Depuis plusieurs années, le tourisme fait preuve de résilience et confirme son rôle de vecteur de croissance économique, même dans un climat d’incertitude croissante. Cela étant, les tensions économiques et géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, exposent le secteur à de nouvelles pressions, tandis que des mutations structurelles continuent d’influer sur le développement et la gestion du tourisme, mais aussi sur la façon dont il est vécu. Dans ce contexte, des politiques souples, proactives et coordonnées sont nécessaires pour que le tourisme gagne en durabilité, en résilience et en compétitivité.
Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2026 (version abrégée)
Résumé
Copier le lien de RésuméLa résilience du tourisme à l’épreuve de l’incertitude
Copier le lien de La résilience du tourisme à l’épreuve de l’incertitudeLa vigueur de la demande a propulsé le tourisme vers des niveaux records dans de nombreux pays de l’OCDE ces dernières années, accentuant encore son poids économique. Dans les pays de l’OCDE, les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 8.1 %, pour atteindre 819.5 millions en 2024, dépassant les niveaux observés avant la pandémie, et le secteur a contribué directement à hauteur de 4.0 % au PIB et de 19.3 % aux exportations de services, sans compter les retombées conséquentes en amont, dans les secteurs des transports, du commerce et de l’agriculture, entre autres. Cette progression s’est poursuivie en 2025, avec une hausse des arrivées internationales estimée à 3.4 %.
Le secteur a toutefois été freiné dans son élan début 2026 par le conflit au Moyen-Orient. Sur le plan touristique, ce conflit a particulièrement pénalisé la région, ainsi que les destinations dépendant des plateformes de correspondance aérienne des pays du Golfe pour leur desserte. Le protocole d’accord d’Islamabad devrait permettre de restaurer la confiance, mais la situation reste fragile, et les interrogations entourant la sécurité, les perturbations potentielles, et l’accessibilité financière pourraient continuer, notamment à court terme, de peser sur les habitudes de voyages.
À plus long terme, les répercussions sont encore incertaines. Même si globalement la demande à long terme reste soutenue, les entreprises et les destinations doivent se préparer à relever des défis et à saisir les opportunités que les évolutions potentielles de la demande pourraient offrir. Il sera essentiel de renforcer les cadres d’action pour gérer la croissance du tourisme et améliorer la préparation face aux crises, à savoir, non seulement les chocs géopolitiques, mais aussi les phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents et les tensions que le tourisme exerce au niveau local, afin de mieux tenir compte des avantages et des inconvénients pour les populations locales.
De nouvelles priorités au service de la compétitivité, de la durabilité et de la résilience
Copier le lien de De nouvelles priorités au service de la compétitivité, de la durabilité et de la résilienceLes pouvoirs publics sont de plus en plus nombreux à revoir leur mode de développement et de gestion du tourisme, et à adopter des approches plus stratégiques visant à concilier les retombées économiques, sociales et environnementales du tourisme tout en renforçant la compétitivité et la résilience. Dans certaines destinations, la concentration des flux touristiques pèse sur les infrastructures et les populations locales, alors que d’autres, moins fréquentées, n’ont pas accès aux retombées positives du tourisme. Dans le même temps, l’augmentation des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes intensifie les contraintes opérationnelles et sécuritaires, modifie la demande touristique et crée à la fois des défis et des opportunités.
En matière de tourisme, la notion de réussite est de plus en plus déterminée par la capacité du secteur à créer une valeur économique pérenne caractérisée par une résilience accrue, une durabilité environnementale et des retombées positives pour les populations locales. On observe que les pays s’orientent de plus en plus vers une gestion stratégique du tourisme, soutenue par des cadres de gouvernance conçus pour améliorer la coordination entre les différents domaines d’action et entre les niveaux d’administration, tout en mettant l’accent sur une gestion responsable de l’environnement, une participation des populations et des acteurs locaux, et une gestion des visiteurs.
