Les dépenses d’éducation représentent environ 5 % du PIB dans les pays de l’OCDE et ont connu une tendance stable ou à la baisse au cours des deux dernières décennies. Compte tenu de l’évolution de la démographie et des tendances en matière de scolarisation, les dépenses unitaires ont augmenté ces dernières années. Les résultats scolaires ont également diminué dans certains pays. Il est donc possible d’améliorer l’efficience et l’efficacité des dépenses d’éducation. Le présent chapitre passe en revue les initiatives en cours visant à réaliser des économies et des gains d’efficience dans ce domaine. Les mesures notifiées se répartissent en trois grandes catégories : rééquilibrer l’aide publique et les contributions privées, par exemple en ciblant l’aide aux étudiants ou en augmentant la participation des usagers, principalement dans l’enseignement supérieur ; ajuster l’offre éducative à l’évolution de la demande ; et veiller à ce que les budgets de l’éducation soient alloués là où ils sont susceptibles d’avoir le plus d’impact, par exemple en améliorant l’efficience de la gouvernance et de l’administration.
Restaurer les finances publiques
7. Éducation
Copier le lien de 7. ÉducationDescription
Sur fond de rigueur budgétaire, d’évolution démographique et de dégradation des résultats scolaires, l’enquête montre que les pouvoirs publics mettent en œuvre un ensemble de mesures d’économie ciblées et progressives pour réaliser des gains d’efficience dans l’éducation, en particulier dans l’enseignement supérieur.
Près des trois cinquièmes des participants cherchent à améliorer l’efficience des dépenses d’éducation, soit en rééquilibrant les aides publiques et les contributions privées, en adaptant l’offre éducative à la demande (par exemple, à l’évolution démographique et à l’évolution des mobilités géographiques), soit en réaffectant des financements pour optimiser l’impact et remédier aux difficultés liées à la baisse des résultats scolaires. Globalement, l’ampleur de ces mesures est modeste, et plusieurs participants prévoient de réinvestir dans le secteur de l’éducation les économies réalisées. Les réformes plus approfondies, telles que la réforme de la gouvernance ou la rationalisation des dépenses de personnel, sont moins fréquemment observées dans l'enquête de l’OCDE sur le redressement des finances publiques (RFP). Le décalage observé récemment entre l’augmentation des dépenses par élève et la baisse concomitante des résultats scolaires met en évidence la nécessité d’élargir le champ d’application des réformes visant à renforcer l’efficience et à améliorer l’utilisation des ressources.
Initiatives de réforme et mesures d’économie
1. Réduire les dépenses consacrées aux aides à l’enseignement supérieur
Réduire ou restructurer les bourses et les prêts étudiants, souvent pour décourager les études prolongées ou l’accumulation de crédits universitaires, en particulier dans les pays où les aides sont généreuses.
Améliorer les conditions de ressources pour mieux cibler les mesures d’aide aux étudiants.
Restreindre l’accès aux prestations redondantes, y compris les aides au logement.
2. Réponses structurelles à l’évolution de la démographie et des marchés du travail
Rationaliser progressivement le système d’enseignement primaire et secondaire, notamment en fusionnant les établissements et en regroupant ou en fermant des classes, afin d’adapter les capacités à la baisse du nombre d’élèves.
Inciter les établissements d’enseignement supérieur à rationaliser leurs programmes et à engager une réforme de leur gestion.
Améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail, notamment en proposant des programmes d’enseignement flexibles ou plus courts.
3. Gains d’efficience dans l’enseignement primaire et secondaire
D’après les réponses à l’enquête, les réformes de l’enseignement obligatoire sont moins courantes, et les économies importantes dans ce domaine sont rares. Néanmoins, parmi les mesures dont les pays ont fait part figurent les suivantes :
Réduire les coûts liés au personnel enseignant en adaptant les effectifs à la baisse des inscriptions ou en concentrant les ressources d’enseignement sur les tâches pédagogiques essentielles.
Réaffecter les ressources vers les secteurs à fort impact au sein du secteur tout en réduisant les activités à faible valeur.
Mettre en place des redevances d’utilisation pour les services complémentaires (par exemple, transport ou accueil périscolaire).
Faire évoluer la gouvernance, notamment en transférant les responsabilités vers les municipalités ou les établissements scolaires.
Réaliser des gains d’efficience ou des économies administratives.
7.1. Évolution récente des dépenses d’éducation
Copier le lien de 7.1. Évolution récente des dépenses d’éducationL’éducation est l’une des principales catégories de dépenses publiques dans les pays de l’OCDE. En 2023, les pays de l’OCDE ont consacré en moyenne 11.4 % de leurs dépenses publiques à l’éducation (Graphique 7.1, partie A), soit l’équivalent de 4.9 % du PIB (Graphique 7.1, partie B). Dans la plupart des pays Membres de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion, la part de l’éducation dans les dépenses des administrations publiques a légèrement diminué depuis 2019.
Graphique 7.1. L’éducation est une catégorie de dépenses majeure dans tous les pays
Copier le lien de Graphique 7.1. L’éducation est une catégorie de dépenses majeure dans tous les pays
Note : Les données relatives au Costa Rica portent sur 2021 et non 2023. Les données relatives au Chili, à la Colombie et au Costa Rica ne sont pas prises en compte dans la moyenne de l’OCDE. Données non disponibles pour le Canada, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Türkiye.
Source : Finances publiques par fonction – indicateurs du Panorama des administrations publiques, mises à jour annuelles – d’après les Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux (base de données) et les Statistiques de finances publiques d’Eurostat (base de données) au 9 janvier 2026. Explorateur des données de l’OCDE.
Encadré 7.1. Définir les dépenses d’éducation
Copier le lien de Encadré 7.1. Définir les dépenses d’éducationCe chapitre examine les dépenses publiques liées à la mise en place, à la gestion et au soutien des services d’éducation à tous les niveaux. Il s’agit notamment des dépenses consacrées à l’enseignement préscolaire et primaire, à l’enseignement secondaire, à l’enseignement postsecondaire non supérieur (par exemple, les programmes de formation professionnelle), à l’enseignement supérieur (universités, établissements d’enseignement supérieur et autres établissements d’enseignement supérieur, désignés sous le terme « enseignement supérieur » dans ce chapitre), ainsi qu’à l’enseignement non défini par niveau (services d’enseignement général ou transversaux). Il comprend également les services annexes à l’éducation, comme les transports, les repas et le soutien administratif. Les dépenses des administrations publiques désignent les dépenses des autorités publiques, y compris des administrations centrales (nationales/fédérales), régionales, provinciales et locales.
