6]). Au niveau mondial, la demande de voyages s’est également montrée résiliente au début de l’année, les arrivées internationales ayant augmenté de 2.5 % en glissement annuel en janvier et en février. À partir de mars, l’escalade du conflit au Moyen-Orient a pesé sur la performance : selon ONU Tourisme, la croissance des arrivées internationales devrait perdre 1 à 2 points de pourcentage par rapport à ses prévisions initiales pour 2026 (3 à 4 %) en fonction de la durée et de l’ampleur du conflit (ONU Tourisme, 2026[3]).
Graphique 1.4. Arrivées internationales dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.4. Arrivées internationales dans les pays de l’OCDEVariation en % des arrivées internationales entre 2024 et 2025, pays de l’OCDE
Note : Les données concernant l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la Grèce, la Lettonie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la République slovaque, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Tchéquie proviennent d’enquêtes menées auprès des professionnels.
Les données relatives à la France sont des estimations d’Atout France.
Les données relatives à la Grèce, au Portugal et à la Suisse sont des estimations de l’OCDE.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
Tableau 1.2. Arrivées de touristes internationaux dans les pays de l’OCDE et des pays partenaires, 2019, 2023, 2024, 2025
Copier le lien de Tableau 1.2. Arrivées de touristes internationaux dans les pays de l’OCDE et des pays partenaires, 2019, 2023, 2024, 2025|
Type d’indicateur |
2019 |
2023 |
2024 |
2025 |
Variation entre 2019 et 2025 |
Variation entre 2024 et 2025 |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Allemagne1 |
Touristes |
39 441 607 |
34 711 761 |
37 419 799 |
37 134 349 |
-6 % |
-1 % |
|
Australie |
Visiteurs |
9 465 900 |
7 187 400 |
8 270 900 |
8 937 390 |
-6 % |
8 % |
|
Autriche1 |
Touristes |
31 883 731 |
30 910 333 |
32 195 289 |
33 500 664 |
5 % |
4 % |
|
Belgique1 |
Touristes |
6 800 455 |
6 445 501 |
6 627 533 |
6 830 100 |
0 % |
3 % |
|
Canada |
Touristes |
22 145 406 |
18 344 209 |
19 912 926 |
19 787 700 |
-11 % |
-1 % |
|
Chili |
Touristes |
4 517 962 |
3 730 507 |
5 239 233 |
6 004 567 |
33 % |
15 % |
|
Colombie |
Visiteurs |
4 130 762 |
6 170 215 |
7 071 459 |
5 988 482 |
45 % |
-15 % |
|
Corée |
Visiteurs |
17 502 756 |
11 031 665 |
16 369 629 |
18 936 562 |
8 % |
16 % |
|
Costa Rica |
Touristes |
3 139 008 |
2 751 134 |
2 919 483 |
2 943 991 |
-6 % |
1 % |
|
Danemark |
Touristes |
7 415 728 |
7 964 198 |
8 528 144 |
9 012 635 |
22 % |
6 % |
|
Espagne |
Touristes |
83 509 153 |
85 169 050 |
93 759 297 |
96 803 893 |
16 % |
3 % |
|
Estonie |
Touristes |
3 336 301 |
2 422 072 |
2 656 590 |
2 802 143 |
-16 % |
5 % |
|
États-Unis |
Touristes |
79 441 595 |
66 349 859 |
72 296 865 |
68 287 793 |
-14 % |
-6 % |
|
Finlande1 |
Touristes |
3 290 238 |
2 560 523 |
2 903 960 |
3 383 454 |
3 % |
17 % |
|
France2 |
Touristes |
90 900 000 |
98 000 000 |
100 000 000 |
102 000 000 |
12 % |
2 % |
|
Grèce1,3 |
Touristes |
25 038 500 |
26 276 571 |
27 376 639 |
27 858 064 |
11 % |
2 % |
|
Hongrie |
Touristes |
15 948 919 |
12 162 844 |
12 344 754 |
13 593 000 |
-15 % |
10 % |
|
Irlande6 |
Touristes |
9 353 000 |
6 257 300 |
6 591 600 |
6 404 500 |
-3 % |
|
|
Islande |
Touristes |
2 013 190 |
2 235 360 |
2 279 865 |
2 297 121 |
14 % |
1 % |
|
Israël |
Touristes |
4 551 600 |
3 010 300 |
961 300 |
1 329 000 |
-71 % |
38 % |
|
Italie |
Touristes |
64 512 919 |
57 249 682 |
57 725 148 |
61 335 543 |
-5 % |
6 % |
|
Japon |
Visiteurs |
31 882 049 |
25 066 350 |
36 870 148 |
42 683 837 |
34 % |
16 % |
|
Lettonie1 |
Touristes |
1 945 919 |
1 388 972 |
1 587 158 |
1 671 844 |
-14 % |
5 % |
|
Lituanie |
Touristes |
2 874 900 |
2 404 700 |
2 383 300 |
2 447 500 |
-15 % |
3 % |
|
Luxembourg1 |
Touristes |
1 186 374 |
1 258 072 |
1 364 853 |
1 413 750 |
19 % |
4 % |
|
Mexique |
Touristes |
45 024 453 |
41 949 428 |
45 038 754 |
47 786 706 |
6 % |
6 % |
|
Norvège1 |
Touristes |
5 879 307 |
5 951 367 |
6 670 410 |
7 501 402 |
28 % |
12 % |
|
Nouvelle-Zélande |
Touristes |
3 702 188 |
2 827 557 |
3 175 839 |
3 369 175 |
-9 % |
6 % |
|
Pays-Bas1 |
Touristes |
20 129 000 |
20 303 590 |
21 277 000 |
22 324 000 |
11 % |
