Depuis les années 1980, la Suisse mène des réformes progressives pour ouvrir son marché agricole, en conséquence de quoi le soutien à l’agriculture a connu une baisse modérée. Le soutien aux producteurs, exprimé en pourcentage des recettes agricoles brutes, s’est stabilisé à la fin des années 2000 et s’élevait encore, en moyenne, à 51 % en 2023-2025, soit plus de trois fois la moyenne OCDE, ce qui place la Suisse en deuxième place des pays couverts par le présent rapport.
Quoique la structure du soutien ait changé du fait de la part croissante prise par les paiements directs, le soutien des prix du marché (SPM) n’en reste pas moins la principale composante du soutien, qui découle essentiellement des contingents tarifaires et de droits de douane hors contingent élevés. Il a ainsi représenté 47 % du soutien total aux producteurs au cours de la période 2023-2025, contre 62 % entre 2000 et 2002. Entre 2023 et 2025, les prix payés aux producteurs suisses ont été supérieurs de 54 %, en moyenne, aux prix de référence à la frontière. Les forts écarts de prix font que les transferts au titre d’un seul produit (TSP) représentent une part importante des recettes agricoles brutes dans le cas de nombreux produits, en particulier la volaille, les œufs et la viande porcine, tandis que le sucre bénéficie d’un soutien budgétaire direct.
La Suisse consacre à ses producteurs d’importants volumes de soutien budgétaire, pour la plupart sous la forme de paiements aux agriculteurs soumis à des critères d’écoconditionnalité. La part de ces paiements dans le soutien total aux producteurs est passée de 38 % en 2000-2002 à 53 % environ ces dernières années. Depuis qu’il a été réformé en 2014, le soutien direct prend essentiellement la forme de paiements découplés – des paiements à la surface sans lien avec des produits spécifiques, des paiements visant à maintenir l’agriculture dans les régions défavorisées et des paiements aux agriculteurs mettant volontairement en œuvre des mesures supplémentaires en matière de protection de l’environnement ou de bien-être animal.
Les dépenses que la Suisse consacre aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) sont passées de moins de 6 % de la valeur de la production du secteur en 2000-2002 à près de 9 % en 2023-2025, ce qui est l’un des taux les plus élevés des pays étudiés dans le présent rapport. Près de la moitié de l’ESSG est destinée au système de connaissances et d’innovation agricoles.
L’estimation du soutien total (EST) à l’agriculture est passée de 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2000-2002 à moins de 1 % en 2023-2025.