Au Viet Nam, l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) est négative et continue de reculer depuis 2014, avec une valeur moyenne de -11.5 % en 2023-2025. L’ESP s’explique principalement par des transferts des agriculteurs aux consommateurs sous forme de prix intérieurs bas (SPM négatif), surtout pour les producteurs de thé, de viande de volaille et de caoutchouc, et, dans une moindre mesure, pour les producteurs de riz et de noix de cajou. En revanche, les producteurs de maïs, de canne à sucre, de poivrons et de viande bovine bénéficient de prix supérieurs aux prix de référence mondiaux. Cependant, les transferts aux agriculteurs pour ces produits sont largement compensés par un SPM négatif, de sorte que les prix à la production sont en moyenne inférieurs de 10 % aux valeurs de référence à la frontière.
Les transferts budgétaires aux producteurs sont relativement faibles. Ils sont principalement mis en œuvre par le biais de paiements fondés sur l’utilisation d’intrants variables, à savoir une exemption de redevances d’utilisation du service d’irrigation et des subventions à l’achat d’engrais, de pesticides et de machines dans le cadre du Programme de réduction durable de la pauvreté, qui vise à soutenir les producteurs dans les communes situées dans des zones isolées et montagneuses. Le gouvernement soutient également la production de riz par des interventions périodiques de stabilisation du marché, telles que des achats de riz pour la réserve stratégique nationale, ainsi que par des politiques favorables en matière de crédit, d’irrigation et d’utilisation des terres.
L’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG, mesurée en pourcentage de la valeur de la production) a chuté, passant de 2.2 % de la valeur de la production en 2000-2002 à 1.6 % en 2023-2025. Le soutien aux services d’intérêt général pour l’agriculture est principalement consacré au développement et à l’entretien des infrastructures. Les deux tiers de ce soutien sont ainsi dédiés à l’infrastructure hydraulique d’irrigation de 3.8 millions d’hectares de rizières et au programme de soutien à la riziculture. Les dépenses effectuées dans le cadre du Programme de réduction durable de la pauvreté soutiennent le développement des infrastructures, notamment celui des routes et des petits systèmes d’irrigation, ainsi que l’éducation, la vulgarisation et les services de conseil agricoles. Le soutien total équivalait à -1.4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023-2025, un chiffre en baisse par rapport aux +2.1 % de 2000-2002.