5 % |
|
Pologne |
Touristes |
21 158 000 |
18 987 000 |
19 723 000 |
21 414 000 |
1 % |
9 % |
|
Portugal1,3 |
Touristes |
17 282 626 |
19 326 536 |
20 486 340 |
20 776 360 |
20 % |
1 % |
|
République slovaque1 |
Touristes |
2 475 094 |
2 084 239 |
2 165 345 |
2 421 263 |
-2 % |
12 % |
|
Royaume‑Uni |
Touristes |
39 418 000 |
37 214 000 |
38 229 000 |
|
|
|
|
Slovénie1 |
Touristes |
4 701 878 |
4 658 295 |
5 053 536 |
5 471 147 |
16 % |
8 % |
|
Suède1 |
Touristes |
7 615 781 |
7 531 006 |
8 684 886 |
8 443 196 |
11 % |
-3 % |
|
Suisse1,3 |
Touristes |
11 817 617 |
11 620 425 |
12 312 662 |
11 702 142 |
-1 % |
-5 % |
|
Tchéquie 1 |
Touristes |
10 890 500 |
9 558 930 |
10 477 528 |
10 900 263 |
0 % |
4 % |
|
Türkiye |
Touristes |
51 191 882 |
55 158 614 |
60 575 773 |
62 034 424 |
21 % |
2 % |
|
Afrique du Sud |
Touristes |
10 228 000 |
8 483 000 |
8 919 000 |
10 500 000 |
3 % |
18 % |
|
Arabie saoudite |
Touristes |
17 525 636 |
27 423 536 |
29 727 443 |
29 254 787 |
67 % |
-2 % |
|
Argentine |
Touristes |
7 399 049 |
7 285 688 |
6 603 877 |
5 680 796 |
-23 % |
-14 % |
|
Brésil |
Touristes |
6 353 141 |
5 908 341 |
6 773 619 |
9 287 196 |
46 % |
37 % |
|
Bulgarie |
Touristes |
4 067 350 |
3 621 413 |
3 770 036 |
4 140 353 |
2 % |
10 % |
|
Croatie |
Touristes |
17 353 488 |
16 854 869 |
17 378 721 |
17 614 016 |
2 % |
1 % |
|
Égypte |
Touristes |
12 875 682 |
14 726 726 |
15 723 790 |
18 902 101 |
47 % |
20 % |
|
Indonésie |
Visiteurs |
16 106 954 |
11 677 825 |
13 886 678 |
15 400 000 |
-4 % |
11 % |
|
Malte |
Touristes |
2 753 239 |
2 981 476 |
3 563 618 |
4 022 310 |
46 % |
13 % |
|
Maroc |
Touristes |
12 932 734 |
14 524 727 |
17 411 949 |
19 792 604 |
53 % |
14 % |
|
Monténégro |
Touristes |
2 509 625 |
2 447 103 |
2 446 563 |
|||
|
Pérou |
Touristes |
4 371 787 |
2 524 658 |
3 256 693 |
3 416 464 |
-22 % |
5 % |
|
Roumanie4 |
Touristes |
2 683 748 |
2 120 068 |
2 412 810 |
2 587 240 |
-4 % |
7 % |
|
Serbie |
Touristes |
1 846 551 |
2 134 305 |
2 384 735 |
2 348 495 |
27 % |
-2 % |
|
Thaïlande |
Touristes |
39 916 251 |
28 150 016 |
35 545 714 |
33 000 000 |
-17 % |
-7 % |
|
UE273 |
501 237 792 |
485 746 251 |
511 487 045 |
529 557 883 |
6 % |
4 % |
|
|
OCDE3 |
807 514 297 |
758 229 565 |
819 525 945 |
847 044 600 |
5 % |
3 % |
|
|
Monde5 |
1 469 000 000 |
1 327 000 000 |
1 462 000 000 |
1 534 000 000 |
4 % |
5 % |
Note : Pour en savoir plus, veuillez vous reporter aux profils-pays.
Touristes : arrivées internationales (hors visiteurs de la journée).
Visiteurs : arrivées de visiteurs internationaux (visiteurs de la journée compris).
1. Données des enquêtes menées auprès des professionnels.
2. Estimations Atout France
3. Les données pour 2025 sont des estimations de l’OCDE.
4. Les données pour 2025 proviennent de la base de données Eurostat sur les arrivées mensuelles.
5. Données ONU Tourisme (Baromètre du tourisme mondial, annexe statistique, mai 2026).
6. Rupture de série en 2023 en raison d’un changement de méthodologie.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
Dans la moitié des pays de l’OCDE, les arrivées internationales se sont rétablies, voire ont surpassé les niveaux pré-pandémiques fin 2025 ; dans d’autres, elles n’ont pas encore renoué avec ces niveaux. Quatre pays ont enregistré une croissance à deux chiffres en 2025 au point de battre des records du nombre d’arrivées au titre du tourisme récepteur : la Finlande (avec une hausse de 16.5 %), le Japon (15.8 %), la Corée (15.7 %) et la Norvège (12.5 %). Pour la Corée et le Japon, cette évolution a été favorisée par l’amélioration des dessertes et la reprise des voyages à l’étranger au départ de la République populaire de Chine, et s’inscrit dans la continuité de la forte reprise enregistrée en 2024 (48.4 % et 47.1 % respectivement). En revanche, toujours en 2025, les arrivées de touristes internationaux ont été moins nombreuses dans quatre pays qui n’ont toujours pas retrouvé les niveaux pré-pandémiques : le Canada (en baisse de 0.6 %), l’Allemagne (0.8 %), l’Irlande (2.8 %) et les États-Unis (5.5 %). Le tourisme récepteur en Israël est également fortement pénalisé par le conflit en cours au Moyen-Orient et les arrivées y restent nettement inférieures (de 70.8 %) aux niveaux d’avant la pandémie.