Les données sur les dépenses présentées dans les Graphique 7.1 et Graphique 7.2 sont fondées sur le Système de comptabilité nationale (SCN) et la CFAP, et ne sont pas complètement comparables à la collecte de données de l’UNESCO, de l’OCDE et d’Eurostat (UOE) sur les statistiques de l’éducation présentée dans Regards sur l’éducation de l’OCDE en raison de différences dans les définitions sous-jacentes. L’apprentissage non formel est notamment exclu des données de l’UOE mais inclus dans celles de la CFAP.
Source : Système de comptabilité nationale (2008) ; (OCDE, 2025[1])
Si la forte baisse des dépenses d’éducation en 2020-2021 (Graphique 7.2) peut s’expliquer par les effets de la pandémie de COVID-19 et par des hausses plus importantes d’autres postes de dépenses, les données historiques montrent une tendance stable à légèrement à la baisse des dépenses d’éducation par rapport au PIB et aux dépenses des administrations publiques des pays de l’OCDE depuis le milieu des années 2000. Bien que les dépenses d’éducation aient augmenté plus lentement que la production économique, les dépenses par élève ont généralement augmenté au cours de la même période. Outre la hausse des coûts des intrants, l’évolution démographique (avec des groupes plus restreints d’élèves d’âge scolaire) et les tendances en matière d’inscription influent largement sur les dépenses d’éducation. Entre 2015 et 2022, le nombre d’élèves, tous niveaux d’enseignement confondus, a augmenté de 2.5 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cette croissance modérée a été principalement tirée par l’augmentation du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur, ce qui s’explique par l’élargissement de l’accès aux universités. Dans le même temps, les dépenses publiques d’éducation ont augmenté de 13.1 % en moyenne dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2025[1]).
Graphique 7.2. Les dépenses globales d’éducation affichent une tendance stable à la baisse depuis le milieu des années 2000
Copier le lien de Graphique 7.2. Les dépenses globales d’éducation affichent une tendance stable à la baisse depuis le milieu des années 2000Moyenne OCDE, 2007-2023
Note : Les données relatives au Chili, à la Colombie et au Costa Rica ne sont pas prises en compte dans la moyenne de l’OCDE.
Source : Finances publiques par fonction – indicateurs du Panorama des administrations publiques, mises à jour annuelles – d’après les Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux (base de données) et les Statistiques de finances publiques d’Eurostat (base de données) au 9 janvier 2026, Explorateur des données de l’OCDE.
Le financement public de l’éducation est complété par des sources privées (étudiants et familles ou entreprises et établissements privés) à des degrés divers selon les niveaux d’enseignement. Dans l’enseignement primaire et secondaire, les sources privées représentent en moyenne moins de 10 % du financement total par élève. Dans l’enseignement supérieur, toutefois, les sources privées jouent un rôle plus important, puisqu’elles financent en moyenne 30 % du total des dépenses par étudiant (OCDE, 2025[1]).
Dans de nombreux pays de l’OCDE, la gouvernance et le financement de l’éducation relèvent d’une responsabilité partagée entre l’administration centrale, les régions et les collectivités locales. Depuis le début des années 1980, la tendance à la décentralisation s’est traduite par une plus grande autonomie des établissements scolaires et des collectivités locales, en particulier aux niveaux d’enseignement inférieurs (OCDE, 2018[2]). Il existe toutefois encore d’importantes variations entre les pays, allant de systèmes entièrement centralisés (par exemple en France) à des systèmes où l’éducation est principalement financée et gérée par les collectivités locales (par exemple aux États-Unis). Les résultats de l’enquête RFP reflètent les décisions en matière de dépenses et les réformes mises en œuvre par les administrations nationales. Il est possible que les mesures d’économie dans le secteur de l’enseignement supérieur occupent une place plus importante dans l’enquête RFP car c’est généralement l’administration centrale qui est chargée du financement de ce secteur plutôt que les collectivités locales.
Graphique 7.3. Les dépenses par élève ont augmenté en moyenne et dans la plupart des pays
Copier le lien de Graphique 7.3. Les dépenses par élève ont augmenté en moyenne et dans la plupart des paysVariation en pourcentage du nombre d’étudiants, des dépenses consacrées aux établissements d’enseignement primaire à post-secondaire non tertiaire et des dépenses par étudiant, 2015 à 2022, en équivalents temps plein, à prix constants
Note : Pour plus d’informations méthodologiques, voir Regards sur l’éducation 2025 : Sources, méthodologies et notes techniques.
1. Comprend les paiements des ménages en dehors des établissements d’enseignement
2. L’enseignement primaire comprend également l’enseignement préprimaire.
Source : Regards sur l’éducation 2025 (OCDE, 2025[1]), voir la section Tableaux et notes (page 308).
Les données sur le niveau d’études et les dépenses dans les pays de l’OCDE suggèrent que l’efficacité des dépenses d’éducation pourrait être améliorée. Le Graphique 7.3 montre qu’entre 2015 et 2022, les dépenses totales par élève dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire ont augmenté de 13.5 % en moyenne. Bien qu’une partie de cette augmentation soit due à l’évolution des effectifs scolarisés, l’augmentation des dépenses consacrées aux ressources scolaires est également un choix délibéré des pouvoirs publics dans de nombreux pays. Néanmoins, au cours de la même période, les résultats scolaires mesurés par les scores moyens du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences ont nettement diminué. De fait, les résultats de l'enquête PISA 2022 étaient les plus faibles jamais enregistrés dans toutes les matières depuis la création du programme, et nettement inférieurs à la moyenne observée lors de toutes les évaluations précédentes (à l'exception de l'édition 2018 du programme PISA, en sciences) (OCDE, 2023[3]).
Bien que les raisons sous-jacentes de la divergence observée restent incertaines, les études montrent qu’une simple augmentation des ressources allouée à l’école ne se traduit pas nécessairement par de meilleurs résultats scolaires. Bien qu’il existe une corrélation positive entre les dépenses d’éducation et les résultats scolaires au niveau macroéconomique général, cette relation ne vaut que pour les pays où les niveaux de dépenses sont inférieurs à la médiane de l’OCDE (Égert, de la Maisonneuve et Turner, 2023[4]). Au-delà d’un certain seuil, on constate que la gouvernance, la répartition et l’utilisation efficace des financements alloués aux établissements scolaires sont au moins aussi importantes pour favoriser l’apprentissage des élèves (OCDE, 2022[5]). Parmi les mesures les plus susceptibles d’améliorer les résultats scolaires figurent l’enseignement préscolaire de qualité, l’enseignement de qualité, ainsi que la responsabilisation et l’autonomie des établissements d’enseignement (Smidova, 2019[6]).