La transformation numérique et les progrès de l’intelligence artificielle font naître de nouvelles possibilités d’améliorer la gestion du tourisme, de gagner en efficacité opérationnelle et d’offrir des expériences plus personnalisées. Parallèlement, les pouvoirs publics renforcent les systèmes de données et les outils numériques afin de produire des données plus actuelles, plus détaillées et plus fiables sur le tourisme, qui permettent d’accorder aux approches fondées sur les données une place de plus en plus centrale dans la conception et la mise en œuvre des politiques du tourisme.
Pour transformer ces évolutions stratégiques en actions concrètes, il faut mettre en place un environnement propice aux entreprises touristiques, notamment en simplifiant la réglementation, en améliorant l’accès au financement, en investissant dans les compétences, et en accompagnant les transitions numérique et durable. Ainsi, des systèmes de transport fiables restent essentiels pour améliorer les connexions et l’expérience des touristes, tandis qu’une meilleure accessibilité et l’ouverture à un public plus large peuvent produire des bénéfices de grande ampleur pour les régions et les collectivités locales.
Dans ce contexte, des approches plus coordonnées et plus souples de l’action publique déployées à l’échelle de l’ensemble des administrations sont nécessaires pour faire face à l’incertitude, s’attaquer aux déséquilibres structurels, saisir les opportunités offertes par le numérique et par l’IA, accélérer l’action environnementale et répartir plus largement les bénéfices du tourisme. Or, pour bâtir un secteur du tourisme résilient et compétitif, il faudra des investissements ciblés et une plus grande cohérence de l’action publique afin d’aider les PME, de moderniser les infrastructures, d’améliorer les connexions et de parvenir à des résultats plus durables.
Les axes d’action prioritaires
Copier le lien de Les axes d’action prioritairesCoordonner les politiques nationales et locales et donner plus d’autonomie aux destinations dans la gestion du tourisme
Mieux coordonner la gouvernance pluri-niveaux afin de faire coïncider l’action nationale et l’action locale, et inscrire les approches définies à l’échelle de l’ensemble de l’administration ainsi que l’autonomie accordée aux destinations dans un cadre stratégique clair.
Adopter des modèles touristiques fondés sur des valeurs, en donnant la priorité à la durabilité et à la résilience, en gérant activement les flux de visiteurs et en intégrant des considérations sociales et environnementales dans la planification du tourisme.
Investir dans les données, la transformation numérique et l’IA pour produire et diffuser des informations actuelles et détaillées qui favorisent une meilleure gestion des destinations et une prise de décision fondée sur des données factuelles.
Rendre l’environnement plus propice aux entreprises du tourisme en allégeant les contraintes réglementaires, en élargissant l’accès aux financements et aux compétences, et en favorisant l’adoption des innovations et des technologies numériques.
Améliorer les retombées sociales du tourisme pour les destinations et les populations locales
Renforcer la gouvernance des destinations de façon à faire coïncider les priorités nationales et celles des destinations, déléguer davantage aux collectivités locales et adapter le développement du tourisme au contexte, aux capacités et aux besoins locaux.
Gérer la croissance du tourisme de manière à trouver le juste équilibre entre les avantages et les inconvénients, en redirigeant les flux de visiteurs vers des zones équipées pour les accueillir, en investissant dans des infrastructures partagées et en intégrant le tourisme dans le développement régional au sens large.
Maximiser les retombées du tourisme pour les populations locales en soutenant les entreprises locales, en favorisant la création de valeur au niveau local et en encourageant la diversification économique grâce à des politiques intégrées et intersectorielles.
Adapter le tourisme aux phénomènes météorologiques extrêmes
Intégrer l’évaluation des risques, les systèmes d’alerte précoce et les mécanismes de réponse aux crises dans la planification du tourisme afin de mieux anticiper et faire face à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses.
Promouvoir l’investissement dans des infrastructures touristiques résilientes capables de résister aux événements météorologiques extrêmes, y compris dans des solutions fondées sur la nature, afin de diminuer la vulnérabilité et de renforcer la résilience du secteur sur le long terme.
Renforcer la capacité d’adaptation des décideurs publics et des entreprises en favorisant le développement des compétences et des connaissances nécessaires pour évaluer les risques, hiérarchiser les actions et mettre en œuvre des stratégies d’adaptation efficaces.