Les tensions géopolitiques jouent de plus en plus sur la dynamique du tourisme, modifient les flux touristiques et pèsent sur l’économie du tourisme dans son ensemble. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a perturbé les habitudes de voyage dans la région en restreignant les liaisons aériennes et en entamant la confiance des voyageurs à l’égard de certaines régions d’Europe et des pays voisins. Ainsi, en 2025, le tourisme récepteur en Estonie demeurait inférieur de 16.0 % à son niveau d’avant la pandémie. De même, l’évolution du conflit au Moyen-Orient a contribué à accentuer l’incertitude, entraîné une hausse des prix de l’énergie et s’est répercutée sur la demande de voyages, les coûts d’assurance et la planification des itinéraires. Sous l’effet de ces dynamiques, les flux de visiteurs peuvent se redéployer, au profit de certaines destinations et au détriment d’autres. De manière plus générale, l’instabilité géopolitique montre combien le secteur est vulnérable aux chocs externes et confirme la nécessité de stratégies de résilience, de gestion des risques et de diversification des marchés.
Même si la demande internationale s’est modifiée dans certains pays, les destinations les plus prisées conservent leur statut. Selon ONU Tourisme, la France était le pays le plus visité au monde en 2024, avec 102.0 millions de touristes, devant l’Espagne (93.8 millions) et les États-Unis (72.4 millions). La Türkiye a accueilli 60.6 millions de touristes, suivie de l’Italie avec 57.7 millions. Ensemble, les cinq premiers marchés récepteurs ont reçu un peu plus d’un quart (26.4 %) des touristes internationaux en 2024 (ONU Tourisme, 2026[3]). Le Tableau 1.2 présente la répartition des arrivées internationales entre les pays Membres de l’OCDE et un échantillon de pays partenaires.
L’importance du tourisme interne varie selon les pays mais reste une source stable de retombées économiques, notamment en période d’incertitude. On l’a vu pendant la pandémie, le tourisme interne peut contribuer à faire vivre les entreprises, soutenir l’emploi et préserver l’activité dans tous les secteurs liés au tourisme. Forts de cette expérience, certains pays touchés par le conflit au Moyen-Orient ont cherché à stimuler la demande interne. Le tourisme interne constitue le pilier du secteur dans la plupart des pays de l’OCDE ; de fait, les résidents étaient à l’origine de 78.3 % en moyenne des dépenses touristiques en 2024 (ou la dernière année disponible) dans les pays de l’OCDE (Graphique 1.5). Toutefois, cette part est nettement plus faible dans des pays comme la Türkiye (27 %) et la Hongrie (28 %), ce qui rend leur secteur touristique plus vulnérable à une baisse du nombre de visiteurs étrangers.
Le Graphique 1.5 présente la ventilation de la consommation du tourisme intérieur (interne et récepteur) dans un échantillon de pays Membres de l’OCDE.
Graphique 1.5. Dépenses du tourisme interne et du tourisme récepteur dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.5. Dépenses du tourisme interne et du tourisme récepteur dans les pays de l’OCDEEn % des dépenses du tourisme intérieur, dernière année disponible, 2023 ou 2024
Note : Sont présentés sur ce graphique uniquement les pays pour lesquels on dispose de données au titre de 2023 et de 2024.
Les données pour l’Irlande excluent les estimations de consommation non monétaire et n’attribuent aucune valeur aux logements de vacances utilisés par leurs propriétaires.
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
Un horizon incertain qui dépend de l’évolution de la situation au Moyen-Orient
Copier le lien de Un horizon incertain qui dépend de l’évolution de la situation au Moyen-OrientS’agissant de l’avenir, alors que le tourisme fait déjà face à des enjeux de court terme, la demande devrait rester vigoureuse sur la durée. L’horizon demeure incertain, car le tourisme évolue dans un environnement de risques complexe et dynamique, qui est influencé par la donne géopolitique, notamment par l’évolution de la situation au Moyen-Orient, ainsi que par les pressions qui s’exercent plus largement sur le secteur. À plus long terme, malgré une impulsion grandissante de l’action publique en faveur d’une gestion plus soutenable du tourisme, un enjeu essentiel sera de réussir à suivre le rythme très rapide de l’évolution technologique. Force est de constater que, déjà, les avancées réalisées dans les outils numériques et l’intelligence artificielle transforment les systèmes touristiques, les modèles économiques et le comportement des visiteurs, obligeant le secteur à s’adapter en permanence.
Une récente enquête de l’OCDE et de pays partenaires montre des résultats et un état d’esprit largement positifs. Environ la moitié des pays répondants font état de résultats touristiques légèrement supérieurs à ceux de 2025, et plus des trois quarts tablent sur des niveaux supérieurs à ceux de 2025 fin 2026. Pour environ la moitié, cela cadre avec les prévisions de début d’année. Si la cherté des coûts et les facteurs géopolitiques constituent des obstacles majeurs, certaines destinations déclarent avoir bénéficié du report vers les sites plus proches, plus facilement accessibles et considérés comme plus sûrs. La demande reste globalement résiliente, bien que le comportement de voyage — en particulier le choix de la destination et de la date — dépende de facteurs économiques et géopolitiques. La réputation de la destination, en premier lieu sur le plan de la sécurité, reste un élément important de la confiance. S’agissant de l’avenir, les principaux risques attendus en 2026 sont l’instabilité géopolitique (pour 80 % des répondants), la persistance des tensions sur les prix (75 %), les ruptures de correspondance (45 %) et le ralentissement économique des marchés émetteurs (40 %). Pour 2027, l’état d’esprit reste globalement optimiste.