Le découplage récent entre les dépenses par élève et les résultats scolaires suggèrent que les pouvoirs publics pourraient réaliser des gains d’efficacité supplémentaires dans ce domaine, afin de maintenir les résultats scolaires à moindre coût ou d’obtenir de meilleurs résultats avec les niveaux de financement actuels grâce à des réformes visant à améliorer la qualité. Si ces dernières ne permettent pas nécessairement de réaliser des économies à court terme, des réformes visant à améliorer la qualité pourraient, à terme, stimuler la productivité et la croissance, surtout si elles s’accompagnent de réformes structurelles. Selon une étude récente de l’OCDE, la combinaison de réformes des politiques éducatives et de mesures structurelles visant à améliorer la réaffectation et l’adaptabilité du marché du travail pourrait stimuler la productivité à long terme d’environ 1.5 % (Andrews, Égert et de la Maisonneuve, 2024[7]). Compte tenu de la portée de l’enquête RFP, ce chapitre se concentre principalement sur les mesures d’économie qui peuvent contribuer à améliorer les finances publiques à court terme, par exemple en améliorant le rapport coût-efficacité des dépenses publiques. Toutefois, un certain nombre de participants à l’enquête considèrent également l’éducation comme un domaine prioritaire pour une augmentation du financement à plus long terme (voir le chapitre 1).
7.2. Initiatives de réforme et mesures d’économie
Copier le lien de 7.2. Initiatives de réforme et mesures d’économieLe Graphique 7.4 donne un aperçu des initiatives de réforme et des mesures d’économie dans l’éducation en 2025-2026 tirées de l’enquête RFP. Bien que l’éducation ne fasse pas l’objet d’importantes économies budgétaires, environ 60 % des personnes interrogées font état de mesures d’économie dans ce domaine, généralement pour améliorer l’efficience, renforcer les mesures incitatives ou mieux cibler les aides. Alors que l’enquête RFP se concentre sur les économies et les gains d’efficience, d’autres travaux de l’OCDE présentent une analyse plus large des réformes de l’éducation conçues pour améliorer la qualité ou l’accès à l’éducation (OCDE, 2017[8] ; OCDE, 2022[5] ; OCDE, 2025[9]).
Graphique 7.4. Vue d’ensemble des principales réformes et mesures d’économie dans l’éducation
Copier le lien de Graphique 7.4. Vue d’ensemble des principales réformes et mesures d’économie dans l’éducationMesures approuvées ou soumises au parlement pour les exercices budgétaires 2025 et 2026, tous niveaux d’enseignement confondus
Note : Résultats basés sur 39 réponses à l’enquête RFP. La catégorie « Économies administratives ou réformes de l’efficience » a été créée à la suite de la reclassification de certaines des « autres » mesures sur la base des informations qualitatives fournies par les participants. Les « Autres » mesures restantes incluent l’épargne générale pour un ou plusieurs niveaux d’enseignement (par exemple, pour les universités ou les établissements d’enseignement secondaire) qui n’a pas été précisée, ou l’épargne qui n’a pas été spécifiée parce que les fonds sont réinvestis dans le secteur de l’éducation.
Source : Enquête 2026 de l’OCDE sur le redressement des finances publiques, question 6 : Éducation.
Les mesures recensées dans l’enquête RFP portent sur les changements apportés à l’accompagnement aux élèves, les réformes visant à regrouper ou fusionner les établissements ou les programmes, ainsi que les économies administratives. Ces mesures sont particulièrement courantes dans l’enseignement supérieur. Les réformes structurelles plus profondes, telles que la réduction des dépenses de personnel et le renforcement de la décentralisation, sont comparativement moins fréquentes. Bien que les motivations des participants pour chercher des gains d’efficience peuvent varier, trois thèmes récurrents se dégagent :
Rééquilibrer les contributions publiques et privées, par exemple en ciblant les aides aux étudiants ou en augmentant les frais de scolarité.
Adapter l’offre éducative à la demande de services, par exemple en réalisant des économies à mesure que le nombre d’élèves en âge scolaire diminue.
Veiller à ce que les budgets de l’éducation soient alloués là où ils sont susceptibles d’avoir le plus d’impact, par exemple en minimisant les dépenses qui ne contribuent pas à la qualité de l’éducation.
Plusieurs participants ayant pris des mesures d’économie dans l’enseignement primaire ou secondaire indiquent qu’ils ont l’intention de réinvestir ces économies dans le secteur. Outre les mesures d’économie résumées dans le Graphique 7.4, environ un quart des participants à l’enquête RFP font état d’augmentations prévues des dépenses d’éducation (voir le Graphique 1.12 au chapitre 1). Plusieurs d’entre elles indiquent que les nouvelles dépenses dans l’éducation, par exemple à travers la réforme des universités ou les investissements dans la formation professionnelle et l’apprentissage, sont prioritaires car elles visent à soutenir la croissance à long terme.
7.2.1. Réduire ou restructurer le soutien aux étudiants
Les participants à l’enquête s’attachent à réduire ou à restructurer le soutien aux étudiants qui poursuivent des études supérieures. Comme le montre le Graphique 7.5, le niveau des droits de scolarité et des aides financières publiques disponibles pour les étudiants dans l’enseignement supérieur varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors que les inscriptions dans l’enseignement supérieur continuent d’augmenter dans de nombreux pays de l’OCDE, les gouvernements recherchent un équilibre entre les frais de scolarité, l’aide aux étudiants et les contributions privées de manière à concilier les capacités budgétaires, les objectifs d’équité et d’autres priorités nationales (OCDE, 2025[1]). L’enquête RFP montre que plusieurs pays dotés de politiques de soutien aux étudiants généreuses, dont de nombreux pays nordiques et la Nouvelle-Zélande, réduisent leurs dépenses en ciblant ou en restructurant les subventions et les prêts. Ces mesures d’économie sont souvent conçues pour améliorer simultanément les incitations à terminer des études et promouvoir un emploi rapide.
Graphique 7.5. Le niveau des droits de scolarité et la couverture du soutien aux étudiants varient selon les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 7.5. Le niveau des droits de scolarité et la couverture du soutien aux étudiants varient selon les pays de l’OCDEFrais de scolarité annuels moyens facturés par les établissements publics aux ressortissants nationaux inscrits en licence et pourcentage d’étudiants nationaux bénéficiant d’une aide financière directe, 2022-2023
1. L’année de référence n’est pas 2022-2023.
2. Établissements privés subventionnés par l’État plutôt que publics.
3. Les programmes de master et de doctorat sont combinés avec les programmes de licence. Les données incluent les étudiants étrangers en Allemagne.
4. L’enseignement tertiaire de cycle court est associé à la licence.
Source : OCDE Regards sur l’éducation 2025 (OCDE, 2025[1]), voir la section Tableaux et notes (page 370 de Regards sur l’éducation, édition 2025).