Le conflit en cours au Moyen-Orient a mis l’économie mondiale sous pression, ce qui rejaillit sur le tourisme dans la mesure où le secteur évolue au gré du contexte économique général. D’après une série de projections de l’OCDE qui commence en juin 2026, les conséquences économiques se feront ressentir un certain temps, même une fois le conflit résolu (OCDE, 2026[1]). Dans l’hypothèse d’une détente des prix à partir du milieu de 2026, l’OCDE prévoit que la croissance économique mondiale va ralentir et atteindre 2.8 % en 2026 (contre 3.4 % en 2025), avant de remonter à 3.1 % en 2027. Dans les pays du G20, l’inflation annuelle mesurée par les prix à la consommation devrait monter à 4.0 % en 2026 (contre 3.4 % en 2025), puis retomber à 3.1 % en 2027 à mesure que la pression se relâchera sur les prix énergétiques et alimentaires. Des perturbations prolongées pourraient toutefois alourdir les coûts économiques et sociaux sur la durée.
Si les répercussions sur le tourisme sont globalement inégales et relativement maîtrisées en dehors des pays directement touchés, le conflit a perturbé les flux de déplacement. Malgré la reprise partielle du trafic aérien depuis et vers les grandes plateformes de correspondance régionales, les compagnies aériennes ont modifié leurs itinéraires et leurs horaires. Ce sont les vols au départ et en direction du Moyen-Orient et des autres destinations tributaires des plateformes de correspondance du Golfe qui en pâtissent le plus. Dans le même temps, la hausse des coûts de l’énergie fait grimper les frais de transport et autres dépenses d’exploitation, tandis que les questions entourant la sécurité, l’accessibilité financière et le risque d’annulation fragilisent la confiance des voyageurs.
Les conséquences sont plus prononcées dans les pays directement touchés par le conflit : le nombre des arrivées internationales a chuté dans les pays du Golfe. Ces pays subissent aussi davantage de dommages aux infrastructures touristiques et de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement locales. Les conseils aux voyageurs, certes nécessaires pour la sécurité des personnes, peuvent avoir pour effet non intentionnel de brider la demande dans les destinations voisines et de retarder le redémarrage de l’activité touristique en particulier s’ils ne sont pas actualisés en temps voulu, au gré de l’évolution de la situation.
Il y a lieu de penser qu’ailleurs, le changement d’itinéraire ou de destination est préféré à une annulation pure et simple. Les entreprises font état d’une évolution des modes opératoires et des habitudes de réservation, avec un raccourcissement des délais de réservation et une demande de flexibilité accrue. Elles attirent également l’attention sur la nécessité de coordonner l’action et de rassurer le public, notamment au sujet de l’approvisionnement en carburant. En conséquence, certaines destinations ont entrepris de se diversifier — pour ne plus faire partie des couloirs de voyage à risque — et de se rapprocher d’autres marchés émetteurs, en particulier sur le territoire national et dans les pays voisins. En parallèle, la crainte d’une dépendance excessive à l’égard de certaines plateformes de correspondance et compagnies aériennes a renforcé l’attention portée à la nécessité d’accroître la diversité et la résilience des connexions aériennes.
La signature du protocole d’accord d’Islamabad devrait permettre de restaurer la confiance, mais la situation reste fragile. Déjà, l’évolution des habitudes de voyage et la prise en compte des risques modifient les flux de visiteurs, la fréquentation chutant dans certaines destinations pour augmenter ailleurs. Ces forces à l’œuvre transforment également la planification prévisionnelle à l’heure où les compagnies aériennes, les organisateurs de voyages et autres prestataires de tourisme conçoivent leurs programmes pour 2027 et les années suivantes. Tout regain d’instabilité pourrait avoir des répercussions plus vastes et plus durables, notamment en freinant la demande de déplacements en 2027, sur fond de pressions sur les coûts, de problèmes de connectivité, de considérations de sécurité et d’incertitude grandissante. Si, jusqu’à présent, la demande touristique se révèle résiliente malgré les récentes pressions inflationnistes, qui ont fait grimper les prix des restaurants et des hôtels de 46.1 % entre 2020 et 2024, contre 34.9 % à l’échelle de l’ensemble de l’économie (OCDE, 2026[7]), une pression continue sur les prix risque, à terme, de fortement grever les dépenses touristiques.
Il y a donc tout lieu de penser que les habitudes de voyage continueront de dépendre des perceptions de la sécurité, des possibilités de perturbations et de l’accessibilité financière, au moins à court terme. Cette situation, qui soulève autant de défis pour les entreprises et les destinations, crée aussi des possibilités nouvelles à mesure que la demande s’adapte. Cela pourrait contribuer à orienter la demande vers les destinations plus abordables, les séjours plus courts et les offres de voyage plus économiques, ce qui rejaillirait sur le niveau global des dépenses ainsi que sur la répartition et la qualité de la valeur ajoutée touristique. Une transformation de la structure des dépenses pourrait peser sur les marges, modifier la distribution de la demande entre les segments à faible valeur et à valeur élevée et influer sur la capacité des destinations et des entreprises à créer et conserver la valeur économique. Plus largement, la situation en cours met en exergue la sensibilité du tourisme aux chocs extérieurs et aux risques interdépendants, alors même que le secteur continue de faire montre de résilience, fort de l’expérience accumulée et des pratiques solidement établies dans le domaine de la gestion des risques, qui lui permettent de s’adapter, de se relever et de prospérer.
Le tourisme est lui aussi touché par le phénomène transverse de la transformation numérique, qu’il s’agisse des modèles économiques ou de la prestation de services en passant par la gestion des visiteurs et la planification des destinations. Le recours accru aux outils numériques et aux méthodes fondées sur des données, IA incluse, permet de proposer des services davantage personnalisés, d’optimiser les activités et de gérer les flux de visiteurs en temps réel. L’amélioration des capacités de collecte de données, d’intégration et de prévision renforce en outre la base d’éléments factuels disponible pour la prise de décision. Ces évolutions réduisent les obstacles à l’entrée pour les entrepreneurs, stimulent la création de nouveaux modèles économiques et améliorent la connectivité tout au long de la chaîne de valeur du tourisme. Dans le même temps, le rythme des changements rend d’autant plus nécessaire d’élaborer des politiques prospectives qui aident les PME à se doter de compétences numériques, à les renforcer et à faire en sorte que la transformation numérique participe au développement d’un tourisme durable.
Des travaux récemment menés par l’OCDE pour le G7 et l’APEC montrent les importantes potentialités d’innovation et de résilience que l’IA offre au secteur (OCDE, 2024[8]) (OCDE, à paraître en 2026[9]). Les défis de taille qui en résultent du point de vue de l’action publique, concernant les compétences, la gouvernance des données et l’utilisation responsable des technologies, soulignent la nécessité de disposer de cadres d’action et de dispositifs de soutien cohérents à l’intention des PME, afin de mettre la transformation numérique au service du développement d’un tourisme durable. (OCDE, 2024[8]). Il ressort d’une récente enquête de l’OCDE que l’adoption des outils de l’IA progresse rapidement parmi les PME, comme en témoigne la généralisation des applications standards d’IA, mais que toutes sont loin de les intégrer de manière stratégique, ciblée et sécurisée dans leurs activités (OCDE, 2026[10]). Les pouvoirs publics ont un rôle central à jouer à cet égard, en instaurant les conditions requises pour que les entreprises du tourisme de toutes tailles tirent profit des avantages procurés par l’IA, les autres nouvelles technologies et la transformation numérique, tout en faisant face aux risques émergents.
Les pressions environnementales, comme la rareté de l’eau, les contraintes foncières et la forte exposition aux aléas naturels, poussent les pays à revoir leurs modèles traditionnels de développement du tourisme. La fréquence et l’intensité accrues des événements météorologiques extrêmes ajoutent une complexité supplémentaire en renforçant la nécessité de rendre les systèmes touristiques plus résilients et plus adaptatifs. Des destinations pâtissent déjà de la chaleur extrême, des incendies incontrôlés, des inondations et des fortes tempêtes, qui endommagent les infrastructures et influent sur le comportement de voyage. Comme souligné dans le chapitre 4, le secteur étant tributaire de l’existence d’actifs naturels, d’un climat de sécurité et de conditions prévisibles, il va falloir engager des politiques proactives et réaliser des investissements ciblés pour le préparer à affronter les effets des phénomènes météorologiques extrêmes dont l’ampleur ne cesse de croître. Il sera essentiel de renforcer les capacités de préparation et d’adaptation pour préserver les actifs touristiques, conserver la confiance des visiteurs et soutenir la résilience et durabilité du secteur sur le long terme.
D’autres tendances structurelles transforment le tourisme : la croissance rapide des revenus et l’expansion de la classe moyenne dans les économies émergentes, qui constituent des moteurs de la demande de plus en plus importants. D’après les projections, la classe moyenne mondiale comptera en 2030 quelque 5 milliards de personnes, contre 4 milliards au début des années 2020 (Kharas, 2026[11]). Cet élargissement de la base des consommateurs devrait fortement stimuler la demande touristique (Forum économique mondial, 2025[12]), grâce aux grands marchés émetteurs — comme la Chine — et à l’essor du marché indien. La concrétisation de ce potentiel suppose d’adapter l’offre touristique en fonction de l’évolution des préférences tout en gérant les retombées sociales et environnementales connexes.
Outre les marchés émergents, les préférences des jeunes générations en matière de voyage devraient elles aussi influer sur la demande touristique et encourager la diversification des produits. D’après les projections, en 2030, les générations Y et Z formeront plus de la moitié de la population mondiale des voyageurs et, dans leurs dépenses, les expériences l’emporteront de plus en plus sur les biens (Forum économique mondial, 2025[12]). Cette évolution crée des débouchés dans les segments expérientiels, comme les événements culturels et musicaux, ainsi que sur le segment du tourisme sportif, dont les recettes mondiales sont estimées à 609 milliards USD pour 2023 et devraient croître au rythme de 16 % par an entre 2024 et 2030 (ONU Tourisme, 2024[13]). Bien que synonymes de potentiel de création de valeur et d’extension des avantages du tourisme, ces tendances imposent aussi que les destinations adaptent leur offre en conséquence et en gèrent les répercussions pour garantir la viabilité à long terme.
La hausse de la demande risque d’exercer des pressions sur les destinations, plus précisément sur les infrastructures, les ressources naturelles et la population locale, voire d’exacerber les déséquilibres spatiaux et saisonniers. L’existence de ces défis étant toutefois de plus en plus admise, des progrès sont en cours sur la voie d’une gestion plus durable du tourisme. Comme indiqué dans le chapitre 3, les efforts déployés pour renforcer les retombées sociales du tourisme sont en train de s’intensifier, l’accent étant de plus en plus mis sur le développement équilibré du tourisme et sur des répercussions plus favorables pour la population locale. Il sera essentiel de soutenir ces efforts pour aligner l’évolution du tourisme sur les objectifs plus généraux de durabilité et pour soutenir la création de valeur à long terme.