Le Danemark, la Norvège et la Nouvelle-Zélande ont tous adopté des mesures visant à modifier la conception des aides publiques afin de dissuader les étudiants d’accumuler des crédits universitaires sans avoir obtenu leur diplôme ou qualification. En liant les prestations à des résultats positifs, les pays cherchent à réduire les taux de décrochage et à promouvoir une entrée plus rapide sur le marché du travail.
Le Danemark a récemment introduit de nouveaux critères pour les bourses d’études, limitant l’accès aux bourses à une durée d’études normalisée et réduisant l’allocation maximale. Selon les estimations, ces mesures devraient réduire les coûts d’environ 400 millions DKK (environ 53 millions EUR) à partir de 2030.
La Nouvelle-Zélande encourage la réussite en remplaçant les frais de scolarité couverts pour les élèves admissibles au cours de leur première année d'études ou de formation (« First Year Fees Free ») par des frais de scolarité couverts pour la dernière année d'études des élèves (« Final Year Fees Free »). L’allocation est versée à l’issue de la période de qualification.
En Norvège, le taux de conversion des prêts étudiants en bourses sur la base des crédits de cours acquis a été ramené de 25 % à 15 %, tandis que le taux de conversion après un diplôme a été porté de 15 % à 25 %.
D’autres pays de l’OCDE durcissent les conditions d’accès ou réduisent les mesures de soutien aux étudiants qui se cumulent. Ces réformes visent à rationaliser les dépenses en réservant l’aide publique aux groupes jugés les plus nécessiteux.
En Belgique, le gouvernement durcit les critères financiers et d’éligibilité aux bourses d’études dans la Région flamande en durcissant les règles relatives à la charge d’étude (en réservant les aides aux étudiants à temps plein), en imposant un âge maximum pour bénéficier de ces aides (30 ans) et en réduisant les seuils de revenu. Il supprime également un complément d’aide pour les familles à faible revenu une fois que les étudiants entrent dans l’enseignement supérieur.
Le Canada limite l'accès à la Bourse canadienne pour étudiants à temps plein aux étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement publics et des établissements privés à but non lucratif, à compter de 2026-2027, sous réserve de l'approbation réglementaire. Le gouvernement indique que la croissance rapide des programmes de plus longue durée dans les établissements privés d’enseignement professionnel est l’une des raisons du changement de politique. Cela s’est traduit par une augmentation de 320 % sur cinq ans des dépenses au titre des bourses d’études canadiennes pour les étudiants à temps plein dans les établissements privés, tandis que les dépenses au titre des étudiants dans les établissements publics ont augmenté de 37 % au cours de la même période. La réforme vise à accorder la priorité à l’aide aux élèves dans le besoin et aux programmes offrant de meilleures perspectives de carrière.
La Suède a mis fin à son programme de soutien au démarrage des études ("Study Start Support") en raison d’un décalage avec le groupe ciblé. Le programme d’aide au démarrage des études est une bourse d’études ciblée destinée à aider les chômeurs adultes (âgés de 25 à 60 ans) ayant un faible niveau d’études antérieures à commencer ou reprendre des études au niveau de l’enseignement secondaire de base ou supérieur. Son objectif était d’accroître la participation à l’éducation des personnes ayant des besoins éducatifs importants, améliorant ainsi leurs chances d’entrer sur le marché du travail. Dans la pratique, une grande partie des bénéficiaires ne correspondait pas à la population ayant des besoins élevés pour laquelle elle avait été conçue, et le gouvernement a donc décidé de supprimer progressivement cette mesure.
Quelques pays rationalisent les mesures de soutien en réduisant les aides au logement pour les étudiants. En Finlande, les étudiants n’auront plus droit à l’allocation de logement générale, mais recevront plutôt un supplément de logement dans le cadre de leur bourse d’études. Ce changement se traduit par des économies nettes pour l’État. En Türkiye, les frais d’hébergement en dortoir des étudiants de l’enseignement supérieur ont été relevés pour compenser en partie les ajustements antérieurs des frais qui sont restés inférieurs aux augmentations de l’IPC. Cela a conduit le ministère de la Jeunesse et des Sports à augmenter progressivement les frais de résidence d'environ 40 % au fil du temps.
7.2.2. Regrouper, rationaliser ou supprimer les programmes et les établissements scolaires
Cette catégorie comprend un ensemble diversifié de réformes à la fois aux niveaux inférieurs et supérieurs d’enseignement, dont beaucoup sont poursuivies pour adapter les systèmes éducatifs aux évolutions démographiques ou à l’évolution des besoins du marché du travail. Il inclut également des cas de pays ayant abandonné des programmes de niche dont la valeur a été jugée faible.
Mesures pour faire face à la baisse des effectifs dans l’enseignement scolaire
Face à l’évolution des effectifs scolarisés due aux changements démographiques et aux nouvelles structures d’établissement, les pouvoirs publics peuvent chercher à regrouper, rationaliser ou supprimer les établissements ou les réseaux d’établissements scolaires afin de contribuer à limiter les coûts et à améliorer la qualité de l’enseignement scolaire. Dans de nombreux pays et économies, les systèmes sont confrontés à des capacités scolaires excédentaires, en particulier dans les régions rurales ou reculées où le nombre d’enfants d’âge scolaire diminue. L’exploitation de réseaux d’établissements comportant un grand nombre de petits établissements ou d’installations présentant d’importantes surcapacités peut représenter une charge financière importante pour les systèmes éducatifs et avoir une incidence négative sur la qualité de l’enseignement (OCDE, 2018[10]). La maîtrise des coûts peut passer par une décision discrétionnaire de suspendre l’augmentation des dépenses ou de promouvoir des changements structurels, comme la fermeture des établissements scolaires et les fusions.
Au Costa Rica, l’enseignement public est confronté à une tension entre un mandat constitutionnel visant à allouer au moins 8 % du PIB au secteur tout en assurant la soutenabilité budgétaire dans une situation où les taux de natalité sont bas et ont un impact profond sur le système éducatif. Depuis 2022, les effectifs scolarisés ont diminué de 115 000 élèves, ce qui se traduit par des salles de classe vides, en particulier dans les zones rurales et les zones éloignées des centres urbains. En conséquence, le ministère de l’Éducation publique a envisagé de fusionner les classes, de redistribuer le personnel enseignant et de fermer les écoles. Moins d’élèves signifient moins de raisons de maintenir le même nombre d’établissements et de personnel, ce qui soulève des questions quant à l’affectation des ressources et à leur soutenabilité. L’enjeu pour les pouvoirs publics est de réduire les coûts sans compromettre la qualité de l’enseignement ni l’accès à l’éducation.