Pour pouvoir appréhender ces tendances complexes dans un environnement de plus en plus incertain, il faut une action publique coordonnée à tous les niveaux d’administration. Des démarches anticipatives, flexibles et plus intégrées s’imposent pour remédier aux faiblesses structurelles des modèles de développement touristique et aux déséquilibres observés dans la répartition des activités et bienfaits touristiques. Il s’agit notamment d’instaurer les conditions nécessaires pour que le secteur tire parti des possibilités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle, de redoubler d’efforts pour atténuer et adapter le changement environnemental et de veiller à ce que les avantages plus larges du tourisme, y compris économiques, soient distribués de manière plus égale entre les entreprises, la main-d’œuvre et la population à l’échelon local. Ces questions sont examinées plus en détail dans le chapitre 2.
Vers des résultats touristiques plus équilibrés, durables et résilients
Copier le lien de Vers des résultats touristiques plus équilibrés, durables et résilientsLes résultats économiques du tourisme ont aussi d’importantes répercussions sociales et environnementales, qui touchent à la fois les avantages et les coûts. Si le tourisme est susceptible de contribuer au bien-être collectif, aux échanges culturels et à la conservation du patrimoine naturel et culturel, sa croissance est une source potentielle de tensions entre les visiteurs et la population locale, en particulier lorsque la valeur ajoutée est mal redistribuée vers l’échelon local ou que la concentration géographique ou saisonnière de la demande est particulièrement marquée. De plus, le tourisme mobilise beaucoup de ressources et participe à la production d’émissions et de déchets, ce qui n’est pas toujours sans conséquence sur les écosystèmes et la qualité environnementale. Dans le prolongement des travaux actuellement menés par l’OCDE pour élaborer une série d’indicateurs clés qui permettent de mesurer les retombées générales du tourisme au-delà de la dimension économique, à l’appui de l’élaboration de politiques plus équilibrées et fondées sur des données probantes dans les pays, l’objet de cette section est de présenter les faits établis concernant plusieurs indicateurs clés.
La saisonnalité est une caractéristique structurelle commune du tourisme qui occupe bien souvent une place clé dans les stratégies et les programmes de portée nationale ou spécifiques à une destination. Lorsque la demande touristique est fortement concentrée sur des périodes particulières de l’année, cela peut signifier que les infrastructures et la population sont mises à rude épreuve en haute saison et qu’en basse saison, les capacités sont sous-utilisées et les retombées économiques moins stables. Outre qu’elle pose un problème de soutenabilité, la saisonnalité a des conséquences sur la résilience, dans la mesure où les risques et les pressions sont concentrés de manière inégale dans le temps et que les économies touristiques tributaires de pics d’activité de courte durée sont plus vulnérables en cas de choc.
Dans les pays de l’OCDE, environ 40 % des nuitées touristiques se concentrent sur les trois mois les plus actifs, avec des tendances similaires pour le tourisme interne et récepteur. Les données révèlent toutefois de fortes disparités entre les pays. En Norvège (59 %), en Grèce (52 %), en Suède (51 %) et en Slovénie (50 %), plus de la moitié des nuitées de tourisme récepteur se concentrent sur seulement trois mois, ce qui correspond probablement à des modèles de tourisme étroitement liés au climat et à la nature (Graphique 1.6). Des destinations moins saisonnières comme le Japon (28 %), le Mexique (29 %), les États-Unis (29 %), la Colombie (29 %) et la Corée (30 %) affichent une distribution plus égale de la demande, avec moins de 30 % de nuitées durant les mois de haute saison. C’est le signe d’une offre touristique plus diverse et moins tributaire des conditions météorologiques, soutenue par des produits disponibles tout au long de l’année (par exemple, voyages professionnels, tourisme urbain et activités culturelles). Cela révèle aussi une plus grande stabilité de l’activité économique et de l’emploi sur l’ensemble de l’année. En l’absence de données infranationales plus fines, ces données peuvent néanmoins masquer d’importants écarts temporels et spatiaux entre les destinations.
Graphique 1.6. Saisonnalité dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.6. Saisonnalité dans les pays de l’OCDENuitées touristiques durant les trois mois les plus actifs en pourcentage du total, 2024
La concentration spatiale constitue une autre caractéristique structurelle commune du tourisme, qui peut faire naître des difficultés de taille sur les plans économique, social et environnemental. Quand la fréquentation se limite à un petit nombre de destinations, cela peut se traduire par la mise à mal des infrastructures, la dégradation des actifs naturels et culturels et une perte de qualité de vie, alors que les régions moins visitées ne bénéficient pas de la manne touristique. Ce déséquilibre rend aussi plus vulnérable, dans la mesure où la dépendance à l’égard d’une poignée de destinations clés accroît l’exposition du secteur du tourisme aux chocs externes et limite le potentiel de durabilité et de résilience.
Dans les pays de l’OCDE, la demande touristique est concentrée dans l’espace : 10 % des régions pour lesquelles des données sont disponibles se partagent environ 47 % du nombre total de nuitées (Graphique 1.7). Dans un grand nombre de pays, une poignée de régions concentrent une proportion importante des nuitées : grandes villes, espaces côtiers ou plateformes touristiques à la réputation bien établie. Cela signifie qu’il s’agit de destinations très attractives, qui se caractérisent toutefois par une distribution spatiale déséquilibrée. À l’inverse, quand un grand nombre de régions accueillent relativement peu de visiteurs, le potentiel touristique est sous-utilisé dans des zones moins réputées. Par conséquent, l’un des principaux enjeux de l’action publique consiste à gérer la pression dans les régions très prisées tout en encourageant la dispersion vers les zones moins fréquentées de manière à améliorer la soutenabilité du tourisme, à réduire la surfréquentation et à accompagner le développement économique régional.
La distribution des nuitées touristiques variant grandement selon les pays, il y a matière à mieux étaler la manne touristique. Dans la zone OCDE, la région la plus fréquentée en nombre de nuitées touristiques en a enregistré en moyenne six fois plus que la région la moins visitée en 2024. Ces disparités sont particulièrement prononcées dans des pays comme l’Espagne et la France. En Espagne, l’écart entre la région la plus visitée (les îles Canaries) et la moins visitée (Melilla) est de 743 fois, contre 501 en France (avec respectivement l’Île‑de‑France, qui inclut Paris, et la région ultramarine de Mayotte, située dans l’océan Indien). Au Japon, le Sud-Kanto, qui comprend Tokyo, est la région de l’OCDE qui a enregistré le plus grand nombre de nuitées touristiques (170 millions). Elle est suivie de la région du Kansai, où se situent Kyoto et Okinawa (121 millions). À l’autre extrémité du classement figure l’île de Shikoku, où le nombre de nuitées, pourtant substantiel (15 millions), représente moins d’un dixième de celui enregistré dans le Sud-Kanto. Ces chiffres révèlent une forte concentration du tourisme qui, à moins d’être bien gérée, risque de créer des tensions dans les régions concernées. Ils montrent aussi qu’il y a matière à développer le tourisme dans les régions moins fréquentées et à mieux répartir les retombées économiques du secteur entre les pays.
Graphique 1.7. Répartition régionale des nuitées touristiques dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.7. Répartition régionale des nuitées touristiques dans les pays de l’OCDENuitées touristiques au niveau TL2 (échelle log), 2024
Note : Les données indiquées pour l’Islande se rapportent à l’année 2023.
Source : Statistiques régionales de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
La durée de séjour est un autre indicateur important du tourisme, car elle a une incidence directe sur la structure des dépenses, l’utilisation des ressources et la distribution de l’activité touristique. Il ressort des données qu’il existe des différences très nettes entre le tourisme interne et le tourisme récepteur et que la situation varie grandement d’un pays de l’OCDE à l’autre. En général, les visiteurs non résidents séjournent plus longtemps que les touristes internes, en raison de frais et d’une distance de voyage plus élevés. Le cas de l’Australie (qui se situe au sommet du classement avec 35.7 jours, soit près de cinq fois plus que le pays suivant) en est une illustration extrême : son éloignement des marchés émetteurs est propice à des séjours plus longs ; il s’agit aussi d’une destination populaire auprès des étudiants en mobilité internationale et du fait de son programme de visa vacances-travail. Le tourisme interne se caractérise par des séjours de plus courte durée, mais fait l’objet d’une demande plus fréquente, plus stable et plus homogène, entre 2 et 4 nuitées, à l’exception notable de la Türkiye (7.2 nuitées), de la Pologne (4.5) et de la France (4.3). En 2024, les visiteurs non résidents ont séjourné en moyenne 4.8 nuitées dans les pays de l’OCDE (contre 3.0 pour les visiteurs internes). Hors Australie, ce chiffre tombe à 3.9 nuitées, mais reste inchangé pour le tourisme interne (Graphique 1.8).
Cet écart a des implications importantes pour la valeur économique, la soutenabilité et la résilience du tourisme. Une conséquence possible est que le tourisme récepteur rapporte davantage par voyage, même si ses volumes sont moindres, tandis que le tourisme interne contribue à une demande plus stable tout au long de l’année, malgré un niveau de dépenses moindre par voyage. Il conviendrait de disposer de données sur les dépenses des visiteurs pour valider cette supposition.
Graphique 1.8. Durée de séjour dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.8. Durée de séjour dans les pays de l’OCDENombre moyen de nuitées par voyage, 2024
Note : Pour une meilleure lisibilité, l’axe des ordonnées ne va pas au-delà de 10. En Australie, la durée moyenne du séjour des visiteurs non résidents est de 35.7 nuitées. Les données relatives à la durée de séjour des visiteurs internes en Israël se rapportent à l’année 2023.
Ne sont indiqués que les pays pour lesquels les données relatives aux arrivées et aux nuitées proviennent de la même source.
Dans les cas de l’Autriche, de la Grèce, de l’Italie, de la Lituanie, du Luxembourg, du Portugal, de la République slovaque, de la Suède, de la Suisse et de la Tchéquie, les données relatives à la durée de séjour des visiteurs internes proviennent d’enquêtes menées auprès des professionnels.
Les données sur la durée de séjour des visiteurs non résidents concernent l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, Israël, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la République slovaque, la Suède, la Suisse, la Tchéquie et la Türkiye.
Les données relatives à l’Australie et aux États-Unis incluent les séjours de courte durée des étudiants en mobilité internationale (moins d’un an).
Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).
Le tourisme est étroitement lié au milieu naturel, qui participe à l’attractivité d’une destination. Pourtant, le secteur du tourisme mobilise beaucoup de ressources et contribue en grande partie aux émissions imputables aux transports, en particulier au transport aérien de personnes. Ces émissions sont inégalement distribuées et sont étroitement liées à la courbe des revenus, à la géographie et aux habitudes de voyage : les niveaux les plus élevés sont associés au transport longue distance et aux marchés qui se caractérisent par une forte intensité de déplacements. Il y a tout lieu de penser que ces pressions vont s’exacerber avec la hausse continue de la demande touristique, en particulier internationale, ce qui rend d’autant plus nécessaire d’accélérer la transition vers une aviation plus durable et d’intégrer la dimension climatique dans les trajectoires de développement du tourisme.