Face à l’évolution démographique et à la baisse des taux de natalité, le gouvernement thaïlandais a accéléré le regroupement des établissements scolaires de moins de 120 élèves. Les établissements situés dans un rayon de 6 kilomètres autour d’une « école aimante » sont en cours de fusion afin d’optimiser l’affectation des ressources, d’améliorer le taux d’encadrement et de réduire les coûts administratifs fixes.
Au Taipei chinois, la mise en place d’une stratégie de transformation et de sortie pour les établissements du deuxième cycle du secondaire et au-delà aide à guider les établissements confrontés à des pressions démographiques ou financières grâce à une restructuration ordonnée. En proposant des consultations ciblées, en renforçant la surveillance par le biais d’un comité d’examen des sorties et en veillant à ce que les sites scolaires vacants soient revitalisés et réutilisés, la réforme vise à éviter les actifs immobilisés ou sous-utilisés.
Mesures pour faire face à la baisse des effectifs ou à l’évolution des besoins du marché du travail dans l’enseignement supérieur
Le coût de l’enseignement supérieur a considérablement augmenté dans les pays de l’OCDE, tandis que les gains de productivité ont été plus difficiles à réaliser (OCDE, 2020[11]). Du point de vue des dépenses publiques, l’un des principaux objectifs est de veiller à ce que les systèmes d’enseignement supérieur soient organisés de manière à promouvoir l’excellence et à répondre aux besoins du marché du travail, tout en maîtrisant les dépenses. Il faut pour cela des institutions réactives à l’évolution de la demande. Les systèmes d’enseignement supérieur se caractérisant souvent par un degré élevé d’autonomie et d’indépendance des établissements, certains participants à l’enquête RFP prennent des mesures pour encourager les établissements à s’adapter aux évolutions démographiques et au marché du travail. Par exemple, au Japon, certaines universités peu fréquentées ou dont les conditions financières sont médiocres devront élaborer un plan d’amélioration de la gestion pour pouvoir bénéficier d’une aide publique. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à réduire le nombre d’universités privées ou à favoriser leur intégration.
En plus d’éliminer les programmes redondants ou peu fréquentés et de réduire les effectifs du corps enseignant, les stratégies visant à améliorer le rapport coût-efficacité peuvent inclure l’élargissement des possibilités d’apprentissage en ligne, la mobilité des étudiants entre les établissements ou l’utilisation d’installations et de services partagés. Par exemple, en Corée, le secteur réalise des économies en regroupant les services de soutien dans des centres régionaux qui superviseront l’exécution du budget, la sélection des projets, l’évaluation et d’autres tâches essentielles pour un certain nombre d’universités.
Bien qu’ils n’aient pas été utilisés principalement à des fins d’économies budgétaires, quelques pays mentionnent dans l’enquête RFP qu’ils cherchent à renforcer les liens entre les établissements d’enseignement supérieur et le marché du travail. Le Danemark a récemment adopté une réforme globale visant à rendre les programmes d’enseignement supérieur plus flexibles, en développant les programmes plus courts et hybrides qui peuvent être combinés avec le travail. La Hongrie a également mis en œuvre des mesures visant à encourager la réactivité des universités aux besoins du marché du travail et de l’économie. Il s’agit là d’exemples de nombreuses réformes entreprises dans le domaine de l’éducation visant à réorienter l’utilisation des ressources pour améliorer les résultats à long terme.
Suppression ou réduction des programmes de niche
Certains pays ont mis fin à des programmes jugés de faible valeur ou qui ne se justifiaient plus. Par exemple, la Belgique a mis fin à plusieurs dispositifs de financement spécifiques dans l’enseignement supérieur et réduit les mesures de soutien différenciées dans l’enseignement primaire et secondaire. En outre, la partie francophone de la Belgique met fin à une année supplémentaire facultative d’enseignement professionnel (7e année de qualification professionnelle) pour les élèves qui ont déjà terminé leurs études secondaires, et les réoriente vers des programmes de formation pour adultes afin d’acquérir des compétences professionnelles. On peut également citer le Chili qui a mis fin à un plan de soutien spécial post-pandemique après que des indicateurs clés, tels que les taux de fréquentation scolaire, ont retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie, et la France qui a mis fin à un fonds de soutien aux projets innovants dans les établissements scolaires à partir de 2026.
7.2.3. Économies administratives ou réformes de l’efficience
Comme dans d’autres catégories de dépenses, plusieurs participants réalisent des économies dans les administrations centrales et régionales, généralement dans le but d’améliorer l’efficience au sein des autorités compétentes. Par exemple, la Corée cherche à réaliser des gains d’efficience administrative en créant des centres régionaux qui réduiront les coûts administratifs, comme indiqué plus haut. La Suède a adopté des mesures pour améliorer l’efficience des agences nationales de l’éducation. Les mesures indiquées dans cette catégorie reflètent l’importance accordée par de nombreux pays à l’amélioration du fonctionnement de l’administration, ce qui est également observé dans d’autres domaines de dépenses publiques tout au long de l’enquête RFP.
En outre, bien qu’ils n’aient pas permis de réaliser des économies immédiates, certains participants s’attendent à ce que l’adoption de nouvelles technologies et d’infrastructures numériques permette des gains d’efficience à plus long terme. Par exemple, la Thaïlande vise à améliorer l’efficience de la diffusion de contenus éducatifs et des processus administratifs en mettant en œuvre une approche axée sur le numérique, notamment pour réduire les dépenses consacrées aux manuels scolaires imprimés et aux espaces de bibliothèque.
7.2.4. Augmentation de la participation aux frais des usagers
La participation aux frais des usagers ou les droits de scolarité peuvent être un moyen pour les pouvoirs publics de partager la charge financière de l’éducation avec ceux qui en récolteront les bénéfices futurs, et sont utilisés à des degrés variables selon les pays et les niveaux d’enseignement, en particulier dans le domaine de l’enseignement supérieur. Alors que la plupart des pays de l’OCDE assurent la gratuité de la scolarité obligatoire, la combinaison de coûts d’offre élevés et de rendements privés importants, en termes de revenus futurs plus élevés, a conduit à un meilleur partage des coûts entre l’État et les étudiants dans le domaine de l’enseignement supérieur. Toutefois, les universités publiques et les financements publics jouent toujours un rôle majeur dans ce domaine (OCDE, 2025[9]). Mobiliser davantage les sources de financement privées, en particulier dans l’enseignement supérieur, pourrait être une stratégie que les pouvoirs publics pourraient adopter pour contribuer à alléger les pressions qui s’exercent sur les financements publics tout en renforçant les incitations pour les étudiants à achever leurs études à temps et à choisir des programmes qui correspondent aux débouchés sur le marché du travail.
Dans l’enquête RFP, les réformes visant à mettre en place ou à étendre les frais de scolarité et la participation aux frais des usagers ont une portée modeste et s’articulent autour de trois approches principales : l’accélération des ajustements des frais annuels, la différenciation des frais pour les étudiants étrangers et l’introduction de participation aux frais pour les services auxiliaires.
Dans un contexte d’inflation élevée et de hausse des coûts, quelques participants indiquent augmenter les frais de scolarité dans l’enseignement supérieur en accélérant les ajustements annuels. La Belgique a mis fin au gel de longue date des frais de scolarité en Communauté française et introduit une réforme visant à aligner progressivement les frais de scolarité sur l’inflation. Le nouveau système est structuré en quatre niveaux fondés sur les revenus, ce qui garantit que les augmentations de frais reflètent la situation financière des étudiants. Le gouvernement prévoit que les économies se poursuivront tout au long de 2029. En Nouvelle-Zélande, les budgets de 2024 et 2025 ont facilité une hausse pouvant aller jusqu’à 6 % des frais de scolarité facturés par les établissements, soit un doublement par rapport à l’année précédente, afin d’aider les établissements à faire face à l’inflation et aux tensions sur le financement.
Il est courant dans l’enseignement supérieur que les frais de scolarité soient plus élevés pour les étudiants étrangers que pour les étudiants nationaux (OCDE, 2017[12]). Environ deux tiers des pays de l’OCDE dont les données sont disponibles appliquent des frais de scolarité plus élevés aux étudiants étrangers qu’aux étudiants nationaux pour les programmes de master ou équivalents, ce qui en fait une source importante de financement des établissements (OCDE, 2025[1]). Comme le montre le Graphique 7.6, certains des pays où l’écart de frais de scolarité entre les étudiants nationaux et étrangers est le plus important restent attractifs pour les étudiants en mobilité internationale, probablement en raison de la qualité de l’enseignement, de l’environnement anglophone et des débouchés professionnels favorables après l’obtention du diplôme. Même les systèmes traditionnels de gratuité des frais de scolarité, comme le Danemark et la Suède, ont introduit des frais de scolarité plus élevés pour les étudiants étrangers ces dernières années. À compter de l’année universitaire 2026/27, la France fait état d’une hausse des frais de scolarité pour les étudiants originaires de pays hors UE. Les frais de scolarité différenciés deviendront obligatoires pour les nouveaux entrants originaires de pays non membres de l’UE dans les établissements publics d’enseignement supérieur, ce qui augmentera sensiblement les frais moyens et limitera le pouvoir discrétionnaire des établissements d’accorder des exemptions. La réforme devrait renforcer le financement des institutions par leurs propres ressources.
Dans le cadre d'une réforme calquée sur le système de frais d'inscription déjà en vigueur dans l'enseignement supérieur, la Finlande instaure des frais de scolarité pour les étudiants non ressortissants de l'UE dans l'enseignement secondaire supérieur, y compris dans les établissements d'enseignement général et professionnel. En excluant ces étudiants du transfert de financement de l’État aux autorités locales, la réforme transfère la responsabilité financière de l’éducation des élèves étrangers du secondaire hors de l’État. Pour éviter l’exclusion involontaire des groupes protégés, cette disposition prévoit des exemptions clairement définies, comme les étudiants non européens résidant de manière permanente dans l’Espace économique européen (EEE), les étudiants en échange, les personnes sous protection temporaire et les apprentis titulaires d’un permis de séjour fondé sur l’emploi. La réforme élargit également les possibilités de collecte de recettes pour les établissements scolaires, en permettant aux prestataires d’enseignement professionnel d’offrir un enseignement diplômant à la demande des citoyens des pays de l’UE et de l’EEE.
Graphique 7.6. Les frais de scolarité sont souvent nettement plus élevés pour les étudiants étrangers que pour les étudiants nationaux
Copier le lien de Graphique 7.6. Les frais de scolarité sont souvent nettement plus élevés pour les étudiants étrangers que pour les étudiants nationauxFrais de scolarité annuels moyens facturés par les établissements aux étudiants nationaux et étrangers pour les programmes de master ou équivalents, 2022-2023
Note : Le pourcentage entre parenthèses correspond à la part des étudiants mobiles/étrangers inscrits en master ou dans des programmes équivalents en 2022. Il est important de noter que certains étudiants étrangers/mobiles sont soumis aux mêmes frais de scolarité que les étudiants nationaux. Par exemple, dans les pays de l’UE représentés dans ce graphique, seuls les étudiants originaires de pays hors UE/EEE sont généralement tenus de payer des frais de scolarité plus élevés, tandis que les étudiants de l’UE/EEE sont généralement traités de la même manière que les étudiants nationaux en ce qui concerne les politiques de droits d’inscription.
1. L’année de référence n’est pas 2022-2023.
2. Établissements privés subventionnés par l’État plutôt que publics.
3. Le pourcentage entre parenthèses correspond à la part des étudiants mobiles et moins de 10 % des étudiants mobiles originaires de pays non membres de l’UE ou de l’EEE paient des frais de scolarité plus élevés que les étudiants nationaux.
4. Les frais de scolarité facturés aux étudiants étrangers sont compris entre 8 000 et 21 000 USD.
Source : OCDE Regards sur l’éducation (OCDE, 2025[1]), voir la section Tableaux et notes (page 370 de Regards sur l’éducation, édition 2025).
Alors que quelques autres participants font état d’une hausse des frais d’utilisation dans l’enquête RFP, y compris dans l’enseignement scolaire, celles-ci concernent principalement des services complémentaires, tels que les frais de transport ou les activités périscolaires, plutôt que les frais de scolarité pour l’enseignement de base.
7.2.5. Réduire les coûts liés au personnel enseignant
Les coûts liés au personnel enseignant constituent la principale composante des dépenses d’éducation dans tous les pays de l’OCDE, la rémunération des enseignants représentant en moyenne plus de la moitié des dépenses totales dans les établissements publics d’enseignement primaire et secondaire (OCDE, 2025[1]). Quelques pays ont fait état de réformes concernant les salaires des enseignants dans l’enquête RFP, couverte par le chapitre 11 sur les opérations gouvernementales. La fréquence limitée de ces réformes peut s’expliquer par le niveau actuel des salaires des enseignants, qui restent inférieurs à ceux des autres travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur dans la plupart des pays, associé à des pénuries récurrentes d’enseignants (OCDE, 2025[1]). Toutefois, certains pays font également état de mesures visant à réduire les coûts liés aux enseignants en ajustant la composition de la main-d’œuvre ou en concentrant le temps des enseignants sur les tâches pédagogiques essentielles.
La France vise à aligner le personnel enseignant sur la baisse du nombre d’élèves en ne remplaçant pas les enseignants qui partent à la retraite, tout en investissant dans la qualité des enseignants par le renforcement des normes de recrutement et l’extension de la formation (Encadré 7.2).