Des données expérimentales apportent un éclairage inédit sur la part non négligeable des émissions dues au transport aérien de personnes dans les pays de l’OCDE. Ces données se rapportent aux émissions de dioxyde de carbone produites par la combustion du carburéacteur et de l’essence aviation qui sont vendus dans un pays donné. Leur niveau est calculé à partir de l’estimation du volume des émissions produit par tous les vols effectués depuis le pays considéré (Clarke et al., 2022[14]). Leur valeur varie considérablement selon les pays et les destinations. Par exemple, les émissions du transport aérien intérieur de passagers s’élèvent à 7.9 millions de tonnes en Australie, contre 21 tonnes en Slovénie (Graphique 1.9). Ces disparités montrent que les émissions dépendent fortement des spécificités nationales. Dans le cas de l’Australie, le volume important du trafic aérien intérieur tient à l’étendue du territoire et à l’existence d’infrastructures de transport aérien bien développées, tandis qu’en Slovénie, la demande de vols intérieurs est limitée par la superficie et la taille de la population. Les données n’en permettent pas moins de connaître le niveau actuel des émissions et d’établir des comparaisons entre les pays de l’OCDE.
Graphique 1.9. Émissions de carbone dues au transport aérien de passagers dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.9. Émissions de carbone dues au transport aérien de passagers dans les pays de l’OCDEEn tonnes de dioxyde de carbone, 2024
Note : Pour une meilleure lisibilité, l’axe des abscisses ne va pas au-delà de 25 millions. Les émissions de l’aviation internationale s’élèvent à 31.7 millions de tonnes au Royaume-Uni et à 68 millions de tonnes aux États-Unis. Les émissions de l’aviation intérieure s’élèvent à 132 millions de tonnes aux États-Unis.
Les émissions territoriales d’un pays donné correspondent aux émissions produites par l’ensemble des vols effectués depuis le pays considéré au cours de la période de référence (Clarke et al., 2022[14]).
Source : Statistiques (expérimentales) de l’OCDE sur les émissions du transport aérien (base de données).
Références
[14] Clarke, D. et al. (2022), « CO2 Emissions from air transport: A near-real-time global database for policy analysis », OECD Statistics Working Papers, n° 2022/04, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ecc9f16b-en.
[6] Eurostat (2026), EU tourism nights in the first quarter of 2026 up 3%, https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20260602-1#:~:text=In%20the%20first%20quarter%20of%202026%2C%20there%20were%20471.1%20million,173.2%20million%20(%2B3.7%25).
[12] Forum économique mondial (2025), Travel and Tourism at a Turning Point: Principles for Transformative Growth, https://reports.weforum.org/docs/WEF_Travel_and_Tourism_at_a_Turning_Point_2025.pdf.
[11] Kharas, H. (2026), The Rise of the Global Middle Class, https://oasis.library.unlv.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1169&context=brookings_lectures_events (consulté le 4 mai 2026).
[2] OCDE (2026), Annual GDP and components - output approach (ensemble de données), https://data-explorer.oecd.org/vis?fs[0]=Topic%2C1%7CEconomy%23ECO%23%7CNational%20accounts%23ECO_NAD%23&fs[1]=Topic%2C3%7CEconomy%23ECO%23%7CNational%20accounts%23ECO_NAD%23%7CGDP%20and%20non-financial%20accounts%23ECO_NAD_GNF%23%7CGDP%20and%20components (consulté le 5 mai 2026).
[7] OCDE (2026), Consumer price indices (CPIs, HICPs), COICOP 1999 (ensemble de données), https://data-explorer.oecd.org/vis?tm=coicop%201999&pg=0&snb=21&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_PRICES%40DF_PRICES_ALL&df[ag]=OECD.SDD.TPS&df[vs]=1.0&dq=.M.N.CPI.._T.N.GY%2B_Z&lom=LASTNPERIODS&lo=13&to[TIME_PERIOD]=false.
[10] OCDE (2026), « Empowering SMEs in the age of AI: The 2026 OECD D4SME Survey », OECD SME and Entrepreneurship Papers, n° 78, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/bf5a9816-en.
[17] OCDE (2026), OECD Tourism Statistics - Regions (for ’Developer API’) (ensemble de données), https://data-explorer.oecd.org/vis?tm=tourism&pg=0&snb=46&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_REG_TOUR%40DF_TOUR&df[ag]=OECD.CFE.EDS&df[vs]=1.0.
[16] OCDE (2026), OECD Tourism Statistics (ensemble de données), https://data-explorer.oecd.org/?fs[0]=Topic,1%7CIndustry%252C%20business%20and%20entrepreneurship%23STI%23%7CTourism%23STI_TOR%23&pg=0&fc=Topic&bp=true&snb=7.
[1] OCDE (2026), Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2026 Numéro 1 : Sous pression, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0688e261-fr.
[8] OCDE (2024), « Artificial Intelligence and tourism: G7/OECD policy paper », Études de l’OCDE sur le tourisme, n° 2024/02, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3f9a4d8d-en.
[5] OCDE (2024), Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5efe3a55-fr.
[4] OCDE (2019), « Établir de nouvelles données de l’OCDE sur les échanges touristiques en valeur ajoutée », Études de l’OCDE sur le tourisme, n° 2019/01, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ad21b57d-fr.
[9] OCDE (à paraître en 2026), Artificial Intelligence and Tourism: boosting innovation, enhancing sustainability in APEC economies.
[3] ONU Tourisme (2026), World Tourism Barometer and Statistical Annex, mai 2026, https://www.e-unwto.org/toc/wtobarometereng/24/2.
[15] ONU Tourisme (2025), World Tourism Barometer and Statistical Annex, septembre 2025, https://www.e-unwto.org/toc/wtobarometereng/23/3.
[13] ONU Tourisme (2024), 3ème Congrès Mondial du Tourisme Sportif, https://www.untourism.int/fr/events/3eme-congres-mondial-du-tourisme-sportif.
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