L’Irlande fait état d’une diminution des effectifs supplémentaires d’enseignants ordinaires par rapport aux années précédentes, en raison du déclin démographique. Le recrutement supplémentaire dans le domaine de l’éducation spécialisée se poursuit à des niveaux stables.
L’Italie interdit la nomination de remplaçants externes pour les absences de moins de 10 jours dans les établissements d’enseignement secondaire, en favorisant plutôt le personnel interne.
En Thaïlande, le regroupement en cours des établissements de petite taille (décrit plus haut) vise à réduire les dépenses budgétaires liées au personnel. En outre, la Thaïlande exemptera les enseignants des « tâches de sécurité sur site », afin de réserver du temps aux enseignants pour les activités pédagogiques de base et de rationaliser les budgets de sécurité des établissements scolaires grâce à un soutien intégré des autorités locales et à une sécurité fondée sur la technologie.
Encadré 7.2. Mesures d’ajustement du corps enseignant face à la baisse des effectifs scolarisés en France
Copier le lien de Encadré 7.2. Mesures d’ajustement du corps enseignant face à la baisse des effectifs scolarisés en FranceEn 2026, la France ajustera son corps enseignant en ne remplaçant pas 5 500 enseignants à la retraite, ce qui correspond à une baisse prévue de 101 000 élèves dans l’enseignement primaire et de 30 000 dans l’enseignement secondaire. Cette mesure reflète la baisse de la fécondité, les projections actuelles indiquant une perte cumulée d’environ 1.5 million d’élèves du niveau primaire d’ici à 2034, soit environ un quart des inscriptions actuelles. Dans le même temps, le ministère de l’Éducation enregistre une création nette de postes d’enseignants en 2026, en raison de la mise en œuvre progressive (2026-2028) d’une réforme qui relève les normes de recrutement et étend la formation initiale des enseignants à deux ans. Ces investissements visent à améliorer la qualité des enseignants tout en veillant à ce que les ajustements du personnel restent en phase avec les réalités démographiques à long terme.
En outre, la France a réduit le nombre de « missions volontaires » auxquelles les enseignants peuvent s’inscrire pour compléter leur salaire, en les limitant aux tâches prioritaires telles que les besoins de remplacement à court terme, l’aide aux devoirs et l’aide ciblée sur les élèves peu performants. Cette rationalisation vise à améliorer l’affectation des dépenses et à concentrer les ressources là où elles sont le plus nécessaires.
Source : Ministère des Finances, France 2026
7.2.6. Réattribuer les responsabilités aux collectivité et organismes locaux
De nombreux systèmes éducatifs des pays de l’OCDE se caractérisent par une décentralisation budgétaire croissante et une autonomie de gestion considérable est accordée aux établissements scolaires. La décentralisation des dépenses est souvent associée à des niveaux plus élevés d’efficience dans l’enseignement public (OCDE, 2017[8]). Toutefois, si la décentralisation budgétaire peut permettre un ajustement plus souple aux besoins locaux, la répartition des responsabilités en matière de financement et de dépenses entre les différents niveaux d’administration peut également se traduire par un manque d’incitations à une allocation équitable des ressources d’une part et à une utilisation responsable de l’autre (OCDE, 2022[5]). Il est donc important que les responsabilités et les compétences soient bien alignées. Le chapitre 12 de ce rapport propose également un examen complet des transferts entre niveaux d’administration.
L’enquête RFP met en évidence plusieurs exemples de pays qui cherchent à améliorer l’efficience de leurs dépenses en réattribuant des responsabilités aux administrations locales, en harmonisant les compétences en matière de collecte de recettes et de dépenses, et en accordant aux établissements scolaires une plus grande autonomie dans l’utilisation des ressources :
La Tchéquie transfère la responsabilité du personnel non enseignant et des auxiliaires d’éducation de l’administration centrale aux collectivités locales, tout en augmentant leur part des recettes fiscales.
Dans l’enseignement supérieur, la Corée a transféré aux collectivités locales le pouvoir de gérer les budgets des universités, qui relevaient auparavant du ministère de l’Éducation.
En Thaïlande, une réforme en cours de délibération législative vise à étendre la décentralisation budgétaire en accordant aux conseils scolaires une plus grande autonomie dans la gestion de leurs budgets.
7.2.7. Améliorer l’efficience dans l’enseignement primaire et secondaire
Bien que l’éducation ne soit pas un point central en matière de recherche d’économies dans l’enquête RFP, il est possible d’allouer et d’utiliser les ressources publiques de manière plus efficiente dans l’enseignement primaire et secondaire. Comme signalé haut, les résultats de l’enquête PISA de l’OCDE révèlent d’importantes variations dans les performances des systèmes éducatifs (entre les pays) et des établissements (au sein d’un même pays). Certains systèmes scolaires ont augmenté leurs dépenses sans améliorations mesurables des résultats, tandis que d’autres obtiennent d’excellents résultats avec des ressources modestes. L’Estonie est un exemple de pays qui figure systématiquement parmi les pays les plus performants aux évaluations PISA, malgré des dépenses par élève inférieures à la moyenne de l’OCDE (Encadré 7.3).
Il est donc utile d’élargir le débat sur l’amélioration des gains d’efficience dans l’enseignement primaire et secondaire au-delà des exemples spécifiques proposés par l’enquête du RFP, en s’appuyant sur les travaux existants plus larges de l’OCDE (OCDE, 2017[8] ; Smidova, 2019[6] ; OCDE, 2022[5] ; Égert, de la Maisonneuve et Turner, 2023[4]). Si la configuration optimale des réformes visant à améliorer l’efficience doit être adaptée au contexte national spécifique, les facteurs ci-après ont été identifiés comme bénéfiques dans des travaux antérieurs de l’OCDE :
Axer les dépenses publiques sur les premières années de scolarité. Des études montrent qu’une éducation et un accueil des jeunes enfants (EAJE) de qualité améliorent les résultats des élèves et réduisent la nécessité d’interventions correctives coûteuses à des stades ultérieurs du parcours scolaire (OCDE, 2022[5]). Malgré l’importance démontrée des premières années de scolarité davantage de ressources publiques sont encore allouées à l’enseignement supérieur dans plusieurs pays. Réaffecter des ressources aux premières années d’enseignement, et en particulier aux élèves défavorisés, peut donc réduire les inefficiences, améliorer la progression dans le système et accroître le rendement global des dépenses d’éducation.
Promouvoir la qualité des enseignants. Dans l’enseignement scolaire, la qualité de l’enseignement est le facteur le plus déterminant pour l’apprentissage des élèves (Smidova, 2019[6] ; OCDE, 2005[13]). Des mesures visant à rendre la profession d’enseignant plus attrayante et à investir dans les compétences des enseignants (par exemple, via des formations, meilleures perspectives de carrière, évaluations, mesures d’incitation) pourraient donc contribuer à améliorer l’efficience. Les mesures pourraient également consister à permettre aux enseignants de consacrer plus de temps à des tâches essentielles, comme l’ont indiqué certains participants dans l’enquête du RFP. Dans l’Enquête internationale de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage, environ la moitié des enseignants déclarent que le travail administratif excessif est l’une de leurs principales sources de stress professionnel (OCDE, 2025[14]). Des mesures efficaces par rapport à leur coût, comme la rationalisation des procédures administratives et un soutien accru aux tâches non pédagogiques, pourraient donc avoir un impact positif sur la qualité du travail des enseignants.
Autonomie accrue des établissements scolaires en matière d’utilisation des ressources – lorsqu’elle est associée à la responsabilité des établissements et à des capacités locales adéquates. L’analyse de l’OCDE montre que l’autonomie des établissements est bénéfique pour les résultats des élèves lorsqu’elle est associée à un niveau approprié de responsabilité et à des capacités adéquates au niveau local. Le fait de tenir les établissements responsables des résultats de leurs élèves incite à améliorer la qualité et le niveau de l’enseignement. Les décisions prises au niveau local sont également plus susceptibles de générer des gains d’efficience, étant donné leur capacité à mieux répondre aux besoins locaux spécifiques (OCDE, 2022[5]).
Adapter les réseaux scolaires à l’évolution des besoins. La petite taille des établissements scolaires est généralement associée à une plus grande inefficience. Le coût de maintien des établissements de petite taille affichant une forte baisse des inscriptions étant élevé, le maintien de ces établissements en activité pourrait représenter une inefficience coûteuse pour le système scolaire. Toutefois, pour répondre à l’évolution de la demande et des besoins des élèves, il faut des stratégies qui tiennent compte des contextes locaux et de la qualité de l’enseignement et du bien-être des élèves. La consolidation des réseaux scolaires peut s’avérer inévitable pour garantir des environnements d’apprentissage adaptés à tous les élèves. Il convient toutefois aux autorités d’évaluer soignement les coûts et les avantages et d’examiner les gains d’efficience potentiels qu’offrent le partage des ressources entre les prestataires, le regroupement des établissements scolaires ou la redistribution stratégique des services éducatifs entre les sites (OCDE, 2018[10]). Cela vaut tout particulièrement pour les pays qui cherchent des stratégies pour répondre aux évolutions démographiques et à l’urbanisation.
Encadré 7.3. L’efficience des dépenses d’éducation en Estonie
Copier le lien de Encadré 7.3. L’efficience des dépenses d’éducation en EstonieL’Estonie est largement reconnue pour son système éducatif efficient et performant. Malgré des dépenses par élève inférieures à la moyenne de l’OCDE, le pays se classe systématiquement parmi les pays les plus performants aux évaluations PISA. Ses bons résultats témoignent d’une panoplie de mesures cohérentes, mettant notamment l’accent sur l’apprentissage fondamental, la qualité des enseignants et des dispositifs de gouvernance qui donnent des moyens d’action aux acteurs locaux.
L’une des principales caractéristiques du système éducatif estonien est son modèle de gouvernance décentralisée, qui accorde aux établissements scolaires et aux autorités locales une grande autonomie en matière d’allocation des ressources et de décisions organisationnelles. Alors que le gouvernement national définit des normes et des principes nationaux pour le financement, la supervision et la qualité de l’éducation, le programme laisse une liberté considérable aux établissements et aux enseignants pour décider de la meilleure façon d’atteindre les objectifs. Par rapport à la moyenne de l’OCDE, les enseignants estoniens font état d’une plus grande autonomie pédagogique, et les chefs d’établissement indiquent une plus grande implication des enseignants dans la prise de décision au niveau de l’établissement.
L’approche de l’Estonie est guidée par la Stratégie pour l’éducation 2021-2035, qui place le rôle des enseignants au centre de l’amélioration du système. Cette stratégie s’articule autour de trois objectifs stratégiques. Elle est mise en œuvre dans le cadre de programmes glissants sur trois ans et fait l’objet d’un suivi à l’aide d’un ensemble transparent d’indicateurs mesurables. Les trois objectifs sont les suivants :
Des possibilités d’apprentissage diversifiées et accessibles
Des enseignants compétents et une éducation centrée sur l’élève
L’alignement sur les besoins de la société et du marché du travail
Dans l’ensemble, l’Estonie illustre la pertinence combinée de l’orientation stratégique, de l’autonomie professionnelle et de la gouvernance pour obtenir des résultats d’apprentissage élevés à un coût soutenable.
Source : Gouvernement de l’Estonie.
Références
[7] Andrews, D., B. Égert et C. de la Maisonneuve (2024), « From decline to revival : Policies to unlock human capital and productivity », OECD Economics Department Working Papers, n° 1827, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8d0d232c-en.
[4] Égert, B., C. de la Maisonneuve et D. Turner (2023), « Quantifying the effect of policies to promote educational performance on macroeconomic productivity », OECD Economics Department Working Papers, n° 1781, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b00051cc-en.
[1] OCDE (2025), Regards sur l’éducation 2025 : Indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b26d545c-fr.
[14] OCDE (2025), Results from TALIS 2024 : The State of Teaching, TALIS, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/90df6235-en.
[9] OCDE (2025), The Financial Sustainability of Higher Education : Insights from Policy in OECD Countries, Higher Education, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f544ccfe-en.
[3] OCDE (2023), PISA 2022 Results (Volume I) : The State of Learning and Equity in Education, PISA, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/53f23881-en.
[5] OCDE (2022), Value for Money in School Education : Smart Investments, Quality Outcomes, Equal Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f6de8710-en.
[11] OCDE (2020), Resourcing Higher Education : Challenges, Choices and Consequences, Higher Education, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/735e1f44-en.
[2] OCDE (2018), How decentralised are education systems, and what does it mean for schools?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e14575d5-en.
[10] OCDE (2018), Responsive School Systems : Connecting Facilities, Sectors and Programmes for Student Success, OECD Reviews of School Resources, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264306707-en.
[8] OCDE (2017), The Funding of School Education : Connecting Resources and Learning, OECD Reviews of School Resources, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264276147-en.
[12] OCDE (2017), Tuition fee reforms and international mobility, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2dbe470a-en.
[13] OCDE (2005), Teachers Matter : Attracting, Developing and Retaining Effective Teachers, Education and Training Policy, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264018044-en.
[6] Smidova, Z. (2019), « Educational outcomes: A literature review of policy drivers from a macroeconomic perspective », OECD Economics Department Working Papers, n° 1577, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/990801aa-en.